vendredi 31 décembre 2010

RDC : une coalition des milices Maï-Maï Pareco-FDLR attaque un village

Des miliciens Maï-Maï Pareco alliés aux rebelles hutu rwandais des Forces démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR) ont attaqué dans la nuit du lundi à mardi un village de la province du Nord-Kivu de la République démocratique du Congo (RDC), rapporte la presse locale.
Un habitant du village de Kasiki, situé à 173 km au sud-ouest du territoire de Butembo, a indiqué que les assaillants ont fait leur incursion dans le village aux environs de 02h00 du matin ( 0h00 GMT) en tirant des coups de feu dans toutes les directions, provoquant la fuite des populations dans la brousse.
Lors de cette attaque qui n’a pas fait des victimes, les rebelles ont pillé notamment des animaux domestiques, de la nourriture et des ustensiles de cuisine en l’absence des populations en fuite.
Les attaques rebelles contre les populations civiles se sont multipliées ces derniers temps, et s’accompagnent souvent d’extorsions, de tortures, d’enlèvements des jeunes, voire de viols des femmes. (Xinhua)

afriscoop.net

Intervention en Côte d'Ivoire: un vrai défi pour l'Afrique de l'Ouest

(Le Point 31/12/2010)
Une éventuelle intervention militaire de l'Afrique de l'Ouest en Côte d'Ivoire pour chasser le président sortant
Laurent Gbagbo semble bien plus difficile à réussir que les précédentes interventions en Sierra Leone et au Liberia contre des chefs de guerre, estiment les experts.
La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui dispose d'une force d'action rapide en attente, basée en Sierra Leone et au Mali, a menacé le 24 décembre d'intervenir militairement dans l'ex-colonie française, en proie depuis un mois à une grave crise post-électorale.
Depuis cette date, trois chefs d'Etat de la région mènent une mission diplomatique entre les camps de Laurent Gbagbo et d'Alassane Ouattara, qui se disputent le pouvoir après un second tour contesté.
Mais dans le même temps, les responsables militaires préparent des plans d'intervention militaire.
"Ca va entrainer beaucoup d'affrontements entre partisans de Gbagbo et Ouattara", avertit Kwesi Aning, chef du département pour la prévention et la résolution des conflits, au Centre international de maintien de la paix "Kofi Annan", basé au Ghana.
Gbagbo dispose d'"un fort soutien, il ne va pas se rendre facilement", assure-t-il.
De plus, la Cédéao serait en train de mobiliser une force de 2.000 à 3.000 hommes, mais, pour réussir cette opération, il en faudrait 5.000 à 7.000,estime M. Aning.
Et, pour réussir, l'opération doit être rapide, renchérit Tajudeen Akanji du Centre pour la paix et l'étude des conflits de l'Université nigériane d'Ibadan.
"Ils devront agir aussi vite que possible sinon l'homme (Gbagbo).... pourra se renforcer", estime Akanji, pour qui cette opération devrait durer entre deux à quatre semaines.
Un autre expert militaire, le général à la retraite Ishola Williams, secrétaire exécutif du Groupe panafricain de stratégie et de recherche politique est plus catégorique: "une intervention militaire en Côte d'Ivoire ne va pas réussir".
"C'est différent du Liberia et de la Sierra Leone (où la Cédéao est également intervenue dans les années 90). Il n'y a pas de guerre civile.
Comment les militaires vont-ils entrer? Vont-ils marcher sur Abidjan?", interroge-t-il.
Gbagbo est un politicien "très intelligent", il a le soutien de la hiérarchie militaire et des jeunes de la rue mobilisés par Charles Blé Goudé, le leader des "Jeunes patriotes", rappelle le général Williams.
A ce jour, aucun pays n'a officiellement annoncé sa participation à cette force régionale. Le Ghana, voisin de la Côte d'Ivoire, a même annoncé jeudi
qu'il n'enverrait pas de troupes, faute d'effectifs suffisants de son armée nationale.150 millions d'habitants, devrait être le principal contributeur,
mais il doit aussi mobiliser ses troupes pour sa sécurité intérieure. Avec des élections générales à venir dans quatre mois, sa toujours turbulente région pétrolifère du Delta du Niger, le Nigeria va avoir besoin de beaucoup de forces de sécurité. Le Nigeria devrait reconsidérer son "rôle de Père Noël", estime Olu Obafemi, chercheur en chef du National Institute of Policy and Strategic Studies, de Jos (centre).
"Nous ne disons pas qu'il ne doit pas intervenir, mais le faire sans léser ses propres intérêts. Il y a beaucoup de menaces intérieures", affirme Obafemi.

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Côte d'Ivoire - Ban Ki-moon prévient que toute attaque contre l'ONU est un crime

(CRI 31/12/2010)
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a prévenu jeudi que toute attaque contre l'ONU est un crime, au moment où en Côte d'Ivoire un partisan du président sortant Laurent Gbagbo a appelé à attaquer à partir du 1er janvier l'hôtel où réside le président élu Alassane Ouattara et qui est protégé par des troupes de l'ONU.
« Le secrétaire général reste très préoccupé par la détérioration de la situation en Côte d'Ivoire. Il est profondément alarmé d'apprendre que M. Blé Goudé a appelé ceux qui s'appellent 'Jeunes Patriotes' à attaquer l'Hôtel du Golf à Abidjan à partir du 1er janvier », a dit son porte-parole dans une déclaration.
L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a un nombre significatif de militaires et de policiers déployés dans cet hôtel pour protéger le gouvernement de Côte d'Ivoire et des acteurs politiques importants, conformément à son mandat inscrit dans la résolution 1962 (2010) du Conseil de sécurité.
Le secrétaire général de l'ONU « souligne que l'ONUCI est autorisée à faire usage de tous les moyens nécessaires pour protéger son personnel, ainsi que les responsables du gouvernement et d'autres civils, sur le site de l'hôtel ». Il « souhaite donc prévenir que toute attaque contre les Casques bleus constitue un crime selon la loi internationale et que les auteurs de ce crime et ceux qui en sont les instigateurs seront tenus pour responsables ».
Selon Ban Ki-moon, « toute attaque contre l'Hôtel du Golf pourrait provoquer une violence généralisée qui pourrait rallumer la guerre civile. » « Le secrétaire général appelle tous ceux qui envisageraient d'y participer d'éviter un tel acte si dangereux et irresponsable. Et, il appelle tous les citoyens de Côte d'Ivoire qui veulent la paix à contribuer à la restauration d'une démocratie et d'une stabilité durables dans leur pays, » ajoute son porte-parole.
La Côte d'Ivoire est confrontée à une grave crise politique depuis le second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Le président sortant Laurent Gbagbo refuse de reconnaître sa défaite et de quitter le pouvoir après la victoire d'Alassane Ouattara reconnue par la communauté internationale. Il a demandé le départ de l'ONUCI qu'il accuse de partialité.

2010-12-31 08:50:49 xinhua
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Côte d'Ivoire - Paris déterminé à asseoir la légitimité de Ouattara

(Le Figaro 31/12/2010)
La France déploie une intense activité diplomatique pour tenter de renforcer le statut du rival de Laurent Gbagbo sur la scène internationale.
Il fut un temps où Paris ne tournait pas sept fois sa langue dans sa bouche avant de lancer ses parachutistes à l'assaut des rebelles qui menaçaient les présidents dictateurs africains. En vertu des accords de défense signés avec ses anciennes colonies après les indépendances et qui la contraignaient à intervenir en cas de tentative de déstabilisation des pouvoirs en place, la France a volé au secours du maréchal Mobutu au Zaïre en 1978, du Tchadien Hissène Habré en 1983 ou du président togolais Eyadema en 1986… En cinquante ans, les soldats de l'ancienne métropole ont foulé une quarantaine de fois le sol africain, pour porter secours aux ressortissants français ou aux pouvoirs en place.
Ce temps est révolu, si l'on en juge la nouvelle stratégie française qui s'est mise en place depuis le début de la crise en Côte d'Ivoire. Les autorités françaises ont en effet exclu d'intervenir militairement dans le conflit, comme elles le firent par exemple en 2004, quand l'armée assiégée avait ouvert le feu devant l'hôtel Ivoire à Abidjan.
Paris, qui a très vite lâché Laurent Gbagbo, déploie en revanche une intense activité diplomatique pour tenter d'asseoir le pouvoir de son rival Alassane Ouattara sur la scène internationale. La France semble avoir pris la tête d'une sorte de coalition diplomatique formée de l'ONU, des États-Unis et de l'Union européenne et dont le but serait d'isoler le président sortant. Le 17 décembre, Nicolas Sarkozy a exhorté Gbagbo à quitter son poste avant la fin de la semaine. Après avoir pris la décision d'installer un nouvel ambassadeur pro-Ouattara à Paris, le Quai d'Orsay a annoncé que les pays de l'UE ne reconnaîtraient plus que les ambassadeurs du président «légitimement» élu.
Une position délicate
Particulièrement prudente, la France fait tout pour éviter d'être accusée d'intervenir dans les affaires intérieures de son ancienne colonie. Sur place, elle a laissé les Nations unies occuper la première ligne. C'est au sein de l'Union européenne qu'elle défend désormais les sanctions visant les proches de Gbagbo. Et c'est du bout des lèvres, «en cas de dégradation de la situation » seulement et si d'autres pays européens font de même, prévient Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, que Paris accepterait de soutenir l'effort logistique de l'Onuci, la force de maintien de la paix de l'ONU en Côte d'Ivoire, qui se dit «asphyxiée» par le clan Gbagbo.
À Paris, où la Françafrique a plusieurs fois été enterrée, au moins en paroles, et où les accords de défense avec les anciennes colonies africaines ont été revus et corrigés à la baisse, on estime désormais qu'il appartient aux Africains de régler cette affaire.
La position française n'en reste pas moins délicate. 15 000 expatriés sont enregistrés en Côte d'Ivoire et pourraient, si la situation dégénérait, être pris à partie par les partisans du président battu. Les pays d'Afrique de l'Ouest l'ont menacé d'une intervention militaire s'il s'accrochait trop longtemps à son fauteuil. Mais en Europe, il n'y a pas grand monde pour parier sur l'efficacité de la Cedeao, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest. Alors, en cas de chaos, qui s'interposera ?

Par Isabelle Lasserre
31/12/2010
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Gabon - L'opposant AMO se dit président élu, promet "toutes les hypothèses"

(Le Figaro 31/12/2010)
L'opposant gabonais André Mba Obame dit AMO, de retour à Libreville après cinq mois passés en France, a été accueilli jeudi par environ 2.000 sympathisants à qui il s'est présenté comme le "président élu" du Gabon et à qui il a promis "toutes les hypothèses" pour 2011.
Au Gabon, "nous sommes dans une situation comme en Côte d'Ivoire où il y un président élu et un président légal", a affirmé Mba Obame qui a toujours contesté les résultats de la présidentielle d'août 2009 officiellement remportée par Ali Bongo Ondimba.
La Cour constitutionnelle avait après un long contentieux validé en octobre l'élection du fils du président Omar Bongo Ondimba. S'appuantyant sur un documentaire diffusé par France 2 en décembre, AMO revendique une victorie avec 42% des voix.
"Nous, à l'Union nationale, nous sommes respectueux des institutions mais nous disons aussi que dans toute république qui se respecte la légitimité prime sur la légalité", a-t-il poursuivi.
"C'est le peuple seul qui donne la légitimité à travers les élections. La Cour constitutionnelle peut proclamer quelqu'un qui va avoir un semblant de légalité mais très vite il faut que la légitimité et la légalité se retrouvent sur un même homme. Nous allons nous y atteler. Je vous le dis fermement: toutes les hypothèses sont sur la table", a-t-il lancé, déclenchant un tonnerre d'applaudissements, mais sans préciser quelles étaient ces "hypothèses".
AMO a aussi pris la communauté internationale à témoin: "Presque indifférente à la volonté du peuple gabonais de choisir librement ses dirigeants et privilégiant le diktat de la Cour Constitutionnelle, la communauté internationale affirme depuis quelques semaines avec fermeté, une fermeté insoupçonnée, la nécessité de respecter le seul choix des peuples: place donc au président réellement élu par le peuple, et dehors les présidents (désignés) par les Cours constitutionnelles".
"Maintenant que vous êtes debout, il ne faut pas s'asseoir", a-t-il encore lancé à la foule.

