jeudi 30 juillet 2015

Retrouver le discours de Barack Obama au siège de l’Union africaine

Après le départ de Buhari du Cameroun, Paul Biya apprêterait le grand ménage

De nombreux faisceaux d’indices en provenance d’Etoudi inclinent à penser que le chef d’État peaufine la dernière mouture.
À la faveur de plusieurs décrets présidentiels signés depuis quelques jours, il se rapporte dans les couloirs du palais de l’Unité que ce train de mesures est un signe fort du renouvellement de la classe dirigeante que le chef de l’État s’apprêterait à opérer. Mardi 21 juillet, Paul Biya limogeait Mohaman Sani Tanimou de son poste de directeur général d’Elections Cameroon (Elecam), remplacé par Abdoulaye Babale. Bien que conservant son poste de président du Conseil électoral, Samuel Fonkam Azu’u se retrouve en sursis au sein de l’organe indépendant chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision de l’ensemble du processus électoral et référendaire au Cameroun. Le 28 juillet, c’était au tour du procureur général du Tribunal criminel spécial (Tcs) de passer à la trappe.
Tout porterait donc à croire que le président camerounais aurait plus que jamais les coudées franches à même de bouger les lignes. L’on soutient à cet effet que, dans ses dernières adresses à la nation, Paul Biya n’a cessé de décrier la léthargie qui gagne les différentes administrations camerounaises.
 Il est donc question aujourd’hui d’injecter un nouveau souffle à l’équipe gouvernementale, pour la rendre dynamique. Il se murmure avec insistance, que ce tsunami va intervenir après le départ de Muhammadu Buhari du Cameroun : d’aucuns parlent de cette semaine, d’autres la semaine prochaine, certains du mois prochain. Toujours est-il que le remaniement tant attendu pourrait tomber, à tout moment, tout dépendant de l’agenda secret du chef de l’exécutif camerounais. Il n’est pas exclu que Paul Biya fusionne certains départements ministériels, pour plus d’efficacité.
Entre temps, le président de la République pourra se rendre à Maroua, chef lieu de la région de l’Extrême nord, récemment visée par les attentats-suicides. Dans les semaines à venir, il est annoncé au pays de l’oncle Sam pour prendre part à l’Assemblée des nations unies. Mais auparavant, il recevra à Yaoundé, son homologue nigérien, Mohamadou Issoufou en visite de travail au Cameroun.
En outre, l’autre préoccupation quant au coup de tête présidentiel a trait aux congés dont bénéficient actuellement certains ministres. Il est possible que le chef d’Etat attende que la dernière vague de l’équipe Yang reprenne du service, au mois de septembre, pour trancher les têtes.
© La Météo : Yves Marc Kamdoum
camer.be

Côte d'Ivoire: RSF demande la libération d'un journaliste pro-Gbagbo

Abidjan - L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a demandé jeudi la libération du directeur de publication du quotidien ivoirien "Aujourd'hui", interpellé et incarcéré la veille à Abidjan pour "outrage au chef de l'Etat" Alassane Ouattara.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, RSF dit avoir appris "avec surprise et consternation le placement en détention préventive à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan" (Maca) de Joseph Titi Gnanhoua, dont le journal est proche de l'ex-président Laurent Gbagbo.
L'ONG demande "aux autorités ivoiriennes de respecter leurs propres lois et de libérer immédiatement Joseph Gnanhoua Titi", rappelant que "les délits de presse sont dépénalisés en Côte d'Ivoire" et qu'un "journaliste n'a donc pas à être jeté en prison quels que soient les propos de ses articles".
Le directeur de publication de "Aujourd'hui" doit être présenté vendredi à un juge, pour s'expliquer sur un article mettant en cause M. Ouattara et publié à la "Une" du quotidien le 21 juillet.
M. Ouattara est le grand favori de l'élection présidentielle d'octobre, un scrutin crucial pour la stabilisation du pays.
Les médias ivoiriens, dont une partie est très politisée, ont parfois contribué à faire monter la tension dans le pays, durant la longue décennie de tourmente qui a culminé avec la crise postélectorale de 2010-2011.
Née du refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire de M. Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, cette crise a fait plus de 3.000 morts.

lexpansion.lexpress.fr

Bemba. La chute finale du «petit Mobutu»


Il faut l’avoir vu, Jean-Pierre Bemba, ce 27 juillet 2006, lorsqu’il a tenu pendant quelques heures Kinshasa dans le creux de sa main. Revenant de tournée électorale dans le vaste Congo, «Jean-Pierre» avait débarqué tel un gladiateur romain à l’aéroport de Ndjili. Puis, à bord d’un 4 x 4 entouré d’impressionnants gardes du corps, tous d’anciens miliciens dévoués à sa personne, il est descendu vers la ville au pas. Une marche de trois heures pour mieux savourer son triomphe. Chaque mètre, des petits groupes de badauds venaient grossir le fleuve de supporteurs : les shegue («enfants des rues»), les mamans de marchés, les ambianceurs, entre 500 000 et un million de Kinois accompagnant, dans un climat survolté, le leader fondateur du Mouvement de libération du Congo (MLC), au stade Tata-Raphaël, pour son dernier meeting de campagne avant la première élection présidentielle libre de l’histoire de la république démocratique du Congo (RDC).

Se souviendra-t-il, Jean-Pierre Bemba, de la chaleur et du bruit et de toute cette transe, à l’heure de s’asseoir, derrière une vitre blindée, dans la salle neutre et froide du tribunal de la Cour pénale internationale (CPI) où il doit être jugé dès ce matin pour «crimes contre l’humanité et crimes de guerre» ? Quatre ans seulement ont passé, mais quelle déchéance ! L’avenir politique de cet homme qui vient de fêter en détention ses 48 ans va se jouer dans la banlieue grise de La Haye durant les prochaines semaines. A l’heure de s’expliquer, osera-t-il brandir une canne pour mieux ressembler à son père spirituel, son modèle, Sese Seko Mobutu le roi du Zaïre, dont il se voit l’héritier ? Saura-t-il faire rire les juges, et les faire pleurer, comme il avait tenu sous son charme l’indomptable petit peuple kinois, le 27 juillet 2006 ?

L’«ENFANT DU PAYS» DEVIENT LE GENDRE DU DICTATEUR

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Car ce jour-là, Jean-Pierre Bemba s’était réincarné sous les yeux de la foule ébahie. Costume «abacost», sans col ni cravate, et canne à la main, il était devenu Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, le «léopard de Kinshasa». Même gestuelle, mêmes yeux, même taille, tout est gargantuesque chez ces deux-là. Et le même plaisir prométhéen de jouer avec les humeurs de la foule comme s’il s’agissait des grandes orgues de Notre-Dame.
Avec Jean-Pierre Bemba, c’est comme si la RDC était redevenue le Zaïre, ce pays insouciant où la richesse coulait à flots, même si peu en profitaient. Sa capitale faisait danser l’Afrique et pleurer la Belgique de nostalgie. Le pays de la flambe et de la démesure, de la peur et de l’horreur, mais les Kinois oublient si vite. Il faut dire que depuis la chute de Sese Seko Mobutu, en mai 1997, après trente-deux ans de pouvoir, le pays est allé de Charybde en Scylla : guerres, occupations étrangères, massacres de masse, pillages. Jean-Pierre Bemba, chef de guerre, homme d’affaires, politicien, est le fils de cette histoire tourmentée, il est aussi «l’enfant du pays» (mwana mboko), comme il aime à se présenter sur ces affiches électorales, pour mieux renvoyer son rival Joseph Kabila à ses origines étrangères présumées.
Jean-Pierre Bemba contre Joseph Kabila : ce sont les fils qui continuent de régler les comptes de leur père sur le dos de la RDC. Joseph est l’aîné de Laurent-Désiré Kabila, le tombeur de Sese Seko Mobutu. Jean-Pierre, lui, est le fils de Jeannot Bemba Saolona, un métis de Portugais qui a été l’un des hommes d’affaires les plus riches sous Sese Seko Mobutu. Originaire, comme Mobutu, de la province de l’Equateur, dans le nord-ouest du pays, Jeannot a démarré comme simple commerçant pour finir par contrôler, grâce à la bienveillance de son parrain à la toque léopard, un conglomérat géant, la Société commerciale et industrielle Bemba (Scibe), présente dans l’import-export, le transport aérien, les mines.
Son fils Jean-Pierre, envoyé très jeune en Belgique pour étudier, comme tous les enfants de la nomenklatura, ne rentre au Zaïre que pour les vacances. Pendant que son père occupe le poste de patron des patrons au pays, il se prépare à la succession en étudiant à l’Institut catholique des hautes études économiques de Bruxelles. C’est là qu’il rencontre Olivier Kamitatu, un autre fils à papa, brillant étudiant et futur compagnon de maquis.
A son retour au pays, à la fin des années 80, Jean-Pierre Bemba se lance dans les affaires à son tour, fonde une chaîne de télévision privée et investit dans la téléphonie mobile, testée au Zaïre avec plusieurs années d’avance sur l’Europe. La sœur de Jean-Pierre épouse un fils Mobutu, Nzanga, et lui-même se marie avec Lilya, une fille du dictateur. Durant la fin lamentable du règne de Sese Seko Mobutu, Jean-Pierre Bemba est son homme de confiance.

