lundi 15 juin 2015

Le Tchad frappé par un double attentat meurtrier

Deux attentats suicide ont visé lundi matin le commissariat central et l'école de police de N'Djamena, faisant de nombreux morts.

Le Tchad, en première ligne dans la guerre contre les islamistes armés nigérians de Boko Haram, a été frappé lundi par un double attentat-suicide meurtrier qui a visé le commissariat central de N’Djamena et l’école de police où se trouvait de nombreux stagiaires.
Deux kamikazes ont attaqué simultanément dans la matinée le commissariat et l’école de police, faisant de nombreux morts, a indiqué sous couvert d’anonymat un responsable de la police de la capitale, sans pouvoir fournir un bilan des explosions. Ce policier et des témoins ont également fait état de blessés dans les deux attaques, les premières du genre à frapper la capitale tchadienne. De nombreux stagiaires étaient en formation lundi matin à l’école de police.
Après ce double attentat, de nombreuses forces de sécurité se sont déployées dans la ville, où les mesures de sécurité avaient été considérablement renforcées depuis plusieurs mois face à la menace d’attaques de Boko Haram.

Le Tchad, un allié de poids pour Paris 

Le gouvernement tenait de son côté une réunion de crise sur ces attentats en l’absence du président Idriss Déby Itno, attendu dans la journée à N’Djamena de retour d’Afrique du Sud où il participé au sommet de l’Union africaine (UA), selon une source officielle.
La France a rapidement condamné ces attaques meurtrières et assuré le Tchad de son «soutien dans la lutte contre le terrorisme», dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères. «La France condamne les attaques perpétrées le 15 juin contre le commissariat général et l’école de police de N’Djamena», a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay. Le Tchad est un allié de poids pour Paris dans la lutte contre les groupes jihadistes en Afrique sahélienne et l’armée française a établi l’état-major de son opération Barkhane de lutte contre ces groupes à N’Djamena.
Après le Mali, le président Déby a engagé son armée en février au Nigeria contre les islamistes de Boko Haram, dont le chef Abubakar Shekau a menacé à plusieurs reprises de s’en prendre aux intérêts tchadiens.

Problème international

L’armée tchadienne participe en première ligne depuis février à une opération militaire régionale visant à chasser le groupe islamiste de pans entiers de territoire qu’il avait capturés dans le nord-est du Nigeria. Engagé dans la guerre contre Boko Haram, le Tchad - comme le Cameroun voisin lui aussi engagé dans la guerre contre le groupe islamiste - redoutait depuis des mois des attaques de ce genre sur son sol.
N’Djamena ne se trouve qu’à une cinquantaine de kilomètres du nord-est du Nigeria où sévissent les islamistes de Boko Haram mais la ville est quadrillée par les forces de sécurité et les services de renseignements tchadiens.
Nigeria, Niger, Tchad, Cameroun et Bénin ont convenu le 11 juin lors d’un sommet à Abuja de mettre sur pied une force régionale dans le but de mieux lutter contre Boko Haram, désormais affilié au groupe jihadiste Etat islamique (EI).
Cette MNJTF (selon son acronyme anglais), forte de 8 700 hommes, aura son quartier général à N’Djamena, sous commandement nigérian.
Le parlement tchadien a approuvé le 20 mai une prolongation de l’intervention militaire contre Boko Haram, lancée en février. Selon des sources militaires tchadiennes, environ 5.000 soldats tchadiens sont engagés dans la lutte contre Boko Haram. En avril, N’Djamena avait déploré la mort de 71 soldats dans le cadre de cette opération.

liberation.fr

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