lundi 20 juin 2011

Libye -Le régime libyen se dit prêt pour la paix et pour la guerre

(L'Orient- Le Jour 20/06/2011)

Le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati el-Obeidi, a affirmé hier que le régime était « prêt pour la paix et pour le combat », et qu’il n’abandonnerait pas le colonel Mouammar Kadhafi. Le ministre a en outre condamné un raid aérien « injustifié » contre un quartier résidentiel. Il a estimé que les « bombardements délibérés » de sites civils était « un appel direct à tous les peuples libres du monde et à tous les musulmans pour lancer un jihad global contre l’Occident oppressant et criminel, et pour ne pas permettre à des organisations criminelles comme l’OTAN de décider du futur des autres pays indépendants et souverains ». Le porte-parole du gouvernement Moussa Ibrahim a tenu à préciser par la suite aux journalistes que le mot « jihad » n’était « pas utilisé dans le sens islamique du terme » en allusion à la guerre sainte à laquelle appelle l’organisation terroriste d’el-Qaëda contre l’Occident. « Jihad ici veut dire lutte », a-t-il dit.
En effet, au moins neuf personnes, dont deux enfants, ont été tuées dans la nuit de samedi à dimanche dans un raid de l’OTAN à Tripoli, a affirmé le régime libyen. L’OTAN a reconnu dimanche soir avoir tué par erreur des civils lors d’une frappe à Tripoli, qui ciblait initialement un site militaire.
Plus encore, un avion de l’OTAN a accidentellement frappé une colonne des forces rebelles libyennes dans la région de Brega le jeudi 16 juin, a annoncé samedi l’Alliance atlantique dans un communiqué. « Nous regrettons toute perte en vies humaines ou toute blessure dues à cet incident », conclut le communiqué de l’OTAN.
Dans un entretien au quotidien arabophone Echorouk, l’ancien représentant de la Libye aux Nations unies, Abderrahmane Chalgham, a estimé de son côté que Mouammar Kadhafi allait « fuir » son pays où « l’opposition gagne du terrain ». Selon lui, les « choses vont s’accélérer cette semaine » en raison de « cassures internes au sein des brigades sécuritaires à Tripoli et la démission de plusieurs personnalités du gouvernement ».
Côté rebelles, le responsable des finances et du secteur pétrolier au sein des autorités formées par les insurgés libyens a accusé samedi les pays occidentaux de ne pas respecter leurs promesses d’aide financière. Dans une interview à Reuters, Ali Tarhouni a affirmé que la production pétrolière de l’est de la Libye, contrôlé par les insurgés, était désormais complètement suspendue en raison des dégâts matériels provoqués par les combats contre les forces du régime de Mouammar Kadhafi.
Aux États-Unis, le président américain Barack Obama se prépare à un conflit ouvert cette semaine au Congrès où nombre d’élus ne digèrent toujours pas qu’il ne les ait pas consultés pour autoriser l’intervention. Pour la première fois depuis le début des bombardements en mars, le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a menacé jeudi de s’en prendre au financement de la mission dirigée contre le régime Kadhafi.
Par ailleurs, les élus furieux devraient s’appuyer sur les révélations samedi par le New York Times, selon qui la Maison-Blanche a ignoré l’avis de deux avocats de son administration. Ces derniers ont estimé que la nature de l’intervention américaine en Libye devait faire l’objet d’une autorisation du Congrès, comme le réclame une loi de 1973 sur « les pouvoirs de guerre », qui limite les prérogatives du président en cas d’opérations militaires à l’étranger. Ce texte stipule que sans autorisation du Congrès, un retrait doit être entamé après 60 jours et entièrement achevé après 90 jours. La tension promet de redoubler au Congrès, vu que ce délai s’achevait hier soir.
Sur le terrain, le front de Misrata dans l’ouest libyen s’est enflammé avec la mort de 19 personnes en 48 heures dans les combats entre rebelles et forces de Mouammar Kadhafi. Les combats ont éclaté aux abords de l’enclave de Misrata après un bombardement violent à l’artillerie lourde par les pro-Kadhafi, a indiqué la rébellion en affirmant avoir repoussé plusieurs tentatives des loyalistes d’avancer vers la ville. De violents combats se poursuivaient en soirée à l’est et à l’ouest de Misrata, selon la rébellion.
Sur le front ouest, les rebelles ont fait état de combats dans la ville de Nalout, près de la frontière tunisienne.

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