JUILLET 1999, LE «CHAIRMAN» PREND L’ANCIEN PALAIS

Jean-Pierre Bemba, presidential candidate, enters a stadium in central Kinshasa flanked by his bodyguards, July 2006 2006 Guy Tillim born 1962 Purchased 2010 http://www.tate.org.uk/art/work/P79833
Jean-Pierre Bemba, presidential candidate, enters a stadium in central Kinshasa flanked by his bodyguards, July 2006 2006 Guy Tillim born 1962 Purchased 2010 http://www.tate.org.uk/art/work/P79833
Lorsque la rébellion de Laurent-Désiré Kabila s’empare de Kinshasa, en mai 1997, Jean-Pierre Bemba prend la fuite tandis que son père Jeannot reste. Le nouveau régime ne tarde pas à l’incarcérer et à missionner l’Office des biens mal acquis pour démanteler son empire. Jean-Pierre Bemba, lui, gère les (beaux) restes entre Faro, au Portugal, et Bruxelles. Lorsqu’à l’été 1998, Laurent-Désiré Kabila se brouille avec ses parrains rwandais et ougandais, Jean-Pierre Bemba se précipite à Kampala pour proposer ses services. Le président ougandais, Yoweri Museveni, décide de financer et d’armer sa milice, le MLC. Il recrute dans son fief de l’Equateur et aussi parmi les anciennes Forces armées zaïroises de Mobutu (FAZ), dissoutes l’année précédente. Les mauvaises langues ironisent sur les uniformes qui le boudinent, sur sa transformation expresse en stratège militaire et sur ses longs mois d’ennuis dans la jungle où il se fait envoyer un 4 x 4 climatisé et des jeux vidéo pour sa PlayStation. Mais en juillet 1999, il s’empare de Gbadolite, le village où est né Mobutu, et s’installe dans l’ancien palais saccagé. Le symbole est énorme. Lui, rêve de marcher sur Kinshasa.
Jean-Pierre Bemba est devenu le prototype de l’entrepreneur politico-militaire, un chef de guerre adossé à une base tribale, doublé d’un businessman, qui fonde un mouvement politique pour défendre ses intérêts. Ne se fait-il pas appeler le «chairman» ? Il n’a rien inventé : le Libérien Charles Taylor a popularisé ce modèle en Afrique au tout début des années 90. Il est aujourd’hui jugé lui aussi à La Haye, mais par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, pour les atrocités commises dans ce pays. Tout comme Charles Taylor se payait en diamants, Jean-Pierre Bemba exploite illégalement les richesses de l’Equateur et de l’Ituri, au nord-est du pays, qu’il contrôle avec l’armée ougandaise : or, café, bois précieux, diamants… Mais il a besoin de la République centrafricaine voisine pour exporter la marchandise et importer de l’essence et des armes. C’est de là que décollent ses cinq avions personnels, pour de mystérieux allers-retours en Libye, où le colonel Kadhafi l’a pris sous son aile.

L’ANNÉE 2003 : LA TERREUR ET LES VIOLS

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Allié au président centrafricain de l’époque Ange-Félix Patassé, Jean-Pierre Bemba ne se fait donc pas prier pour venir à sa rescousse lorsque celui-ci est menacé par une première tentative de coup d’Etat en mai 2001. Il envoie ses hommes de l’autre côté du fleuve Oubangui repousser les mutins. En octobre 2002, rebelote, cette fois-ci face à la menace posée par le chef d’état-major François Bozizé. Les miliciens du MLC s’installent pour de bon à Bangui, où ils se livrent, jusqu’en mars 2003 à une campagne de terreur, violant, tuant et torturant les civils soupçonnés d’être proches des rebelles. Jean-Pierre Bemba, qui reste au Congo, est en liaison régulière avec Ange-Félix Patassé. En mars 2003, Patassé est renversé et les hommes du MLC refluent au Congo, laissant plus de 500 morts derrière eux. Ce sont ces atrocités commises en République centrafricaine, détaillées dans un long rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), qui lui valent aujourd’hui son procès devant le Tribunal pénal international (TPI) qui a vu le jour en 2000 aux Pays-Bas.
Lorsque le nouveau pouvoir centrafricain saisit la CPI en 2004, Jean-Pierre Bemba se croit à l’abri. C’est qu’entre-temps, un processus de paix a été finalisé en RDC. Jean-Pierre Bemba s’est vu offrir un des quatre postes de vice-présidents entourant le jeune président Joseph Kabila qui a succédé à son père assassiné en 2001. Une autre affaire l’embête beaucoup plus. C’est le scandale des Pygmées. En décembre 2002 et janvier 2003, au moment où les accords sur la transition en RDC étaient finalisés en Afrique du Sud, les combats font rage en Ituri. La soldatesque du MLC s’illustre une nouvelle fois par sa brutalité. A tel point que le Conseil de sécurité de l’ONU l’interpelle sur ces exactions, dont un épisode scabreux a horrifié le monde : les troupes de Jean-Pierre Bemba n’auraient pas seulement violé et massacré des civils, elles se seraient livrées à des actes de cannibalisme sur des tribus pygmées, allant jusqu’à rôtir des humains à la broche. L’étoile et la réputation de Jean-Pierre Bemba ont beaucoup pâti de cette accusation qu’il nie avec force, allant jusqu’à organiser, en 2004 à l’hôtel Intercontinental de Kinshasa, une conférence de presse avec des chefs pygmées pour prouver qu’ils étaient bien vivants. Au final, l’épisode n’est pas avéré mais l’accusation reste.

MAI 2008, L’ARRESTATION DANS SA VILLA BELGE

CPI Bemba
Pendant la campagne électorale de 2006, les partisans de Joseph Kabila ressortent cet épisode, mettant en rage ceux de Jean-Pierre Bemba, qui soulignent en représailles la «congolité» douteuse de Joseph Kabila. Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba se détestent. Le premier est aussi réservé que le second est extraverti. L’eau et le feu. Entre les deux tours de la présidentielle, les deux camps s’affrontent à l’arme lourde dans Kinshasa. Lorsque Joseph Kabila l’emporte haut la main (58% contre 42%) au second tour, en octobre 2006, la rancœur et la méfiance culminent. Les miliciens du MLC refusent de désarmer. Jean-Pierre Bemba, redevenu simple sénateur mais chef de l’opposition en puissance, est menacé d’être arrêté. Il quitte le pays en avril 2007 pour l’Europe.
Pendant ce temps, l’enquête suit son cours à la CPI, dans le plus grand secret. Le 24 mai 2008, des policiers belges sonnent à la porte de sa villa de Rhode-Saint- Genèse, près de Bruxelles. La CPI, qui le soupçonne de vouloir lui échapper, a émis un mandat d’arrêt. Le 3 juillet suivant, il est transféré à la prison VIP de Scheveningen, aux Pays-Bas. Il y jouit de conditions de détention plutôt confortables et se comporte en détenu exemplaire. En dehors des comparutions à la CPI, durant lesquelles il est resté de marbre, Jean-Pierre Bemba n’a pu sortir qu’une fois, pour assister à l’enterrement de son père à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, le 8 juillet 2009.
Ses avocats ont lutté pied à pied pour lui éviter un procès. Selon eux, il relève d’une machination destinée à l’écarter de la course au pouvoir à Kinshasa, où doit se tenir une élection présidentielle l’année prochaine. Pour eux, leur client n’a fait que se porter au secours d’un pouvoir démocratiquement élu. D’ailleurs, font-ils remarquer, pourquoi seul Jean-Pierre Bemba est jugé et pas le président centrafricain Ange-Félix Patassé, qui dirigeait les opérations de répression ? Le procureur de la CPI a reconnu qu’il n’avait pas assez de«preuves» pour le poursuivre. Ce dernier a aussi subi un sérieux camouflet, lorsque les juges de la CPI ont requalifié les poursuites et supprimé trois chefs d’accusation sur huit : Jean-Pierre Bemba ne sera pas jugé comme«auteur» ou «donneur d’ordre» des crimes commis par ses troupes à Bangui mais seulement comme «supérieur hiérarchique». Il est néanmoins la plus importante personnalité jugée à ce jour par la CPI. S’il est coupable, il risque de passer encore quelques années en prison.
direct.cd

Rwanda: Le Parti vert tente de contrer le 3e mandat de Paul Kagame

La Cour suprême du Rwanda a repoussé au 9 septembre prochain l’examen de la requête du Parti démocratique vert du Rwanda, qui remet en cause devant la justice le processus de changement constitutionnel ouvrant la voie à un troisième mandat de Paul Kagame à la tête du pays. Mais avant de juger sur le fond, la Cour suprême doit dire si elle est, ou non, compétente pour statuer.
Le Parti démocratique vert du Rwanda (Democratic Green Party of Rwanda, DGPR) devra attendre le 9 septembre prochain pour savoir si sa requête contre le troisième mandat de Paul Kagame sera examinée par la Cour suprême. Mercredi, la plus haute juridiction rwandaise a annoncé qu’elle devait d’abord s’assurer d’être compétente pour statuer sur cette question. C’est un nouveau délai dans le combat du DGPR.
Le petit parti d’opposition, créé en 2009 par des transfuges du Front patriotique rwandais (FPR) et finalement reconnu en 2013, avait déposé une requête devant la Cour suprême le 3 juin dernier, tandis que des pétitions en faveur d’un troisième mandat du président circulaient dans tout le pays. Le DGPR demande à la justice rwandaise d’interdire au Parlement de modifier l’article 101 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.
Le Parti vert démocratique affiche sa confiance
Une fois la requête déposée, il a fallu au DGPR convaincre un avocat d’accepter de la défendre. Mais après avoir essuyé cinq refus d’avocats, selon les dires des représentants du parti, et après un premier report d’audience, tout semblait enfin prêt, mercredi.
Mais les défenseurs du chef de l’Etat ont remporté la partie en repoussant les débats au 9 septembre prochain. « La Cour [suprême] a pris du temps pour rendre sa décision, parce que les avocats de l’Etat ont expliqué que notre requête ne devait pas être jugée par la Cour suprême, qui serait incompétente pour ce type d’affaires. Mais nous avons, de notre côté, exposé tous les articles de loi qui nous permettent de porter cette requête », affirme Frank Habineza, président du DGPR, qui se dit déçu, mais confiant. « Nous avons la preuve que des membres du gouvernement sont à l’origine de la campagne en faveur du changement de Constitution, affirme-t-il. Donc nous avons encore beaucoup d’espoir que notre requête soit utile, et qu’elle change le cours des choses, si la Cour suprême statue en notre faveur. Nous sommes peut-être peu, mais nous avons des preuves, et nous avons raison. »
Les avocats de l’Etat ont affirmé que le gouvernement n’avait commis aucun acte anti constitutionnel. Nous avons démontré que cette campagne en faveur du changement de Constitution ne vient pas de la population mais de certaines personnes au sein du gouvernement.
Frank Habineza Président du DGPR 30/07/2015 écouter
Le parti vert est la seule formation politique à s’opposer au projet de réforme de la Constitution. Un projet déjà très avancé : les parlementaires rwandais ont entamé la semaine dernière des consultations populaires dans le but de rédiger la réforme qui permettrait à Paul Kagame de briguer un troisième mandat.

rfi.fr

Burundi: un opposant élu à l'Assemblée

Le principal opposant burundais, Agathon Rwasa, a été élu aujourd'hui premier vice-président de l'Assemblée nationale, malgré son opposition aux récentes élections controversées qui ont reconduit le président sortant Pierre Nkurunziza au pouvoir au Burundi, a constaté un journaliste. Au milieu d'une crise politique sans précédent depuis la fin de la guerre civile (1993-2006), déclenchée par la candidature controversée du président Nkurunziza à un troisième mandat, Agathon Rwasa a été élu avec 108 voix sur 112, dont le soutien du CNDD-FDD, le parti présidentiel.