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Niger - Corruption au Niger: les étrennes de la 7e République

(L'Observateur Paalga 31/12/2010)
En cette fin d’année, le Niger se trouve à un mois jour pour jour de la présidentielle qui désignera le premier président élu de la Septième République. Une élection d’autant plus ouverte que l’actuel homme fort de Niamey, le général Salou Djibo, n’est pas candidat. Pour cette compétition au suffrage universel et populaire, dix partants, parmi lesquels quelques-uns des plus gros poids lourds de la vie publique nigérienne, sont en lice pour conquérir le fauteuil présidentiel.
Mais avant de tourner définitivement la page de la transition et de céder la place au nouveau chef de l’Etat, le chef suprême de la junte entend bien tenir toutes ses promesses et en particulier celles concernant les délinquants à cols blancs. En effet, bien décidé à secouer le dattier planté par son prédécesseur Mamadou Tandja, renversé le 18 février dernier, le président de la transition s’est fermement engagé à assainir les finances publiques et à revoir la gestion des affaires publiques par le régime déchu.
Et pour remplir cette délicate mission, une « Commission de lutte contre la délinquance économique et financière » a été créée. Véritable bras armé de la lutte contre la corruption, elle a fauché sur son passage quelque 2069 personnes soupçonnées de malversations diverses. Autant d’ex-ministres, de députés, de militaires, de hauts fonctionnaires et de membres de l’ancienne famille régnante ont dû faire les frais de ces investigations commanditées par la junte.
On estime ainsi que le total des fraudes s’élève à environ 64 milliards de francs CFA, dont 57 milliards ont été dissipés dans la seule période allant de 2000 à 2010. On peut comprendre alors pourquoi, parvenu au terme de son ultime mandat, l’ex-président tenait mordicus à parachever ses chantiers, ou plutôt ses prédations en cours. Mardi soir, dans une déclaration à la télévision d’Etat, le président de la Commission a affirmé avoir reçu 50 dossiers relatifs à des malversations ; un travail de fourmi qui aura permis de récupérer 5,626 milliards de francs CFA, soit près d’un dixième de l’argent détourné.
La besogne de la Commission reste donc colossale, mais avec l’engagement et le soutien du chef du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), nul ne doute qu’une bonne partie de l’argent détourné sera retrouvé. Pour l’heure, on imagine que les deniers publics ainsi récupérés réintégreront les caisses de l’Etat avant d’être réinvestis dans différents projets sociaux, notamment dans la construction d’un grand hôpital à Niamey, comme l’avait promis le général Djibo Salou.
Des étrennes gracieusement offertes par la Septième République et que l’écrasante majorité des contribuables nigériens accueilleront avec la plus grande joie, eux qui, des années durant, ont contribué à enrichir les quelques oligarques du régime Tandja. La voie du changement est désormais tracée, et les moyens d’action disponibles. Reste seulement à espérer que le président qui prêtera serment en avril prochain, à l’instar de son militaire de prédécesseur, s’engagera dans la voie de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption endémique.

Par H. Marie Ouédraogo
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Guinée Bissau - L'UE va ouvrir des consultations politiques avec la Guinée-Bissau

(African Manager 31/12/2010)
L'Union européenne a décidé d'ouvrir des consultations politiques avec la Guinée- Bissau dans le cadre de l'Article 96 de l'Accord de Cotonou en vertu duquel l'UE peut suspendre partiellement ou totalement la coopération avec un pays ACP, coupable de violation grave des principes démocratiques, a-t-on appris de source officielle européenne.
Dans un communiqué transmis jeudi à la presse à Bruxelles, M. Andris Piebalgs, commissaire européen en charge du Développement, fait savoir que la décision d'ouvrir des consultations a été prise en raison l'inquiétude de l'UE sur l'état des principes démocratiques et du respect de l'Etat de droit en Guinée-Bissau.
Le communiqué ajoute que l'Union européenne entend mettre en place "une stratégie de sortie de crise avec les différents acteurs impliqués".
Le communiqué rappelle que la mutinerie d'une partie de l'armée le 1er avril 2010 et les actions qui ont suivi, ont été condamnées par la communauté internationale et par l'Union européenne.
Cette mutinerie avait donné lieu à des détentions illégales et conduit à des nominations à des postes de haute responsabilité au sein des Forces armées, de personnalités liées à la mutinerie, précise en outre le communiqué.
La mutinerie a eu pour conséquence, souligne le communiqué, "l'arrêt du processus de réforme du secteur de la sécurité, essentiel pour la paix, la sécurité et le développement durable, ainsi que pour la lutte contre le trafic de stupéfiants et la criminalité organisée".
En vertu d'un accord conclu avec les autorités de Guinée-Bissau, l'Union européenne était chargée de mener le programme de réforme du secteur de la sécurité, en apportant assistance au gouvernement pour réformer la Police, l'Armée et mettre en place une stratégie nationale de sécurité.
Lancée en 2008, la mission de réforme du secteur de la sécurité avait été suspendue en mai 2010 et le commandant de la mission, le général Juan Esteban Verstegui, avait démissionné.
Au mois de septembre dernier, au cours d'une visite de travail à Bruxelles, le Premier ministre bissau-guinéen, Carlos Gomes Jr, avait demandé aux responsables européens de relancer le programme de réforme du secteur de la sécurité, rappelle-t-on

PANA
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Gabon - Ali Bongo fait adopter sa révision constitutionnelle

(Afriscoop 31/12/2010)
(AfriSCOOP Libreville ) — Les élus des deux chambres du parlement gabonais (Sénat et Assemblée nationale), réunis en Congrès ce mardi à Libreville ont voté le projet de révision de la constitution introduit par le gouvernement il y a quelques mois à 177 voix pour et 16 contre, a constaté le correspondant d’Afriscoop dans la capitale gabonaise.
Les 193 votants de cet après midi se sont accordés pour modifier la Constitution gabonaise introduite par le président de la République, Chef de l’Etat, Ali Bongo.
Ainsi, cette révision de la loi fondamentale porte sur 3 paragraphes et 36 articles. La modification partielle de la Constitution prise récemment par le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba concerne notamment la durée de la transition (de 45 à 60 jours)
D’autre part, le nouveau texte fait état de l’élargissement du domaine d’intervention du chef de l’Etat en matière de défense nationale et le renforcement des capacités opérationnelles du président de la République en cas de troubles graves menaçant l’indépendance et l’intégrité du territoire.
La nouvelle mouture ainsi adopté par les parlementaires cet après – midi, avait été critiquée, dans sa forme, par l’opposition en l’occurrence l’Union Nationale (UN) -qui milite en faveur du retour au scrutin à deux tours pour la présidentielle, les législatives et autres élections locales- et sur le fond, jugeant cette modification inopportune et répétant qu’« elle ne permet en effet de régler aucun problème politique ».
Ainsi, au sortir de ce congrès le président Myboto Zacharie a affirmé que « cette révision ne représente rien pour nous et nous l’avons largement développé ».
Les deux chambres du parlement gabonais réunis en Congrès ce mardi 28 décembre 2010 à Libreville (Ph : Afriscoop/Anselme Lenoir)
S’adressant aux parlementaires de la majorité présidentielle lors du congrès, le président des deux groupes de l’opposition Sénat et Assemblée nationale, Zacharie Myboto, a indiqué que « ce que vous acceptez peut être retourné contre vous demain », faisant allusion notamment à l’article selon lequel " il faut résider au moins 12 mois sur le territoire national pour être candidat à la présidentielle".
Cependant, selon ce dernier la majorité présidentielle n’était pas unanime sur cette révision constitutionnelle : « il y a en effet, des transfuges de la majorité présidentielle qui ont voté contre cette révision, sans quoi nous n’aurions pas atteint 16 voix mais 11 ».

par Anselme Lenoir
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Togo - Une mauvaise nouvelle pour débuter 2011

(Afriscoop 31/12/2010)
(AfriSCOOP Lomé) — S’achemine-t-on une nouvelle fois vers un remous social en terre togolaise ? A la faveur d’une conférence de presse collégiale des principaux acteurs du secteur énergétique à Lomé ce 28 décembre 2010, les Togolais ont été informés que le coût local de l’électricité va connaître une hausse à partir de l’année qui s’annonce.
« 20% de hausse » : c’est la prévision que devra faire le Togolais lambda dans les prochaines semaines pour penser le paiement de ses factures d’électricité. L’annonce de la hausse du prix du kilowattheure au Togo a été faite ce 28 décembre, dans le cadre d’une conférence de presse animée par le ministre togolais de l’Energie, M. Damipi, le directeur général de la Ceet, M. Kakatsi, et son alter ego de la Ceb, M. Salifou.
Selon les structures en charge du secteur énergétique en République togolaise, la répercussion de cette hausse sera effective en janvier 2011. Toutefois, ont tenu à préciser ces acteurs clés du monde énergétique au pays des Gnassingbé, cette hausse sera concrètement applicable sur les factures de mars 2011.
De l’avis du gouvernement togolais, cette hausse s’explique par le fait que les subventions étatiques dans le secteur énergétique vont cesser dans les prochains jours et être affectées à d’autres domaines qui focalisent en ce moment l’attention de l’exécutif comme l’éducation et la santé.
Comme pour retarder le malaise social qui naîtra éventuellement de cette annonce, Tvt (la télévision nationale) n’a pas dit mot de la nouvelles sus-citée dans ses deux éditions du journal parlé dans la soirée de ce 28 décembre 2010.

par Faustin AMOUSSOUVI
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Côte d’Ivoire - Burkina Faso : Gbagbo "cherche" Blaise

