samedi 18 avril 2015

Les signaux sont au rouge au Burundi

L’Inde a conseillé à ses ressortissants de quitter le Burundi. Plus de 8000 habitants des provinces voisines du Rwanda ont déjà plié bagages pour se réfugier de l’autre côté de la frontière. Le parti au pouvoir, CNDD-FDD est divisé et plusieurs de ses dirigeants, appelés « frondeurs » et désormais suivis de près par les services de sécurité, ont fait savoir qu’ils s’opposaient au projet consistant à faire concourir le président sortant, Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat alors que les accords de paix d’Arusha, conclus en 2000 n’en prévoyaient que deux. Constatant que tous les signaux étaient au rouge, le représentant spécial des Nations unies pour les droits de l’homme, le diplomate jordanien Zeid Raad Al Hussein a tenu des propos extrêmement clairs avant de quitter Bujumbura mercredi dernier, assurant que la communauté internationale s’inquiétait du climat de violences et d’intimidation régnant dans le pays.
Tout indique que le Conseil de Sécurité dispose désormais d’informations confirmant les rumeurs qui traversent le Burundi depuis des semaines, selon lesquelles le parti au pouvoir serait prêt à prendre le risque d’une déstabilisation violente afin d’assurer la victoire électorale de son candidat, le président sortant et que le recrutement de jeunes miliciens, les Imbonerakure et la distribution d’armes dans toutes les provinces seraient organisées par l’ancien chef des services de renseignements, Adolphe Nshimiymana, l’un des hommes les plus redoutés du pays, devenu conseiller à la présidence.
Si le climat se tend dangereusement, tout n’est cependant pas encore joué : c’est au cours du dernier week end d’avril que le parti au pouvoir doit décider du maintien de la candidature de M. Nkurunziza et d’ici là, chacun fait ses comptes. En effet, l’Eglise catholique (qui rallie 80% des Burundais), la société civile et les défenseurs des droits de l’homme, les partenaires extérieurs qui multiplient avertissements et visites sur le terrain ne sont pas seuls à s’opposer à un troisième mandat : le parti au pouvoir est lui-même divisé sur l’opportunité de bafouer les accords de paix d’Arusha, qui représentent toujours le socle de la stabilité politique du pays et, selon certaines sources, l’armée et la police seraient traversés de courants contradictoires…
LESOIR.BE

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