mercredi 14 décembre 2011

R.D.C. - "Manque de transparence" et "irrégularités" dans les élections congolaises

(7sur7 14/12/2011)
L'absence d'observateurs lors de la consolidation des résultats au Centre national de traitement de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) à Kinshasa "ne peut qu'affecter la confiance dans les résultats annoncés et leur crédibilité", note la Mission d'observation électorale de l'UE (MOE-UE), ajoutant que la publication des résultats provisoires "reste caractérisée par un manque de transparence".Chiffres modifiés
Les résultats par bureau de vote (BV) publiés par la Céni, "ne comprennent pas les procès-verbaux de chaque BV établis à la fin du dépouillement. Ces résultats ne reprennent que la saisie informatisée des PV, réalisés au sein des Centres locaux de compilation (CLCR dans les 169 circonscriptions du pays), parfois sans témoins", explique la MOE-UE, qui a déployé 147 observateurs.
"Plusieurs résultats de BV rendus publics le soir du dépouillement (...), notamment à Lubumbashi (Katanga, sud-est), ne correspondent pas avec ceux publiés par la Céni", ajoute-t-elle. Selon la mission, les résultats de 4.875 bureaux de vote, dont 2.020 à Kinshasa, n'ont "pas été comptabilisés", soit 7,63% des 64.000 bureaux répartis sur le territoire. Ces bureaux non comptés "représentent 1,6 million d'électeurs".
Crédibilité mise en doute
Selon la Céni, M. Kabila a obtenu 48,95% des suffrages contre 32,33% à l'opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté "en bloc" ce résultat et s'est autoproclamé "président élu" de la RDC. Un autre candidat, Vital Kamerhe, a demandé l'annulation du scrutin.
L'affichage public des résultats au niveau des territoires "a connu plusieurs entorses qui obligent à poser la question de la crédibilité des résultats de plusieurs CLCR", relève la MOE-UE. Les procédures de compilation des résultats, selon la même source, "ont été jugées peu transparentes" au Katanga, dans le Sud-Kivu (est), à Kinshasa et en province Orientale (nord-est), où des observateurs et témoins de partis politiques "ont été empêchés d'observer l'ensemble des étapes de la compilation".
"En contradiction avec la loi électorale, le bureau de la Céni a demandé à plusieurs CLCR de ne pas afficher immédiatement les résultats de la compilation mais de les envoyer d'abord au siège de la Céni afin de réaliser un contrôle de cohérence", souligne la mission de l'UE, qui cite notamment les cas de Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani ou Goma.
Responsabilité
La MOE-UE constate aussi que "3,2 millions d'électeurs ont voté sur des listes de dérogations ou d'omis (car leur nom manquait sur les listes des bureaux), soit plus de 17% du total des votants", alors que ce taux était de 8% environ en 2006 lors du précédent scrutin présidentiel.
"Il est de la responsabilité des acteurs politiques et des institutions congolaises de mener leur propre examen des résultats des élections et d'identifier les solutions à la situation actuelle", a déclaré le chef de la MOE-UE, l'eurodéputée bulgare Mariya Nedelcheva. Samedi, la mission d'observation du Centre Carter a jugé que le processus électoral "manquait de crédibilité" en relevant des "irrégularités graves".
Le président de la Céni, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, a qualifié la déclaration du Centre Carter de "nulle et sans effet". La Cour suprême de Justice (CSJ) doit proclamer samedi les résultats officiels de la présidentielle du 28 novembre après traitement des recours. (belga)

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