(Afriscoop 31/12/2010)
Ce n’est pas beau, la situation qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire. Mais, Laurent Gbagbo-là est un bandit quoi ! Malgré tout ce beau monde qui fronde contre lui, ce n’est pas son problème. Et par-dessus tout, il profite pour provoquer. Sinon, comment peut-on qualifier cette phrase qu’il a lâchée lors d’une interview qu’il a accordée au journal français le Figaro : "J’aurais dû me faire élire à 80% comme un chef d’Etat voisin qui a été élu à 80%". Il faudrait être fou pour lire entre ces lignes qu’il parle de notre cher Blaiso ! Et comme je le suis, je pense qu’il voulait parler de Blaise Compaoré. Mais alors, si c’est vraiment le cas, c’en est-il fini de la bonne camaraderie que les deux hommes semblaient entretenir ? La guerre est-elle maintenant ouverte entre eux ? Et affaire de "mon frère Blaise-mon frère Gbagbo"-là, c’était du bidon quoi ? Une pièce de théâtre que les deux hommes jouaient devant des Ivoiriens, des Burkinabè et une Communauté internationale crédules ?
Je ne vais pas chercher à savoir si Laurent Gbagbo pouvait se faire élire à 80% ou non, mais ce dont je suis certain, c’est que ses propos tombent mal au regard du contexte actuel. Ils peuvent contribuer à nourrir la haine que nourrissent certains extrémistes ivoiriens contre les Burkinabè. Le souhait est que Blaise Compaoré ne réponde pas à ce coup de pied de l’âne. Gbagbo le "cherche", mais il ne faut pas qu’il se laisse trouver. Car si c’était le cas, Laurent Gbagbo peut utiliser cela comme une arme dans sa volonté de rester au pouvoir. Toutefois, il faut reconnaître que ce score de 80% obtenu par Blaise Compaoré est comme un boulet qu’il traîne à ses talons et qui, à chaque moment, peut se transformer en véritable massue contre lui. Et puis, c’est vrai quoi ! 80% c’est trop dans un pays qui se dit démocratique, même si le paysage politique clairsemé d’opposants sérieux était plutôt favorable pour ensemencer les graines d’un tel score. En tout cas, il se révèle une arme entre les mains de ceux qui veulent le provoquer et Gbagbo semble être de ceux-là. Malgré tout, ce n’est pas très gentil, hein, monsieur Gbagbo ! Il ne faut pas oublier que l’enfant terrible de Ziniaré a contribué à rassembler les frères ivoiriens autour de la table des négociations. C’est vrai que tout n’a pas été parfait et que lui-même n’est pas blanc comme neige. Mais il faut lui reconnaître qu’il a fait ce qu’il a pu. Lui donner ainsi une ruade en retour, ce n’est pas réglo !
Bon, il est maintenant clair que les deux hommes ont passé leur temps à jouer au poker menteur et maintenant que ça ne va pas très bien, les cartes sont tombées et on est revenu au vrai visage des uns et des autres. Mais j’espère que ce strip-tease d’un autre genre s’arrêtera là. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je n’ai pas envie d’en voir plus. La situation est assez compliquée comme ça. La Côte d’Ivoire et le Burkina, et ça tout le monde le sait, sont intimement liés et toute secousse dans l’un ou l’autre aura des impacts sur les deux pays. Et puis zut ! J’ai mon frère à Abidjan qui m’envoie chaque mois de l’attiéké original, et depuis le début de cette foutue crise, je n’en reçois plus. En plus, je ne sais même pas ce que ce frère est devenu ! Vraiment, il y a des jours où j’ai envie de dire aux populations du monde entier de s’unir pour demander à Dieu de rayer les politiciens de la carte de la terre. Mais, hélas, je suis certain qu’il n’y aurait pas assez de fous pour me suivre !

Le Fou - "Le Pays"
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Gabon - PS et UMP nient avoir touché l'argent d'Omar Bongo

(Le Monde 31/12/2010)
L'UMP et le PS ont nié jeudi 30 décembre avoir touché des fonds de l'ex-président gabonais Omar Bongo. Soupçons relayés par un nouveau câble de WikiLeaks rendu public la veille par le quotidien espagnol El Pais.
Selon ces notes diplomatiques américaines, près de 30 millions d'euros auraient été détournés de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) par le défunt président gabonais Omar Bongo. Principalement destinés au dirigeant et à son entourage, ces fonds auraient aussi servi à financer plusieurs partis politiques français des deux camps, "surtout à droite, en particulier à [l'ancien président Jacques] Chirac mais aussi [Nicolas] Sarkozy".
"TOUT CELA EST TOTALEMENT FANTAISISTE"
Au PS, le trésorier du parti Régis Juanico a assuré que son mouvement "ne se sent en rien concerné par ces affirmations", notant au passage que "seuls des noms de droite sont cités".
De son côté, le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé a affirmé : "Tout cela est totalement fantaisiste", dénonçant, "la très grande fragilité de ces accusations". L'Elysée n'a pas réagi, conformément à la règle qu'il s'est fixée de ne pas répondre aux allégations du site Internet.
L'information relayée par WikiLeaks avait été donnée quatre jours après la mort de M. Bongo, en juin 2009, par un haut fonctionnaire de la BEAC à un diplomate de l'ambassade américaine au Cameroun. Celle-ci n'a toutefois pas été "en mesure de vérifier la véracité de l'accusation" visant des responsables hexagonaux.
DE VIEILLES RUMEURS
Des rumeurs de financement de la vie politique française par Omar Bongo ont très souvent circulé, en France comme sur le continent africain, sur fond de relations privilégiées entre l'ancien dirigeant gabonais, au pouvoir depuis 1967, et une grande partie de la classe politique de l'ex-puissance coloniale.
Après la mort de Bongo, l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing avait spectaculairement rompu le silence en affirmant que le président gabonais avait financé en 1981 la campagne présidentielle de Jacques Chirac. "Moi j'étais président de la République à l'époque", avait-il raconté sur Europe 1. "J'ai appelé Bongo et je lui ai dit : 'Vous soutenez actuellement la campagne de mon concurrent' [Jacques Chirac], alors il y a eu un temps mort que j'entends encore et il m'a dit : 'Ah, vous le savez', ce qui était merveilleux. A partir de ce moment-là j'ai rompu mes relations personnelles avec lui."
Jacques Chirac avait plus tard dénoncé des propos "dénués de tout fondement" et ne relevant que "d'une médiocre polémique". "Nous savons tous précisément qu'Omar Bongo a financé de nombreuses campagnes électorales à droite mais aussi à gauche, parfois, peut-être. On l'a entendu dire. Je crains hélas que cela soit un peu vrai, y compris concernant la gauche", avait reconnu pour sa part le député PS André Vallini.

LEMONDE.FR
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Côte d'Ivoire - L'Onu craint des violences ethniques en Côte d'Ivoire

(Le Nouvel Observateur 31/12/2010)
NATIONS UNIES/ABIDJAN - Deux conseillers spéciaux de l'Onu ont exprimé jeudi une vive inquiétude devant les risques de violence ethnique en Côte d'Ivoire, où le président sortant Laurent Gbagbo refuse de céder la place à Alassane Ouattara, reconnu sur le plan international comme le vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre.
Selon un communiqué diffusé par le siège des Nations unies à New York, Francis Deng, conseiller spécial pour la prévention du génocide, et Edward Luck, chargé de la "protection", ont relevé des indices indiquant que "certains dirigeants incitent à la violence entre divers éléments de la population".
"Au vu de l'histoire du conflit intérieur en Côte d'Ivoire, de tels agissements sont irresponsables", estiment-ils, faisant écho au nouvel ambassadeur ivoirien à l'Onu, un représentant d'Ouattara qui, la veille, avait déclaré que le pays était "au bord du génocide" et qu'il fallait "faire quelque chose".
Si Deng et Luck n'emploient pas le terme de "génocide", ils font état d'"informations continues, non confirmables jusqu'ici, concernant de graves violations des droits de l'homme par des partisans de M. Laurent Gbagbo et par les forces qui sont sous son contrôle, ainsi que de discours incendiaires d'incitation à la haine et à la violence".
A Abidjan, la situation était normale jeudi. Mais Charles Blé Goudé, chef de file des Jeunes Patriotes, puissant mouvement pro-Gbagbo, a menacé de donner l'assaut samedi à l'hôtel du Golf où Ouattara et son Premier ministre Guillaume Soro, un ancien chef rebelle, sont retranchés sous la protection de l'Onu.
LES EX-REBELLES COMBATTRONT AVEC LA CÉDÉAO
"Je demande aux jeunes de Côte d'Ivoire de se tenir prêts. Que les troupes aux mains nues s'apprêtent à récupérer Soro au Golf", a lancé Blé Goudé mercredi à ses partisans, fixant l'échéance au 1er janvier.
A New York, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, s'est dit "profondément alarmé" par les appels lancés en vue d'un assaut contre l'hôtel du Golf.
Pour Ban Ki-moon, "toute attaque contre l'hôtel du Golf pourrait provoquer une violence généralisée qui pourrait rallumer la guerre civile".
Dans un communiqué diffusé par ses services, le secrétaire général des Nations unies souligne par ailleurs que l'Opération de l'Onu en Côte d'Ivoire (Onuci) "est autorisée à faire usage de tous les moyens nécessaires pour protéger son personnel, ainsi que les responsables du gouvernement et d'autres civils, sur le site de l'hôtel".
A Abidjan, Blé Goudé dit ne pas croire à une intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui a reconnu la légitimité d'Ouattara et dépêché sans succès mercredi auprès de Gbagbo trois émissaires chargés de lui remettre un ultimatum afin qu'il cède pacifiquement le pouvoir.
La Cédéao, dont les émissaires reviendront lundi à Abidjan, avait dans un premier temps menacé le président sortant de recourir à la "force légitime", mais son président, le chef de l'Etat nigérian Goodluck Jonathan, a estimé que ce ne serait pas nécessaire tant que le dialogue se poursuivrait.
Quoi qu'il en soit, les anciens rebelles des Forces nouvelles, qui contrôlent le nord de la Côte d'Ivoire depuis la guerre civile de 2002-2003, ont déclaré jeudi qu'ils se joindraient aux troupes de la Cédéao si celle-ci intervenait.
"Nous combattrons aux côtés de la force de la Cédéao pour que Laurent Gbagbo quitte le pouvoir. Nous attendons la décision de la Cédéao", a déclaré leur porte-parole, Affousy Bamba.
De source militaire à Abuja, la capitale nigériane, on précisait toutefois jeudi que des plans étaient à l'étude au cas où Laurent Gbagbo resterait inflexible. La Cédéao est soutenue par les Nations unies, qui disposent de 10.000 hommes sur place, sans compter les 900 hommes du contingent français Licorne.
EXODE DES CIVILS VERS LES PAYS VOISINS
La communauté internationale reconnaît la légitimité d'Ouattara. L'Assemblée générale et le Conseil de sécurité de l'Onu ont été unanimes à ce sujet. L'ancien Premier ministre et ex-directeur adjoint du FMI jouit aussi du soutien appuyé de Paris et Washington.
L'Union européenne a décidé de sanctions contre Gbagbo et son entourage et ne reconnaîtra que les ambassadeurs nommés par Ouattara. En Afrique, au-delà de la Cédéao, c'est toute l'Union africaine qui a aussi demandé à Gbagbo de reconnaître sa défaite, ce qu'il refuse en arguant que le Conseil constitutionnel, à sa main, a inversé le résultat proclamé par la commission électorale indépendante et certifié par l'Onu.
Deng et Luck se sont dits "extrêmement préoccupés" par des informations voulant que des marques distinctives aient été tracées aux domiciles d'opposants à Gbagbo indiquant leur origine ethnique.
Seize mille Ivoiriens ont cherché refuge au Liberia depuis le second tour de l'élection présidentielle. Ils craignent que les tensions ne plongent le pays dans la guerre civile.

(Reuters)
Ange Aboa à Abidjan, Félix Onuah à Abuja et Louis Charbonneau à l'Onu; Guy Kerivel, Marc Delteil et Olivier Guillemain pour le service français
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Sénégal - FESTIVAL MONDIAL DES ARTS NEGRES: quand la politique supplante la culture

(Le Pays 31/12/2010)
Tempête politique sur la capitale sénégalaise au moment où se termine la 3e édition du Festival mondial des arts nègres (FESMAN). Visiblement, la vision nouvelle "d’une Afrique libérée, fière, créative et optimiste" que devait incarner cette grande manifestation culturelle n’est pas partagée par tous. Et c’est en voulant exprimer son désaccord que l’opposition s’est vu interdite de manifester au Sénégal.
En effet, dans ce pays en proie à diverses crises, notamment le problème de l’énergie, de l’eau et du chômage, l’opportunité de cette fête culturelle peut-être sujette à caution. Peut-on se réjouir devant des spectacles de danse et de musique quand le ventre crie famine et que dans les quartiers on attend le "jus" à tour de rôle ? Mieux, le régime de Wade n’a pas montré patte blanche dans la gestion des fonds (quelque 30 milliards de F CFA), ce qui a augmenté la colère des opposants. Enfin, le président sénégalais semble n’avoir pas encore tiré leçon de la tenue du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).
Parce qu’il en avait confié la responsabilité à son fils Karim Wade, il y avait eu une levée de boucliers, jusque dans les rangs du pouvoir, consécutive à des accusations de détournements. Cette fois-ci, c’est sa fille qui a assuré la coprésidence de l’organisation du FESMAN. Ce qui fait dire aux opposants que Wade a érigé la gestion patrimoniale de l’Etat en système. Pour toutes ces raisons, l’opposition a bien le droit de manifester, même si on peut lui rétorquer que le bien-fondé du FESMAN ne peut être contesté.
En effet, c’est par de telles actions, si elles sont bien organisées, que l’on peut véritablement donner un coup de pouce à la culture et aux artistes. Mais, en voulant bâillonner son opposition parce qu’allergique à la contestation, Wade lui a permis de se faire entendre partout, même sans avoir marché. Les arguments qui ont été avancés ne peuvent pas masquer l’agacement du régime qui voulait éviter que l’on gâche une fête aussi grandiose, à l’image des ambitions souvent démesurées du président sénégalais.
En tout cas, Wade, une fois de plus, vient de montrer qu’il ne tolère pas la contradiction. Pourtant, le Sénégal est un pays de tradition démocratique. Et nul doute qu’il survivra à tous les coups de boutoir que lui a donnés Wade, depuis son arrivée au pouvoir.