L'ensemble des opposants, dont Agathon Rwasa, avait dit boycotter les élections législatives et communales du 29 juin et la présidentielle du 21 juillet, mais la Commission électorale (Céni) avait maintenu leurs candidatures. Agathon Rwasa avait expliqué lundi dernier qu'il voulait «jouer le jeu» pour aider à sortir son pays de la crise - un choix qui crée des remous dans l'opposition.«On doit se rendre à l'évidence, le forcing de Nkurunziza a bien réussi,» avait-il dit lundi, en demandant: «Faut-il abandonner à leur sort tous ces gens qui ont voté pour nous, quand bien même les résultats publiés ne sont pas si réalistes que ça?»

La candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat a plongé depuis fin avril le Burundi dans une grave crise émaillée de violences ayant fait plus de 100 morts. L'opposition juge ce troisième mandat anticonstitutionnel et contraire à l'accord de paix d'Arusha, qui avait permis de mettre fin à la guerre civile.

 lefigaro.fr

Le vice-président chinois rencontre le ministre des AE de la RDC

EIJING, 30 juillet (Xinhua) -- Le vice-président chinois, Li Yuanchao, a rencontré mercredi le ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC), Raymond Tshibanda.
M. Li a indiqué que les relations entre la Chine et la RDC avaient connu un développement sain et que les deux pays se soutenaient mutuellement dans les questions majeures concernant leurs intérêts fondamentaux et préoccupations majeures.
M. Li a expliqué que la Chine attachait une grande importance à ses relations avec la RDC et était prête à élargir la coopération gagnant-gagnant afin de promouvoir les relations bilatérales à un nouvel échelon.
Qualifiant la RDC et la Chine de pays frères et amis, M. Tshibanda a salué la Chine pour l'aide sincère qu'elle a apportée à son pays, exprimant sa volonté de renforcer la coopération mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant dans davantage de domaines.

french.xinhuanet.com

le shilling ougandais plus consommé que le franc congolais à Beni

Le shilling ougandais est la principale monnaie de change dans plusieurs localités du territoire de Beni, au Nord-Kivu. Pour donner plus de place au franc congolais, une pétition signée par près de 3000 personnes a été adressée à l’administrateur du territoire. Le but : lui demander de trouver des stratégies pour faciliter la consommation du franc congolais.
Jaribu Muliwavyo, député provincial élu à Beni, estime que les services de l’Etat ne contribuent pas à faire circuler le franc congolais dans sa juridiction.
Il y a deux ans, le gouverneur du Nourd-Kivu, Julien Paluku avait pris une décision règlementant l’utilisation du schelling. Depuis lors, aucune mesure concrète n’a été prise pour accompagner cette décision, se plaint Jaribu Muliwavyo.
Il est d’avis que l’autorité provinciale devrait par exemple obliger les grands entrepreneurs qui opèrent dans la région à acheter des biens en RDC qu’avec le franc congolais.
« Autre chose, les services de l’Etat. La DGM avec sa taxe illégale qu’on appelle « jeton », il faut payer 500 schillings. L’ANR pour chaque véhicule qui passe à la frontière, il faut payer 2000 schillings ; Ce sont des taxes illégales et donc quand les services de l’Etat et même les taxes provinciales on les fait payer en schilling, je crois que c’est tout à fait normal que la population ignore l’existence du franc congolais », explique le député.
Le gouverneur Julien Paluku de son côté confirme sa décision sur l’utilisation du schilling dans sa province et promet des « éclaircissements » le moment venu.
radiookapi.net

Sénégal: «le fondamentalisme est là», selon Abdou Aziz Kébé

Le président sénégalais Macky Sall organisait mardi et mercredi à Dakar une conférence internationale intitulée «Islam et paix, tolérance et solidarité». Le professeur de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar et spécialiste des religions Abdou Aziz Kébé participe à cet événement. Pour ce spécialiste des religions, le Sénégal pourrait ne pas rester longtemps épargné par le jihadisme.

« Les Sénégalais, dans leur grande majorité, peuvent penser que l'islam est une religion de paix. Il n'en demeure pas moins vrai que nous sommes dans une situation où la paix est menacée au nom de l'islam par des organisations, des personnes, qui sèment la mort et la désolation. »

rfi.fr

Human Rights Watch épingle la Guinée

L’ONG américaine a déploré les violences commises en Guinée par les forces de sécurité au cours de manifestations en avril et mai 2015.
Dans son dernier rapport intitulé : « Guinée : Excès et crimes commis par les forces de sécurité », l'ONG Human Right Watch a dévoilé les résultats de ses recherches de mai et de juin sur les violences politiques qui se sont déroulées en banlieue de Conakry.
L’organisation des droits de l’homme a mené des enquêtes dans six quartiers.
Elle a aussi visité et examiné les dossiers de sept cliniques et hôpitaux ayant soigné des blessés.
Des entretiens avec 111 Guinéens de différents groupes ethniques et partis politiques, victimes ou témoins des violences, ont été réalisés.
"Viol, racket et banditisme"
Selon les rapports des hôpitaux examinés par Human Rights Watch, au moins deux manifestants ont été tués et 146 personnes ont été blessées, dont 37 blessées par balle, pendant les violences à Conakry.
Selon les médecins ayant soigné ces blessés, la plupart des victimes sont des partisans de l'opposition.
À de nombreuses reprises, note l’ONG, des policiers et, dans une moindre mesure, des gendarmes ont fait usage d'une force excessive.
« Ils se sont également livrés à un comportement non professionnel, notamment à du vol, du racket et du banditisme», lit-on dans le rapport.
Human Rights Watch annonce avoir également documenté le viol d'une femme peule arrêtée par un groupe de gendarmes.
« Après avoir été embarquée de force dans leur véhicule le 14 avril, la victime âgée de 26 ans a été conduite les yeux bandés dans un bâtiment, a été déshabillée et violée par au moins deux hommes », selon le rapport.

bbc.com

Lutte contre Boko Haram: la mendicité interdite à N’Djamena

La mairie de N’Djamena a interdit la mendicité dans la capitale tchadienne pour prévenir le risque d’attentats, après les attaques-suicides de juin et juillet, a annoncé jeudi le maire de la ville sur la radio nationale.
Ali Haroun a annoncé l’interdiction de mendier dans la capitale lors d’une réunion avec des représentants du Conseil supérieur des affaires islamiques et des syndicats des personnes handicapées physiques et visuelles. Toujours pour des raisons sécuritaires, il a également expliqué que dorénavant, les bars devront fermer à 22 heures, sauf les samedi et veilles de jours fériés, où ils pourront rester ouverts jusqu’à minuit, selon la radio.
Les autorités tchadiennes ont considérablement renforcé les mesures de sécurité après les attentats-suicides à N’Djamena en juin (38 morts) et en juillet (15 morts, revendiqué par Boko Haram).

lesoir.be

mardi 28 juillet 2015

Obama tance les dirigeants africains qui s’accrochent au pouvoir

VIDEO Premier président américain à s’exprimer à la tribune de l’Union africaine (UA), Barack Obama a appelé le continent à éradiquer le « cancer de la corruption » et exhorté le monde à « changer de regard sur l’Afrique »

Mardi, à Addis Abeba, Barack Obama a été le premier président américain à s’exprimer à la tribune de l’Union africaine (UA). Il y a clôturé son séjour africain au Kenya , point d’orgue d’un séjour africain au Kenya - pays natal de son père -, et en Ethiopie.

« Personne ne devrait être président à vie » 

« Les progrès démocratiques en Afrique sont en danger quand des dirigeants refusent de quitter le pouvoir à l’issue de leur mandat », a lancé Barack Obama, rappelant arriver lui-même au terme de son dernier mandat car la Constitution américaine lui interdit de se représenter. « La loi est la loi, et personne n’est au-dessus, pas même les présidents, (...) personne ne devrait être président à vie », a-t-il poursuivi, se disant impatient de reprendre une vie normale à l’issue de sa présidence. « Je ne comprends pas pourquoi certains veulent rester si longtemps au pouvoir. Surtout quand ils ont beaucoup d’argent », a-t-il ironisé sous les applaudissements.
Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn était le seul dirigeant africain présent dans la salle portant le nom de l’icône de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela, où étaient réunis représentants des chefs d’Etat de l’UA, diplomates et délégués de la société civile. Le président américain a appelé l’UA à user de son « autorité » et d’une « voix forte » pour faire en sorte que les dirigeants africains « respectent les limitations du nombre de mandats et leurs Constitutions ».
Après le Burundi, où la conquête acharnée d’un troisième mandat par le président Pierre Nkurunziza le 21 juillet a plongé ce pays dans une crise meurtrière, plusieurs dirigeants africains en fin de mandat cherchent à lever les limitations constitutionnelles du nombre de mandats présidentiels, afin de se maintenir au pouvoir.

« Cancer de la corruption »

Barack Obama a également appelé les dirigeants africains à vaincre le « cancer de la corruption » et à adhérer aux principes démocratiques pour assurer le développement du continent. «  En Afrique, la corruption aspire des milliards de dollars des économies, de l’argent qui pourrait être utilisé pour créer des emplois, construire des hôpitaux et des écoles », a-t-il ajouté. « Seuls les Africains peuvent mettre fin à la corruption dans leurs pays ». « Les progrès de l’Afrique dépendront aussi de la démocratie », a-t-il poursuivi, déplorant que des droits garantis par les Constitutions africaines, tels que les libertés d’expression et de réunion, soient encore « refusés à de nombreux Africains ».
Barack Obama a rappelé que « la démocratie, ce n’est pas juste des élections. Quand les journalistes sont mis derrière les barreaux pour avoir fait leur travail, des militants sont menacés, (...) alors il y a une démocratie qui n’en a que le nom mais pas le contenu ».

