lundi 31 mai 2010

La Coupe du Monde, un test pour un continent renaissant

PASCAL BONIFACE, DIRECTEUR DE L'IRIS.
Pour la première fois, une épreuve sportive mondialisée, et la plus importante d'entre elle, va être organisée sur le continent africain. Celui-ci a dans le passé donné beaucoup de champions au sport. Il n'avait jamais été jugé digne de pouvoir être l'hôte d'une compétition majeure. Est-ce le signe d'un nouveau départ pour ce qui apparaît pour certains comme le continent oublié de la mondialisation ? Pendant très longtemps, on a jugé que faute d'infrastructures nécessaires, l'Afrique n'était pas en mesure de recevoir une telle compétition. Certes, l'Afrique du Sud est un pays à part. Il représente à lui seul plus de 40 % de la richesse du continent africain. Il faut voir dans le choix du pays qui a gagné la compétition contre le Maroc, dont on peut juger que le dossier technique était meilleur, un choix avant tout politique. C'est bien sûr Nelson Mandela, sa personne, la politique qu'il incarne qui a permis à l'Afrique du Sud d'être désignée pour recevoir la Coupe du monde 2010. Le démantèlement de l'apartheid de façon pacifique, la politique de réconciliation que Mandela a menée, saluée unanimement, ont été récompensés par la Fifa. Nelson Mandela est très certainement l'homme politique le plus populaire dans le monde.
Pour beaucoup, l'Afrique, égale guerres civiles interminables et cruelles pouvant aller jusqu'au génocide comme ce fut le cas au Rwanda, corruption, mauvaise gestion, sous-développement, sous-alimentation, sida et émigration de jeunes qui n'ont aucun espoir chez eux, absence de démocratie, régime autoritaire et également maintenant héréditaire. Un continent qui n'a pas su exploiter la richesse de ses matières premières.
Il est vrai qu'il y a un certain désenchantement en Afrique du Sud. S'il y a des progrès avec la montée en puissance et la création d'une bourgeoisie noire, la construction d'une véritable démocratie, l'accès à l'eau et au logement pour une grande partie de la population, 40 % des Noirs sont toujours au chômage et la violence est endémique. L'Afrique du Sud est au niveau mondial le second pays en terme de crime après la Colombie. Avec près de 20.000 meurtres et 50.000 viols par an pour s'en tenir aux statistiques officielles. Les Blancs possèdent encore 80 % des terres agricoles, seules 5 % des terres ont été redistribuées, le démantèlement de l'apartheid n'a pas débouché sur la création d'une réelle égalité sociale et les inégalités sont encore largement liées aux différences raciales.
Certes, il serait illusoire de croire que la seule organisation de la Coupe du monde permettra au continent africain de décoller et de faire mentir René Dumont qui dès 1962 publiait son livre choc « L'Afrique est mal partie ». On voit néanmoins que l'Afrique a été le continent oublié des années 1990, délaissé après la fin de la compétition est-ouest, il fait aujourd'hui l'objet de beaucoup d'assiduité des pays extérieurs. Les grandes problématiques de la mondialisation, qu'il s'agisse d'émigration, de la protection de l'environnement, de la lutte contre les grandes pandémies, des questions démographiques, de la fracture Nord-Sud sont au coeur de l'Afrique. La Chine y est très active et organise des sommets sino-africains qui réunissent presque 50 pays. Elle recherche évidemment les matières premières, mais elle fait également une offre politique en mettant en avant que contrairement aux pays occidentaux, elle ne pratique pas l'ingérence. Le Japon à la recherche d'un siège de membre permanent du Conseil de sécurité ne néglige pas les plus de 50 voix africaines à l'ONU. Il n'a par ailleurs pas de passif historique avec cette région, ce qui le change de ses relations avec ses voisins asiatiques. Le Brésil lui-même semble vouloir renouer avec ses racines africaines, tandis que les Etats-Unis bien avant les élections d'Obama s'intéressent à nouveau au continent, ne serait-ce que pour les aspects pétroliers et de lutte anti-terroriste.
L'organisation de la Coupe du monde est un test. Si elle est réussie, c'est la crédibilité de l'Afrique du Sud, et au-delà du continent africain qui sera renforcée. Si il y a échec, les afro pessimistes verront leurs préjugés confirmés.
C'est pourquoi l'Afrique du Sud a à coeur d'être à la hauteur de l'événement, et le sera très certainement.

par http://www.lesechos.fr/

Les élections 2011 en RDC, ce sera facile et difficile

Les élections auront effectivement lieu. Joseph Kabila l’a dit. La réunion interinstitutionnelle a réaffirmé cette volonté politique de tenir les élections dans le délai. Dans l’opposition comme dans la majorité, on n’en doute pas. Cependant on observe dans les rangs de l’opposition dite extra-institutionnelle, un certain tangage. On pense qu’il suffirait de dire que l’on va aller aux élections pour que les adversaires se mettent à trembler comme des feuilles mortes. Et du côté des partis politiques « institutionnels », on s’organise d’ignorer cette opposition non sans mépris. Car, en effet, à quelques mois des élections, on ne voit pas une vraie préparation au niveau des partis politiques.
On ne sent pas un engagement de la population que les uns et les autres attendent solliciter en dernière minute. Puisque dans ce domaine les miracles sont rares, on doit s’attendre à des grincements des dents. La majorité devrait développer les mécanismes de conservation du pouvoir. C’est le contraire que cette majorité nous sert. On voit des membres de la majorité mettre en doute les résultats obtenus par le gouvernement à l’issue des efforts que la communauté internationale accepte.
Et pourtant, la victoire de cette majorité en 2006 se fonde sur l’unité, on est surpris de constater que certains pensent que l’heure aurait sonné pour les alliances. Il semble que c’est en « tuant » les alliances que Kabila sera réélu. On s’attend à ce que les partis politiques qui se disent importants et qui ont eu leurs députés de la manière que l’on sait, soient obligés de revoir leurs ambitions à la baisse.
Au Bandundu, particulièrement au Kwilu, même s’il n’y a pas de vrai combat, étant donné le rapport des forces , on devra s’attendre à des échauffourées. Ce qui est vrai pour le Bandundu l’est pour les autres provinces. Ce sera un combat sans disqualification à la manière du catch américain. Car, si hier les rivalités étaient entre les candidats Mlc et l’Amp, le Palu se mettant hors de cette rivalité, cette fois le parti du patriarche Gizenga se trouvera sur le terrain du début jusqu’à la fin du match. Demain donc, c’est tout le monde qui va se jeter dans la bataille.
Sans pitié. Il semble que cela fait du bien à la jeune démocratie de la Rdc. Aux législatives on risque d’assister au quintuplement du nombre des candidats députés. Pour les inscrits, la proportionnelle est un vrai garde-fou. Mais on risque d’assister à la multiplication exagérée des candidats indépendants. A la présidence de la République les choses semblent faciles et difficiles selon les camps. Beaucoup de partis désengagés de la présidence vont se battre pour se doter de la majorité parlementaire.
Qui se présentera sous l’étiquette de l’opposition ? Cette question ne semble pas préoccuper la classe politique. La majorité, ce n’est pas un mystère, alignera Joseph Kabila. C’est réaliste. Les autres partis politiques gardent le mystère sur leurs candidats à la présidence. L’Udps entend aligner Tshisekedi. Plus comme un fonds politique. Le Palu n’aura pas de candidat et jouera là fond la carte législative. C’est certain.
Il reste aux autres de chercher à se classer en ordre utile afin de mettre dans la balance leur report des voix. Ce ne sera pas facile dans la mesure la coalition au pouvoir est partie pour l’emporter dès le premier tour afin de n’avoir pas à négocier une majorité. Qui vivra verra !

par http://afrique.kongotimes.info/

Denis Sassou Nguesso souhaite "des liens renouvelés" avec la France

NICE (AP) — Le président du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso, qui participe au 25e sommet Afrique-France à Nice, a déclaré lundi qu'il souhaitait que l'Afrique entretienne "des liens renouvelés" avec la France "pour que ce ne soit pas toujours le modèle néo-colonial".
"Je ne pense pas qu'on puisse dire que, s'il y a eu des réseaux, des affaires, c'était toujours dans l'intérêt de l'Afrique et des Africains", a-t-il remarqué sur France-Info, tout en disant ne pas savoir "ce que c'est, la 'Françafrique'''.
"La France, c'est un partenaire privilégié", a-t-il affirmé, mais il a souligné que son pays entretenait aussi "des relations avec la Chine depuis 1964" et que "ce sont des relations qui continuent". "On a besoin les uns des autres", a-t-il ajouté, en remarquant que l'Afrique, qui compte "un milliard d'habitants majoritairement jeunes", possédait "des potentialités énormes".
Denis Sassou Nguesso a également noté qu'au plan international, l'Afrique ne pouvait "pas continuer d'être comme la cinquième roue de la charrette", et que le Conseil de sécurité de l'ONU ne pouvait "pas continuer de rester sans l'Afrique tel qu'il a été décidé après la Deuxième guerre mondiale".
Selon lui, c'est "à juste titre" que l'Afrique réclame "des sièges permanents" au Conseil de sécurité. "Lorsqu'il y a une grave crise économique dans le monde, on ne peut pas continuer à se réunir sans l'Afrique et prendre des décisions sans l'Afrique pour le compte du monde entier. C'est ça la gouvernance mondiale aussi", a-t-il rappelé.
"L'Afrique décidera quels pays devraient la représenter au Conseil de sécurité, ce sera le problème de l'Afrique", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy accueille ce lundi et mardi à Nice son premier sommet Afrique-France. Il rassemble 34 chefs d'Etat et cinq chefs de gouvernement. AP

pyr/ljg/st

Sarkozy veut imposer l'Afrique au Conseil de sécurité

Trente-huit dirigeants participent à Nice au 25e sommet franco-africain.
Un sommet Afrique-France, est-ce encore utile? La question n'a pas été posée par un observateur impertinent, mais par Nicolas Sarkozy lui-même, lundi à Nice, dans son discours d'ouverture du 25e rendez-vous des dirigeants franco-africains. «Ne faut-il pas y voir, de la part de la France, l'expression d'une forme de néocolonialisme?», s'est même interrogé le chef de l'État en présence d'une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement. De sa part, il s'agissait, on s'en doute, d'une clause de style pour mieux souligner le lien «indissoluble» entre la France et les pays du continent. «L'échec de l'Afrique serait le drame de l'Europe», a dit Nicolas Sarkozy en plaidant pour une «nouvelle relation franco-africaine, partenariale et décomplexée.»
Faire mine de questionner la pertinence des sommets visait aussi à mettre en lumière le peu de place réservée à l'Afrique dans la gouvernance mondiale. Un thème de prédilection du chef de l'État, qui figure également parmi ceux débattus à huis clos par les participants du sommet. «On ne peut pas dire qu'il faut associer étroitement l'Afrique au traitement des grands sujets qui touchent à la paix, à la sécurité, à l'équilibre du monde, et ne pas en tirer les conséquences», a répété Nicolas Sarkozy en qualifiant une nouvelle fois d'«anormal que l'Afrique ne compte aucun membre au Conseil de sécurité». Au sein de ce Conseil, l'Afrique ne «peut pas continuer à être la cinquième roue de la charrette», lui a fait écho, lundi sur France Info, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso.
La réforme est pourtant dans l'ornière depuis des années, un blocage dont les Africains, très divisés, portent une bonne part de responsabilité. Les pays d'Afrique, qui ne disposent au sein du Conseil de sécurité que de trois sièges non permanents, ont abouti en 2005 à une position commune en réclamant deux sièges permanents avec droit de veto et au moins deux sièges permanents supplémentaires. Mais aucun compromis n'a été encore trouvé entre les «poids lourds» africains (Égypte, Afrique du Sud, Nigeria…) qui convoitent les places. Dimanche soir à Nice, une réunion houleuse de six heures s'est déroulée entre Bernard Kouchner et ses homologues africains.
Débats tendus
Certains très remontés, comme le représentant de l'Afrique du Sud, ont réfuté le projet «intérimaire» désormais proposé par la France pour tenter de faire avancer la réforme. Cette initiative prévoit la création d'un statut intermédiaire entre permanents et non-permanents, avec de nouveaux membres désignés pour dix ans sans droit de veto, préfigurant un Conseil élargi. «Il ne s'agit pas de décider à la place des Africains mais d'essayer de réengager le débat», affirme-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, pour calmer le jeu. Le sujet a été remis sur la table, lundi, lors du déjeuner entre le président français et son homologue sud-africain, Jacob Zuma, qui est resté sur sa réserve. Nicolas Sarkozy s'est engagé à prendre des initiatives l'an prochain durant la présidence française du G8 et du G20. La tâche s'annonce rude.