Dayang-ne-Wendé P. SILGA
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Gbagbo viole le droit international

(La Libre 31/12/2010)
C’est l’avis d’Eric David. Qui ne nie pas la complexité du dossier ivoirien.
Entretien
Eric David est professeur de droit international à l’Université libre de Bruxelles.
Professeur David, qu’inspire à l’expert que vous êtes la situation prévalant en Côte-d’Ivoire ?
La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 consacrent le principe du droit à tout personne d’élire librement les représentants de son choix et à tout candidat à une élection celui de se présenter et d’être élu. Longtemps, toutefois, la Communauté internationale s’est assez peu mobilisée pour défendre de façon active cette cause démocratique. C’était l’époque où il s’agissait de garantir la coexistence pacifique entre Etats à systèmes politiques et économiques différents. Mais avec la disparition de l’URSS et la transformation de démocraties populaires en démocraties à l’occidentale, les choses ont évolué et de nombreuses résolutions, émanant notamment du Conseil de Sécurité des Nations unies, ont condamné formellement des coups d’Etat entraînant le renversement de gouvernements démocratiquement élus ou le fait que des élections aient été supprimées ou n’aient pas été organisées conformément aux règles démocratiques. Les Nations unies sont, par exemple, intervenues après qu’une junte militaire eut déposé le président Aristide, en Haïti, en 1991, ou encore à la suite de coups d’Etat au Burundi, en 1996, ou au Sierra Leone, en 1997. S’agissant de la Côte-d’Ivoire, des résolutions "onusiennes" appelant au respect du principe d’organisation d’élections périodiques, régulières et libres ont été prises à plusieurs reprises, en 2005, 2006 et 2008.
Deux hommes se disputent la légitimité du pouvoir en Côte-d’Ivoire. Comment faire le tri ?
Ce n’est pas la première fois que l’Onu doit choisir entre deux délégations représentant deux gouvernements se disputant le pouvoir. De 1949 à 1971, s’agissant de la Chine, l’assemblée générale légitimait la représentation de Taiwan, oubliant Pékin, avant de faire le contraire. En vérité, l’assemblée générale choisit la délégation le mieux à même d’assurer les buts et les principes des Nations unies. C’est une formule vague qui a cependant trait, de façon générale, au respect des droits et libertés fondamentaux incluant le principe de la mise en œuvre d’élections libres et honnêtes.
Dans le cas qui nous occupe, peut-on affirmer que Laurent Gbagbo, en refusant de reconnaître le résultat des élections de novembre et en se maintenant envers et contre tout en place, viole le droit international ?
On peut l’affirmer, en effet, mais la question est complexe et délicate. La Communauté internationale a clairement pris fait et cause pour Alassane Ouattara. Elle l’a fait en se basant sur les témoignages et sur les rapports que lui ont fournis les observateurs et les experts qu’elle avait dépêchés sur place. On peut donc estimer que les soubresauts actuels sont imputables à Laurent Gbagbo et à ses partisans. La violation du droit international n’est donc pas le fait de l’Etat ivoirien en tant que tel, mais bien d’un individu ou d’un groupe d’individus, autrement dit de sujets de droit non étatiques. Ce que je dis doit cependant être pris au conditionnel car ces principes n’ont jamais fait l’objet d’une codification en bonne et due forme. Quoi qu’il en soit, on peut affirmer que lorsque la Côte-d’Ivoire est représentée par Alassane Ouattara, il n’y a pas viol du droit international mais qu’en revanche, lorsque Laurent Gbagbo ou ses mandataires entendent représenter la Côte-d’Ivoire, ils violent le droit international.
Dans quelle mesure l’Onu peut-elle intervenir dans le différend actuel ?
Le Conseil de sécurité peut intervenir lorsqu’il existe une menace pour la paix ou la sécurité internationales. Et il dispose à cet effet d’une large gamme de moyens allant de la réprimande de nature diplomatique à l’envoi sur place de forces armées. Dans un nombre majoritaire des cas, il n’est pas obligé de recourir à la force. Le plus souvent, il adoptera des sanctions ciblées, portant, par exemple, sur l’interdiction faite à certains dirigeants de voyager ou sur le gel d’avoirs bancaires.
Si les choses devaient tourner mal en Côte-d’Ivoire, si le sang devait couler, de quels moyens la Communauté internationale dispose-t-elle pour “arrêter le massacre” ?
Le droit international dit que tous les Etats doivent coopérer pour assurer la protection des droits et des libertés fondamentaux. Il s’agit d’une obligation générale. En cas de débordements, de viol des règles de droit international, de menaces graves, le Conseil de sécurité peut éventuellement recourir à la force contre l’Etat récalcitrant.

Jean-Claude Matgen
Mis en ligne le 31/12/2010
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Côte d'Ivoire - Blé Goudé, l'agitateur de la rue ivoirienne

(Le Figaro 31/12/2010)
Nommé ministre de la Jeunesse, le chef des Jeunes Patriotes est l'aboyeur de Laurent Gbagbo.
Il a suffi que la situation en Côte d'Ivoire se détériore pour le voir revivre. Depuis un mois, depuis le début de la crise politique, Charles Blé Goudé est de retour. Costume un rien trop chic, le désormais ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo s'invite très régulièrement sur les plateaux de la télévision nationale, sourire carnassier et messages ambigus. Laurent Gbagbo lui a confié le rôle d'aboyeur, et il s'en acquitte avec un certain professionnalisme. D'abord parler de paix, de calme, de respect des étrangers, puis, inévitablement, se faire ensuite menaçant : «Qu'ils s'avisent de toucher un cheveu de M. Gbagbo et ils le regretteront.» Mercredi, il s'en est pris à ses adversaires politiques affirmant qu'il marcherait dimanche avec ses troupes «à mains nues » vers l'hôtel du Golf. Dans cet établissement, où Alassane Ouattara est réfugié avec les siens, l'annonce a fait sourire. «Nous l'attendons avec des fleurs. »
Mais derrière ces blagues, personne ne s'avise plus d'oublier Blé Goudé. Malgré ses 39 ans, l'homme reste le chef des Jeunes Patriotes, un groupe furieusement pro-Gbagbo qui dispose d'une forte capacité de nuisance. En 2004, après la destruction de l'aviation ivoirienne par l'armée française, c'est déjà par un message télévisé qu'il avait appelé aux manifestations hostiles aux étrangers en général et aux Français en particulier. La foule était descendue en masse dans la rue poussant 7000 Français à s'enfuir et les soldats tricolores à ouvrir le feu. Charles Blé Goudé y avait gagné le surnom de «général de la jeunesse» et des sanctions de l'ONU jamais levées.
Un charisme indéniable
Certes, l'époque a changé. Mais, sans l'avouer, celui qui se compare volontiers à Kwame Nkrumah voire à Gandhi compte sur ses années d'expérience pour rebondir. Ses échecs scolaires ne l'ont pas empêché de prendre la tête en 1998 de la puissance Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci). Le mouvement, longtemps dirigé par Laurent Gbagbo, est une vraie matrice de la politique ivoirienne. Il y succède d'ailleurs à un certain Guillaume Soro.
Depuis trois semaines, le «général» n'a de cesse de mobiliser ses troupes, enchaînant les meetings dans les quartiers favorables à Laurent Gbagbo. Sur scène, sans notes, Charles Blé Goudé fait jouer son indéniable charisme et sa mauvaise foi pour électriser les partisans. «Soyez prêts», hurle-t-il. En filigrane, se dessine la technique éprouvée de mobilisation des foules civiles pour s'opposer à la force. L'ONU en a eu un avant-goût. Mardi, l'une de ses patrouilles fut ainsi bloquée par des militants déchaînés dans une rue de Yopougon, un fief gbagbiste d'Abidjan. Jeudi, c'est à Abobo mercredi que des casques bleus ont été pris à parti.
Malgré ces signes inquiétants, Charles Blé Goudé semble avoir perdu de sa superbe. Récemment, dans une interview, il avouait que le rôle de rebelle sur commande lui pesait un peu. «On n'est jamais rebelle pour la vie ou alors on termine comme Charles Taylor ou Savimbi.» La morale n'a sans doute pas beaucoup à voir dans cette prise de conscience. Charles Blé Goudé, le militant, est entre-temps devenu un homme d'affaire prospère. Selon un télégramme diplomatique américain révélé pat WikiLeaks et Le Monde, il aurait grâce aux réseaux financiers de Laurent Gbagbo «des intérêts conséquents dans des hôtels, boîtes de nuit, restaurants, stations-service et dans l'immobilier en Côte d'Ivoire.»

Par Tanguy Berthemet
© Copyright Le Figaro

Nigeria - Huit personnes tuées par des islamistes présumés au Nigeria

(Le Monde 31/12/2010)
Des islamistes présumés ont tué huit personnes dont trois policiers dans la ville de Maiduguri, dans le nord du Nigeria, ont annoncé jeudi 30 décembre l'armée et la police. "Les auteurs armés des cinq attaques mercredi soir sont soupçonnés d'appartenir à la secte Boko Haram", a affirmé un porte-parole de l'armée. Ces islamistes sont à l'origine d'un soulèvement qui avait fait des centaines de morts en 2009 et sont les auteurs présumés d'une série d'attentats dans le nord du Nigeria au cours des derniers mois.
"Mercredi, les trois policiers ont été tués dans le district de Ruwan Zafi lors de l'attaque d'une patrouille lancée par des membres présumés de Boko Haram qui ont brûlé leur véhicule", a expliqué le porte-parole militaire. "Les policiers ont été débordés par les assaillants", a affirmé un autre porte-parole. Cinq civils ont été tués dans quatre autres attaques lancées par des hommes armés à moto dans cette ville du Nord-Est.
Une émanation de Boko Haram a aussi revendiqué sur un site Internet des attentats et attaques qui ont fait jusqu'à 86 morts entre chrétiens et musulmans pour Noël dans le centre et le nord du Nigeria. Jeudi soir, la police a annoncé avoir arrêté 92 membres présumés de la secte. Les suspects ont été transférés au siège de la police fédérale nigériane, à Abuja, pour y être interrogés.
Lors de deux autres attaques, mardi, des personnes suspectées d'appartenir à cette secte avaient déjà tué un policier et un responsable de la police à la retraite et trois civils avaient été blessés à Maidiguri, selon la police.

