samedi 29 janvier 2011

Côte d'Ivoire - Une commission africaine créée pour régler la crise ivoirienne

(Reuters 29/01/2011)
ADDIS-ABEBA, 29 janvier (Reuters) - L'Union africaine a annoncé vendredi la création d'une commission de chefs d'Etat chargée de résoudre la crise politique en Côte d'Ivoire, où Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo se disputent la présidence depuis deux mois.
"Cette commission conclura ses travaux dans un délai d'un mois. Ses conclusions seront légalement contraignantes et s'imposeront aux autorités ivoiriennes", a annoncé le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine.
Cinq dirigeants composeront cette commission, dont il assurera la présidence. Ses autres membres seront choisis d'ici la fin du week-end.
Le Conseil de paix et de sécurité a également demandé la levée immédiate du blocus autour de l'Hôtel du Golf, à Abidjan, où Ouattara et son gouvernement vivent retranchés sous la protection des casques bleus de l'Onu.
"Nous ne modifions pas les négociations mais nous en élargissons le cadre afin de trouver un réglement négocié", a expliqué Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine, à l'issue de plus de quatre heures de discussionsà Addis-Abeba.
Avant cette réunion au sommet, le médiateur de l'Union africaine pour la Côte d'Ivoire, le Premier ministre kényan Raila Odinga, avait appelé l'UA à faire pression sur Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara pour qu'ils négocient en tête-à-tête.
"Ce sommet doit envoyer un message fort et sans équivoque indiquant que les deux parties doivent négocier face à face", a-t-il dit avant de remettre ses conclusions au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine.
La Côte d'Ivoire est paralysée depuis le second tour de l'élection présidentielle tenu le 28 novembre.
Les dirigeants internationaux ont reconnu le candidat d'opposition Alassane Ouattara comme le vainqueur du scrutin, conformément aux résultats de la commission électorale certifiés par l'Onu. Mais Laurent Gbagbo, le président sortant, refuse de céder le pouvoir en arguant que le Conseil constitutionnel lui a attribué la victoire.
Une série de sanctions ont été imposées à Laurent Gbagbo et aux institutions qui le soutiennent dans le pays. Les responsables militaires de la Cedeao se disent prêts, eux, à une intervention pour évincer Gbagbo s'il refuse de se retirer.
Dans l'entourage du médiateur kényan, on penche pour une formule de partage du pouvoir avec un chef d'Etat clairement désigné. "Gbagbo ne peut pas être membre de l'exécutif, mais ses alliés devraient y être", dit un proche du médiateur. "S'il y a un accord, il aurait la liberté de rester ou de quitter la Côte d'Ivoire." (Richard Lough; Philippe Bas-Rabérin et Henri-Pierre André pour le service français)

samedi 29 janvier 2011 00h25
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