par lefigaro.fr

Song : "Le Cameroun, c’est la Dream Team"

Entretien avec Rigobert Song, le défenseur du Cameroun
A bientôt 34 ans, Rigobert Song va participer à sa quatrième Coupe du monde. L’ancien défenseur de Metz, Liverpool ou Lens est revenu sur son expérience avec les Lions. Du Mondial 1994 à l’édition 2010, le Cameroun a bien changé. Retour sur dix-sept ans de Lions Indomptables.
Afrik.com : Rigobert, comment abordez-vous votre quatrième Coupe du monde ?
Rigobert Song : C’est effectivement la quatrième. Mais c’est aussi la dernière. Je la vis autrement, évidemment, que ma première fois. Mais la motivation et l’envie sont là. Je ne vis pas avec le passé mais c’est vrai que j’ai du mal à me rendre compte que c’est déjà la quatrième. Je n’arrive pas y croire. J’ai toujours autant d’envie et de détermination. Je viens pour apporter mon vécu à la jeunesse et surtout leur montrer ce que c’est que l’esprit Lion !
On imagine que participer à la première Coupe du monde en Afrique du Sud, ce doit être particulier pour vous.
C’est un beau symbole de finir comme j’ai commencé. Parce que ma première compétition avec le Cameroun, ce n’est pas la Coupe d’Afrique. C’est la Coupe du monde. C’était en 1994 aux Etats-Unis. Je me suis retrouvé en chambre avec Roger Milla, qui avait à l’époque quarante deux ans. Entre chaque séance, nous devions nous occuper de notre linge. Franchement, je ne le voyais pas faire sa lessive. Donc je lui cirais les pompes, lavait son linge, et mettais tout à disposition pour la séance suivante. Cette fois, je rentre à la maison, sur le continent africain. Je voudrais finir sur de bons résultats, ce serait encore mieux. Vivre l’expérience de 90, ce serait génial. Eux, c’étaient des héros. Le groupe actuel a d’énormes qualités, on a un coup à jouer.
Comment avez-vous vécu la perte du brassard ?
Franchement, ce n’est pas si dur de perdre le brassard. Dix-sept ans de carrière, ce n’est pas dix-sept jours ou dix-sept mois. J’ai porté le brassard de capitaine pendant dix ans, c’est beaucoup. L’avoir perdu ne me perturbe pas. D’ailleurs, personne n’a rien dit. Moi, je me suis simplement remis au travail. Le temps passe, il fallait passer le relai. Je l’ai bien pris. C’est une décision de Paul Le Guen. Samuel Eto’o a assumé ses responsabilités. C’est notre devoir à nous les aînés de l’accompagner.
Vous étiez déjà de la CAN 1996 qui s’était déroulée en Afrique du Sud. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Franchement, c’est un super souvenir. Lors du match d’ouverture, face à l’Afrique du Sud, il y avait une super ambiance. Bon, au niveau des résultats, ce n’était pas ça. On est rentré aussi vite qu’on est venu. Cette fois, j’espère rentrer le plus tard possible ! (rires)
On parle souvent des problèmes qui entourent l’équipe nationale du Cameroun...
(il coupe) C’est vrai, avant il y avait ces sempiternels problèmes de primes. Mais tout ça, c’est fini ! Maintenant, nous nous déplaçons en avions privés, nous dormons dans des hôtels cinq étoiles... Le Cameroun, c’est la Dream Team ! Tout est mis en place pour que tout aille pour le mieux. C’est d’autant plus vrai avec l’arrivée de Paul Le Guen qui a mis de l’ordre. On ne parle plus des primes. Tout se passe bien. C’est à nous, joueurs, d’assurer maintenant.

par Nicholas Mc Anally par afrik.com

CM 2010 Amical: L'Afrique du Sud étrille le Guatemala

L'Afrique du Sud n'a eu aucun souci à se défaire du Guatemala (5-0) ce lundi en match de préparation pour la Coupe du monde. Grâce aux réalisations de Mphela, auteur de deux penalties (12e et 56e), Letsholonyane (26e), Moriri (49e) et Parker (83), les joueurs de Carlos Alberto Parreira ont enchaîné sur un onzième match sans défaite. Les Bafana Bafana termineront leur préparation par une rencontre contre le Danemark, le 5 juin prochain, ultime test avant le match d'ouverture contre le Mexique du 11 juin.

La Côte d'Ivoire n'a pas tout réglé

L'ère Eriksson, qui s'achèvera après la Coupe du Monde (11 juin-11 juillet) a débuté par un match nul pas inintéressant face au Paraguay (2-2) dimanche à Evian-les-Bains. Mais il a y encore du travail...
Le flegmatique scandinave n'a pas fait mieux que Vahid Halilhodzic, son bouillant prédécesseur. Le Bosniaque avait entamé son bail ivoirien par un match nul face à Paraguay (1-1) le 22 mai 2008 à Yokohama (Japon), lors de la Kirin Cup. Face au même adversaire, Sven-Göran Eriksson a quitté la petite ville d'Evian-les-Bains avec un résultat quasi-similaire. Mais les comparaisons entre Eriksson et Halilhodzic, viré comme un malpropre fin février s'arrêtent là. Au Japon, celui qui pourrait devenir sélectionneur de la Tunisie avait dû racler les fonds de tiroir pour composer une équipe avant d'entamer les qualifications jumelées pour la Coupe du Monde et la CAN 2010. A Evian et en Suisse, où les Eléphants ont pris leurs quartiers pour préparer la Coupe du Monde, l'ancien sélectionneur de l'Angleterre et du Mexique dispose de toute sa petite armée. Les joueurs produisent étonnement moins de certificats médicaux à l'aube d'une phase finale qu'à l'approche de déplacements à Madagascar ou au Botswana. Un hasard, sans doute...
Des buts, du jeu et de la fébrilité
Alors, Eriksson a testé dix-sept joueurs contre les Paraguayens, en attendant de rendre publique sa liste des vingt-trois, sans doute mardi après-midi. Et ce qu'il a observé ne lui a pas déplu. Au moins pendant une grosse heure, durant laquelle ses joueurs ont marqué deux buts (Drogba et Bamba). Mais ils n'ont pas fait que cela. «On a su se créer des occasions, on a marqué deux fois et nous avons très bien joué toute la première mi-temps et quinze minutes en seconde», a relevé le Suédois après la rencontre. Dindane s'est montré particulièrement remuant, Drogba, après des débuts désinvoltes est monté en puissance et a inscrit son quarante-quatrième but en sélection, mais tous les tauliers n'ont pas eu un rendement comparable. «Tout n'a pas été parfait, mais j'ai apprécié que nous ayons défendu et attaqué ensemble», a ajouté Eriksson.
Avant de signer son juteux contrat (300 000 euros par mois) avec la Côte d'Ivoire - un pourboire par rapport à ce qu'il touchait quand il dirigeait la sélection de Sa Gracieuse Majesté - Eriksson n'ignorait rien des racontars persistants sur sa nouvelle équipe. Qu'elle n'était qu'un amoncellement d'individualités aux égos hypertrophiés incapables de se plier aux règles du collectif. Et que cette génération surdouée n'avait pas à chercher ailleurs les raisons de la virginité de son palmarès. Habilement, Eriksson a glissé qu'il attendait un peu plus de ses joueurs. «On doit progresser collectivement», a insisté le Scandinave, qui n'a pas trop apprécié le délitement de son équipe lors du dernier quart d'heure. Les Paraguayens, qui n'en demandaient pas tant, en ont profité pour revenir au score et s'épargner les doutes qui n'auraient pas manqué de s'insinuer dans leurs esprits, quatre jours après une défaite à Dublin face à l'Eire (1-2). Eriksson n'aura plus qu'un seul match (le 4 juin à Sion face au Japon) avant les débuts de la Côte d'Ivoire en phase finale (le 15 juin contre le Portugal) pour s'assurer que ses joueurs ont bien assimilé ses exigences. Car dans un groupe - Brésil, Portugal et Corée du Nord - plutôt relevé, le moindre détail comptera beaucoup... - Alexis BILLEBAULT, à Evian-les-Bains

Tchad - "Toutes les dispositions sont prises" pour la relève de la Minurcat

(L'Express 31/05/2010)
"Toutes les dispositions sont prises" pour maîtriser la situation sécuritaire dans l'est du Tchad après le retrait à la fin de l'année de la mission de paix de l'ONU (Minurcat), a assuré samedi le gouvernement tchadien, redonnant des assurances notamment aux réfugiés.
"Toutes les dispositions sont prises pour que nos forces de défense et de sécurité assument leur importante mission avec tact et professionnalisme", a déclaré à la radio nationale le porte-parole du gouvernement, Younouss Kedallah, rejetant des inquiétudes exprimées depuis l'annonce du départ de la Minurcat (Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad).
Il n'y aura "aucun vide sécuritaire" dans l'est du Tchad au lendemain du retrait. "Nos forces sont aguerries et dotées des moyens adéquats pour faire face à toutes les situations", a assuré M. Kedallah quatre jours après une déclaration similaire du chef de la diplomatie tchadienne à l'AFP.
"La sécurité des réfugiés, des personnes déplacées et des organisations humanitaires sera assurée par le Détachement intégré de sécurité (DIS)", les policiers et gendarmes tchadiens formés par l'ONU pour veiller sur les camps de réfugiés, a-t-il ajouté.
L'est du Tchad abrite des réfugiés venus du Darfour (ouest du Soudan) en guerre civile et de la République centrafricaine, mais également des déplacés tchadiens, d'un total estimé globalement à environ 450.000 personnes.
Plusieurs organisations internationales, l'opposition et des rébellions tchadiennes se sont dites inquiètes pour la sécurité des réfugiés après le départ de la Minurcat de cette région où les attaques sont fréquentes.
Le 25 mai, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé le retrait de la Minurcat. Selon le schéma adopté, sa composante militaire (3.300 personnes) sera réduite à 2.200 hommes (1.900 au Tchad, 300 en Centrafrique) d'ici à la mi-juillet. A partir de mi-octobre, les forces restantes et sa composante civile (un millier de personnes) seront progressivement retirées.
"La paix et la stabilité sont garanties au Tchad", a martelé M. Kedallah.
"Depuis le déploiement de la force mixte Tchad-Soudan (3.000 hommes, 1.500 par pays: NDLR), la frontière entre les deux pays est totalement sécurisée", a-t-il assuré.
Aucun responsable tchadien n'a pu être joint pour plus de détails.
Dans son édition de vendredi, le quotidien tchadien Le Progrès avait affirmé que ce déploiement était effectif "depuis mars dernier".
Les militaires tchadiens "sont déployés dans six postes (en territoire tchadien): Amdjarass, Adé, Amdjéréma, Bahaï, Kirari et Tissi", a indiqué leur commandant, Bob Bichara, cité par le journal.