« L’état de droit », un élément-clef de la lutte contre le « terrorisme »

Il a également rappelé que la « bonne gouvernance » et « l’état de droit » étaient des éléments-clés de la lutte contre le « terrorisme » et les groupes armés qui ensanglantent le continent. « Notre combat contre les groupes terroristes (...) ne sera jamais gagné si nous échouons à répondre aux revendications que les terroristes exploitent ».
Sans faire de promesse concrète, le président américain a assuré que Washington était au côté de l’Afrique dans le combat contre le « terrorisme ». Il a rappelé les succès accomplis en Somalie contre les islamistes shebab, en Afrique centrale contre la rébellion ougandaise de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), par des troupes africaines soutenues par les Etats-Unis, et a salué les pays du Bassin du lac Tchad qui combattent Boko Haram.
Lundi à Addis Abeba, il avait exclu d’envoyer à nouveau des soldats américains en Somalie, théâtre en 1993 d’un des pires fiascos de l’armée américaine, qui n’est depuis plus intervenue au sol en Afrique, à l’exception d’opérations spéciales ou clandestines et d’évacuations de ressortissants.

« Abandonner les vieux stéréotypes »

« Après un demi-siècle d’indépendances, il est plus que temps d’abandonner les vieux stéréotypes d’une Afrique enlisée pour toujours dans la pauvreté et les conflits », a également lancé Barack Obama.
Visant implicitement la Chine, il a également critiqué les pays dont les « relations économiques » se limitent «  à la construction d’infrastructures avec de la main-d’oeuvre étrangère ou l’extraction des ressources naturelles de l’Afrique ». Offert par Pékin, le bâtiment monumental de l’organisation panafricaine d’où il s’exprimait rappelle que la Chine a déjà pris plusieurs longueurs d’avance dans les investissements sur le continent. « De véritables partenariats doivent être une bonne affaire pour l’Afrique, il doivent créer des emplois et des possibilités pour les Africains », a lancé Barack Obama. « C’est le genre de partenariat qu’offre l’Amérique ».

lesechos.fr

lundi 27 juillet 2015

CONGO BRAZZAVILLE : L’opposition pourra-t-elle faire barrage à Sassou Nguesso ?

L’opposition pourra-t-elle faire barrage à Denis Sassou Nguesso ? Question à mille inconnues, tant les dictateurs, sous nos tropiques, excellent dans les ruses et les roueries politiques. En effet, en réaction au dialogue national initié par le président Sassou en vue d’un reférendum sur la modification de la Constitution, l’opposition a décidé d’organiser, hier 26 juillet 2015, un contre-dialogue dit alternatif pour dénoncer une « patrimonialisation du pouvoir » à Brazzaville. Selon le chef de file de l’opposition congolaise, Mathias Dzon, le passage à une nouvelle République, tel que le préconise le dialogue de Sibiti, implique inévitablement la démission du chef de l’Etat ; ce qui suppose l’élection d’un « nouveau président qui viendra proposer aux Congolais une nouvelle politique ».
En fait, à Brazzaville comme à Bujumbura, la volonté des princes régnants de s’accrocher ad vitam aeternam au pouvoir divise leur peuple, avec d’un côté les militants et inconditionnels du parti majoritaire, et de l’autre les démocrates qui ruent dans les brancards. Et à l’allure où vont les choses, il y a fort à parier que si rien n’est fait, le Congo Brazzaville (touchons du bois), à l’instar du Burundi, deviendra une nécropole à ciel ouvert. Car on ne le sait que trop bien , personne ne fera reculer le timonier Sassou qui, après 32 ans de règne, souhaite rebeloter, comme si, au Congo, il n’existe pas d’autres compétences en dehors de lui.
Et comme si le cimetière n’était pas plein de gens indispensables. C’est pourquoi, à l’image de l’ex-président burkinabè, il fait feu de tout bois pour modifier la Constitution afin non seulement de sauter le verrou de la limitation du nombre de mandats présidentiels, mais aussi et surtout revoir l’article 57 qui limite à 70 ans l’âge maximal de tout candidat à la magistrature suprême. C’est dire que si Sassou Nguesso venait à réussir son coup, c’en serait fini pour la démocratie dans les Grands lacs, une région déjà instable du fait de l’incurie de ses dirigeants.
La démocratie est un combat permanent
Du reste, hormis Denis Sassou Nguesso, Pierre Nkurunziza et Paul Kagamé qui ont tombé le masque, ils sont encore nombreux dans les starting-blocks, qui n’attendent que le moment venu pour aller au casse-pipe contre leurs Constitutions respectives. Il s’agit là, pour ne pas les nommer, de Paul Biya du Cameroun, de Joseph Kabila de la RDC, de Yoweri Museveni de l’Ouganda, etc. Le dernier exemple cité illustre, à lui seul, toute l’hypocrisie des Occidentaux et montre à quel point ceux-ci, au nom de leurs intérêts, sont prêts à fermer les yeux sur certaines dérives de nos dirigeants.
Car, faut-il le rappeler, si Museveni dirige d’une main de fer son pays depuis des décennies, c’est grâce au soutien des Américains. Il en est de même pour le Congo Brazzaville où le président François Hollande donne l’impression de faire dans le diplomatiquement correct, pour éviter de provoquer l’ire du maître de Brazzaville dont le pays regorge d’ énormes ressources naturelles qui suscitent la concupiscence des Occidentaux. C’est pourquoi il faudra bien qu’un jour, on intente un procès contre les puissances occidentales qui, en vérité, sont celles-là mêmes qui fabriquent et entretiennent les dictatures en Afrique. Et ce combat, les sociétés civiles africaines doivent se l’approprier pour que cessent enfin ces immixtions intéressées dans la gestion du pouvoir en Afrique. Certes, le chemin est encore long, mais comme le dit un adage, « tout voyage, même le plus long, commence toujours par un pas. » Le jeu en vaut donc la chandelle, étant donné que la quête de la démocratie est un combat permanent.
© lepays.bf : Boundi OUOBA
camer.be

Le Burkina Faso commémore l'anniversaire de l'écrasement du vol d'Air Algérie

OUAGADOUGOU, Burkina Faso ? Des proches se sont rassemblés au Burkina Faso, vendredi, pour rendre hommage aux personnes tuées il y a un an dans l'écrasement du vol d'Air Algérie, qui a fait 116 morts, dont 11 Canadiens.
À Ouagadougou, des proches ont tenu une vigile et ont prié ensemble près d'un endroit où sera construit un monument qui affichera le nom des victimes.
Le 24 juillet 2014, un avion affrété par Air Algérie est disparu des radars moins d'une heure après son décollage de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, à destination d'Alger. Les restes de l'avion ont finalement été retrouvés à environ 50 kilomètres de la frontière du Burkina Faso, près du village de Boulikessi au Mali.
Onze Canadiens — cinq citoyens et six résidents permanents — figurent parmi les victimes de l'écrasement du vol AH 5017. Tous habitaient au Québec ou s'apprêtaient à s'y installer. La catastrophe a notamment décimé une famille de Longueuil. Winmalo Somda, sa femme Angélique Kpoda et leurs deux enfants, Arielle et Nathanael, sont morts dans l'écrasement. Ils étaient tous citoyens canadiens.
Sandrine Tricot, une Française qui a perdu son mari dans la tragédie, a déclaré vendredi que les proches n'avaient toujours pas pu récupérer les restes non identifiés des victimes pour les enterrer au monument commémoratif. Elle a indiqué que les restes étaient enterrés à Bamako, au Mali.
L'écrasement a touché des familles de partout dans le monde. Les victimes étaient originaires de plusieurs pays, principalement de la France, du Burkina Faso, du Liban, de l'Algérie et du Canada.

985fm.ca

Guinée: l'UFDG investit Dalein Diallo candidat à la présidentielle

Celou Dalein Diallo a été investi candidat à la présidentielle par son parti l'UFDG, l'Union des forces démocratiques de Guinée. Arrivé deuxième de la présidentielle de 2010 remportée par Alpha Condé, il en sera à sa seconde candidature en octobre prochain. Entré dans l'opposition en 2007, Celou Dalein Diallo s'est imposé comme le chef de file de l'opposition.
Lorsqu'en 2007 Cellou Dalein Diallo prend les rênes de l'UFDG, le parti est une formation de deuxième plan. Trois ans plus tard, l'UFDG est devenu une force incontournable.
Cette mutation, le parti la doit en grande partie au natif de Labbé. A ses talents d'organisateur et de rassembleur. Cellou Dalein Diallo manque de peu de remporter la présidentielle de 2010. Il aurait pu ne jamais se remettre de cet échec, ni de la brouille avec son vice-président Bah Oury, brouille qui a duré un an et demi. Mais cet homme de dialogue réputé respectueux et poli sait rebondir.
Au sein du parti comme à l'extérieur, certains lui reprochent son manque de caractère, et des réactions trop timorées face aux manœuvres politiciennes de ses adversaires. Il rétorque qu'il ne conçoit pas l'arène politique comme un ring de boxe.
L'ancien Premier ministre de Lansana Conté a davantage le profil d'un commis de l'Etat que d'une bête politique. Cela n'exclut pas l'audace et les coups d'éclats comme cette alliance avec le parti de Dadis Camara conclue fin juin.
Cellou Dalein Diallo vient de prouver qu'il était parfaitement capable d'écarter toute considération morale pour arriver à ses fins. Si à 63 ans le candidat de l'UFDG n'est pas devenu un boxeur de la classe politique, en revanche, il démontre à ses adversaires qu'il possède un sens tactique peu commun.

rfi.fr

samedi 25 juillet 2015

Barack Obama attendu en Ethiopie sur fond de polémiques

C’est une première en Ethiopie. Pour la première fois, un président américain en exercice va se rendre à Addis Abeba pour rencontrer le premier ministre Hailemariam Desalegn et échanger avec les dirigeants de l’Union africaine. « C’est une visite historique, explique Getachew Reda, conseiller spécial du premier ministre éthiopien. C’est l’opportunité de renforcer nos relations aux multiples facettes. »
« L’Ethiopie est l’une des économies africaines qui enregistre la croissance la plus rapide, nous avons besoin d’investissements de qualité de la part de notre partenaire américain », ajoute-t-il. Lors de sa visite officielle à Addis Abeba, le commerce, les investissements, la paix et la sécurité seront au cœur des discussions. Mais Barack Obama et Hailemariam Desalegn, qui doivent se rencontrer lundi 27 juillet, devraient surtout parler de la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’est.
L’Ethiopie est un partenaire stratégique des Etats-Unis dans la « guerre contre le terrorisme ». Le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique en a fait son cheval de bataille : les troupes éthiopiennes sont engagées aux côtés de la Mission de l’Union africaine en Somalie pour combattre les insurgés islamistes shebab. L’Ethiopie fait également figure de pôle de stabilité dans une corne de l’Afrique minée par les conflits.

