(Romandie.com 17/06/2011)
LIBREVILLE - Trois immigrés clandestins sont décédés jeudi à en détention au Gabon à Bitam (nord, frontière Cameroun) des suites d'une épidémie, pouvant être le choléra, selon les autorités alors qu'un témoin parle de mauvaises conditions de détention.
Selon le ministre de la Santé, le général Flavien Nzengui Nzoundou, le centre de santé de Bitam a reçu jeudi dix clandestins qui étaient gardés à vue par la gendarmerie.
Un de nationalité inconnue était déjà mort en arrivant, et deux autres, un Malien et Guinéen, sont décédés dans l'heure qui ont suivi, selon la même source. Un autre des immigrés est dans un coma profond. Sept patients en tout sont en observation.
L'enquête épidémiologique (...) suit son cours (...) Contrairement à certaines informations faisant état de prétendues maltraitances, de sévices ou de tortures, il s'agit plutôt d'un cas de santé publique que nous déplorons, a déclaré le ministre, évoquant le choléra.
Fulbert Yougbari, un Burkinabé en situation irrégulière, joint par téléphone à Bitam, a raconté à l'AFP avoir été arrêté mardi et enfermé pendant deux jours dans une cellule bondée sans avoir ni à boire ni à manger. On nous a aussi tapé. Quand on demandait de l'eau, ils nous frappaient. Ce matin, on a sorti deux cadavres.
Une source proche du dossier a affirmé à l'AFP que les deux versions n'étaient pas forcément antinomiques. L'épidémie a peut-être pu faire de tels dégâts en raison de la promiscuité et des conditions de détention.
Le ministre de l'Intérieur, Jean-François Ndongou, et de la Défense, Rufin Ondzounga, se sont rendus sur place.
La secrétaire générale de la présidence Laura-Olga Gondjout a précisé jeudi après-midi qu'une enquête avait été ouverte et que les responsables seront sévèrement sanctionnés.
Nuançant les premiers rapports, elle a estimé en soirée que l'administration n'est pas forcément en tort mais si certains faits sont avérés, il s'agirait d'une regrettable bavure.
La secrétaire générale de la présidence avait précisé que cette opération s'inscrivait dans le cadre de l'expulsion par son armée de centaines de personnes du site d'orpaillage illégal de Minkébé (nord du Gabon).
Cette opération a permis de découvrir un réseau de passeurs à la frontière à Bitam dans lequel était impliqué des compatriotes gabonais, a-t-elle ajouté.
Un sous-préfet camerounais avait évoqué la mort de deux personnes et des tortures en relation avec les expulsions. Affirmations vigoureusement démenties par les autorités gabonaise qui se sont dit prêtes à accepter une enquête internationale.
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