lundi 20 avril 2015

Encore un enterrement collectif au milieu de la nuit à Maluku

Un texto du cabinet du ministre de l’information et Médias invitait les délégués des médias congolais et étrangers à se présenter hier dimanche 19 avril 2015 autour de 23 heures à la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa. C’était en vue d’assister à la levée des corps d’indigents et inconnus qui devaient être enterrés collectivement à Maluku, dans la périphérie de Kinshasa. Selon le même message, l’enterrement collectif proprement dit devrait intervenir vers 3 heures du matin.
A la lumière de récentes interventions du Vice-Premier ministre en charge de l’intérieur et du ministre de la Justice à l’Assemblée Nationale, d’aucuns ont vite fait de penser aux 178 corps abandonnés à la morgue de la formation médicale précitée, et dont ils avaient annoncé l’inhumation collective imminente, par les soins de l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Ces statistiques macabres, à en croire les deux membres du gouvernement, sont celles enregistrées dans la période du 19 mars au 14avril 2015.
Bien que considérée comme routinière au niveau tant du gouvernement central que de l’exécutif de la ville-province de Kinshasa, ce type d’enterrement opéré nuitamment n’en continue pas moins d’agiter la communauté kinoise, congolaise et internationale. Les questions qui restent suspendues sur toutes les bouches s’articulent autour de l’option d’inhumation nocturne contraire aux coutumes congolaises.
L’insécurité tant évoquée par les officiels pour justifier cette pratique ne semble pas convaincre grand monde, compte tenu des moyens à la disposition de la puissance publique pour imposer aux villageois de Maluku le respect d’une disposition funéraire que les autorités compétentes estiment légale. Au nom du principe de l’appartenance du sol et du sous-sol à l’Etat, les autochtones de Maluku ne peuvent pas disputer aux pouvoirs publics la propriété du cimetière Fula-fula.
Dans le souci de ne pas trop heurter les consciences dans un dossier où celles-ci sont suffisamment troublées, un changement d’horaire d’enterrement collectif contribuerait tant soit peu à réduire le sentiment de croyance à des opérations peu catholiques.

Par KIMP
direct.cd

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