« Barack Obama et les précédentes administrations américaines se sont focalisés sur les questions sécuritaires au détriment des droits de l’homme dans leurs relations avec l’Ethiopie », regrette Leslie Lefkow, directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch (HRW).
« Compte tenu de la dégradation alarmante de la situation des droits de l’homme dans ce pays, le président américain devrait reconnaître que les deux volets sont interconnectés, estime-t-elle. Si Barack Obama souhaite une sécurité durable dans une Ethiopie pacifique et prospère, il devrait faire pression sur le gouvernement pour qu’il soit plus démocratique et respecte les droits de ses citoyens. »
Aux Etats-Unis, des membres de la diaspora éthiopienne se sont rassemblés devant la Maison Blanche le 3 juillet pour exprimer leur mécontentement quant à la visite du président Obama en Ethiopie : « Ne financez pas la dictature et les injustices ! », pouvait-on lire sur leurs pancartes. L’Ethiopie est souvent montrée du doigt pour le manque de pluralisme politique et les violations des droits de l’homme.

Les ONG dénoncent un climat « déplorable pour la liberté d’expression »

Lors des élections générales du 24 mai, la coalition au pouvoir, l’EPRDF (Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens) a raflé tous les sièges de la Chambre des représentants du peuple, reprenant à l’opposition le seul poste de parlementaire qu’elle détenait. Les partis d’opposition ont qualifié ces élections de « mascarade » où ils n’auraient été que des « alibis » pour prouver à la communauté internationale que l’Ethiopie est une démocratie.
Dans un rapport publié en 2014, HRW a condamné un « environnement déplorable pour la liberté d’expression » et la « répression systématique à l’encontre des médias indépendants » en Ethiopie. D’après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), plus d’une trentaine de journalistes éthiopiens auraient fui leur pays depuis juin 2014. L’Ethiopie est aussi l’un des deux pays qui incarcère le plus de journalistes avec l’Erythrée voisine.
La libération de quatre journalistes et de deux blogueurs éthiopiens du collectif Zone 9 les 8 et 9 juillet a créé la surprise. Cinq d’entre eux, accusés de terrorisme et emprisonnés en avril 2014, étaient dans l’attente de leur procès depuis plus d’un an. De nombreux internautes ont ironisé sur la décision inattendue d’abandonner les poursuites qui a précédé de deux semaines l’arrivée de Barack Obama.

Sur Twitter, certains utilisateurs ont parlé d’« offensive de charme » du gouvernement éthiopien, d’opportunisme politique et ont même créé le néologisme « Obamatafarianism » qu’ils ont défini comme un « mouvement religieux éthiopien qui souligne que les droits de l’homme ne sont accordés que lors de la visite d’un président américain. »
Actuellement, quatre membres de Zone 9 sont encore en prison. Selon le CPJ, 12 journalistes seraient encore derrière les barreaux dans des conditions de détention dégradantes. Dans une lettre ouverte, plus de cinquante organisations de défense des droits de l’homme ont exhorté mardi 14 juillet le président des Etats-Unis à rencontrer des membres de la société civile lors de sa visite au Kenya et en Ethiopie.
Barack Obama devrait clore son séjour éthiopien par un discours prononcé devant l’Union africaine (UA). « Les partenaires de l’Afrique ne peuvent ignorer une économie émergente comme l’Ethiopie, assure Jacob Enoh Eben, le porte-parole de la présidente de la Commission de l’UA Nkosazana Dlamini-Zuma. Certes, la démocratie doit progresser mais les défis à relever en matière de gouvernance ne doivent pas être un frein aux perspectives économiques qui existent entre une grande puissance comme les Etats-Unis et l’Ethiopie. »
En juillet 2009, lors de son premier voyage en Afrique subsaharienne, Barack Obama avait déclaré devant les membres du Parlement ghanéen que « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes ». Un message d’espoir et un appel du pied aux régimes africains pour qu’ils respectent les droits de l’homme et la démocratie.
« Si Barack Obama repart bredouille d’Addis Abeba, c’est-à-dire sans aucun engagement de réforme des lois répressives éthiopiennes telles que la loi relative à la lutte contre le terrorisme de 2009, ce sera une opportunité manquée de la part des Américains d’exercer une pression en faveur de solutions positives en matière des droits de l’homme », remarque Leslie Lefkow d’HRW.
lemonde.fr

Burundi: le principal opposant ne reconnaît pas la victoire de Nkurunziza

Le principal opposant burundais, Agathon Rwasa, a affirmé samedi à l’AFP ne pas reconnaître le résultat de la présidentielle qui a reconduit au pouvoir Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat controversé, et appelé à de nouvelles élections.
Entre-temps, l’opposant, arrivé deuxième du scrutin de mardi, n’exclut pas l’idée d’un gouvernement d’union nationale, à condition que ce gouvernement ait justement pour «mission principale de préparer des élections libres et démocratiques».
 
.lesoir.be

"L'Afrique est en marche", lance Obama en visite au Kenya

VIDEO Le président américain va s'entretenir cet après-midi avec Uhuru Kenyatta, son homologue kényan, de sujets économiques mais surtout de questions sécuritaires.

"L'Afrique est en marche", a affirmé samedi au Kenya le président américain Barack Obama, au premier jour d'une visite inédite dans le pays de son père, placée sous haute sécurité (voir la vidéo ci-dessous).
"Je voulais être ici, parce que l'Afrique est en marche, l'Afrique est l'une des régions du monde à la plus forte croissance", a-t-il lancé en ouverture d'un sommet mondial sur l'entrepreneuriat. "Les gens sortent de la pauvreté, les revenus sont en hausse, la classe moyenne croît et les jeunes gens comme vous exploitent les technologies pour changer la façon dont l'Afrique fait des affaires", a-t-il encore déclaré à son auditoire.
Une partie de la capitale du Kenya, visée ces dernières années par de spectaculaires attaques des islamistes somaliens shebab, a été bouclée pour la visite du président des Etats-Unis. L'ambassade américaine elle-même a estimé que la conférence à laquelle le président américain participait samedi matin pouvait être une "cible pour les terroristes".
Mais le président kényan Uhuru Kenyatta a estimé que l'organisation même de ce sommet sur l'entrepreneuriat montrait un tout autre visage de l'Afrique que celui habituellement dépeint dans les médias. "Ce discours sur le désespoir africain est faux, et, en fait, n'a jamais été vrai", a affirmé le chef de l'Etat kényan en ouvrant la conférence économique aux côtés de son homologue américain. "Faites savoir que l'Afrique est ouverte et prête pour les affaires" . Et que le Kenya est "un foyer de culture vivante", a-t-il ajouté en égratignant la chaîne américaine CNN qui a déclaré que le pays était "un foyer de terreur".
Les deux président ont ensuite présidé un dialogue bilatéral, en présence notamment du vice-président kényan William Ruto, poursuivi par la justice internationale pour crimes contre l'humanité. En ouverture du dialogue au palais présidentiel à Nairobi, Uhuru Kenyatta a évoqué les "nombreux défis auxquels nous sommes confrontés, en tête desquels la sécurité, que je pense nous pouvons surmonter si nous travaillons ensemble". "Aucun pays ne peut s'attaquer à ce problème seul, nous avons besoin de partenaires", a-t-il ajouté.
De son côté, Barack a défendu son programme "Power Africa" (*) qui vise à doubler l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne mais avance, selon les critiques, trop lentement. "Nous sommes sur la bonne voie" pour atteindre l'objectif de créer "une capacité de production d'énergie propre" de 30.000 MW, a-t-il déclaré à propos de cette initiative lancée en fanfare en 2013. Mais depuis, il a essuyé de nombreuses critiques, le programme n'ayant encore pas permis de produire de l'électricité. Selon lui, ce n'est pourtant qu'une question de temps. "Si vous voulez créer une centrale électrique aux Etats-Unis, ça ne prend pas seulement un an", s'est-il défendu. "Les transactions financières sont terminées, les projets ont déjà commencé et vous allez bientôt voir les résultats du travail qui a été fait", a-t-il ajouté.