AFP
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Côte d'Ivoire - Sommet France-Afrique: : les raisons de l’absence de Laurent Gbagbo à Nice

(Afriscoop 31/05/2010)
(AfriSCOOP Abidjan) — Lundi et mardi 31 mai et 1er juin se tient à Nice (France), le sommet France-Afrique sous l’égide du président français Nicolas Sarkozy. Une rencontre qui part déjà sur une fausse note avec l’absence annoncée du Libyen Mouammar Kadhafi, du Zimbabwéen Robert Mugabe et surtout de l’Ivoirien Laurent Koudou Gbagbo.
M. Gbagbo ne sera donc pas ce lundi sur la côte méditerranéenne pour l’ouverture des travaux du sommet France-Afrique. Il sera représenté par aurent Dona Fologo, président du Conseil économique et social. Une décision que le chef de l’Etat ivoirien explique par la situation politique actuelle de son pays (ancienne colonie française) divisé en deux depuis 2002.
En effet, pour le locataire du Palais d’Abidjan, il est urgent de régler « d’abord un différend fondamental » avec la France. Et, c’est à cette seule condition, dit-il sur les ondes de RFI, qu’il fera le « déplacement » de Nice.
« Il n’y a pas de raison que j’aille en France tant qu’on n’a pas discuté du différend qui nous oppose à la France », affirme-t-il.
Selon Laurent Gbagbo, ce différend concerne le coup d’Etat manqué de septembre 2002 contre sa personne, deux ans à peine après son accession à la magistrature suprême. La France à cette époque dirigée par le président Jacques Chirac et le Premier ministre Dominque de villepin avait été fortement indexée par Abidjan.
« Je ne comprends pas que des dirigeants d’un autre Etat s’arroge le droit de faire partir le dirigeant d’un autre Etat souverain de là où son peuple l’a mis », s’indigne M. Gbagbo.
Le coup d’Etat manqué de 2002 a plongé la Côte d’ivoire dans une crise politico-militaire. Malgré la fin de son mandat depuis 2005, Laurent Gbagbo reste toujours en fonction. Le sud loyaliste brandit le désarmement du nord rebelle avant l’organisation de toute élection dans ce pays. D’où l’exaspération de l’opposition divisée entre la lutte pour le pouvoir et le maintien de la paix.
Tout en clamant ne pas être « rancunier », M. Gbagbo martèle que ce n’est pas « une bonne solution d’aller au sommet de Nice pour discuter d’un différend. Nous discutons d’abord et je ferai le déplacement » ensuite.

lundi 31 mai 2010 par Seraphin KOUASSI, © AfriSCOOP
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Centrafrique - Les fantômes de Bokassa hantent la Centrafrique

(Le Figaro 31/05/2010)
Cinquante ans après l'indépendance, dans un pays rongé par la misère, les habitants sont gagnés par la nostalgie de «l'empereur».
A première vue, c'est un amas de ferraille dont surgissent quelques morceaux de bois. Il faut se pencher pour distinguer la carcasse d'un siège. Les derniers vestiges du trône de Bokassa Ier, empereur de Centrafrique, achèvent de pourrir dans l'herbe humide.
Au-dessus d'eux, la grande silhouette de la salle Omnisport ne vaut guère mieux. De ce gymnase, cadeau de la France giscardienne, il ne reste que des murs de béton et, dans le toit effondré, les conduites de la climatisation qui pendent dans le vide. Plus rien ne subsiste des fastes grand-guignolesques du couronnement, le 4 décembre 1977. Le maréchal-président à vie Bokassa avait pourtant vu grand, engloutissant une année du budget de l'État dans la fête. Une partie des fonds était allée aux prisons, pour y entasser les derniers opposants.
Geneviève contemple l'Omnisport de loin, sans vraiment y prêter attention. «Avant, ça marchait. C'était bien», glisse-t-elle. À Bangui, la capitale, la phrase revient comme une ritournelle. L'eau courante, l'électricité et les services de base ne sont plus, bien souvent, que des souvenirs «d'avant ».
Geneviève a 50 ans ; elle en paraît quinze de plus. Marchande des rues, elle est née quelques jours avant l'indépendance et a vu lentement son pays s'effondrer, pour devenir l'un des plus pauvres du monde. «Avant c'était bien, quand Bokassa était président», répète-t-elle. Ces deux dernières décennies, elle les a passées à errer d'un point à l'autre de Bangui à la recherche d'un abri, avant de se fixer à Guitangola, une banlieue. En fait, Guitangola, à 7 km du centre, a tout d'un gros village avec ses maisons en torchis, des toits de tôle et ses champs étriqués. Ici, l'électricité est restée un projet. La compagnie nationale s'est contentée de poser les poteaux. Le quotidien de Geneviève, ce sont ses lampes à pétrole et sa famille : dix enfants et quatre adultes, tous chômeurs. Ils traînent ou ils prient. En ce jour, leurs prières vont à Céline. La gamine, 4 ans, se meurt dans la maison voisine. «Elle a une anémie, mais on ne peut pas payer pour le traitement», se lamente son père, Casimir Imasamba. «Quand Bokassa était là… », enchaîne-t-il à son tour.
Or, diamants, uranium… et misère
Aujourd'hui, le drame est devenu routinier. Le pays affiche des statistiques effroyables, médiévales : 176 enfants sur 1 000 meurent avant l'âge de 5 ans ; en vingt ans, l'espérance de vie s'est effondrée - elle n'est plus que de 39 ans. Sur les décombres du système de santé, les marabouts et autres guérisseurs ont prospéré. Dans sa maison, Jean Nganga, «grand sauveur », affirme recevoir dix patients par jour. Son fétiche, il l'assure, est redoutable. «Je mets une potion secrète dans les yeux du malade. Alors il peut voir le sorcier qui lui veut du mal. Alors on l'arrête et on le livre à la police. Et le malade guérit.»
Les archives des premières heures d'une colonisation particulièrement brutale débordent de ce genre d'histoires. La Centrafrique, née d'un accident de l'histoire, était certes mal partie. Mais ce pays, de la taille de la France et de la Belgique pour à peine plus de 4 millions d'habitants, avait des arguments : de l'or, des diamants, de l'uranium, du bois… Dans son vaste salon climatisé, l'ancien premier ministre Martin Ziguélé reconnaît les torts d'une classe dirigeante avide de pouvoir et d'argent. «Il serait difficile de nier nos responsabilités.» Une autocritique rare. L'ancien président Ange-Félix Patassé, chassé du pouvoir en 2003 par l'actuel chef d'État, s'y refuse. De sa décennie de pouvoir, marquée par des mutineries militaires et des pillages qui ont achevé d'enfoncer le pays, «AFP», comme on le surnomme, ne retient qu'une chose : «J'ai apporté la démocratie. » Rentré d'exil forcé il y a peu, Patassé n'a d'yeux que pour le prochain scrutin général, un temps prévu en juin mais reporté sine die. «Je ne voulais pas revenir. Mais une nuit j'ai entendu une voix. C'était Dieu. Il m'a convaincu de reconquérir la présidence», dit-il sans un sourire.
Henri Bolongo, conseiller du président François Bozizé, se veut un peu plus rationnel. «Il y a eu des efforts de faits», martèle-t-il. La grande victoire du gouvernement est d'être parvenu à payer régulièrement ses fonctionnaires, qui cumulent malgré tout toujours 40 mois d'impayés. Mais, au Nord, des rébellions qui ressemblent plus à des jacqueries qu'à des véritables mouvements insurgés ravagent les provinces depuis quatre ans. Désormais, la moitié du territoire échappe au pouvoir central.
«L'histoire de la Centrafrique est celle d'un État en faillite. Ce n'est pas un État failli, comme d'autres pays, c'est un État fantôme », analyse un haut fonctionnaire international. La France, comme si elle prenait acte de son impuissance, s'est peu à peu retirée de ce symbole de la Françafrique, ne laissant sur place qu'une poignée de coopérants et de militaires.
Mathieu Gbakpoma ne va pas jusqu'à regretter l'époque coloniale. Mais l'éphémère ministre des Mines de Bokassa se surprend à plonger dans une sombre nostalgie. «Le président Bokassa n'était pas toujours bon, c'est vrai, sourit-il. Mais c'était un grand bâtisseur, il a tout construit à Bangui. Bien sûr, il n'y avait pas beaucoup de liberté. Mais c'était surtout les hommes politiques qui allaient en prison. Pour les autres c'était bien…»

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Niger - REFORMES POLITIQUES AU NIGER: le second coup d’Etat de la junte

(Le Pays 31/05/2010)
Au Niger, la tranquille transition engagée par la junte pourrait connaître des jours mouvementés. Et ce serait alors la fin de l’état de grâce pour elle. Les militaires au pouvoir à Niamey, sans doute ragaillardis par leur expédition fructueuse à Bruxelles, se sentent pousser des ailes. A telle enseigne qu’ils se croient permis de remettre en cause certains souhaits de la classe politique et de la société civile.
La junte a en effet revu la copie qui lui a été soumise, en mettant la barre encore plus haut, en ce qui concerne le niveau d’instruction requis pour être éligible à un mandat de député et le montant de la caution pour les candidats à la présidentielle qui passe du simple au double. Au passage, elle a raccourci le mandat présidentiel, le ramenant de cinq à quatre ans. On peut comprendre, à travers ce durcissement des conditions, la volonté de la junte d’écrémer les candidatures à certains postes électifs, mais surtout d’assainir la classe politique et si possible de la renouveler.
Car le Niger a besoin de sang neuf et d’hommes véritablement engagés pour son développement. Les militaires ont donc raison de vouloir verrouiller un tant soit peu le système pour l’épargner des prédateurs et aventuriers comme l’ancien président Mamadou Tandja. Mais est-ce nécessaire, pour ce faire, de mettre la barre aussi haut, au risque de créer un scrutin législatif censitaire qui laissera sur le bas-côté de la route la majorité des Nigériens ? L’exigence d’avoir le baccalauréat pour les candidats aux législatives n’a de sens que dans un pays qui a réglé son problème d’éducation. Or le Niger a l’un des plus faibles taux de scolarisation au monde. Une loi électorale trop élitiste ne peut donc que porter préjudice à de nombreux citoyens. Les militaires sont sans doute animés d’un désir profond de rehausser le niveau du jeu politique et la qualité de la démocratie au Niger. Ils ont cependant intérêt à tenir aussi compte des réalités du pays.
Du reste, au-delà du bagage intellectuel que doit posséder un homme politique, ce qui compte le plus, c’est son honnêteté, son patriotisme et son intégrité. En Afrique, plus qu’ailleurs, on a vu que les intellectuels ont souvent été de piètres politiques et de mauvais dirigeants. Il leur a manqué ce supplément d’âme qui aurait pu faire d’eux de vrais hommes d’Etat. Au Niger, il faut savoir donc aller au rythme des réalités nationales. La junte ne s’est pas arrêtée qu’à cet aspect des élections. Elle a aussi revu à la baisse la durée du mandat présidentiel : quatre ans, comme dans certains pays anglophones. On peut trouver à redire à cette proposition. Dans la plupart des pays africains, l’heure est aux quinquennats. C’est un délai raisonnable pour tout chef d’Etat de faire ses preuves. Il a aussi l’avantage d’espacer quelque peu les élections qui sont, on le sait, un lourd fardeau pour les pays africains.
La majorité d’entre eux d’ailleurs recourent à l’aide internationale pour financer leurs élections. Il devient dans ces conditions suicidaire de rapprocher, de façon aussi serrée, les échéances électorales. On réfléchit même de plus en plus au couplage des élections pour réduire les frais d’organisation.
En tout état de cause, la transition nigérienne est à une phase importante de son cheminement. En corrigeant la copie du conseil consultatif de façon aussi unilatérale, la junte pourrait rompre la cohésion qui a prévalu jusque-là autour du processus de sortie de crise au Niger. Elle doit de ce fait avoir l’humilité de se remettre en cause, en acceptant les propositions issues des débats contradictoires des instances, même consultatives, mises en place à cet effet. Sinon, une crise de confiance est vite arrivée, avec ce que cela a de négatif sur la marche sereine des Nigériens vers des élections irréprochables.