LEMONDE.FR avec AFP
31.12.10
© Copyright Le Monde

Gabon - France : soupçons de financement des politiques français

Selon des notes diplomatiques américaines divulguées par le site internet Wikileaks et rendues publiques mercredi par le quotidien espagnol El Pais, près de 30 millions d’euros auraient été détournés de la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) par le défunt président gabonais Omar Bongo. Sans surprise et avec une belle unanimité, les deux principaux partis politiques français, l’UMP et le PS, ont nié hier avoir touché des fonds de l’ex-président gabonais Omar Bongo, soupçons relayés par un nouveau câble de WikiLeaks.
Si ces fonds étaient principalement destinés au dirigeant et à son entourage, ils auraient aussi servi à financer plusieurs partis politiques français des deux camps surtout à droite, en particulier à l’ancien président Jacques Chirac mais aussi Nicolas Sarkozy. L’Élysée n’a pas réagi, conformément à la règle qu’il s’est fixée de ne pas répondre aux allégations du site internet.
L’information relayée par WikiLeaks avait été donnée quatre jours après la mort de M. Bongo, en juin 2009, par un haut fonctionnaire de la BEAC à un diplomate de l’ambassade américaine au Cameroun.
Celle-ci n’a toutefois pas été en mesure de vérifier la véracité de l’accusation visant des responsables hexagonaux.

leprogres.fr/

André Mba Obame de retour au Gabon

Communiqué de presse de l’Union NationaleL’opposant Gabonais André Mba Obame est arrivé à Libreville au Gabon à 18heures, le jeudi 30 janvier. Depuis quelques jours, des rumeurs dans les quartiers annonçaient sa volonté de former un gouvernement légitime.
Entre 7.000 et 10.000 personnes sont venus l’accueillir a l’aéroport, bravant les forces de l’ordre qui n’ont pu les disperser. Après un bain de foule, le cortège s’est dirigé vers le siège de l’Union Nationale où M. André Mba Obame a pris la parole et a réaffirmé son intention de former d’ici le 03 janvier 2011, un Gouvernement légitime au Gabon.
Nous vous ferons parvenir des photos et images de l’arrivée le plus rapidement possible.
Les téléphones de membres de l’Union Nationale étant soudainement inaccessibles, Bruno Ben Moubamba, Vice-President de l’Union Nationale est disposé, depuis Paris, à répondre a toutes questions par téléphone ou directement selon les besoins.
Cordialement,
Bruno Ben Moubamba, pour l’Union Nationale.
bruno@moubamba.com
source afrik.com

Côte d'Ivoire : les pro-Gbagbo menacent

La crise post-électorale reste entière en Côte d'Ivoire

En Côte d'Ivoire, l'ONU dénonce les appels à la haine lancés par les partisans de Laurent Gbagbo. Le secrétaire général de l'ONU craint une reprise de la guerre civile. La Côte d'Ivoire retient son souffle en ce 31 décembre.
En Côte d'Ivoire, la crise post-électorale a déjà fait partir 20 000 personnes, le commerce tourne au ralenti et affecte toute la région. La Côte d'Ivoire a deux présidents : Laurent Gbagbo refuse d'admettre sa défaite électorale, il n'a plus d'ambassadeurs, ni accès au trésor de l'Etat, mais il a gardé le contrôle de la radio télévision nationale et l'on peut avoir une idée de sa version de la crise en consultant le site telediaspora.net, et lire par exemple un communiqué du 18 décembre ou le gouvernement, celui de Gbagbo donc dénonce l'ingérence étrangère de l'ONU et de la France.
Par ailleurs, Laurent Gbagbo cherche une issue juridique: il a recruté l'avocat et ancien ministre socialiste français Roland Dumaset et le très célèbre défenseur des dictateurs Maître Vergès.
L'équipe d'Alassane Ouattara, elle, siège à l'hôtel du golf sous la protection de 600 casques bleus, et son site, c'est abidjan.net : on peut aussi y lire un communiqué gouvernemental, qui demande à tous les fonctionnaires de ne pas collaborer avec l'ancien pouvoir illégal et illégitime sous peine de sanctions administratives voire de poursuites judiciaires.
Deux pouvoirs, une crise que la CEDEAO, la communauté des états de l'Afrique de l'ouest tente de dénouer. L'option militaire ne fait pas l'unanimité parmi les 15 membres de la CEDEAO. L'Union africaine, qui a reconnu la victoire d'Alassane Ouattara n'en dit plus rien. La France, qui a d'énormes intérêts en Côte d'Ivoire, à commencer par la gestion du grand port commercial d'Abidjan reste aussi très discrète. La Côte d'Ivoire retient son souffle, la diplomatie internationale manque d'idées.

Françoise Nice
Crédit photo : AFP
rtbf.be

jeudi 30 décembre 2010

Le pari gagné de Gbagbo ?

(Le Pays 30/12/2010)
Le président sortant de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, est en passe de devenir plus que jamais un héros aux yeux de ses thuriféraires. Il a réussi, envers et contre tous, à se maintenir sur un fauteuil présidentiel que tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il l’a usurpé, et ce, en dépit de la pression internationale qui s’acharne contre lui.
Pour tout dire, Gbagbo finira par réussir son pari d’autant que, jusque-là, les mesures coercitives prises à son encontre, n’ont vraisemblablement pas produit l’effet escompté qui est de le faire partir du pouvoir. De plus, la CEDEAO vient de décider de mettre en stand-by toute option militaire, ce qui laisse un répit supplémentaire à Gbagbo. La guerre actuelle entre Gbagbo et la communauté internationale ressemble mutatis mutandis au fabuleux combat entre David et le géant philistin, Goliath. Les jours passent, la pression s’accentue, mais Gbagbo est là. Personne n’aurait parié un kopeck que ce personnage excentrique digne d’un Mamadou Tandja, aurait pu continuer à défier et à narguer la communauté internationale, tout en confisquant le pouvoir.
En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que les trois présidents, Boni Yayi du Bénin, Ernest Koroma de la Sierra-Léone, et Pedro Pires du Cap-Vert, qui avaient été mandatés par la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) pour négocier le départ de Laurent Gbagbo, n’ont, sans surprise, pas réussi à le faire fléchir d’un iota. Ce dernier, du reste, s’est employé à démontrer la légalité de son maintien au pouvoir. Autant dire que les voies diplomatiques ont échoué, puisque Gbagbo ne veut pas entendre raison. Toutes proportions gardées, on a parfois l’impression que Gbagbo souffre d’une pathologie schizophrénique et paranoïaque. Il dit "o" là où tout le monde voit "a". Pourtant, pas plus tard qu’en 1999, il disait ceci à propos de Slobodan Milosevic : "Quand dans un village, tout le monde voit un pagne en blanc et que vous êtes le seul à le voir en noir, c’est que vous avez un problème". Gbagbo a donc un problème.
Qu’il ait l’humilité de le reconnaître afin qu’on lui apporte une cure psychanalytique. On a tout lieu de croire qu’il a peur de se retrouver à nouveau dans l’opposition, persécuté qu’il fut durant son parcours politique. Les garanties que lui propose son rival Alassane Dramane Ouattara, notamment l’exemption de poursuites judiciaires et la reconnaissance de son statut d’ancien chef d’Etat, ne semblent pas le rasséréner. Et entêté qu’il est, il s’agrippe toujours au pouvoir.
La communauté internationale doit nécessairement adopter une nouvelle stratégie afin d’extirper Gbagbo du Palais de Cocody et le remettre à son légitime locataire, Alassane Dramane Ouattara, reclus avec son gouvernement, à l’hôtel du Golf, depuis plus d’un mois. Cela y va aussi de sa crédibilité et de son hégémonie. En brandissant la menace de représailles diplomatiques contre tous les Etats qui reconnaîtront les ambassadeurs nommés par son rival Alassane Ouattara, Gbagbo a franchi le Rubicon en démontrant une fois de plus, si besoin en était encore, qu’il se considère plus que jamais maître du jeu. Sans doute donc que toutes les chancelleries mettront la clé sous le paillasson, au regard de la quasi unanime position des différents Etats. Gbagbo joue au dur et à l’indocile, développant ainsi des stratégies pour diviser la communauté internationale. Inadmissible et insupportable est surtout l’attaque d’un convoi de l’ONUCI à Yopougon, au moment même où séjournait la troïka de la CEDEAO en Côte d’Ivoire. En réalité, Gbagbo a subtilement déclaré la guerre à la communauté internationale en actionnant ses soi-disant "patriotes" qui n’hésitent pas à se jeter en pâture pour défendre de sombres desseins politiques. Le général de la rue et de la pagaille, Charles Blé Goudé, ne disait-il pas avoir reporté sine die son "assaut final pour la libération totale de la Côte d’Ivoire", sous prétexte qu’il voulait donner plus de chances à la diplomatie ? Quid alors de ces attaques isolées contre les Casques bleus dont la mission essentielle est de protéger les civils ? Sans être dupe, Gbagbo et son clan ourdissent une conspiration contre les forces impartiales en présence.
Au total, que fera maintenant la CEDEAO ? Doit-elle laisser tout le temps à Gbagbo pour qu’il continue à asseoir ses tentacules ? De toute façon, la mission de la dernière chance ayant accouché d’une souris, on attendait des résolutions plus contraignantes qu’un autre ballet diplomatique qui ne fait que retarder l’échéance. En tout cas, Gbagbo aura réussi son pari. Celui de rester au pouvoir contre vents et marées.

"Le Pays"
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Gabon - Les amendements constitutionnels qui fâchent

(VOA News 30/12/2010)
Le gouvernement gabonais a fait réviser la constitution, soit-disant pour renforcer la démocratie, l'opposition croit déceler une dérive dictatoriale.
Le Gabon a adopté par une écrasante majorité la loi portant révision de la constitution. 177 parlementaires des deux chambres ont voté pour et 16 contre. Ce projet de révision concerne 36 articles. La majorité présidentielle à l’origine de cette révision est tout a fait satisfaite.
Joint à Libreville par Nathalie Barge, le secrétaire général du Parti démocratique gabonais, (PDG), Faustin Boukoubi explique qu’il s’agit essentiellement de combler un certain nombre de vides juridiques et de préciser certaines dispositions prêtant à confusion.
Il a mentionné notamment les conditions d’éligibilité, la durée des mandats et le mode désignation des présidents et des membres de diverses institutions.
De son côté l’opposition dénonce certaines dispositions comme l’article 4 nouveau qui permet au président de la République, en cas de force majeure dûment constatée, de rester en poste jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection.
Pour le président de l’Union nationale, Zacharie Myboto, tourjours au micro de Nathalie Barge, celle-ci attendait plutôt un retour au scrutin uninominal et la limitation du nombre de mandats du président de la République.