Première visite

Barack Obama, né d'une mère américaine et d'un père kényan à Hawaï, est arrivé vendredi soir au Kenya, pour sa première visite dans le pays depuis son élection à la présidence des Etats-Unis en 2009 (voir encadré). "C'est formidable d'être de retour au Kenya", a-t-il encore déclaré samedi matin. "Je suis fier d'être le premier président américain à venir en visite au Kenya, et évidemment, cela a une valeur personnelle pour moi. Mon père venait du coin".
Au fil des semaines, à mesure que la visite approchait, la ferveur n'a cessé de monter au Kenya. Samedi encore, les principaux quotidiens consacraient leurs unes à M. Obama, né à Hawaï d'une mère américaine et d'un père kényan: "Kenya je suis là", "Le moment Obama", "Obama arrive"...
Obama au Kenya  : les raisons d'une visite longtemps différée
Barack Obama effectue samedi et dimanche une visite dans le pays de son père, la première depuis qu'il est à la Maison Blanche. Une visite longtemps différée à cause de l'inculpation du président Kenyatta devant la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans les violences post-électorales de fin 2007-début 2008 dans lesquelles plus de 1.000 personnes sont mortes et 600.000 autres déplacées. Les poursuites devant la CPI ont été abandonnées, faute de preuves. Mais le vice-président Ruto, qui était dans le camp opposé à celui de M. Kenyatta lors de la présidentielle de 2007, reste lui inculpé pour crimes contre l'humanité devant la CPI.
Ignorant les positions ouvertement homophobes de M.Ruto, Barack Obama a réclamé l'"égalité des droits" pour les homosexuels en Afrique, comparant l'homophobie à la discrimination raciale qu'ont connue les Etats-Unis, lors d'une visite inédite au Kenya, le pays de son père. "Quand vous commencez à traiter les gens différemment, parce qu'ils sont différents, vous vous engagez sur un terrain où la liberté s'érode", a-t-il lancé.
Le président américain va aussi aborder les questions sécuritaires. Dans ce domaine, les Etats-Unis sont un partenaire important du Kenya où les islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda. Avant son entretien avec Uhuru Kenyatta, Barack Obama s'est rendu au mémorial érigé en mémoire des victimes d'une attaque perpétrée dès 1998 par Al-Qaïda contre l'ambassade américaine de Nairobi. L'attentat avait fait 224 morts. "Nous avons de façon systématique réduit les territoires que les shebab contrôlent. Nous avons pu réduire leur emprise réelle en Somalie et avons affaibli ces réseaux opérant ici en Afrique de l'Est", a samedi déclaré le président américain. "Cela ne veut pas dire que le problème est résolu", a-t-il cependant reconnu
Les shebab ont mené une attaque sanglante contre un centre commercial de Nairobi en 2013 (67 morts) et attaqué une université du nord-est (Garissa, 148 morts en avril 2015).
 
lesechos.fr

RDC : l’élection de nouveaux gouverneurs fixée au 31 août, qui après Katumbi ?

Si 21 nouvelles provinces sont concernées par l'élection des gouverneurs fixée le 31 août, quatre scrutins attirent particulièrement l'attention : ceux qui concernent l'ex-Katanga, la région la plus riche de la RDC, dirigée jusqu'ici par Moïse Katumbi à qui l'on prête des ambitions présidentielles.
 Au total, 21 nouvelles provinces sont nées de la « réorganisation territoriale » en cours en RDC. Un processus de découpage décrié par certains partis d’opposition et par des ONG de la société civile mais qui devient petit à petit une réalité. Le pays est passé de 11 à 26 provinces et la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a publié, le 23 juillet, un calendrier des élections concernant ces nouvelles entités.

Les candidats au mandat de gouverneur sont appelés à déposer leur dossier du 24 au 28 juillet 2015, avant le lancement de la campagne électorale prévu du 27 au 28 août auprès des assemblées provinciales. Le vote pour l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs interviendra le 31 août. La Ceni s’engage à publier les résultats provisoires le même jour.
Qui pour succéder à Moïse Katumbi ?
Pour ces scrutins à venir en RDC, tous les regards sont tournés vers le Katanga : Moïse Katumbi, le dernier gouverneur (2007-2015), ne souhaite pas se représenter dans l’une ou l’autre de quatre nouvelles entités (Tanganyika et Haut-Lomani dans le Nord, Lualaba et Haut-Katanga dans le Sud) qui seront issues de l’ex-province la plus riche du pays. À Lubumbashi fin mars, cet homme d’affaires très populaire à qui l’on prête des ambitions présidentielles, a même confié à Jeune Afrique qu’il « ne [comptait] pas imposer un dauphin » pour sa succession.
« Les 10 ministres provinciaux qui ont travaillé avec lui ainsi que les 10 autres membres de son cabinet ont été formés pour prendre le relais et poursuivre l’effort de reconstruction qu’il a enclenché durant son mandat », assure aujourd’hui l’un des conseillers de Moïse Katumbi. Mais avec le bras de fer qui oppose ce dernier et Joseph Kabila, pas sûr que le président laisse les rênes des quatre nouvelles « provincettes » issues de l’ex-Katanga aux « héritiers de Katumbi ».
Politiciens, élus que vous êtes, n’ayez peur de personne !
« Le président de la République cherche déjà à faire parachuter des hommes qui lui seront fidèles dans les quatre nouvelles provinces », dénonce un cadre de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec, parti de la majorité au pouvoir, fer de lance des « frondeurs »). Abondant dans le même sens, Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président de l’Assemblée nationale de l’ex-Katanga, a prévenu, le 22 juillet lors d’une « rencontre d’adieu » organisée par Moïse Katumbi, les députés provinciaux, électeurs de l’élection des gouverneurs : « Politiciens, élus que vous êtes, n’ayez peur de personne ! (…) On va tenter de vous intimider : [sachez que] vous ne dépendez de personne, vous dépendez du peuple ».
Kyungu wa Kumwanza a également fustigé les « primes » que des députés provinciaux sont allés percevoir dans le bureau de l’Agence nationale de renseignements (ANR). « Un député qu’on va payer dans un service de sécurité ! » s’est-il exclamé.

Vidéo mise en ligne le 23 juillet 2015
Bal des prétendants chez les Balubakat
Qu’à cela ne tienne, chez les Baluba du Katanga – les Balubakat, comme on les appelle habituellement, vivent dans la partie nord de l’ex-Katanga -, les prétendants aux postes de gouverneurs des futures provinces se bousculent déjà au portillon. Élu député national en 2011 pour la circonscription de Manono, son village d’origine, Zoé Kabila, le frère cadet du chef de l’État, se verrait bien gouverneur du Tanganyika. Tout comme Christian Mwando Nsimba, 50 ans, ministre provincial des Finances sous l’ère Katumbi.
Quelques Katangais membres du gouvernement central pourraient également être tentés de briguer un mandat à la tête d’un exécutif provincial, comme Aimé Ngoy Mukena, ministre de la Défense natif du Haut-Lomami, qui fut gouverneur du Katanga de 2001 à 2004, ou Félix Kabange Numbi, actuel ministre de la Santé après avoir été ministre provincial des Sports de 2010 à 2012.
Sans oublier l’ancien président de la Ceni, Daniel Ngoy Mulunda : lushois de naissance, ce pasteur méthodiste est proche des Kabila. Quant à l’influent Jean-Claude Masangu Mulungo, à défaut de se présenter lui-même (il serait intéressé plus par un mandat d’envergure nationale), il aura certainement un rôle de faiseur de rois dans le Nord-Katanga. Né à Likasi, cet économiste qui a dirigé la Banque centrale du Congo de 1997 à 2013 aura son mot à dire sur les candidats de la majorité.


jeuneafrique.com

vendredi 24 juillet 2015

Le Cameroun étend l'interdiction du voile islamique intégral

Les autorités camerounaises ont décidé d'étendre l'interdiction du port du voile intégral aux régions de l'Est et du Littoral, pour prévenir le risque d'attentats dans le pays, au lendemain d'une attaque-suicide qui a fait 13 morts et 31 blessés, a-t-on appris vendredi de sources officielles.

Cette mesure avait déjà été instaurée la semaine dernière dans l'Extrême-Nord, la région frontalière du Nigeria en proie aux islamistes de Boko Haram.
Le gouverneur de la région de l'Est a présidé jeudi une réunion de sécurité "élargie aux imams" au cours de laquelle il "a annoncé la mesure d'interdiction du port du voile (intégral) ou burqa", a rapporté la Cameroon Radio-Television (Crtv). La région de l'Est jouxte l'Adamaoua, une des trois régions du nord du Cameroun.
Le port du voile intégral a par ailleurs été interdit dans la région du Littoral (ouest) où se trouve Douala, la capitale économique du pays, pour prévenir d'éventuels attentats, a annoncé à l'AFP Mireille Bisseck, chargée de communication pour la région Littoral.
"La burqa a été interdite" à la suite d'une réunion sécuritaire rassemblant les autorités administratives et sécuritaire du Littoral, a-t-elle affirmé, précisant que l'interdiction concerne "la confection, la vente et le port de la burqa".
"Une cartographie des mosquées a été prescrite", a ajouté Mme Bisseck, assurant que les prêches des imams lors des prières allaient également faire l'objet d'une surveillance accrue.
Mercredi, deux jeunes femmes kamikazes ont tué 13 personnes en se faisant exploser presque simultanément à Maroua, capitale de l'Extrême-Nord, seulement 10 jours après un autre attentat-suicide perpétré à Fotokol, une localité frontalière du Nigeria, ayant fait 11 morts.
Seul l'Extrême-Nord du pays a jusqu'à présent fait l'objet d'attaques de Boko Haram. Mais les autorités camerounaises redoutent que les attentats se propagent vers le sud du pays.
Les mesures sécuritaires ont été renforcées depuis quelques jours sur tout le territoire, notamment sur les axes routiers menant aux principales villes comme Yaoundé et Douala, où les contrôles policers et militaires se multiplient.


leparisien.fr

jeudi 23 juillet 2015

Scrutin provincial plus que vicié en RDC

La nouvelle République démocratique du Congo est en marche… du moins dans sa structure administrative. Fin de cette semaine, va débuter l’élection des nouveaux gouverneurs des 26 provinces de cet Etat-continent.
Jusqu’ici, le pays ne comptait que 11 provinces. le projet de découpage en 26 entités était sur le marbre depuis un référendum de 2006. "C’est vrai que ces entités sont souvent trop grandes", explique un ministre de la Province orientale (16 fois la Belgique en superficie), désormais démembrée en quatre entités. "Je ne suis donc pas opposé au principe, c’est le timing qui est insupportable."
Tout ce processus de découpage a connu un coup d’accélérateur fin avril sous l’impulsion personnelle du président Kabila. "Cette annonce du découpage est intervenue au lendemain d’un entretien entre le président et le gouverneur du Katanga Moïse Katumbi. Ce dernier a refusé de se ranger derrière le président, du coup Joseph Kabila a fait donner l’artillerie. Sa première cible ? Le Katanga. Il s’agissait de montrer à Katumbi qu’il était dépendant du bon vouloir de Kinshasa", explique un éditorialiste de la capitale congolaise.
Tout est à faire
Pour passer de 11 à 26 provinces, il faut installer les nouveaux parlements - parfois dans des bâtiments très approximatifs - et élire les nouveaux gouverneurs parmi les élus des anciens parlements provinciaux "renvoyés" dans les nouvelles entités. "Au Bandundu, découpé en trois provinces, deux des nouveaux chefs-lieux ne disposent pas de routes asphaltées", explique un élu de la nouvelle province du Maï-Ndombe, en route pour sa "capitale" Inongo.
Pour le PPRD, parti au pouvoir de Joseph Kabila, l’objectif est clair. "Ils veulent décrocher le gouvernorat dans les 26 provinces, histoire d’asseoir leur pouvoir", poursuit notre élu qui voit d’un très mauvais œil la "dernière trouvaille" présidentielle. "Pour rentrer dans nos provinces, nous touchons 1 500 dollars pour le transport et 200 dollars par jour. Sommes qui nous seront payées par… l’Agence nationale de renseignement et plus par le ministère de l’Intérieur, histoire de bien nous faire comprendre qu’on a intérêt à nous tenir à carreau. Pas sûr que ce soit une bonne option, les élus n’aiment pas sentir la pression et quand celle-ci confine à la menace, ce qui est le cas ici, ça peut même pousser à la désobéissance", conclut notre élu.  

lalibre.be

REELECTION DE NKURUNZIZA : Que fera maintenant la communauté internationale ?