Mahorou KANAZOE
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Sénégal - Wade s'en prend aux Etats-Unis

(BBC Afrique 31/05/2010)
Le président sénégalais a vivement réagi à ce qu'il considère comme des accusations de corruption portées contre le gouvernement sénégalais par les Etats-Unis. Abdoulaye Wade s'est exprimé devant l'ambassadrice des Etats-Unis qu'il avait convoquée au Palais de République.
La scène a été retransmise par la télévision d'Etat.
Abdoulaye Wade a tancé Mme Marcia Bernicat, ambassadrice des Etats-Unis à Dakar.
La diplomate américaine avait rendu publique deux jours auparavant une lettre dans laquelle les autorités de Washington mettaient en garde le gouvernement sénégalais contre la corruption.
La lettre rappelait surtout que les 540 millions de dollars octroyés par les Etats-Unis au titre du Millenium Challenge Corporation étaient destinés à la lutte contre la pauvreté et devaient profiter aux populations.
En conséquence, ils ne devraient faire l'objet d'aucun détournement.
La presse s'était largement fait l'écho de cette correspondance.
Devant les caméras de la télévision d'Etat, Abdoulaye Wade s'est dit
"affligé" par de telles insinuations.
Il a fait remarquer à la diplomate américaine que le Sénégal bénéficiait d'une aide plus importante de la part de l'Union européenne, de la Chine, de l'Arabie saoudite et d'autres pays sans pour autant faire l'objet de telles accusations.
Le Sénégal est un pays pauvre, a-t-il poursuivi, mais ne saurait supporter pareilles humiliations.
Il a demandé à la diplomate de notifier cette réponse aux autorités des Etats-Unis et de leur dire qu'elles pourraient retirer cette aide du Millenium Challenge si elles le désiraient.

Mame Less Camara
BBC Afrique, Dakar
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Bénin - Vers une identification obligatoire de tous les abonnés aux services de téléphonie mobile

(Ouestaf 31/05/2010)
Ouestafnews – Les autorités béninoises viennent d’adopter un projet de décret « portant obligation d'identification des abonnés au service de téléphone mobile de norme GSM et des utilisateurs du service d'appels masqués », a annoncé le gouvernement béninois.
Au Bénin, comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, les puces qui donnent droit à un numéro de téléphone portable et l’accès aux réseaux des différents opérateurs, sont vendus «à la sauvette », parfois sans aucune identification préalable de l’acheteur.
« Ces pratiques ayant pour fondement essentiel des considérations d'ordre commercial, favorisent malheureusement l'insécurité du fait des malfrats et autres individus mal intentionnés qui acquièrent des puces pour commettre des meurtres, des braquages, menaces, injures et dénonciations calomnieuses », selon le communiqué du Conseil des ministres parvenu à Ouestafnews.
Selon le communiqué, dès l’entrée en vigueur du décret il sera fait obligation aux opérateurs de téléphonie mobile de faire appliquer la décision sur tout nouvel abonné à leur service, et de mettre à jour dans un délai de six mois la liste de leurs abonnés.
La décision concerne également les détenteurs de « numéros masqués » et, dans ce dernier cas, les opérateurs des réseaux de télécommunication seront tenus de communiquer les détenteurs de ces numéros aux services de sécurité à chaque fois que de besoin, affirme le gouvernement.

Dimanche 30 Mai 2010
Ouestaf News
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Cameroun - Au moins 30 morts dans l'accident d'un bus de voyageurs

(Cyberpresse 31/05/2010)
Au moins trente voyageurs ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans la région du Centre, au Cameroun, lorsque l'autobus à bord duquel ils se trouvaient s'est brisé après avoir fait "des tonneaux", selon la gendarmerie, qui parle d'un bilan provisoire.
"Sur le lieu de l'accident, nous avons identifié environ 30 corps mais le bilan pourrait être beaucoup plus important, étant donné que certains blessés évacués bien avant notre arrivée seraient décédés en chemin", a affirmé à l'AFP l'adjudant-chef Fifen Idrissou, commandant du peloton routier motorisé de Bafia, chef-lieu du département où est survenu le drame.
Selon lui, le véhicule, d'une capacité de 70 places, était parti de Bafoussam (ouest) avec pour destination finale Yaoundé, 288 km plus loin. L'accident s'est produit entre les villes de Ndikiniméki et Bafia.
La radio nationale (Cameroon Radio-Television, CRTV), qui a également rapporté l'accident, a parlé d'un bilan provisoire d'"au moins 35" tués. Les corps ont été déposés à la morgue de l'hôpital de la Bafia, selon elle.
"Le bus a dérapé", son chauffeur a tenté de maîtriser la situation puis "200 mètres après le dérapage, (il) s'est retrouvé face à un creux. Le véhicule s'est mis à faire des tonneaux. Le choc a été tellement violent que sa carcasse s'est divisée en deux", a expliqué l'adjudant-chef Fifen Idrissou.
Le nombre total de personnes qui étaient à bord de l'autobus n'était pas connu dans l'immédiat. La liste des passagers, que le conducteur était censé détenir, n'a pas été retrouvée, a-t-il précisé.
"Quatre blessés ont été identifiés sur le lieu de l'accident" et conduits à Bafia, a-t-il poursuivi, indiquant ne pas disposer non plus dans l'immédiat d'informations sur le nombre total de rescapés, de blessés et leur situation.
D'après le gendarme, "deux hypothèses" pourraient expliquer l'accident: la somnolence du conducteur, qui fait partie des personnes tuées, ou la crevaison d'une des roues de l'autocar.

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Sommet Afrique- France: une histoire de fauteuils

Par Vincent Hugeux http://www.lexpress.fr/
Dans son discours d'ouverture, Nicolas Sarkozy a appelé à faire une place à l'Afrique dans la "gouvernance mondiale". Reste à savoir laquelle. Et c'est là que l'affaire se corse.
Allez, un petit quiz azuréen, histoire de gravir le Sommet d'un pas alerte.
- Question n°1. Qui a dit en 2006, avant de récidiver l'année suivante: "Economiquement, la France n'a pas besoin de l'Afrique"? Réponse: Nicolas Sarkozy.
-Question n°2. Qui a dit ce 31 mai 2010 à Nice: "La France et l'Europe ont autant besoin de l'Afrique que l'Afrique a besoin de l'Europe et de la France"? Réponse: Sarkozy Nicolas.
Mieux, à la faveur de son allocution d'ouverture du 25e Sommet Afrique-France, le président a exalté la vitalité du continent noir, son "formidable dynamisme démographique" et ses "ressources considérables", qui en font "la principale réserve de croissance de l'économie mondiale pour les décennies à venir". "L'Afrique, a insisté le successeur de Jacques Chirac, est notre avenir."
"Anormal que l'Afrique ne compte aucun membre permanent à l'ONU"
Lors de la cérémonie, expédiée en 15 minutes Rolex en main, le locataire de l'Elysée a aussi décliné les trois thèmes soumis cette fois à la sagacité des 38 chefs d'Etat, de gouvernement et de délégations rassemblés ici. A commencer par "la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale". En clair, son poids au sein des instances onusiennes. "Il est absolument anormal, martèle Sarkozy, que l'Afrique ne compte aucun membre permanent" au sein d'un Conseil de sécurité des Nations unies qui doit, à ses yeux, être réformé sans tarder.
Hautement sensible, l'enjeu aura d'ailleurs fourni le plat de résistance du déjeuner qui a réuni ce lundi l'hôte du sommet et son homologue sud-africain Jacob Zuma. Au nom du consensus continental ébauché en 2005, les éminences africaines exigent deux sièges de membre permanent (MP) au sein dudit Conseil. De même, elles réclament a minima deux strapontins supplémentaires parmi les membres non permanents (MNP), ce qui porterait le total à cinq.
Paris et Londres, en revanche, défendent une formule intermédiaire "d'élargissement progressif": il s'agirait, dans un premier temps, d'allonger significativement la durée du mandat des MNP, sans pour autant leur accorder le droit de veto réservé pour l'heure au Cinq majeur (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni). Puis d'octroyer au "berceau de l'humanité", un des deux fauteuils réclamés en première classe. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette côte mal taillée n'aura pas déchaîné l'enthousiasme de Zuma.
Quel porte-voix pour l'Afrique?
Déjà, la veille, le contentieux avait enfiévré six heures durant la réunion des ministre des Affaires étrangères. D'ordinaire, ce genre de rencontre préparatoire a pour vocation de déminer l'arène où s'ébroueront les chefs d'Etat et de gouvernement. Tel ne fut pas le cas dimanche, du fait notamment de la pugnacité de l'Afrique du Sud et de la Tanzanie. "Prologue pour le moins tumultueux", confie un officiel subsaharien. "Certains, précise cet autre délégué, cité par l'AFP, ont contesté la légitimité de la France à lancer un tel débat." A la clé, ce diagnostic pour le moins alambiqué livré par le patron du Quai d'Orsay: "On n'a pas trouvé de solution, a ainsi admis Bernard Kouchner. Mais on a trouvé la manière de commencer à se donner les moyens d'être réalistes." Donc, si l'on s'en tient au principe soixante-huitard, de demander l'impossible. Imaginons un instant que, touchés par la grâce, les cadors de l'Onu invitent un frère d'Afrique à rejoindre leur cénacle. Reste à savoir à qui devrait échoir une telle mission.
Locomotive du continent, la Nation Arc-en-Ciel revendique naturellement cet honneur. Mais nul doute que d'autres prétendants entreraient volontiers en lice. Citons l'Egypte, le Nigeria et, sinon le Sénégal, du moins son président Abdulaye Wade. Il en va du rôle de porte-voix de l'Afrique comme de la candidature unique de l'opposition à la veille d'un scrutin: chacun en approuve le principe à condition que nul autre ne prétende l'incarner.

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Centrafrique - Un ex-ministre empêché de quitter le pays

(Cyberpresse 31/05/2010)
BANGUI — Un ex-ministre centrafricain, Cyriaque Gonda, a été empêché jeudi de quitter la Centrafrique pour la France où il devait se rendre pour raisons de famille et de santé, selon un membre de son parti, ce que le gouvernement a qualifié vendredi "d'incident".
M. Gonda, président du Parti national pour un centrafrique nouveau (PNCN, majorité) limogé en avril de son poste de ministre de la Communication, "devait se rendre jeudi en France à bord du vol régulier d'Air France" pour y rejoindre "son épouse qui a accouché il y a trois semaines" et "honorer un rendez-vous pour le 1er juin avec son médecin", a déclaré Daniel Nzéwé, président de la jeunesse PNCN.
Après les formalités, le commissaire de l'aéroport a pris "son passeport et son billet, au motif qu'il a reçu des ordres des plus hautes autorités centrafricaines interdisant à M. Gonda de voyager, et que celui-ci devrait attendre qu'il prenne contact avec ces autorités", a expliqué M. Nzéwé.
Sur décision de la police, les bagages de M. Gonda ont été débarqués de l'avion, qui a quitté Bangui sans lui, a-t-il ajouté.
"C'est un incident. Cela va être réparé", a assuré vendredi le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Fidèle Gouandjika.
"Cet incident est lié à une vérification policière. Parce que selon la police, étant haut cadre de l'Etat et ancien membre du gouvernement, M. Gonda doit présenter une autorisation de sortie, notamment un ordre de mission. Ce qui n'a pas été le cas", a ajouté M. Gouandjika, sans plus de détails.
M. Gonda, considéré comme un proche du président François Bozizé, n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.
Les arguments du gouvernement ont néanmoins été battus en brèche par son parti: M. Gonda "n'étant plus en fonction, il voyage avec son passeport ordinaire. (...) Il s'agit d'un prétexte qui ne tient pas", a assuré Daniel Nzéwé .
Le 8 mai, l'opposant Martin Ziguélé, qui fut Premier ministre de 2001 à 2003, avait été empêché de prendre l'avion à Bangui pour Cotonou par la police, officiellement dans le cadre d'une "simple vérification faite par la police de l'air et des frontières".