Par VOA, French Service Jeudi, 30 Décembre 2010
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RDC : Bemba probable candidat en 2011

Le MLC (Mouvement de Libération du Congo) fera visiblement cavalier seul pour les prochaines élections présidentielles de République démocratique du Congo (RDC) en novembre 2011. Le parti d'opposition présentera vraisemblablement la candidature de son "chairman", Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président et candidat malheureux aux dernières élections de 2006 face à Joseph Kabila. Une candidature inédite, puisque Jean-Pierre Bemba est actuellement détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI). La présidentielle de 2011en RD Congo pourrait donc voir se présenter un "candidat-prisonnier"… si cela est juridiquement possible.
Même si le président sortant de République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, n'a pas encore annoncé son intention de se présenter à sa propre succession aux élections de 2011, les autres candidats commencent à sortir du bois. Il y a tout d'abord l'opposant historique Etienne Tshisekedi, 78 ans et actuel président de l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS). Autre rival de poids à s'être déclaré : un ancien allié et fidèle du président Kabila, Vital Kamerhe, l'ex-président de l'Assemblée nationale congolaise. Vital Kamerhe, avait battu campagne en 2006 pour le candidat Kabila et largement contribué à la victoire du président dans l'Est du pays en 2006. Il a annoncé le 14 décembre avoir démissionné du parti présidentiel pour lancer sa propre formation politique : l'Union pour la Nation congolaise (UNC)et a commencé à sillonner le pays en vue des prochaines échéances présidentielles.
Et puis enfin, il y a l'ancien rival de Joseph Kabila au second tour de la présidentielle de 2006, le sénateur MLC Jean-Pierre Bemba, qui réalise un très bon score : 41, 95%. Seul problème pour le prochain scrutin de novembre 2011 : Jean-Pierre Bemba est en prison et a très peu de chance de se trouver en RDC en novembre 2011. Bemba est en effet détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commises par ses troupes en République centrafricaine en 2002 et 2003. Comme solution de rechange, le MLC aurait pu présenter François Muamba, le secrétaire général du parti d'opposition. Mais depuis l'exil du "chairman" et son emprisonnement, Muamba peine à tenir ses troupes et ne fait pas l'unanimité au sein du MLC. Autre possibilité pour le MLC : une alliance avec un autre parti d'opposition… mais cette solution ne représente que des inconvénients pour un parti politique sensé être encore "leader" de l'opposition congolaise.
Alors faute de plan B, le MLC semble vouloir maintenir son plan A : la candidature Bemba… même en prison. Pour preuve, la déclaration à Paris d'Emmanuel Ikabanga, président du MLC-France, qui estime que Bemba est encore "le candidat naturel" du parti, selon la PANA. Pour lui, "le congrès prévu au premier trimestre de 2011 tranchera la question de la candidature à la présidentielle. Pour nous, le candidat du parti, c’est toujours Jean-Pierre Bemba". Mais rien n'est encore fait… les rumeurs d'un candidature Bemba ont aussi pour objectif de mettre la pression sur les négociations (toujours d'actualité) entre MLC et UDPS (via Clément Kanku)… mais également des pressions sur la Cour pénale internationale en vue d'une libération provisoire que réclame Jean-Pierre Bemba depuis plusieurs mois. Mais si juridiquement, la candidature Bemba est possible, on sent bien que le parti a envi de tenter le tout pour le tout. Réponse donc, au premier trimestre 2011.

Christophe Rigaud
Photo : JP Bemba aux élections de 2006 à Kinshasa © Christophe Rigaud http://www.afrikarabia.com/

Assistance militaire de la Chine aux Forces armées de la RDC

Le ministre congolais de la Défense nationale et des anciens combattants, Charles Mwando Nsimba et l’ambassadeur de Chine en RDC, Wang Yingwu ont signé mercredi à Kinshasa un protocole d’accord pour une assistance militaire de ce dernier pays aux Forces armées de la RDC (FARDC). Cet accord concrétise le don de matériel judiciaire consenti en faveur du gouvernement congolais par la Chine pour l’équipement des FARDC. La Chine et la RDC entretiennent depuis des décennies un partenariat militaire constant et dynamique qui touche pratiquement tous les secteurs des FARDC, rappelle-t-on.
On cite dans ce domaine les échanges au sommet de la défense entre les deux Etats, notamment le prochain voyage du ministre Mwando Nsimba en Chine au mois de juillet 2011 et la présence d’officiers congolais dans les académies et grandes écoles militaires chinoises.

Kinshasa, 30/12/2010 (ACP, via mediacongo.net)

RDC : 2011, les 4 vérités

Si on se replongeait dans l’histoire récente de ce pays. Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, il y a de quoi développer la chair de poule.

A voir les nuits de longs couteaux qui se fourbissent dans les états-majors, notre pays pourrait ne pas échapper à l’explosion de violences. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Outre que la mise en place du bureau de la CÉNI, la Commission Électorale Nationale Indépendante - outre le déroulement à pas de tortue des opérations de révision du fichier électoral - n’apparaît pas à l’horizon trois mois après son annonce qui ressemblait à un ultimatum lancé par le président de l’Assemblée nationale Évariste Boshab Mabudj, nul ne voit l’actuelle CÉI, la Commission Électorale Indépendante tenir ses propres promesses avec la Présidentielle et les Législatives nationales organisées le 27 novembre 2010.
A LA FIN DE MOBUTU, TSHISEKEDI FUT LOIN D’ETRE SON PIRE ENNEMI.
Au 6 décembre 2011 - soit dans onze mois selon le prescrit de la Constitution de la République -, le pays n’aura ni son nouveau Président de la République, ni, encore moins, son Président de la République installé. De même, dans moins d’un an, le 22 septembre, à l’échéance constitutionnelle, aucune Chambre législative, Assemblée nationale et Sénat, ne sera mise en place.
Imparablement, le régime basculera dans ce qui est le plus redouté, à savoir, l’illégitimité.
N’exagérons rien: ce n’est pas la première fois que le pays tombera dans ce qui est un vide institutionnel même si le Constituant prévoit des accommodements. Sous Mobutu, le régime était arrivé à échéance et le Léopard avait su et pu gouverner «par défi», pour reprendre son expression fétiche. Sous le 1+4, le pays n’avait pas non plus tenu ses délais constitutionnels.
Si ce régime des cinq armées (celle de Kinshasa, celle de Goma, celle de Gbadolite, celle de Beni-Butembo, celle de Bafwasende) avait pu se maintenir, c’est, peut-être, après que le chef de l’ex-armée du MLC (Gbadolite) Jean-Pierre Bemba Gombo, alors vice-président de la République en charge des Finances, eût menacé de régler le cas échéant lui-même personnellement toute contestation de l’illégalité.
Politiquement, l’ex-rébellion du nord tenait la ville. Elle en fera la démonstration en s’imposant aux scrutins. On peut affirmer que ce fut à sa ville que Jean-Pierre Bemba avait adressé sa mise en garde.
Mobutu, peu avant la conférence nationale en 1992, eût moins de chance. Vomi dans la Capitale assiégée par ses opposants, il dût se résoudre à trouver le calme en se retranchant dans son village et dans son palais de Gbadolite, à l’extrême nord du pays alors qu’à Kinshasa, ses partisans rasaient les murs.
Il ne fut plus possible de se faire appeler petit ou grand Mobutiste et d’errer dans certains quartiers de la Capitale.
Depuis Gbadolite, le Léopard désespérait d’une ville aussi peu reconnaissante pour laquelle, dit-il, il avait consacré toute sa vie. Par deux fois - dans son discours de démocratisation à la N’Sele comme dans l’adresse de sa villa du camp Tshatshi à son retour de Roquebrune-Cap Martin -, il se lâcha en public. Le Léopard vivait déjà ses dernières heures...
Que se passera le 6 décembre 2011 lorsqu’à minuit l’opposition rassemblée fera résonner les casseroles, comme à son habitude, signe que minuit a sonné?
N’exagérons rien: il faudrait d’abord qu’il y ait ce jour-là une opposition en place!
D’ici le 6 décembre 2011, dans un pays où la météo est fort changeante, où les gens vont et viennent, le ciel peut se révéler plus clément. De même que nul ne saurait exclure la production d’un événement imprévisible.
Si rien ne se bâtit hormis les contingences, miser sa stratégie sur l’improbable surgissement d’événements inattendus ou sur la grâce divine est, le moins que l’on puisse dire, fort dangereux. Certes, l’homme propose, Dieu dispose. Mais, ne dit-on pas en même temps, aides-toi, le ciel t’aidera?
Menacé par un tsunami, le régime Mobutu aurait pu s’effondrer plus vite. S’il avait pu tenir quelques années et ne fut assommé que par une coalition armée internationale formée de voisins ennemis dont la main était guidée par les puissances occidentales, c’est parce qu’il avait pu faire usage de savantes ingéniosités, montant en première ligne ses meilleurs hommes, ralliant nombre de gros formats de toutes origines et de tous horizons, fragilisant et isolant une opposition poussée à l’extrême à la tribalisation avant de la faire déconsidérer.
Reconnaissons-le: à la fin de Mobutu, Tshisekedi fut loin d’être son pire ennemi. Bien au contraire... Ayant refusé de pactiser avec la rébellion de l’Afdl poussée par la main étrangère, le nationaliste irrédentiste accepta pour la deuxième fois la tâche de former un gouvernement impossible qui ferait échec à «l’aventure» de Laurent-Désiré Kabila. Il l’annonça au chevet de Mobutu, à Roquebrune-Cap Martin où le Léopard posséda un domaine pour milliardaire.
Mobutu avait dû déployer ses meilleurs hommes dans l’art de l’approche et de l’inhibition. Beyeye Djema, Kitenge Yezu, Tshimbombo Mukuna (Kasaï), Vunduawe Te Pemako, N’Kema Liloo (Equateur), Baudouin Banza Mukalay (Katanga), etc., resteront dans l’histoire comme des personnalités d’ouverture qui repoussèrent les limites de l’inéluctable avant que la violence des armes imprévue ne vienne imposer un nouvel ordre politique.
Avec ces personnalités, l’histoire retiendra un autre homme de choc, appelé aussi Bulldozer, Bernardin Mungul Diaka (Bandundu) qui fut nommé Premier ministre quand Mobutu se prit à l’idée de jouer gros, de jouer son régime, en dégommant de la Primature le leader vénéré de l’UDPS. Celui-ci avait rendu son serment inconstitutionnel en refusant de jurer loyauté et fidélité au Maréchal et en raturant une ligne de son serment.
Ce fut la chienlit. A Mungul, l’ancien compagnon de Lumumba à la tête d’un parti RDR introuvable mais qui se trouvait dans sa ville, de tenir la Capitale.
Mobutu avait vu juste: en un mois, Ya Mungul - qui parlait à ses frères dans sa langue - réussit à faire baisser la tension dans la Capitale et à donner un souffle au régime que par ailleurs, au fond de lui-même, il abhorrait. Mais cet homme de poigne considéra que le plus important était à faire: rendre service en restaurant un certain ordre politique institutionnel!
IL N’Y A RIEN QUI COMPTE TANT QUE LA GESTION DES HOMMES ET DES HUMEURS.
Plus tard, Mobutu à qui tout manquait sauf le génie de gérer ses hommes, le nomma ministre d’Etat, un poste symbolique mais qui permit à cet homme atypique de lui rester fidèle même lorsqu’il quitta le pouvoir.
Dans une assemblée humaine, il n’y a rien qui semble tant compter que la gestion des hommes et des humeurs changeantes. Le Léopard savait qu’il ne pouvait appeler à ses côtés tous ses proches mais il en prenait bien soin, savait suivre qui par qui, demandait les nouvelles du petit dernier né dans la famille de tel proche, donnait la conviction à chacun qu’il avait son mot à dire dans la conduite des affaires publiques.
Disons-le: Quand vous écrivez, appelez, demandez à rencontrer une personne et ne recevez aucune réponse ou trouvez systématiquement portes closes, vous vous laissez aller à la lassitude et vous vous laissez convaincre que vous êtes l’objet de mépris, que personne ne vous prend en compte. Or, l’homme politique n’est jamais fini que le jour de ses funérailles.
Dieu! Je ne saurais assez le remercier pour le courage dont il ne m’a jamais privé. En mai 2008, à la première réunion du Comité politique de l’AMP - où je siège depuis le début de la Législature -, il me vînt à l’esprit de suggérer au Président de la République devant tous les notables de l’Alliance de la Majorité Présidentielle que le Chef de l’État avait tout à gagner en recevant ses élus, Députés et Sénateurs, ceux de l’Alliance de la Majorité Présidentielle et d’ajouter que cette réception scellerait à jamais le lien affectif voire «corporel» entre eux et le Chef de l’Etat. Dieu! Je ne saurais assez le remercier que le Président de la République m’ait écouté et suivi.
A voir comment lors de ces folles journées du Palais de la Nation, Députés et Sénateurs de l’AMP se prirent en valeur, se bousculant pour la photo avec le Président de la République, j’avoue n’avoir eu aucune raison de bouder mon bonheur.
Je regrette que ces journées portes ouvertes n’aient pas été poursuivies sauf lors de grandes crises ayant secoué l’AMP, celles de Kamerhe par exemple.
En vérité, je souhaiterais tant savoir ce qui pourrait par exemple expliquer qu’un Mulubakat de la trempe de Mwenze Kongolo, l’ancien ministre de l’Ordre et de la Sécurité du Mzee Laurent-Désiré Kabila, annonce sa fin avec Joseph Kabila Kabange pour rejoindre Vital Kamerhe, accompagne l’ancien président de la Chambre basse dans ses tournées dans les Kivu et s’offre dans tous les médias anti-Kabila, au pays comme à l’étranger. Même s’il ne draine aucune troupe, lorsqu’un tel homme ouvre la bouche, il est tout sauf un anonyme personnage et l’effet que cela produit est dévastateur dans l’opinion publique.
Kamerhe lui-même dont il me fut donné de présenter à la Nation et au monde la plaquette «Pourquoi j’ai choisi Kabila?» lors d’une cérémonie mémorable à la Rtnc devant des diplomates, hormis l’ambition personnelle compréhensible, aurait-il vraiment franchi le Rubicon s’il avait eu quelque sentiment d’être encore utile à sa famille politique? Si hier le prix à payer pour le garder au sein de la famille pouvait être considéré comme inacceptable, à quelle hauteur Kamerhe pourait se négocier aujourd’hui, encore faut-il savoir maintenant qu’il croit son triomphe proche s’il pourrait accepter de remettre sur le tapis.
De même faut-il noter la rupture quoique non prononcée du Député de l’AMP Tshibangu Kalala qui a annoncé la création de son parti, le NBP, Notre Beau Pays. Présentant ce parti le 15 décembre au Salon Congo du GHK, le Député indépendant, président d’un groupe parlementaire de la majorité, aurait pu donner son texte à lire à Tshisekedi que celui-ci n’en aurait modifié sans doute aucune ligne. Ainsi, il revient à ce proverbe Mongo cher à Tshisekedi: «Le poisson commence à pourrir par la tête».
Puis, le Député de poursuivre: «C’est dire que les difficultés quotidiennes et la misère généralisée de notre peuple proviennent en grande partie du fait que le peuple congolais n’a pas encore réussi à placer à la tête de notre pays depuis 1960 jusqu’à ce jour de bons dirigeants à tous les niveaux du pouvoir et de la société, des dirigeants politiques capables de prendre des décisions stratégiques justes et efficaces et de les appliquer avec courage et détermination en vue de développer le pays et de bâtir une société harmonieuse et prospère au cœur de l’Afrique».
Puis: «Il y a donc pour notre peuple un défi immense à relever concernant l’émergence dans notre pays d’un leadership politique moderne, visionnaire, compétent, efficace et dévoué totalement pour la défense et la satisfaction des intérêts vitaux de notre peuple».
Le Léopard? Il a sans doute plus de flair que nombre de ses congénères. C’est pour cela que le Togolais Eyadema, le Rwandais Habyarimana, tout comme le Gabonais Bongo dans une certaine mesure singèrent sa toque et sa canne.
Sauf que Mobutu a eu à gouverner à une époque où la démocratie et les droits de l’homme étaient balbutiants, à une époque où la liberté de parole à commencer par celle de presse était à ses débuts.
Qui aurait pu hier parmi les siens, Mobutu ayant parlé, contester sa parole céleste? Qui aurait pu hier parmi les siens, Mobutu ayant décidé de prendre la course pour la Présidentielle, se présenter contre lui hormis un Tshisekedi qui fut de ce fait considéré comme un héros sinon comme un mentalement déréglé, selon un bulletin de santé produit par un professeur de médecine?
Que ne voit-on pas aujourd’hui? Petit ou grand personnage, tout le monde revendique sa liberté pleine et entière. Petit ou grand personnage, tout le monde entreprend de s’essayer à la Présidentielle.
A ce jour, la législature ne se serait-elle pas déroulée comme on l’aurait souhaité? Le régime n’a-t-il pas fait montre un tant soit peu d’assez d’impartialité pour séduire autour de lui?
Certes, les compétences, le service rendu n’ont pas toujours été récompensés quand des échecs avérés ont parfois été transformés en réussites, quand d’aucuns ont parfois été vus en public le jour où tombait une nomination au plus grand désarroi de ceux qui ont reçu l’onction du peuple ou ont le sentiment de s’être dépensés corps et âme. En fin de législature, on ploie sous le poids de mots qui résonnent à nos oreilles venant de notre propre camp.
Aujourd’hui, on se trouve face à une obligation de réflexion: comment protéger le pouvoir pour gagner demain? Il faut connaître et comprendre. «Connaître, c’est connaître par les causes. Comprendre, c’est remonter aux origines», nous dit Jean d’Ormesson de l’Académie française dans C’est une chose étrange à la fin que le monde (R. Lafont, 2010).
Mobutu a eu de la chance.
Quand il parlait, toute la jungle était terrorisée. Quand il parlait, toute la jungle était à l’écoute. Aujourd’hui, les urgences ne sont plus les mêmes. La contrainte ne peut réussir. Les temps ont si changé. Les chaînes se sont brisées. La parole s’est libérée. Ne pas comprendre c’est faire fausse route. Nous sommes à l’époque de la persuasion. Seule la séduction fonctionne désormais à tous les coups...
Comment pensons-nous gagner demain face à des regroupements rompus au sacrifice et donc à la mobilisation spontanée là où les nôtres réclameront des moyens dont on peut imaginer la direction que cela prendra.
Une recette, une seule: rassembler et toujours rassembler, rassembler les personnalités de premier ordre, rassembler les personnalités de premier ordre de chaque province. Rassembler les derniers fidèles qui se sont parfois et souvent entredéchirés mais qui sont restés collés à une alliance qui est à revisiter. Elles seules sauront rassembler dans leurs milieux d’origine en rassurant les leurs.
Reprendre aussi la main sur des partenaires traditionnels occidentaux décidés de ne jamais se laisser dribbler par une Asie certainement séductrice pour ses finances mais trop encore fragile politiquement.
Terminées certainement les années où un homme seul, du haut de son piédestal, haranguait et galvanisait les foules partout dans le pays et emportait des voix.
La bataille qui s’annonce sera rude. Seule une mise en place conséquente saura faire face.

