(Le Quotidien (Sn) 16/06/2011)
Les prélèvements budgétaires effectués sur les secteurs sociaux, notamment l’éducation et la santé au profit du Plan Takkal ne sont pas bien accueillis par les partenaires américains. Hier, à l’ouverture de la revue annuelle conjointe du programme de coopération entre le Sénégal et l’Usaid, Mme Marcia Bernicat, ambassadeur sortant des Etats-Unis a souligné que cela pourrait mettre en péril les résultats obtenus en vue d’atteindre les Omd.
Pour financer le Plan Takkal, le gouvernement sénégalais a entrepris une opération de prélèvements budgétaires sur certains secteurs, notamment la santé, l’éducation, entre autres. Et les autorités considèrent que les ponctions opérées sur le budget de ces secteurs au profit de l’énergie ne sont pas significatives. Le gouvernement américain, via sa représentation diplomatique au Sénégal, n’en est pas convaincu.
Mme Marcia Bernicat a indiqué hier, lors de la revue annuelle conjointe du programme de coopération entre le Sénégal et l’Usaid, qu’il «est très important que l’Etat maintienne ses contributions dans les secteurs sociaux pour ne pas mettre en péril les résultats obtenus en vue d’atteindre les Omd». L’ambassadeur sortant des Etats-Unis a souligné que, «par exemple, si l’Etat se désengage de l’offre gratuite de médicaments antirétroviraux, ce sont tous les résultats obtenus dans le cadre de la lutte contre le Sida qui risquent d’être perdus ; tandis que s’il continue à se montrer comme partenaire engagé et dévoué aux besoins des citoyens, cela va encourager les autres bailleurs à s’investir davantage».
Dans le cadre de son programme de coopération avec le Sénégal, le gouvernement des Etats-Unis a contribué en 2010, pour environ 21 milliards de francs Cfa à l’amélioration de la croissance économique à travers le commerce et la gestion des ressources naturelles et la biodiversité, plus de 16 milliards de francs Cfa à l’amélioration des familles, plus de 6,5 milliards de francs Cfa à l’éducation des jeunes et plus de 2,5 milliards de francs Cfa à l’appui à la résolution des conflits en Casamance.
Cependant, a encore évoqué Marcia Bernicat, «la suspension d’une partie du programme démocratie, gouvernance et paix présente un obstacle nouveau et regrettable». Selon la diplomate, ce programme permettait à l’Usaid d’appuyer le gouvernement sénégalais pour ce qui concerne les élections et la résolution des conflits de toutes sortes en Casamance. Aussi souhaite-t-elle la mise en place d’un comité de pilotage de ce programme, qui devra être coprésidé par le ministère de l’Intérieur comme indiqué par le Premier ministre. «Nous voulions tenir une première réunion de ce comité avant cette revue et avoir un point focal pour ce programme au sein du ministère de l’Intérieur. De toute façon, nous continuons notre travail dans le domaine de la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et le développement communautaire, tout en poursuivant les négociations pour la mise en place de ce mécanisme de coordination», lance Mme Bernicat. Et d’espérer «que les représentants du gouvernement du Sénégal voudront bien les rencontrer autour d’une table pour asseoir ce mécanisme de coordination et de dialogue politique qui a fait ses preuves avec les autres programmes de l’Usaid».
En ce qui concerne le niveau de contribution budgétaire en faveur des secteurs de la santé et de l’éducation, le ministre de l’Economie et des Fiances informe que «le gouvernement du Sénégal s’engage à le maintenir». Abdoulaye Diop précise cependant, que «les prélèvements budgétaires effectués sur ces secteurs ne sont pas significatifs. A titre d’exemple, la contribution du budget d’investissement de ces secteurs au financement de l’énergie n’a concerné que 3,9% de leurs crédits d’investissements globaux, ce qui paraît raisonnable eu égard à la surpriorité accordée à la solution des problèmes d’énergie qui, rappelons-le, ont coûté 1,4% de croissance au Sénégal en 2010».
Sur le programme démocratie, gouvernance et paix, le ministre des Finances promet que «toutes les dispositions nécessaires seront prises pour la création et l’opérationnalisation du comité de pilotage».
Par Dialigué FAYE
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