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dimanche 30 mai 2010

La France et les Africains cherchent un nouveau lien

Ce 25e rendez-vous franco-africain des chefs d'État a pour toile de fond le bilan contrasté d'un demi-siècle d'indépendance des anciennes colonies françaises
Ils auraient tous dû se retrouver au bord de la mer Rouge, mais, pour ce 25e sommet France-Afrique, Hosni Moubarak l'Égyptien avait prévu d'inviter le Soudanais El-Béchir. Et Paris avait refusé la présence d'un président poursuivi par la Cour pénale internationale. Du coup, c'est à Nice qu'a lieu demain et mardi la traditionnelle réunion de famille, élargie - c'est devenu la règle - à toute l'Afrique et pas seulement aux francophones de l'ancien « pré carré ».
Pas de Soudanais, donc, ni l'infréquentable Robert Mugabe du Zimbabwe. Mais sur 53 pays africains, 51 sont représentés demain à Nice, dont 38 par leur chef d'État. Et la liste de ceux qui honorent l'invitation de Nicolas Sarkozy donne la température diplomatique. L'Algérien Bouteflika, dont la visite à Paris est sans cesse reportée sur fond de brouille politique, sera pourtant là. Laurent Gbagbo l'Ivoirien, qui n'a toujours pas organisé un scrutin présidentiel prévu depuis 2005 et sans cesse repoussé, a préféré rester à Abidjan, mais a envoyé un homme de confiance, Laurent Dona Fologo. Le président du Rwanda, Paul Kagamé, qui a reçu récemment son homologue français à Kigali, poursuit le rapprochement en faisant acte de présence.
Déception : Joseph Kabila (Congo-Kinshasa) est resté chez lui, tout comme les présidents du Burundi et de l'Ouganda, ce qui oblige à déclasser le « mini-sommet » prévu sur la crise dans la région des Grands Lacs en simple réunion ministérielle alors que des drames humains continuent d'ensanglanter cette région sur fond de courses aux matières premières. Mais un sommet France-Afrique, fût-il élargi à l'échelle du continent, est-il encore le lieu où se règlent des conflits pareils ? À l'évidence non, même si l'ordre du jour du sommet de Nice est ambitieux : place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale, lutte contre le changement climatique, le terrorisme transnational ou la pauvreté.
Souverainetés factices ?
Mais, en cette « année de l'Afrique en France », le projecteur se braque surtout sur les retrouvailles avec les quatorze ex-colonies et protectorats africains. En acceptant enfin de revaloriser les pensions des anciens combattants coloniaux, Paris a envoyé un signal et préparé la venue sur les Champs-Élysées, le 14 Juillet, de troupes africaines rappelant la fameuse « force noire » d'antan. L'organisation en marge du sommet - et pour la première fois - d'un forum économique auquel participent 250 entreprises, dont 150 d'Afrique, se veut un gage d'avenir, avec des entreprises françaises qui signeront une charte de bonne conduite en matière sociale et environnementale.
Mais à l'heure où la perte d'influence de la France est palpable, le bilan d'un demi-siècle d'indépendances africaines ne peut être esquivé. La souveraineté des pays africains les plus fragiles ne serait-elle pas factice ? « Le paradoxe de cet anniversaire est de se produire en plein débat sur le retour à des formes de tutelle internationale », souligne Dominique Darbon, chercheur au CEAN, le Centre d'études d'Afrique noire de Bordeaux.
Originaire de l'ex-Zaïre, le professeur Musanji N'Galasso, coordinateur du livre collectif de trente intellectuels africains (1), lui fait écho : « Nos gouvernements n'ont jamais géré les indépendances de façon autonome, une tutelle a toujours existé peu ou prou, l'assistance est allée de pair avec la dette et on peut voir dans la mondialisation un nouvel avatar d'une stratégie d'assujettissement de l'Afrique. » Foin d'« afro-pessimisme » pourtant. Le dynamisme du continent, stimulé par des nouveaux partenaires actifs à défaut d'être désintéressés (la Chine au premier rang) n'est pas général mais il est réel. « L'Afrique vient de retrouver sa population d'avant la traite négrière, et dans trente ans, elle pèsera un quart de la population mondiale », rappelle le Sénégalais Alioune Fall, professeur de droit public à Bordeaux 4. En 2007, à Dakar, Nicolas Sarkozy avait regretté que l'homme africain soit resté « en marge de l'histoire » : avec trois ans de recul et après le démarrage d'une crise financière mondiale qui a relativement épargné l'Afrique, cette réflexion malheureuse paraît d'autant plus décalée…

par http://www.sudouest.fr/

Un sommet des pays des Grands Lacs sera tenu à Kinshasa

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) se réuniront en novembre prochain à Kinshasa pour discuter de l’exploitation illégale des ressources naturelles dans la région.
Le ministère de la Coopération internationale et régionale de la RDC a donné cette confirmation dans un communiqué publié samedi à Kinshasa tout en indiquant que le sommet sera précédé de deux autres réunions.
Il s’agit, a-t-il précisé, de la réunion qui va regrouper des ministres en charge des Minerais et des ressources naturelles des pays de la CIRGL en vue d’ approuver les mécanismes de la CIRGL et les outils visant à lutter contre l’exploitation des ressources naturelles et celle du comité régional interministériel devant convenir de l’ordre du jour et des documents y afférents.
Créée en 2000, sous l’initiative des Nations Unies, la CIRGL compte 11 Etats membres, à savoir : Angola, Burundi, Centrafrique, République du Congo, RDC, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan, Tanzanie, Zambie.
Le 15 décembre 2006, les 11 chefs d’Etat et de gouvernement avaient signé à Nairobi, au Kenya, le Pacte sur la Paix, la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs et s’étaient ainsi engagés à résoudre et prévenir les conflits armés internes et inter-Etatiques, les activités subversives et servir de cadre juridique permettant d’éradiquer l’insécurité persistante de quelque nature qu’ elle soit, régnant dans et entre les Etats membres ainsi qu’à éliminer les menaces qui pèsent sur la paix, la sécurité, la stabilité et le développement durable dans la Région des Grands Lacs par le biais de la sécurité collective et à assurer le respect de la souveraineté et de la sécurité des Etats, de l’inviolabilité de leurs frontières et de leur intégrité territoriale.
Ils s’étaient aussi engagés à sauvegarder les droits de l’homme et des peuples, l’égalité entre les sexes, l’Etat de droit, la démocratie et le développement durable dans la Région des Grands Lacs, à veiller à ce que les différends entre les Etats membres ainsi qu’entre les Etats membres et les groupes armés soient résolus pacifiquement et à veiller à interdire à tout Etat membre de permettre l’utilisation de son territoire en tant que base pour l’agression ou la subversion perpétrée contre un autre Etat membre.

Par l’Agence de Presse Xinhua

Côte d'Ivoire : En colère à Evian

Rédaction Football365
dimanche 30 mai 2010 - 11h49 La sélection ivoirienne, qui doit affronter le Paraguay dimanche à Evian (17h00) en match de préparation au Mondial, a boudé les médias samedi. En cause : la décision unilatérale prise par les Paraguayens de disputer cette rencontre à Evian et non Thonon-les-Bains comme initialement prévu.
Les Ivoiriens n'ont guère apprécié le déplacement tardif de la rencontre amicale face au Paraguay de Thonon à Evian. En stage du côté d'Evian depuis plusieurs jours, les Sud-Américains ont en effet jugé que la pelouse de Thonon-les-Bains était en mauvais état et décidé la délocalisation du match à Evian. Afin de protester contre cette décision, la délégation ivoirienne, emmenée par l'entraîneur suédois Sven-Goran Eriksson, a donc choisi de boycotter les médias samedi alors qu'une conférence de presse était programmée. Ce match amical devrait donc se disputer dans une ambiance moins chaleureuse que prévu.

J-M.D (Rédaction Football365.fr)

Les 23 Camerounais

Paul Le Guen a dévoilé la liste définitive des 23 Camerounais pour la Coupe du Monde 2010.
Au terme du match nul contre la Slovaquie (1-1), Paul Le Guen a décidé de se passer des services de Amour Patrick Tignyemb, Jean Patrick Abouna Ndzana, Makadji Boukar, Marcel Ndjeng, Patrick Mevoungou et Dorge Kouemaha pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud.
Les 23 Camerounais :
Guy Roland Ndy Assembe (Valenciennes), Carlos Kameni (Espanyol), Hamidou Souleymanou (Kayserispor) - Benoit Assou-Ekotto (Tottenham), Sébastien Bassong (Tottenham), Gaétan Bong (Valenciennes), Aurélien Chedjou (Lille), Geremi (Ankaragucu), Stéphane Mbia (Marseille), Nicolas Nkoulou (Monaco), Rigobert Song (Trabzonspor) - Achille Emana (Betis Séville), Eyong Enoh (Ajax), Jean II Makoun (Lyon), Georges Mandjeck (Kaiserslautern), Joël Matip (Schalke 04), Landry Nguemo (Celtic), Alex Song (Arsenal) - Vincent Aboubakar (Coton Sport), Eric Choupo-Moting (Nuremburg), Samuel Eto'o (Inter Milan), Mohamadou Idrissou (Friburg), Achille Webo (Majorque).

par http://www.sport24.com/

Coopération Gabon/Libye: Tripoli réaffirme son soutien à Ali Bongo pour son ambition de développer le Gabon

Écrit par Douglas NTOUTOUME
Libreville, 29 mai (GABONEWS) - Le Guide libyen, Mouammar Al Kadhafi a réaffirmé, vendredi dernier, son soutien au président gabonais Ali Bongo Ondimba, lors de sa première visite à Tripoli en Libye, depuis son accession à la magistrature suprême du Gabon, pour son ambition de construire et de développer le Gabon.
Le Chef de l’Etat gabonais s’est félicité de voir que sa vision et son engagement à maintenir, plus encore, à hisser haut le niveau des relations bilatérales entre Tripoli et Libreville est partagée par les autorités libyennes.
Le message délivré par le numéro un gabonais lors de cette rencontre a été bien accueilli par son hôte, tant il dégageait le souhait ardent de voir les projets en cours inscrits dans le cadre de la coopération aboutir.
On note dans ce contexte, entre autres, le dossier d’Africa numéro 1, qui semblait constituer une zone d’ombre dans les relations bilatérales entre ces deux pays, ainsi que ceux portant sur les infrastructures touristiques, dont l’hôtel Laïco et l’ancien hôtel Dialogue de Libreville et dont tout aurait été finalisé lors de ce tête à tête.
Par ailleurs, une « Grande commission mixte de coopération » visant à revisiter le cadre global régissant les relations entre le Gabon et la Libye et à définir les nouveaux axes des échanges a été envisagée avant la fin de cette année par le président Ali Bongo Ondimba et le premier ministre libyen Dr El Baghadadi El Mahmoudi lors de leur entretien.
Ces assises, si elles ont lieu à Libreville, se tiendront 7 ans après les toutes premières qui ont eu lieu à Tripoli du 6 au 7 août 2003.

GN/DAN/DCD/10
par http://www.gabonews.ga/

International 25e sommet Afrique-France LA FRANÇAFRIQUE BOUGE ENCORE

Une quarantaine de dirigeants africains participent demain et mardi, à Nice, au 25e sommet Afrique-France, qui se veut celui de la normalisation. Mais, trois ans après son élection, Nicolas Sarkozy, qui préside ce sommet pour la première fois, peine encore à convaincre qu'il a tourné la page des relations ambiguës entre Paris et ses ex-colonies.
C'est devenu une figure imposée. A chacun de ses rendez-vous africains, le chef de l'État répète à qui veut l'entendre que l'ère des soutiens aux régimes dictatoriaux et corrompus, des chasses gardées commerciales et de la diplomatie parallèle de la France sur le continent noir est révolue. Il y a trois mois encore, Nicolas Sarkozy proclamait au Gabon du fils d'Omar Bongo sa volonté de normaliser les relations franco-africaines et d'en finir une fois pour toutes avec « les clichés, les fantasmes ...