Contre vents et marées, le président burundais, Pierre Nkurunziza, a opéré son forcing en briguant un troisième mandat à la tête de l’Etat. Ni l’opposition farouche depuis plus de deux mois, ni la pression de la communauté internationale, ni les défections dans son propre camp, n’auront réussi à faire entendre raison au pasteur-président qui, soit dit en passant, a échappé de peu à un coup d’Etat. Ainsi, avant même la proclamation des résultats, Nkurunziza est sûr de rempiler à l’issue de la présidentielle controversée du 21 juillet dernier. Surtout avec le boycott de l’opposition qui lui a certainement facilité la tâche.

La forfaiture est consommée
Reste à présent les chiffres à mettre sur l’étiquette de la participation, ce qui est une mince affaire que ses officines sont en train, à présent, de se donner un malin plaisir à fabriquer pour apporter un semblant de crédibilité et de légitimité au président élu. La preuve, avant même que l’instance chargée de l’organisation du scrutin et de la compilation des résultats, la CENI, n’ait avancé le moindre chiffre, le porte-parole de la présidence a déjà annoncé sans sourciller un taux stalinien d’environ 80%, malgré le faible taux de participation constaté dans les bureaux de vote. Comme quoi, il n’est pas aisé d’être le porte-parole d’un dictateur sans être daltonien. Dans l’après-midi d’hier, la CENI indiquait un taux de participation situé entre 72 et 80%. Si le ridicule tuait… Ainsi, la forfaiture est consommée, laissant sur le carreau près de quatre-vingts macchabées et cela, à cause de l’obstination du président burundais. Mais face au drame, Nkurunziza n’en a cure. Pour lui, la fin justifie les moyens. Il tient le pouvoir et il n’est pas prêt de le lâcher. Maintenant que la forfaiture est consommée, que va faire la communauté internationale ?
En tout cas, deux pays occidentaux, les Etats-Unis et la Belgique en l’occurrence ont donné le ton, respectivement, en réfutant la légitimité du scrutin qui s’est tenu dans des conditions qui ne permettent pas de lui accorder une quelconque crédibilité, et en promettant de revoir les termes de sa coopération. Mais tout cela reste à voir. Car la question est de savoir si ce ne sont là que des condamnations de principe, du bout des lèvres, ou si ces pays continueront à exercer la pression sur Bujumbura. Est-ce que leur décision peut encore peser quand on sait que toutes les pressions et les mises en garde n’ont pas eu pour effet d’amener Nkurunziza à renoncer à son troisième mandat ? Au passage, l’on déplorera le clair-obscur, voire le silence de certains pays occidentaux comme la France, même si l’on peut comprendre qu’elle observe cette attitude pour ne pas faire de l’ombre à la puissance colonisatrice qu’est la Belgique. Pour ce qui le concerne, la sortie malheureuse du Secrétaire général des Nations unies, à la veille de l’élection présidentielle, pour en appeler à la sécurité dans les bureaux de vote sans dire mot sur la candidature controversée de Nkurunziza, laisse perplexe sur la capacité et la volonté de cette institution de prendre des mesures coercitives contre le satrape de Bujumbura. Quant à l’Union africaine (UA), qui avait pourtant été d’une fermeté et d’une clarté inhabituelles face à la sordide manœuvre de Nkurunziza, elle ne fait pas mieux en se réfugiant, depuis lors, derrière un silence incompréhensible. C’est pourquoi l’on est porté à croire qu’en bon calculateur, Nkurunziza sait que la communauté internationale, qui représente à la fois tout le monde et personne, a trop d’intérêts divergents pour pouvoir parler d’une seule et même voix. Et comme les grandes puissances se livrent à une compétition entre elles à l’échelle des nations pour l’extension de leurs zones d’influence et le contrôle de leurs pré-carrés, là où les uns (les Occidentaux) se retireront, d’autres (les asiatiques et les Russes) viendront occuper le terrain, la nature ayant horreur du vide.
Les ingrédients d’une guerre civile sont maintenant réunis au Burundi
Nkurunziza semble donc avoir une porte de sortie, et il espère sans doute qu’avec le temps, il réussira à faire accepter le fait accompli et à rallier d’autres partenaires à sa cause. Et comme généralement les peuples ont la mémoire courte, s’il y parvient, dans quelques mois, l’affaire sera oubliée. Quant à la Communauté est-africaine, l’EAC (East Africa Community), l’on ne serait pas étonné qu’elle félicite Nkurunziza, quitte à le pousser à la composition d’un gouvernement d’union nationale, comme elle l’avait, du reste, déjà proposé, en vue de clouer le bec à ses détracteurs. L’erreur pour l’opposition serait de s’engouffrer dans une telle brèche. Mais en politique, sait-on jamais ? Elle pourrait mordre à l’hameçon. Surtout qu’il se susurre que certains opposants, et pas des moindres, n’y seraient pas défavorables.
Quoi qu’il en soit, ce troisième mandat de Pierre Nkurunziza s’annonce sous de mauvais auspices et l’on se demande comment il va gouverner, avec tous ces exilés, ces mutins en exil qui promettent de le chasser du pouvoir par la force, et surtout la contestation qui est loin d’être terminée. En outre, Bujumbura vient d’ouvrir un autre front avec son voisin rwandais qu’elle accuse presqu’ouvertement de servir de base arrière à des généraux et autres soldats mutins burundais qui veulent le déstabiliser. Tout cela, c’est certain, ne va pas contribuer à décrisper une situation déjà très tendue entre les deux voisins. En attendant la réaction officielle de Kigali, l’on peut dire que les ingrédients d’une guerre civile sont maintenant réunis au Burundi. Tout cela, à cause de la boulimie du pouvoir d’une seule personne.
« Le Pays »
http://lepays.bf

Museveni blâme l’ONU et la RDC d’avoir échoué à désarmer les ADF

C’est dans son message, vendredi, à l’occasion de l'Aïd el-Fitr, la fête qui marque la fin du mois de jeûne musulman de ramadan, que le président ougandais a dénoncé l’échec de l’ONU dans l'offensive contre les rebelles ougandais qui sévissent dans l'Est de la RDC.
Yoweri Museveni repproche la Mission des Nations unies au Congo (MONUSCO) de laisser opérer librement les rebelles musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF).
"Les ADF ont été défaits en Ouganda, mais ils continuent de sévir en RDC en présence des Nations Unies. Vous savez, l'ONU s'engage parfois dans la préservation de l'insécurité. Ils préservent l'insécurité. Ils coexistent avec les ADF", a stigmatisé M. Museveni.
Selon lui, Kinshasa et l'ONU ont refusé à plusieurs reprises que l'Ouganda puisse entrer en RDC pour combattre les ADF jusque dans leurs bases orientales.
"Quand nous disons: ‘Nous allons venir vous aider’, ils nous répondent: ‘C'est à nous de le faire.’ Je ne veux pas me quereller avec la RDC ou avec l'ONU mais si (les ADF) entrent au Rwanda, nous devrons les tuer. Ce n'est pas bien de parler de tuer durant le ramadan. Mais c'est bien ce qui va arriver", a-t-il averti.
L'Ouganda a envoyé des troupes en République démocratique du Congo lors d'une guerre régionale entre 1998 et 2003.
En décembre 2005, la Cour internationale de justice (CIJ) avait estimé que l'Ouganda avait violé la souveraineté de la RDC lors de la guerre de 1998-2003 et que ses soldats y avaient pillé les ressources naturelles, torturé et tué des civils, recouru aux enfants-soldats et rasé des villages entiers. L'Ouganda avait été condamné à verser jusqu'à 10 milliards de dollars (9 milliards d'euros) de dédommagement.
L'Ouganda a réfuté ces accusations et, jusqu'ici, s'est refusé à payer de quelconques indemnités.
Dans son message, le président ougandais a ajouté que les ADF, dont le chef Jamil Mukulu a été extradé la semaine dernière de Tanzanie vers Kampala en vue de son procès, était derrière les récents assassinats de leaders musulmans.

voaafrique.com

Côte d’Ivoire – Ouattara crée la polémique «internautes passés de 200.000 en 2011 à plus de 7 millions » en 2015