TRYPHON KIN-KIEY MULUMBA
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Congo : le nombre de fonctionnaires réduit de 5,2 à 3,9 millions

Le gouvernement congolais a réussi à réduire de 5,2 à 3,9 millions d'euros la masse salariale mensuelle des fonctionnaires, 5.000 d'entre eux étant déclarés "introuvables" à la suite d'un recensement initié en février, a-t-on appris jeudi de source officielle.
"Au total, sur les 30.730 personnes contrôlées à ce jour, 5.000 restent introuvables", a affirmé le ministre de la Culture, Jean Claude Gakosso, en rendant compte sur la radio publique du conseil des ministres de mercredi.
"Alors qu'en août 2010 (...) la masse salariale mandatée et payée aux 30.730 agents était de 3,42 milliards de FCFA (5,21 millions d'euros), en octobre 2010, elle n'était plus que de 2,6 milliards FCFA (3,9 millions d'euros) générant pour les caisses de l'Etat un gain inattendu de 800 millions de FCFA (plus de 1,2 million d'euros)", a-t-il précisé.
Officiellement, le Congo compte quelque 60.000 fonctionnaires pour une masse salariale annuelle estimée à 130 milliards de FCFA (198 millions d'euros). Ce contrôle qui vise les civils comme les militaires se poursuivra en 2011, "sans atermoiement et avec la même rigueur", a prévenu M. Gakosso.
En septembre, les ONG locales avaient évoqué des interpellations et des arrestations de plusieurs dizaines d'agents civils et militaires, essentiellement des sous-officiers, dans le cadre de cette opération. Elles avaient même dénoncé le décès en détention d'un militaire arrêté.

AFP
lesechos.fr

Le Cameroun cherche une solution au problème Edel

Par Mohamed, le 30 déc 2010 à 12h24
Le Cameroun n’a pas perdu espoir de voir Apoula Edel porter ses couleurs.
Selon l’APS, les dirigeants de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) ont rencontré le portier du PSG, actuellement en vacances au Cameroun, pour tenter de trouver une solution qui rendrait le joueur sélectionnable pour son pays de naissance.
Naturalisé arménien lors de son passage au Pyunik Erevan, Edel avait demandé à la Fifa une dérogation lui permettant de jouer pour les Lions Indomptables. Mais en mai 2010 la Fédération internationale a rejeté sa requête.
La délégation camerounaise veut aujourd’hui retenter sa chance auprès de l’instance suisse et envisage donc toutes les possibilités qui offriraient au gardien la chance de retrouver l’équipe africaine.
Rappelons qu’il y a quelques mois, cette dernière avait obtenu gain de cause sur le dossier Charles Itandje. Alors qu’il avait porté les couleurs des Espoirs français, l’ancien gardien de Liverpool a reçu l’accord de la Fifa l’autorisé à jouer avec les Lions

par afriquefoot.fr

Wikileaks évoque les cadeaux de Bongo à Chirac et Sarkozy

Régis Soubrouillard - Marianne
Selon une note de l'ambassade américaine au Cameroun datée de juillet 2009, le président gabonais Omar Bongo aurait détourné près de 30 millions d'euros de la Banque des Etats d'Afrique Centrale (BEAC) à son profit, arrosant tous les partis politiques français, surtout la droite, notamment Chirac et Sarkozy.
Selon des notes diplomatiques révélées par le site Wikileaks et accessibles sur le site du journal El Pais, près de 30 millions d'euros auraient été détournés de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) à son profit par le président gabonais Omar Bongo et auraient surtout profité à des partis politiques français.
L’information datée du 7 juillet 2009 a été transmise quelques jours après la mort de Bongo en juin 2009 par un haut fonctionnaire de la BEAC à un diplomate de l'ambassade américaine à Yaounde explique le journal espagnol.
« Les hauts fonctionnaires du Gabon à la Banque des États d'Afrique centrale (BEAC) se sont entendus pour détourner plus de 18,3 milliards de francs CFA (environ 28 millions d’euros) de la mise en commun réserves des six États de la Communauté économique d'Afrique centrale et monétaire (CEMAC) au cours des cinq dernières années, selon un contact principal ambassade à la banque » précise la note.
Selon la source citée « les dirigeants gabonais ont utilisé les fonds détournés pour leur enrichissement personnel et, suivant les instructions de Bongo, ont remis une partie de l'argent à des partis politiques français, surtout à droite notamment en soutien de Jacques Chirac et du président Nicolas Sarkozy ».
Le câble révèle, par ailleurs, que le gouverneur de la BEAC, le Gabonais Philip Andzembe, avait placé en secret 500 millions d'euros dans un investissement à haut risque de la banque française Société Générale. Un placement non autorisé.
Signée de l'ambassadeur américain au Cameroun Janet Garvey, la note conclut que « l’ambassade n'est pas en mesure de vérifier la véracité de l'accusation selon laquelle des hommes politiques français ont bénéficié de ces détournement de fonds »
 