Le président sénégalais tance l’ambassadrice américaine devant les caméras

Par RFI
Le président sénégalais Abdoulaye Wade a répondu vigoureusement, à la « contribution » de l’ambassadrice américaine Marcia Bernicat publiée vendredi 20 mai 2010 par la presse. A l’issue d’une réunion consacrée à la mission Union Européenne-USA sur les élections, Abdoulaye Wade est revenu sur ce texte intitulé « Le Sénégal et la corruption ».
D’entrée de jeu le président sénégalais prend un air grave. « Je suis affligé, dit-il, par les propos que j’entends toujours et qui mettent en accusation le Sénégal pour corruption ». Abdoulaye Wade rappelle alors son bilan et laisse éclater sa colère contre l’ambassadrice des États-Unis, pendant sept minutes, sous l’œil des caméras.
« Moi, je suis responsable de défense de l’image du Sénégal qui est un pays honorable, poursuit le président. Nous sommes un petit pays mais nous avons notre fierté et notre dignité. Il y a des choses que nous ne pouvons pas accepter. Et, moi, je ne comprends pas pourquoi vous êtes le seul pays, à longueur de journée, à nous traiter de corrompus ».
Abdoulaye Wade interpelle la diplomate : « Vous ne m’avez pas encore désigné un cas de corruption impunie. Arrêtez ces accusations publiques. Parce que je ne peux pas continuer à accepter cela ».
Le président sénégalais précise qu’il ne souhaite pas remettre en cause la coopération entre le Sénégal et les États-Unis, mais termine sur le ton du défi en parlant du MCA, le Millenium Challenge Account. 540 millions de dollars de dons des États-Unis au Sénégal. « Si on ne peut pas avoir la paix avec ce MCA, mais reprenez-le, déclare, d’un ton vif, Abdoulaye Wade. Et emmenez-le dans un pays ou vous pouvez être injurieux, mais pas ici au Sénégal. Vous pouvez le reprendre quand vous voulez et l’amener où vous voulez ».
L’ambassadrice des États-Unis peut enfin répondre. Les caméras tournent toujours. Marcia Bernicat joue l’apaisement. « Je n’ai eu l’intention, dit-elle, ni hier, ni aujourd’hui de faire des accusations ».
« Le Sénégal et la corruption »
A l’origine de ce coup de colère présidentiel très médiatisé, un texte signé de la diplomate, publié vendredi dans une bonne partie de la presse sénégalaise.
Dans cette « contribution » intitulée « Le Sénégal et la corruption », l’ambassadrice des Etats-Unis au Sénégal est restée sur le terrain du principe et réaffirmait la nécessité d’une lutte efficace contre la corruption. Mais en diplomatie, le message est souvent entre les lignes et réaffirmer le principe, c’est suggérer que son respect pose problème.
« Les Etats-Unis investissent beaucoup dans la prospérité du Sénégal », écrivait la diplomate, car selon elle, un Sénégal économiquement prospère est à la fois un modèle et un facteur de stabilité. « Cependant, poursuivait Marcia Bernicat, la corruption, voire même la perception de la corruption ainsi que les politiques exécutées de façon inefficace peuvent facilement ruiner les efforts de développement ». « Un gouvernement responsable, estimait-elle, demeure vital à la prospérité du pays »
Dans ce qui semblait bien être une mise en garde, l’ambassadrice des Etats-Unis rappelait par ailleurs : « Pour bénéficier des fonds du Millenium Challenge Account ou plus important encore pour conserver le fonds alloué, les pays doivent montrer des résultats positifs de leur politique et s’engager dans la lutte contre la corruption ».

par http://www.rfi.fr/

Côte d’Ivoire-Sénégal: Wade à nouveau épinglé sur les huiles ivoiriennes

Ecrit par Jean de Robert-Colette · mai 30, 2010
Les nouvelles en provenance du Sénégal ne sont pas bonnes pour les opérateurs économiques ivoiriens. Le gouvernement sénégalais continue ses manœuvres contre les huiles produites en Côte d’Ivoire et vendues sur le territoire du pays d’Abdoulaye Wade. Selon La Gazette, un mensuel sénégalais, le gouvernement sénégalais a débloqué la faramineuse somme de 6 milliards de francs CFA afin de subventionner Sunueor. Une subvention destinée à appuyer cette société pour lui permettre de tenir tête aux huiles ivoiriennes. Conséquence, le WEST Africa Commodities(WAFCOM), une société spécialisée dans le conditionnement et la commercialisation de l’huile de palme, n’a pas supporté les pressions économiques et politique menées à son encontre : l’entreprise a été obligée de fermer le 7 février 2010. L’affaire portée à l’arbitrage de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a suscité une réaction. Depuis le 24 avril, cette organisation d’intégration sous-régionale a tranché. Mais la décision n’est pas encore rendue officielle. « Logiquement, la décision de l’UEMOA devrait nous être favorable », espère le PDG de WEST Africa Commodities, M. Alassane Diouf, selon des propos rapportés par le journal dakarois. Pour l’heure, le personnel estimé à 250 employés est au chômage depuis la fermeture de l’entreprise. Mais derrière WAFCOM, se cache en réalité un objectif visé par Dakar : contenir l’avancée du groupe SIFCA dans sa conquête du marché sous-régional. En effet, les huiles produites par cette société agro-industrielle ivoirienne ont réussi à faire une percée fulgurante dans l’espace UEMOA de sorte que le Sénégal, également producteur d’huiles raffinées, n’a pas manqué de se réfugier derrière des mesures protectionnistes pour pouvoir contenir la concurrence. Dakar avait d’abord imposé une taxe conjoncturelle d’importation de 25% pour protéger les huiles produites au Sénégal, avant de se rebiffer devant la colère de l’UEMOA qui a dénoncé le caractère illégal de cette surtaxe dans un espace de libre échange où l’on peut exporter en franchise de droits. Autre manœuvre, le Sénégal avait émis des doutes sur l’origine des huiles acheminées sur son sol, estimant que les produits vendus par le négociant WAFCOM seraient d’origine asiatique et non ivoirienne. L’argument utilisé est celui-ci : les huiles en provenance d’Asie s’introduisent sur le sol sénégalais après avoir transité par Abidjan pour être labélisées UEMOA en fournissant WAFCOM. L’affaire portée devant la commission de l’UEMOA a été tranchée en faveur de la SIFCA. Dans sa décision en date du 11 septembre 2007, l’organisation sous-régionale demande aux autorités sénégalaises d’admettre « les certificats d’origine émis par les autorités ivoiriennes habilitées, pour l’huile de palme raffinée produite par les sociétés COSMIVOIR et UNILEVER, et à lui accorder le bénéfice lié à l’origine communautaire ».
Des risques pour la sous-région
Les entraves à la libre concurrence et au libre échange dans l’espace UEMOA et CEDEAO font peser des menaces sur le bien-être des populations de la sous-région. En effet, le déficit actuel de l’huile de table est estimé à 150.000 tonnes et pourrait atteindre 300.000 tonnes à l’horizon 2020, voire 750.000 tonnes dans le cas de la CEDEAO. Pour le géant ivoirien, SIFCA, il faut combler ce déficit. C’est ce qui justifie d’ailleurs sa volonté d’investir dans ce secteur des oléagineux. Le groupe prévoit un investissement de près de 75 milliards FCFA sur 5 ans. Dans ce sens, la plus grande raffinerie d’huile d’Afrique dont la capacité de production est estimée à 1500 tonnes par jour sera bientôt ouverte à Abidjan. Ce projet aura pour objectif de faire baisser le coût de revient et d’améliorer la compétitivité de la filière palmier à huile ivoirienne. Une filière qui occupe plus de 30.000 planteurs en Côte d’Ivoire. Si l’objectif recherché par l’intégration sous-régionale est de parvenir à une croissance plus élevée et de réduire la pauvreté de façon plus efficace et plus tangible dans les pays membres dans leur ensemble, les contraintes telles que le refus de certains Etats de respecter les règles communes, le manque de volonté politique et d’adhésion à l’intégration sous-régionale sont de nature à rendre nos économies toujours dépendantes de l’extérieur et à affaiblir le tissu industriel des pays de l’Uemoa. Les mesures protectionnistes menées par le Sénégal sont donc préjudiciables pour les populations vivant dans l’espace sous-régional.

Source : l’inter

Togo: Gilchrist Olympio temporairement exclu de l'UFC

Lomé,Togo - L'opposant historique togolais et leader de l'Union des forces de changement(UFC), Gilchrist Olympio, a été exclu 'temporairement' de son parti par le bureau national, suite à sa décision unilatérale d'entrée au gouvernement, indique un communiqué de cette formation politique reçu samedi à la PANA à Lomé.
'En attendant que leur cas soit définitivement réglé par les instances disciplinaires, le bureau national décide d'exclure temporairement de l'UFC, avec effet immédiat, M. Gilchrist Olympio et tous ceux qui prennent part à l'aventure du RPT contre les intérêts du parti et les aspirations des populations togolaises', indique le communiqué du bureau de l'UFC, réuni vendredi soir, à Lomé.
Par conséquent, 'Gilchrist Olympo et tous ceux qui le suivent dans cette aventure ne sont plus habilités à parler et à agir au nom de l'Union des forces de changement', souligne le communiqué.
Mardi dernier, rappelle-t-on, Gilchrist Olympio avait signé un accord de partage de pouvoir avec le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir) en prenant la 'décision unilatérale' de participer au gouvernement contre l'avis du bureau national de son parti, entraînant une crise au sein de la formation politique de l'opposition la plus populaire.
Selon cet accord, le parti au pouvoir lui concède sept postes ministériels sur les 32 que compte le gouvernement et lui promet des postes dans l'administration centrale, dans les ambassades et à la tête de certaines sociétés d'Etat, ainsi que la gestion de certaines préfectures.

par http://www.afriquejet.com/
Lomé - Pana 30/05/2010

Un Africain à la finale de l''Eurovision 2010 à Oslo

Jessy Matador originaire des Congo Brazzaville et Kinshasa, chante au pays des Vikings à l'occasion de l''Eurovision 2010 à Oslo, la capitale norvégienne.
La 55 e édition de l'Eurovision 2010 à Oslo a été remportée samedi 29 mai par la chanteuse allemande Lena, à peine agée de 19 ans.
Mais , même si ce concours concerne les pays européens ou apparentés, l'Afrique y était aussi présente. En effet, le chanteur qui représentait la France, Jessy Matador né à Paris est originaire des deux Congo ( Brazzaville et Kinshasa).
Jessy a terminé 12e avec son titre "Allez Olla Olé". Pas mal quand on sait que 50 pays étaient en lice, dont les Pays-Bas qui n'ont pas su se qualifier pour la Finale.
Allez, allez l'Afrique, un peu de chauvinisme de temps en temps , ne fait pas de mal pour changer un peu avec la sinistrose de l'actualité sur le continent. Voir le clip de Jessy Matador , très très entraînant... Bougez un peu chez vous!

par http://www.rnw.nl/

vendredi 28 mai 2010

R.D.C. - Coup de balai d’Etienne Tshisekedi au sein de l’UDPS

(VOA News 28/05/2010)
Cinq cadres de ses cadres sont exclus selon la décision 099 du président du parti, Etienne Tshisekedi, en convalescence à Bruxelles.
L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le plus vieux parti d’opposition en RDC, fait le ménage. Cinq de ses cadres sont exclus selon la décision 099 du président du parti, Etienne Tshisekedi, en convalescence à Bruxelles. Parmi les exclus figure Me Jean Joseph Mukendi Wa Mulumba, son ancien conseiller politique.
« C’est une décision prise par le président national pour exclure certains éléments qui sont considérés comme perturbateurs de l’ordre auquel le président national a appelé », a fait savoir Félix Tshisekedi Tshilombo, fils d’Etienne Tshisekedi, joint à Bruxelles.
C’est depuis le 28 septembre 2009 que le président de l’UDPS a appelé la mobilisation du parti autour de lui pour tenir un congrès et se préparer aux élections de l’année prochaine, a indiqué le jeune Tshisekedi. Les cadres exclus avaient « multiplié les actes d’insubordination qui ont fini par excéder le président national et qui l’ont poussé à prendre cette décision », a expliqué Félix Tshisekedi Tshilombo.
Parlant ce que d’aucuns présentent comme des querelles de succession de Tshisekedi, Félix Tshisekedi Tshilombo a affirmé que « certains ont cru que son heure avait sonné » mais que le président de l’UDPS « a repris les commandes du parti. »
Par Timothee Donangmaye Jeudi, 27 Mai 2010