Le nombre d’ »utilisateurs réguliers de l’internet » en Côte d’Ivoire « est passé d’environ 200.000 en 2011 à plus de 7 millions à ce jour grâce en particulier à l’Internet mobile et à la 3G, que nous avons lancé en 2012″, a indiqué mardi le président ivoirien Alassane Ouattara, dans un discours au Forum économique Forbes à Brazzaville (Congo).
Le gouvernement ivoirien entend faire de « l’accès aux TIC (Technologies de l’information et de la communication) l’un des moteurs de l’émergence de notre pays », a ajouté M. Ouattara dans son allocution.
Les abonnés à la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire, estimés à 16 millions en 2010, sont passés à « 22 millions aujourd’hui, sur une population d’environ de 24 millions d’habitants, soit un taux de pénétration de près de 92% », a-t-il poursuivi.
Des experts contestent la véracité des chiffres avancés par M. Ouattara et évoquent un pur discours de propagande politique. 
« Comment arrive-t-il à 22 millions ? En cumulant le nombre d’abonnés de tous les opérateurs ou en se basant sur les bases de données des identifications individuelles par puce rendues obligatoires depuis son arrivée aux affaires ? Dans ce pays une même personne peut utiliser 3 puces d’opérateurs différents. La 3G ? N’en parlons même pas de la qualité et de sa couverture. Sortez quelques kilomètres d’Abidjan ou des quelques grands centres et vous verrai » répond un cadre de Orange interrogé par le site Connecitioniovirienne.net. Avant de conclure «Que M. Ouattara rende les études indépendantes sur lesquelles il se base publiques. La Côte-d’Ivoire regorge sûrement de millions d’abonnées au mobile et à l’internet, mais pas les chiffres donnés par le président»
Les transactions financières (paiements mobiles, transfert d’argent) exécutées dans le pays à travers les réseaux de téléphonie mobile sont estimées aujourd’hui « plus de 8 milliards de Fcfa par jour », selon le ministère de la Poste et des TIC.
Pour accroître l’utilisation des TIC, les autorités ivoiriennes ont initié un vaste programme de vulgarisation du numérique grâce à un cadre législatif et réglementaire et lancé la construction d’un réseau national en fibre optique de 7.000 Km, qui connectera à terme, l’ensemble du territoire.
Le gouvernement a par ailleurs adopté un texte portant « exonération totale de TVA et la réduction à 6,5% des droits de douanes » sur le matériel informatique (ordinateurs, téléphones portables) afin de faciliter l’accès des populations à l’équipement terminal.
Le secteur des TIC en Côte d’Ivoire, qui représente 7 à 8% du Produit intérieur brut (PIB), « emploie à ce jour environ 150.000 personnes, avec un potentiel estimé à 300.000″.
SK
Avec Alerte info
Par Patrice Allégbé
connectionivoirienne.net

Cameroun - Longévité au pouvoir: Paul Biya, Ahmadou Ahidjo et la retraite

Quand et comment les deux chefs d’Etat ont évoqué le sujet pour la première fois.
En Afrique, la question de la longévité des chefs d’Etat au pouvoir embarrasse et passionne. Dans sa dernière livraison, l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique aborde le sujet, sans vraiment aller au fond des choses, s’agissant du Cameroun. Tout juste, apprend-on, que Paul Biya (82 ans, au pouvoir depuis 32 ans) figure au 3e rang du top 5 africain, en termes d’années passées au pouvoir (d’âge également), après Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (73 ans, au pouvoir depuis 36 ans) et Jose Eduardo Dos Santos (72 ans, 36 ans au pouvoir). Avec l’humour qui le caractérise, Fouad Laroui conclut le dossier de J.A en ces termes : « Voici donc une modeste proposition que nous soumettons à titre gracieux à l’Union africaine : créez, excellences, un sénat panafricain… avec obligation, pour tous les dirigeants du continent d’y adhérer à l’âge de 65 ans et de laisser, chez eux, la place aux jeunes ».
 Dans son édition sur le trentenaire de Paul Biya à la tête de l’Etat, Le temps des réalisations, bulletin mensuel d’informations du cabinet civil de la présidence de la République s’intéresse au sujet, précisément au cas du Cameroun. Pour le ministre Dcc, Martin Belinga Eboutou, dont la déclaration a été opportunément « dépoussiérée » dans le numéro d’hier de La Météo, « il est (…) aisé pour tout esprit lucide et objectif de se rendre compte qu’au Cameroun, longévité n’est pas synonyme de dictature ou de despotisme, que la longévité n’est pas synonyme d’immobilisme (…). Le Cameroun de Paul Biya n’est pas une dictature et ne vit pas sous la ferrure d’un despote. Le Cameroun de Paul Biya est un pays qui bouge, qui poursuit résolument, sans tambour ni trompette, sa marche pacifique vers la prospérité et l’émergence ».
La remise en surface de l’éditorial de Belinga Eboutou est inspirée d’une question de Gérard Griesbeck. Le 3 juillet dernier, au cours de la conférence de presse conjointe Biya-Hollande, au palais de l’Unité, le président camerounais avait été interpellé, sur sa succession, par ce journaliste de France 2. « Je commencerai par dire que ne dure pas au pouvoir qui veut, mais dure qui peut. Je ferais une deuxième observation, c’est que je ne suis pas à la tête de l’Etat par la force. Je n’ai pas acquis le pouvoir de manière dictatoriale. J’ai toujours été élu par le peuple. Et en ce moment, je suis en train de terminer un mandat qui m’a été donné par le peuple. Et d’ailleurs, il y avait d’autres candidats à cette élection. Je les ai gagnés. (…) Les élections camerounaises de 2018 sont certaines, mais encore lointaines. Nous avons le temps de réfléchir. Et le moment venu, les Camerounais, les amis français et tout le monde, sauront si je suis candidat ou si je prends ma retraite», avait répondu un Paul Biya mi-populiste, mi-sarcastique.
Avant l’échange avec la presse, Paul Biya avait déjà, apprend-on de sources crédibles, défendu cette position – en de termes plus diplomatiques- au cours de l’audience avec François Hollande. Dans les annales de l’Histoire, il reste que c’est la toute première fois, en 32 ans de magistrature suprême, que Paul Biya évoque sa retraite, en public. En 2006, d’après Wikileaks, le chef de l’Etat camerounais s’était confié (à huis-clos) à l’ambassadeur américain, Niels Marquardt, qui l’interrogeait sur sa succession par cette… interrogation : «Quelle fierté aurais-je si je laissais le Cameroun dans cet état aujourd’hui ?». Désir d’éternité ou volonté de passé la main en temps opportun ? A chacun d’en juger.
Le débat sur la longévité au pouvoir se posait déjà à l’époque d’Ahmadou Ahidjo, même si personne n’avait le courage de l’évoquer en public. Le 20 mai 1982, soit près de cinq mois avant la démission du premier président de la République du Cameroun, à l’occasion du « Club de la presse du Tiers-Monde », sur Radio France Internationale (Rfi), en réponse à une question du rédacteur en chef de Radio Cameroun, Jean-Claude Ottou, Ahmadou Ahidjo va pour la première fois, en 24 ans de règne, rompre le silence à propos de sa retraite. « Pour ma succession, la seule chose que je puis dire est que la procédure est prévue par la Constitution et que je ferai en sorte, si tout va bien et si Dieu le veut, que ma succession se déroule normalement, qu’il n’y ait pas de vide au Cameroun (…). Je vous ai dit que je faisais la politique depuis 35 ans et demi. Vous admettez, après tout ce temps, que j’éprouve une certaine lassitude, comme d’ailleurs vous-même, quand vous aurez accompli 25 ans dans la radio ou à l’information, vous serez peut-être lassé ».
L’Histoire raconte qu’avant cette déclaration, le président Ahidjo avait fait adopter un mois après sa réélection à la présidence de la République, le 5 avril 1975, une reforme constitutionnelle disposant que « le président de la République peut nommer un premier ministre responsable devant lui seul et aux attributions laissées à son appréciation ». Après 17 ans de pouvoir, Ahmadou Ahidjo décide ainsi à mettre Paul Biya sur orbite. Quelle formule adoptera Paul Biya (qui n’évoque guère « une certaine lassitude ») pour éviter « le vide » après lui au Cameroun ? L’équation à plusieurs inconnues est-elle résolue avec le seul avènement du Sénat ?

Georges Alain Boyomo
237online.com

Togo : mais où est donc passé Faure Gnassingbé ?

Faure Gnassingbé, qui n’est pas apparu en public depuis le 5 juin, fait l'objet de nombreuses rumeurs sur son état de santé. Une disparition inhabituelle qui commence à devenir inquiétante...
Accident vasculaire cérébral, hospitalisation en Italie… Les rumeurs les plus folles ont circulé ces derniers jours sur internet au sujet du chef de l’État togolais. Tout commence le 9 juin lorsqu’un blog annonce Faure Gnassingbé « gravement malade et dans un état critique » . Au fil des jours, le président n’apparaît pas dans les différents journaux télévisés. Pis, le Premier ministre nommé le 5 juin n’a pas rencontré – du moins en présence des caméras – son chef pour les entretiens traditionnels devant conduire à la formation de la nouvelle équipe.
Reprise par les réseaux sociaux, les supputations sur le « coma » dans lequel le président serait plongé ont été démenties par le directeur de la communication de la présidence, cité par un journal privé togolais. « Le chef de l’État sera, avec ses homologues africains au chœur des discussions au cours du sommet [de l’UA] et ce sera l’occasion d’intensifier la mobilisation pour la conférence sur la sécurité maritime qui se tiendra à Lomé en novembre prochain », a notamment déclaré Cléo Petchezi.
Absent du sommet de l’UA
Mais personne ne verra Faure Gnassingbé dans les couloirs du Centre de conférences de Johannesburg. Il se fera représenté par Robert Dussey, son ministre des Affaires étrangères. Suffisant pour relancer la polémique sur la santé de celui qui vient d’être réélu pour un nouveau quinquennat.
« Faure Gnassingbé est un homme très discret mais il n’a pas l’habitude de rester aussi longtemps en dehors de l’actualité », a confié sous couvert de l’anonymat un diplomate accrédité à Lomé qui réfute néanmoins la thèse de la maladie. « Il a peut-être pris quelques jours de repos après l’intense période électorale que le pays a connu », poursuit le diplomate, qui aurait souhaité que les autorités communiquent plus sur la situation.
Vœu exaucé puisque la directrice de cabinet de la présidence de la république a finalement assuré mardi 16 juin à Jeune Afrique la présence à Lomé du chef de l’État, qui « a eu plusieurs séances de travail dans son bureau du palais présidentiel » le même jour. Nul doute que la nomination « imminente », dit-on, du gouvernement Klassou 1 devrait faire taire définitivement les rumeurs sur l’état de santé de Faure Gnassingbé. Problème : une semaine après les propos de la dircab du chef de l’État, celui-ci était toujours introuvable à Lomé…

jeuneafrique.com