samedi 6 mars 2010

Otages au Mali : nouvelle exigence d'Al-Qaïda, Nouakchott refuse de négocier

(Cyberpresse 06/03/2010)
La branche maghrébine d'Al-Qaïda exige la libération de combattants islamistes écroués en Mauritanie, avant de remettre en liberté trois humanitaires espagnols et un couple d'Italiens détenus dans le nord du Mali, mais Nouakchott refuse de négocier "avec les terroristes".
"Ils (les responsables d'Al-Qaïda) exigent désormais la libération de plusieurs islamistes, notamment détenus en Mauritanie", a déclaré vendredi à l'AFP à Bamako un des négociateurs sous couvert de l'anonymat.
"Je reviens de là-bas (de chez les ravisseurs). Ils ont vraiment insisté pour la libération de leurs combattants", a ajouté la même source.
La presse espagnole avait affirmé il y a quelques semaines qu'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) réclamait une rançon pour libérer les trois humanitaires enlevés en territoire mauritanien le 29 novembre.
Le 21 février, le quotidien espagnol El Mundo avait même affirmé que Madrid était en train de payer 5 millions de dollars à Al-Qaïda pour la libération des trois otages.
Le 1er mars, un négociateur malien n'était pourtant guère optimiste. "Le dossier des otages espagnols est au point mort. Les otages se portent bien. Mais depuis quelques jours, ça ne bouge plus", avait-il indiqué à l'AFP.
"C'est comme quand tu construis une maison. Quand il manque du matériel, la construction n'avance plus. Les otages espagnols peuvent être libérés demain ou dans dix, vingt jours", avait-il ajouté.
Les trois volontaires espagnols de l'ONG Barcelona Accio solidaria - deux hommes et une femme - avaient été enlevés le 29 novembre 2009 sur la route Nouadhibou-Nouakchott, à environ 170 km au nord de la capitale.
Ils circulaient à bord du dernier véhicule d'un convoi acheminant du matériel pour des associations en Afrique de l'Ouest. Après leur enlèvement, ils ont été acheminés dans le nord du Mali.
La branche maghrébine d'Al-Qaïda a également demandé, dans le passé, la libération de combattants islamistes détenus en Mauritanie contre la remise en liberté d'un couple d'Italiens kidnappés en Mauritanie, près de la frontière malienne, le 18 décembre.
Mais jeudi, le Premier ministre mauritanien, Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf, a affirmé que son gouvernement refusait de négocier avec "les groupes terroristes" ou de faire un échange de prisonniers contre des otages en leur possession.
"Il n'y aura pas de négociations avec ces groupes terroristes et il n'y aura pas d'échange de qui que ce soit, contre qui que ce soit, avec les preneurs d'otages", a-t-il affirmé au cours d'une conférence de presse.
"Autrement, on n'en finira jamais", a expliqué le Premier ministre mauritanien, affirmant cependant que son pays entendait "faire tout ce qui est en son possible pour que les otages pris sur notre territoire puisse retrouver leur liberté et regagner les leurs".
Les trois otages espagnols sont détenus par l'un des chefs d'Aqmi au sud du Maghreb, Moctar Ben Moctar. Le couple d'Italiens est quant à lui retenu par Abou Yaya Hamane, un lieutenant de Abou Zeïd, qui détenait l'otage français Pierre Camatte libéré le 23 février.
Cette libération avait suivi la mise en liberté par le Mali de quatre islamistes réclamés par Al-Qaïda.
Le 2 mars, l'Algérie a souhaité que la décision malienne de libérer des islamistes en échange d'otages ne se répète pas. Cette libération avait entraîné une crise diplomatique, Alger et Nouakchott ayant rappelé leur ambassadeur à Bamako, qu'ils accusent d'être le maillon faible de la lutte contre Al-Qaïda dans le Sahel.

AFP
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