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Togo - Le principal parti d'opposition UFC entre au gouvernement (PAPIER GENERAL)

(Xinhuanet 28/05/2010)
Gilchrist Olympio, leader de l'Union des forces de changement (UFC), principal parti de l'opposition togolaise, a annoncé l'entrée de son parti dans le gouvernement de "large ouverture politique" attendu dans ce pays, lors d'un point de presse jeudi dans la capitale togolaise.
"Je prend cet engagement historique devant le peuple togolais après avoir longuement réfléchi sur les causes réelles de la crise profonde qui mine notre pays depuis des décennies et apprécié, à leur juste valeur, les résultats obtenus après un si long combat mené ensemble au prix de tant de sacrifice", a déclaré le leader de l'UFC qui a toujours rejeté toute collaboration avec le Rassemblement du peuple togolais (RPT) au pouvoir depuis sa création en 1969.
Cette décision de Gilchrist Olympio intervient à un moment où le chef de l'Etat togolais réélu Faure Gnassingbé a demandé au Premier ministre Gilbert Houngbo reconduit de former un gouvernement de "large ouverture politique" pour son second mandat de cinq ans.
Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir en avril 2005, a été réélu au terme de l'élection présidentielle du 4 mars dernier avec 60,33% des suffrages contre 33,93% pour Jean-Pierre Fabre, candidat de l'UFC, qui conteste toujours les résultats proclamés.
Fabre s'est autoproclamé et organise, chaque samedi depuis mars avec un collectif de partis dénommé FRAC, une marche de contestation qui s'achève avec un meeting à la plage de la capitale togolaise, à quelques encablures du Palais de la Présidence de la République.
Depuis, l'UFC est entrée dans une crise interne avec deux courants de pensée au sein du bureau national dans lequel le leader peine à asseoir son autorité, face à un front constitué par le Secrétaire général (Fabre) et le vice-président Patrick Lawson qui parle de "victoire volée" et écarte toute entrée à ce gouvernement.
Expliquant sa nouvelle position, Gilchrist Olympio indique que le "long combat" qu'il avait mené pour l'avènement de la démocratie et de l'Etat de droit au Togo ainsi que pour le plein développement social et économique du peuple togolais "n'a malheureusement pas atteint les résultats escomptés".
Il a précisé que c'est à cet égard qu'est prise "pour la première fois", après de laborieuses discussions avec le RPT, la décision de proposer au peuple togolais "une voie nouvelle de sortie des crises fondée sur l'esprit de partage du pouvoir".
Les discussions avec le parti au pouvoir sont soldées par un accord suivant lequel l'UFC rentrera au gouvernement avec sept portefeuilles ministériels dont un ministère d'Etat, participera à la formation des cabinets ministériels, désignera les responsables pour les administrations centrales, les sociétés d'Etat, les préfectures, les mairies et les ambassades.
L'accord prévoit la finalisation, dans les six mois qui suivent la mise en place du nouveau gouvernement, des réformes institutionnelles et constitutionnelles prévues par l'Accord politique global (APG) signé le 20 août 2006 par les acteurs politiques pour ramener un apaisement dans le pays, après de graves violences qui avaient émaillée l'élection présidentielle d'avril 2005 faisant environ 500 morts selon un rapport des Nations Unies.
Pour garantir le "sérieux et l'efficacité" de l'accord UFC- RPT, un Comité de suivi a été mis en place et sera présidé personnellement par Gilchrist Olympio qui a lancé un appel solennel au peuple togolais pour le soutenir dans ce qu'il a appelé sa "nouvelle démarche politique".
Il a estimé que cette issue proposée permettra de réaliser la réconciliation nationale, de consolider la paix et le redressement social et économique du Togo.
Gilchrist Olympio est le fils du premier président du Togo, Sylvanus Olympio, assassiné le 13 janvier 1963, après trois ans de régime, dans un coup d'Etat perpétré par un groupe de soldats démobilisés.
Feu, le président Général Gnassingbé Eyadèma, père de Faure Gnassingbé, qui a eu un régime de 38 ans (1967-2005), a été pendant longtemps cité comme auteur de cet assassinat qui a toujours miné la vie socio-politique au Togo et fondé la politique de contestation menée par l'opposition togolaise que Gilchrist Olympio a incarnée jusqu'ici.

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Côte d'Ivoire - La démobilisation de l'ex-rébellion débutera le 15 juin

(Xinhuanet 28/05/2010)
Le chef d'état-major des Forces armées des forces nouvelles (FAFN, ex-rébellion) le général Soumaïla Bakayoko a révélé jeudi lors d'un point de presse à Bouaké (centre) que le regroupement et l'encasernement de leurs éléments retenus pour la nouvelle armée débutera le 15 juin.
Le général Bakayoko a par ailleurs indiqué que la démobilisation des autres ex-combattants non retenus pour l'armée débutera à la même date.
"Conformément au 4e Accord complémentaire à l'Accord politique de Ouagadougou les FAFN disposent d'un quota de 5.000 éléments aptes à intégrer dans la Nouvelle Armée nationale", a-t-il rappelé.
Le patron des Forces nouvelles a ainsi précisé que les ex- combattants des FAFN seront regroupés dans les camps militaires de Bouaké, Korhogo (nord), Man (ouest) et Séguéla (nord-ouest).
Le regroupement et la démobilisation constituent des étapes préliminaires du désarmement selon les recommandations de l'accord politique de Ouagadougou signé entre les protagonistes de la crise ivoirienne.
Lors de l'opération, les éléments démobilisés sur le site de regroupement déposent leurs armes s'ils en possèdent. Les armes fonctionnelles sont placées dans les rateliers dans les magasins d'armes.
Quant aux non fonctionnelles, elles sont récupérées par les Forces impartiales (les casques bleus de l'ONU et la force française Licorne) en vue de leur destruction.
La Côte d'Ivoire se trouve dans un processus de sortie de crise après le conflit militaro politique qui a éclaté en 2002 entre l'ex rébellion et l'armée gouvernementale.
L'élection présidentielle censée garantir le retour définitif de la paix dans le pays a été reportée au moins six fois.
Le paysage politique ivoirienne a connu ces dernières semaines un tumulte, avec notamment le camp présidentiel qui faisait du désarmement des forces nouvelles un préalable à l'organisation de l'élection.
L'annonce de la date du 15 juin pour le début du processus de désarmement donne une lisibilité à la sortie de crise.
Toutefois, des observateurs se veulent prudents car des dates antérieures ont été rendues publics sans être respectées.
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Cameroun - Conflit à l’horizon?

(Afrik.com 28/05/2010)
L’Ong International Crisis Group s’inquiète de risques de violences
International Crisis Group vient de publier un rapport accablant sur la situation politique au Cameroun. Accroissement des inégalités, mauvaise gouvernance, abus de droits de l’homme, mise au pas de l’opposition pourraient constituer : selon l’Ong, le pays risque d’être secoué par des violences à l’approche des élections présidentielles de 2011.
Mauvaise gouvernance, érosion de l’espace démocratique, opposition minée par les dissensions, chômage et inégalités en hausse constante : à en croire un rapport de l’ONG International Crisis Group, publié mardi 25 mai, l’éventualité d’un conflit ouvert au Cameroun n’est pas à écarter. Intitulé « Cameroun : Etat fragile ? », ce document de 45 pages, dont les auteurs disent s’être appuyés sur des analyses de terrain, affirme que sous la stabilité apparente du Cameroun couvent des tensions qui pourraient se faire jour à l’approche des élections présidentielles de 2011 : « Un changement de président est l’évènement le plus susceptible de provoquer l’étincelle. Le risque est particulièrement important, puisqu’après n’avoir connu que deux présidents en cinquante ans, beaucoup ont le sentiment que le prochain titulaire restera longtemps au pouvoir. Les enjeux pourraient difficilement être plus grands. »
Selon cette étude, les facteurs potentiels d’explosion au Cameroun trouvent leurs racines dans l’histoire récente du pays. Le rapport cite l’exemple de l’épisode de la violente répression qui a suivi la tentative coup d’Etat manquée contre le président Paul Biya en 1984, et dont ont été accusés les partisans de son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. « Elle est violemment réprimée, et n’est suivie d’aucun processus de réconciliation, et le traumatisme de cette époque demeure une source d’amertume parmi beaucoup d’habitants du Nord, la région d’origine d’Ahirdjo », regrettent les auteurs.
Désirs de vengeance
En fait, le pays présente depuis les années 1950 un schéma de blocages suivis de crises. La plus récente remonte à février 2008 quand des émeutes éclatent à Yaoundé, Douala, Bamenda et dans d’autres grandes villes pour protester contre le projet du président Biya d’amender la constitution pour abolir la limitation des mandats présidentiels, ainsi que la montée des prix des denrées alimentaires et de l’essence. Cette situation qui « témoigne d’une rigidité dans les relations entre l’Etat et la population (…) laisse présager des difficultés à surmonter les futurs défis », peut-on encore lire sur le document.
Le rapport s’inquiète en outre de la situation des droits de l’homme dans le pays, pointant des abus fréquents commis par les forces de sécurité sous couvert de lutte contre la criminalité. « Des abus sont souvent commis pour extorquer de l’argent à la victime ou à sa famille, et les membres des forces de sécurité jouissent d’une grande impunité. Dans un tel contexte, les rancoeurs persistantes (…), les expériences de torture et les désirs de vengeance risquent de devenir de nouveaux facteurs de conflit à l’avenir ».
Le rapport de Crisis Group indique par ailleurs que depuis les années 1970, les emplois stables se sont considérablement réduits, tandis que le nombre de personnes très riches a augmenté : « Ce fossé grandissant entre les classes sociales et la perception que la richesse et le succès ne dépendent plus du talent ou du travail mais plutôt de la chance et des connexions politiques ont un impact très négatif sur le tissu social ».
Le nécessaire changement
L’Ong dresse un portait sombre de la situation générale au Cameroun. Selon elle, le projet de construction de la nation part en lambeaux, et l’opposition, faible, morcelée, systématiquement qualifiée par le pouvoir de subversive et illégitime, peine à canaliser la colère croissante de la population. Selon le rapport, même si le Cameroun peut faire face aux risques de tensions à court et moyen terme, la situation à plus long terme a de grandes chances de se détériorer. Pour éviter un tel scénario, le régime et les élites dirigeantes gagneraient à construire les fondements d’une réelle démocratie, et ne plus s’en tenir uniquement à ses aspects formels. « Sans ce changement de fond, le fossé entre les attentes de la population et le refus du régime d’opérer des changements pourrait s’avérer insoutenable, même pour la stabilité tant vantée », conclut le rapport.
Fondée en 1995 par un groupe de diplomates, l’International Crisis Group s’attache à prévenir et résoudre les conflits meurtriers dans le monde en procédant à des enquêtes et analyses de terrain assorties de recommandations à destination des décideurs. « Cameroun : Etat fragile ? » est le premier rapport que l’Ong réalise sur la situation de ce pays.

par Djamel Belayachi
jeudi 27 mai 2010
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Tchad - DEPART DE LA MINURCAT DU TCHAD: bon débarras pour Déby?

