En Côte d’Ivoire, la ruée vers les aphrodisiaques traditionnels
Ils ont pour noms « Attoté », « Cure
dent gouro », « Excellence 4 », « Bazooka », « Zana », « Petits-colas »,
« Erect E-40 »… Exposés dans des bouteilles sur les différents marchés
d’Abidjan ou encore vendus en sachet, ces aphrodisiaques traditionnels
– communément appelés « soupape de sécurité » – connaissent actuellement
un réel succès en Côte d’Ivoire.
Depuis deux ans, le produit le
plus recherché est l’Attoté. Il s’agit d’une potion faite à base
d’écorces d’arbres (la composition est secrètement gardée) et dont la
bouteille de 50 cl est vendue 2 000 F CFA (3 euros) l’unité dans une
cinquantaine de points de vente à travers le pays, mais également sur
Internet. « Cela fait six mois que j’en prends et j’avoue en être satisfait », se félicite dans un éclat de rire, Stéphane Kouamé. Trentenaire, ce fonctionnaire affirme avoir retrouvé son « statut d’homme à la maison » grâce à ce produit.
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http://s2.lemde.fr/image/2015/06/10/768x0/4651176_6_c7e2_des-bouteilles-d-attote-un-aphrodisiaque_bd1d9fce486a9cbdcf9e9ae7612e5d1c.jpg Des bouteilles d'Attoté, un aphrodisiaque ivoirien.Crédits : Alexis Adélé« J’étais incapable de faire l’amour plus d’une fois
dans la nuit et ma partenaire montrait des signes d’agacement. La vie de
notre couple était même en jeu… Mais aujourd’hui, je parviens à la
satisfaire », assure Kouamé, qui vient d’acheter les trois dernières bouteilles de son principal fournisseur.
L’Attoté
a été détourné de son usage principal, et nul ne sait vraiment
aujourd’hui si la consommation de ce produit à la couleur ocre et au
goût amer ne risque pas d’entraîner des effets secondaires à long terme.
« Il a été conçu pour soigner les cas d’hémorroïde et
d’hypertension. Puis, il a été découvert que le médicament agissait
positivement sur la virilité », explique Torna Soro, praticien traditionnel à Abidjan.
Parmi
les autres aphrodisiaques présents sur les marchés, on retrouve les
« Petits colas », dont les Ivoiriens sont également friands. Ce fruit,
au nom scientifique de Garcinia cola, trouve sa zone de production à
Elibou, une localité située à une trentaine de kilomètres au nord
d’Abidjan. « Chaque fois que je passe par l’autoroute du nord, je
fais une pause à Elibou pour faire mes emplettes en Petits-colas. C’est
un bon stimulant, il me procure l’énergie et ça me rend très viril », se convainc Drissa Sangaré, transporteur, qui en mâche deux par jour pendant qu’il conduit. lemonde.fr
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