http://www.marianne2.fr/

Sénégal - La dette des hôpitaux passée au peigne fin

(Afrique en ligne 30/12/2010)
Pourquoi nos hôpitaux s'endettent, en dépit de la contribution consistante de l'Etat et des ressources internes accumulées ? C'est ce que les membres de la Commission santé de l'Assemblée nationale, avec à leur tête, le président de ladite structure, Dr Omar Ndoye, tenteront de savoir.
La Commission a inscrit dans son programme annuel cette question de la dette des hôpitaux, de même que l'évaluation du plan Sésame et celle de la prise en charge médicale des indigents. Ce sont là les conclusions de la réunion des membres de la Commission santé, tenue le 23 décembre dernier.
Le Président de la Commission Santé de l'Assemblée nation, le Dr Omar Ndoye et les membres de ladite structure ont arrêté, à l'issue de leur réunion de prise de contact, les grands axes du programme annuel de la commission. Des axes prioritaires ont été définis. C'est ainsi que l'équipe de la Commission santé a décidé de s'attaquer à la question de la dette des hôpitaux. Elle cherchera surtout à comprendre comment nos hôpitaux en viennent à s'endetter en dépit de la contribution consistante de l'Etat et des ressources internes accumulées ? Le Dr Omar Ndoye et son équipe procéderont en même à l'évaluation du plan Sésame. Ce plan profite-t-il réellement aux ayants droit ? Ils vont aussi s'intéresser à la santé publique et animale. L'autre dossier qui va mobiliser les énergies, c'est bien celui de l'évaluation de la prise en charge médicale des indigents.
Après ces axes prioritaires, la Commission santé de l'Assemblée nationale envisage de travailler sur les volets
vih/sida, mortalité maternelle et infantile, tuberculose, paludisme, action sociale, fustil, drépanocytose et la situation des enfants en difficulté et des handicapés.
En outre, le programme annuel prévoit des actions sur le terrain. Il s'agit des visites Hôpital des enfants de Diamgnadio et hôpital Dalal Diam de Guédiawaye, des plaidoyers, la vulgarisation, des ateliers, des séminaires et l'organisation de cérémonie de don de sang.
Sur le tableau de bord, figurent aussi des visites de courtoisie au Cnls, Msp, Onusida, Pnud Unicef, Tika (Coopération Turque), Ministère de l'élevage, ministère de la famille et ministère de la solidarité.
Autre décision majeure de la rencontre, c'est la nomination de points focaux ou référents pour les différentes composantes de la commission. C'est ainsi que l'Honorable Député Madiop Bitèye s'occupera de la Santé. Sa collègue, Aida Gaye de l'action sociale et la solidarité. Et le député Abdoulaye Diouf de la santé animale.
Les participants à la réunion ont salué le nouvel élan avec une démarche participative et la transparence dans la gestion. Ils déclarent que c'est « la première fois qu'un président de Commission rassemble ses membres en dehors de la traditionnelle rencontre avec le ministre de tutelle pour échanger sur les orientations de la Commission. Les membres de la Commission santé considèrent cela comme une innovation dans la démarche ».

Bacary Domingo Mane
Sud Quotidien
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Cameroun - Les banques africaines dominent le secteur bancaire camerounais

(Afrique Avenir 30/12/2010)
Le sec­teur ban­caire ca­me­rou­nais est lar­ge­ment do­mi­né par la pré­sence des banques afri­caines, puis­qu’ils sont six sur les treize ins­ti­tu­tions ban­caires agréées par la Com­mis­sion ban­caire de l’Afrique cen­trale (COBAC).
Il s’agit pour la plu­part, d’ins­ti­tu­tions ban­caires ayant pi­gnon sur rue, aussi bien en Afrique qu’au-​de­là du conti­nent afri­cain.
Il s’agit entre autres, de At­ti­ja­ri­wa­fa Bank, la Banque At­lan­tique, Eco­bank, UBC/Ocea­nic, UBA et la BGFI qui ou­vri­ra ses portes dans quelques se­maines dans la mé­tro­pole éco­no­mique ca­me­rou­naise de Doua­la.
Après les banques afri­caines, suivent les banques ca­me­rou­naises, re­pré­sen­tées par Afri­land Fisrt Bank, la CBC et la NFC. Na­guère au pe­lo­ton de tête des struc­tures ban­caires du pays, les fi­liales ban­caires fran­çaises sont re­pré­sen­tées par la BICEC, la SGBC et la SCB Ca­me­roun.
Ce ta­bleau est com­plé­té par les banques an­glo-​saxonnes, en l’oc­cur­rence, les Amé­ri­cains de Citi Bank et les An­glais de Stan­dard Char­te­red Bank.
Toutes ces banques réunies ont réa­li­sé des dé­pôts à la clien­tèle en 2010 à 2387 mil­liards de francs CFA selon des chiffres pu­bliés mardi par l’As­so­cia­tion des pro­fes­sion­nels des éta­blis­se­ments de cré­dit du Ca­me­roun (AP­PE­CAM) au terme des tra­vaux du Conseil na­tio­nal de cré­dit (CNC).

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Mali - Une nouvelle société pour gérer le secteur de l'eau

(Afrique en ligne 30/12/2010)
Une nouvelle entité, la Société malienne de gestion de l'eau potable (SOMAGEP), prendra en charge, à partir du mois de janvier, les activités d'exploitation du secteur de l'eau au Mali, dans le cadre des réformes en cours dans les secteurs de l’eau et de l’énergie, a appris la PANA, à l'issue de la réunion mardi du conseil d'administration de la Société Energie du Mali (EDM-SA) qui exploite actuellement l'eau et l'électricité.
L’activité d’exploitation de l’eau représentait 20 pour cent du chiffre d’affaires de la société Energie du Mali, qui va désormais se cantonner dans la production, le transport, la distribution et la gestion commerciale de l’électricité.
Selon les responsables de EDM-SA, celle-ci va continuer, dans la phase transitoire, à gérer la clientèle, ainsi que certains aspects administratifs et financiers du service public de l’eau.
La gestion séparée de l’eau et de l’électricité a été initiée par les partenaires techniques et financiers du Mali dont la Banque mondiale et l’Agence française pour le développement (AFD) pour une meilleure rentabilité des deux sociétés.

Pana
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Bénin - La Cour constitutionnelle invalide à nouveau la loi électorale

(Afriscoop 30/12/2010)
La Cour constitutionnelle du Bénin a invalidé à nouveau la loi portant règles générales pour les élections en République du Bénin, certaines de ses dispositions ayant été jugées contraires à la constitution du pays.
Dans une décision rendue mardi dernier et publiée mercredi, la haute juridiction reproche essentiellement à la loi invalidée, plusieurs retournée aux députés, de prévoir des listes électorales ad hoc pour les prochaines élections présidentielles de mars 2011, alors que les textes en vigueur instaurent une liste électorale permanente informatisée (Lépi) dont le processus d’élaboration en cours depuis plus d’un an. Ce processus est pratiquement en voie d’achèvement.
L’opposition béninoise, qui se prépare activement à l’alternance, rejette cette Lépi dont le processus d’élaboration est soutenu par l’Union européenne et plusieurs partenaires bilatérales du Bénin. Elle s’est retirée depuis plusieurs mois des organes chargés de conduire ce processus au motif que toutes les conditions de consensus et de transparence n’y étaient pas réunies.
La Cour constitutionnelle a ainsi confirmé une position qu’elle avait eue dans une précédente décision où elle avait clairement indiqué que, dans les conditions actuelles, seules les listes électorales permanentes informatisées garantissent la transparence et la crédibilité des élections.
Le premier tour de l’élection présidentielle au Bénin est prévu pour début mars 2011, alors qu’aucune structure n’est encore mise en place pour l’organiser. Cette situation suscite beaucoup d’inquiétude au sein de l’opinion publique qui craint une élection bâclée ou une prorogation du mandat du président actuel, Boni Yayi. Ce mandat s’achève le 5 avril prochain.

(Xinhua)
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Côte d'Ivoire - Le camp Gbagbo appelle à l'assaut

(La Libre 30/12/2010)
Les partisans de Laurent Gbagbo ont appelé mercredi à prendre d'assaut le quartier général de son rival Alassane Ouattara à Abidjan, protégé par les Casques bleus de la mission onusienne en Côte d'Ivoire, qui a dénoncé les "appels à la haine" à son encontre.Pour autant, la piste diplomatique reste privilégiée pour tenter de résoudre la crise: la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a annoncé mercredi que ses émissaires retourneraient le 3 janvier à Abidjan après une première journée de discussions mardi.
Après avoir reporté - en signe d'apaisement durant les négociations diplomatiques en cours - un grand rassemblement prévu mercredi à Abidjan, le leader des "jeunes patriotes" pro-Gbagbo a signifié que l'heure de l'affrontement était proche, à l'issue d'un mois de crise née de la présidentielle du 28 novembre."Au-delà du 1er janvier, moi Charles Blé Goudé et les jeunes de Côte d'Ivoire, allons libérer le Golf Hôtel les mains nues", a-t-il lancé devant quelques milliers de partisans.
Reconnu président sur le plan international, Alassane Ouattara est retranché avec son gouvernement dans cet hôtel de luxe soumis à un blocus des forces pro-Gbagbo. Le "Golf" est protégé par des éléments de l'ex-rébellion alliée à Ouattara et par les 800 Casques bleus de la mission onusienne, l'Onuci.Au lendemain d'une attaque contre un convoi de l'Onuci, au cours de laquelle un Casque bleu a été blessé, l'ONU a accusé la télévision d'Etat RTI, contrôlée par le régime Gbagbo.
Selon Alain Le Roy, chef des opérations de maintien de la paix aux Nations unies, la chaîne relaie des "appels à la haine" contre cette force de quelque 9.000 hommes, dont le président sortant a exigé le départ.Alors que la crise post-électorale a été marquée par des violences meurtrières, l'ambassadeur nommé par Ouattara aux Nations unies, Youssouf Bamba, a sonné l'alarme. "Nous sommes à deux doigts d'un génocide. Il faut faire quelque chose", a-t-il exhorté, demandant à l'Onuci de protéger les civils.
Au moins 173 personnes ont été tuées selon l'ONU autour de la mi-décembre. Le gouvernement Gbagbo a évoqué un bilan de 53 morts depuis fin novembre, dont 14 membres des Forces de défense et de sécurité (FDS, loyales au sortant).Dans ce contexte intérieur très tendu, l'Afrique de l'Ouest a cependant privilégié la négociation, même si elle se préparait à une éventuelle opération militaire pour chasser Gbagbo. "Nous discutons toujours", a déclaré le chef de l'Etat nigérian Goodluck Jonathan, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays).
Mandatés par l'organisation régionale, les présidents béninois Boni Yayi, sierra-léonais Ernest Koroma et capverdien Pedro Pires étaient venus voir mardi Gbagbo à Abidjan pour lui adresser un ultimatum: céder le pouvoir ou prendre le risque d'une intervention armée ouest-africaine. Les émissaires "y retournent le 3 janvier", a annoncé Jonathan devant la presse, après un entretien avec Koroma et Pires dans la capitale fédérale nigériane Abuja."Quand il y a une dispute, c'est le dialogue qui résout tous les différends, ce dialogue est en cours", a expliqué le président Jonathan. Une intervention militaire "semble, heureusement, écartée pour le moment", a déclaré Jorge Borges, secrétaire d'Etat capverdien aux Affaires étrangères.L'usage de la force restait toutefois possible puisque les chefs d'état-major des pays de la région se sont réunis mardi et mercredi à Abuja pour évoquer le dossier ivoirien.
Selon un haut responsable militaire, la réunion était notamment consacrée à "la question de la logistique". "La Cédéao souhaite envoyer une force de 2.000 à 3.000 hommes", a indiqué une source diplomatique, tout en s'interrogeant sur sa capacité à y arriver."L'option militaire reste sur la table", en a conclu le porte-parole du gouvernement Ouattara, Patrick Achi.
La pression internationale restait forte sur le pouvoir en place. L'Union européenne va p orter à 61 le nombre de proches de Gbagbo qui seront interdits de visas, selon une source diplomatique.Sur le terrain, après l'appel à la grève générale du camp Ouattara, l'activité était assez peu affectée dans certains quartiers d'Abidjan, mais dans d'autres la métropole avait des airs de ville morte, entre commerces fermés et circulation quasi-inexistante.

AFP
Mis en ligne le 30/12/2010
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