(Le Pays 28/05/2010)
La Minurcat, Mission des Nations unies en république centrafricaine et au Tchad, pliera bagages au plus tard le 31 décembre 2010. Ainsi en a décidé le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) à travers sa résolution 1923, et conformément à la volonté du gouvernement tchadien. Idriss Déby Itno, chef de l’Etat tchadien, a donc enfin obtenu ce qu’il a toujours réclamé à cor et à cri depuis le début de l’année. Des raisons supposées ou réelles ont été avancées par ce dernier pour prier les forces militaro-humanitaires onusiennes de débarrasser le plancher.
La plus récurrente est sans doute la suspicion d’espionnage que le sachem tchadien fait planer sur ces missionnaires dont l’utilité n’est pourtant plus à démontrer. Comme l’ a rappelé le directeur Afrique d’Amnesty international, Ervin van der Borght, ceux-ci ont toujours soutenu la sécurité et la protection des droits de l’homme en restant aux côtés des enfants, des femmes et des hommes vulnérables. Et ce n’est pas Idriss Déby, censé être le mieux renseigné des Tchadiens eu égard à son statut de président, qui convaincra le dernier de ses compatriotes qu’il ignore l’existence des milliers de réfugiés à l’Est du pays.
Le président Déby doit avoir de vraies raisons cachées de se débarrasser de la Minurcat, dont il qualifie à tort la mission d’échec. Outre le fait que ce dernier n’a jamais pardonné à cette force, dont il connaît pourtant la vocation neutre, de n’avoir pas soutenu son armée lors d’une des attaques des rebelles, le premier des Tchadiens semble être un adepte des apparences trompeuses. Peut-être se sent-il plus en sécurité à la faveur de ses amours officiellement retrouvées avec son voisin soudanais Omar El Béchir, au point de croire toute velléité offensive de la rébellion annihilée.
Le président tchadien est peut-être aussi à la recherche de symboles marquants, à l’instar de son homologue sénégalais, Abdoulaye Wade, qui a voulu joindre à l’image de la commémoration du cinquantenaire de la souveraineté de son pays, celle de la levée de la base militaire française, signe d’une véritable indépendance retrouvée. Le pouvoir de N’Djaména voit probablement aussi dans le départ de la mission onusienne, une façon de montrer aux éventuels investisseurs étrangers que son pays a retrouvé la stabilité nécessaire à des affaires fructueuses. Une indépendance d’ailleurs en trompe-l’oeil, d’autant que la présence française, elle, n’a jamais été remise en cause par Déby. Puisque les soldats français jouent parfaitement le rôle d’anges gardiens, pourquoi Déby s’encombrerait-il de forces onusiennes à cheval sur bien des principes ?
Que c’est bien malin, tout cela ! Mais ce à quoi il a sûrement moins réfléchi, c’est que nul analyste, investisseur ou institution n’est dupe au point de se contenter de symboles ou de bonnes intentions pour entreprendre une action. Certes, le chef de l’Etat du Tchad a pu entraîner son voisin centrafricain, François Bozizé, dans son acharnement contre la Minurcat. Mais ce dernier avait-il seulement d’autre choix que de soutenir la position de celui qui l’a toujours assisté sur le plan militaire ? C’est pourtant un truisme de dire que la Centrafrique a plus que jamais besoin d’une force d’interposition impartiale au regard de l’instabilité qui y règne.
Que les autorités tchadiennes soient capables d’assurer seules la sécurité de leurs concitoyens, c’est tout le mal qu’on peut leur souhaiter. Mais en voulant, par faux orgueil, travestir la triste réalité telle que vécue par des milliers de Tchadiens en vouant aux gémonies tous ceux qui ne cherchent qu’à leur venir en aide, Déby ne fait pas forcément le bon choix.

Honoré OUEDRAOGO © Copyright Le Pays

Mauritanie - Les secrets d'une "armée" très organisée

(Le Monde 28/05/2010)
Un rapport de la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN), daté du 24 janvier 2008, consigne les auditions des trois Mauritaniens condamnés, mardi 25 mai, à la peine de mort pour l'assassinat, en 2007, de quatre Français. Ces auditions, effectuées entre le 13 et le 21 janvier 2008, contiennent leurs aveux obtenus, selon leurs avocats, sous la torture.
Mais les procès-verbaux (PV) révèlent aussi des détails sur l'organisation d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), qui, eux, ne sont pas remis en cause.
Selon ces documents que Le Monde a pu consulter, les trois hommes avaient constitué une "cellule" terroriste financée par le vol et la revente, jusqu'au Sénégal et en Gambie, de véhicules 4 × 4 appartenant à des Occidentaux. "Il est à noter, relèvent les enquêteurs, que le vol de véhicules et de biens des Européens est légal du point de vue des oulémas de la mouvance salafiste."
Les trois hommes racontent comment, dans l'espoir d'intégrer les rangs d'AQMI et peut-être un jour de partir pour l'Irak ou l'Afghanistan, ils se sont entraînés dans des camps de l'organisation au nord du Mali.
"J'étais dans les camps jusqu'en juillet 2007 et j'évaluais le nombre des deux katibas réunies (unité de combattants créée pendant la guerre d'Algérie> à 170 éléments dont environ 40 Mauritaniens", affirme ainsi Mohamed Ould Chabarnou. Selon ce dernier, l'ordre de planifier une attaque contre des Occidentaux aurait été transmis par Moktar Belmokhtar, l'un des "émirs" algériens d'AQMI. Marié à plusieurs femmes touarègues, ce dernier règne sur le Sahel où il organise trafics et contrebande. Son groupe détient encore deux otages espagnols.
Mohamed Ould Chabarnou donne le numéro de téléphone d'Abou El-Walid, "homme de confiance de la katiba de Belmokhtar (...), un expert en explosifs". Une katiba, poursuit-il, "est à son tour divisée en seriya. La seriya varie entre deux et sept véhicules, selon la mission qu'elle doit remplir. Un commandant est désigné à l'occasion".
Le même précisera un peu plus tard son rôle : "J'étais porteur d'une mission de Belmokhtar à Dakar. Je devais y résider pour une durée indéterminée. L'objet de la mission était de repérer les emplacements des bases militaires françaises au Sénégal."
Sidi Ould Sidna, lui, estime à "50" le nombre de Mauritaniens croisés dans les camps et à une centaine d'hommes celui des katibas. Le jeune homme assure qu'il était question d'opérations-suicides contre des bâtiments abritant des Occidentaux, notamment des hôtels. Au policier qui l'interroge, il répond : "Je suis volontaire pour des opérations kamikazes (...) uniquement sur des cibles européennes ou américaines."

Isabelle Mandraud
27/05/2010 © Copyright Le Monde

Namibie - COMMERCE: la Namibie résiste aux intimidations de l’UE

(IPS 28/05/2010)
Les tensions entre l'Union européenne et l'Afrique ont de nouveau éclaté, avec la Namibie qui accuse les autorités de Bruxelles de recourir à des tactiques d'intimidation dans les négociations commerciales.
Dans un discours ferme adressé à l’Assemblée nationale namibienne le 19 mai, le ministre du Commerce du pays, Hage Geingob, a annoncé que les Accords de partenariat économique (APE) vont probablement causer la désintégration de l’Union douanière de l’Afrique australe (SACU). Marquant son 100ème anniversaire cette année, la SACU est le plus ancien bloc commercial du genre au monde.
Les analystes estiment qu’une composante essentielle de toute union douanière est qu’elle applique des taxes ou tarifs communs sur les articles commercialisés avec le reste du monde. Mais, maintenir cette approche ne serait plus possible car cinq pays membres de la SACU ont conclu deux accords différents avec l’UE.
En 2009, le Botswana, le Lesotho et le Swaziland ont tous conclu un APE couvrant le commerce d’articles avec l’Europe. L’Afrique du Sud et la Namibie ont, quant à eux, refusé de signer le même accord, le considérant comme nuisible à leurs intérêts.
Bien que Geingob ait reconnu l’existence de "graves tensions" au sein de la SACU, il a déclaré que les gouvernements membres se sont résolus à faire ce qu’ils peuvent pour travailler ensemble. En début de cette année, tous les cinq ont demandé à rencontrer Karel de Gucht, le commissaire européen du Commerce pour examiner les garanties pouvant être offertes pour maintenir la SACU en place. Mais Geingob a exprimé sa "consternation" sur le fait que la requête a été "rejetée avec fermeté et condescendance" par de Gucht.
Geingob a soutenu qu’on aurait tort de céder à la pression européenne et d’accepter l’Accord de partenariat économique proposé par Bruxelles. Cet accord, a-t-il insinué, obligerait la Namibie à abandonner des stratégies qu’elle considère comme étant indispensables à son développement économique.
Par exemple, les Namibiens appliquent des taxes à l’exportation pour certaines matières premières afin d’encourager leur transformation au niveau national, fournissant ainsi des emplois; pourtant, l’UE insiste sur le fait que ces taxes devraient être abandonnées. En ouvrant davantage ses marchés aux exportations européennes, la Namibie serait aussi incapable de permettre à ses secteurs agricole et industriel intérieurs de se développer sans les pressions de la concurrence extérieure.
La conséquence, selon Geingob, serait que la Namibie devrait sacrifier des emplois dans la transformation agricole et alimentaire aussi bien que dans les politiques visant à assurer à sa population un approvisionnement disponible en aliments.
"Nous devrions peut-être faire nos adieux à nos industries de pâtes alimentaires et de produits laitiers", a-t-il déclaré. "Nous devrions en outre abandonner toutes les formes de restrictions sur les importations et les exportations si nous signons. Ceci mettra en danger l’ensemble de nos réalisations passées dans l’horticulture et la production de céréales, puisque vous savez que nous avons été beaucoup dépendants de l’importation d’aliments par le passé. Nos progrès vers la sécurité alimentaire et le développement rural ont été faits par la création de marchés sûrs pour nos producteurs, en limitant les importations en fruits, légumes et céréales."
Geingob a conclu son discours en faisant appel à "nos amis en Europe" pour qu’ils travaillent à la résolution des problèmes qu’il y a. "N’utilisons pas des pratiques d’intimidation ou la vieille arrogance coloniale", a-t-il ajouté.
La Commission européenne n’accepterait pas les critiques de Geingob. John Clancy, son porte-parole en Commerce, a déclaré que l’institution attache une grande importance à la collaboration avec tous les pays partenaires africains pour faire en sorte que les Accords de partenariat économique soient le moteur de développement économique et social pour le continent et tout son peuple.
"Chaque pays doit, bien sûr, décider pour lui-même du chemin qu’il juge le mieux à suivre mais nous croyons fermement que la Namibie gagnera à être un partenaire des APE", a déclaré Clancy à IPS.
Néanmoins, les remarques de Geingob reprennent celles faites par d’autres personnalités politiques en Afrique.
Le mois passé, le président sud-africain Jacob Zuma a soutenu que les attitudes de l’Europe dans les négociations des APE signifiaient que l’avenir de la SACU était "indubitablement en cause". Zuma a montré en quoi le règlement de base de la SACU contient – grâce à un amendement de 2002 – l’obligation que les accords commerciaux soient négociés collectivement pour le compte de tous les membres.
Qualifiant cette disposition de "principe fondamental pour notre existence", Zuma exhorte la SACU à examiner "comment éliminer les vestiges des systèmes coloniaux de domination et de dépendance".
Seulement 10 des 47 pays africains ont signé à ce jour les APE. Une étude récente de ‘South Centre’, un institut de recherche à Genève représentant les pays en développement, a fait observer que la plupart des gouvernements font traîner les négociations, ou hésitent à entrer en échanges commerciaux parce qu’ils considèrent certaines exigences principales de l’UE comme "toxiques". Les efforts de l’Union d’éliminer 80 pourcent des tarifs que l’Afrique perçoit sur les importations constituent une inquiétude particulière.
Selon l’institut ‘South Centre’, l’Afrique a raison de se montrer prudente sur la suppression de ces taxes, étant donné son histoire récente. Dans les années 1980, plusieurs pays africains ont introduit des réductions rapides dans leurs tarifs, dans le cadre des programmes "d’ajustement structurel" qui leur sont imposés par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.
Parmi les conséquences de ces réductions, il y eu au Sénégal la suppression d’un tiers d’emplois dans l’industrie manufacturière. La situation du Sénégal est un des nombreux cas en Afrique, où les importations moins chères ont sérieusement porté atteinte aux industries locales, provoquant des chômages à grande échelle à travers le continent.

David Cronin © Copyright IPS