mardi 21 juillet 2015

RDC : L'alternance politique en Tanzanie rallume le feu de l'éjection de «Kabila de son fauteuil»

Le déficit d'alternance politique en Afrique  reste l'un des problèmes majeurs à la consolidation de la démocratie et à la stabilité des institutions étatiques.  Aujourd'hui il y a encore un bon nombre des pays africains qui résistent au renouvellement des élites au pouvoir et  s'organisent en apartheid intellectuel pour exclure du cercle tous ceux qui ne partagent pas leurs politiques du nettoyage au kärcher. C'est bien là la problématique de la démocratisation. Mais en dehors de tous ces  canards boiteux , il y a aussi  des pays en Afrique qui font exception et restent des modèles d'alternance politique. Parmi ces pays il faut citer la Tanzanie où le président sortant Jakaya Kikwete ne se représentera pas aux élections présidentielles prévues au mois d'octobre prochain conformément à  la constitution. Son parti politique, le Chama Cha Mapinduzi ( CCM ) a désigné le dimanche 12 juillet l'actuel ministre des Travaux publics John Magafuli pour le représenter aux prochaines élections.D'ailleurs l'opposition l'a adulé au regard de son travail de ministre apprécié par toute  la population.
Contrairement à la Tanzanie où il n' a jamais eu de tripatouillage  constitutionnel pour maintenir la même personne au pouvoir comme dans une monarchie, où l'alternance politique a été régulée par la limitation du nombre des mandats présidentiels à deux successifs , la Rdc se classe parmi les pays qualifiés de démocrature démocratisante. Mr Joseph Kabila et toute sa bande des voleurs ont consolidé une oligarchie pillant toutes les ressources du pays et ils ont perdu leur crédibilité avec des violations fréquentes des droits de l'homme. Cette absence de volonté politique délibérée a porté beaucoup de préjudices quant à la stabilité politique durable et à l'instauration d'un Etat de droit . Ce qui a aggravé  la défiance des congolais envers les gouvernants qui sont pris de fada . D'ailleurs les propos de l'ambassadeur français  en Rdc, Mr Luc Hallade en évoquant la nécessité d'une alternance politique en Rdc sont plein de véracité et illustrent la situation politique polluée en Rdc : " l'élite politique semble continuer à penser que la politique  de ce grand pays se joue , se fait et se défait dans un cercle et un périmètre restreints comme si au sein de ce vaste Congo ,la République de la Gombe devait décider du sort et du destin du peuple congolais tout entier. Il faut savoir quitter le pouvoir comme il faut savoir quitter ses fonctions , aussi intéressantes et prestigieuses  soient-elles ". Pour tous les patriotes il s'agit, vu la gravité de la situation et le silence entretenu par Joseph Kabila de se mobiliser cette fois-ci pour en découdre une fois pour toutes avec un président sortant aveuglé par la détestation des congolais qui ne souhaitent qu' à vivre décemment dans leur pays au lieu d'être souvent confrontés à la malédiction des ressources naturelles.
Ce qu'il faut souligner dans le cas de la Rdc, il est impératif de sortir d'une logique de l'expectative pour aller vers une logique de comportement. Nous devons saluer la société civile congolaise et l'Eglise catholique  qui jouent bien leur rôle et veillent à l'information de la population et surveillent les actions de la Ceni dans l'intérêt de la population tout comme le processus électoral. D'autres groupes de pression peuvent aussi se joindre à la démarche de la société civile en veillant  au respect de la constitution, notamment les mouvements des étudiants , des jeunes diplômés au chômage . Dans le cadre d'alternance politique , tous ces groupes de pression sont déterminants dans la lutte du renouvellement des élites au pouvoir .Malgré toutes les tentatives de Mr Joseph Kabila de tuer le quatrième pouvoir qui est la presse, nous exhortons nos frères journalistes de continuer d'assumer leurs responsabilités dans cette période de tous les risques , celle qui précède les élections globales en Rdc.
Aujourd'hui la problématique d'alternance politique en Rdc résulte de plusieurs facteurs dont l'absence des leaders ayant de nouvelles pratiques et idées politiques , des élites congolaises corrompues depuis des décennies qui restent esclaves de la politique du nivellement par le bas et frileuses au changement pour conserver leurs privilèges. Face à ces résistances, il est impératif que la mobilisation au changement avant les élections soit nationale et que toutes les ONG parlent d'une même voix : "  Kabila dégage ". Les mouvements des étudiants doivent faire feu de tout bois dans cette bataille du renouvellement des élites au pouvoir . Tout est permis pour réussir l'alternance politique dans notre Congo grâce à la nouvelle génération des congolais qui sont connectés aux réseaux sociaux qui confortent aujourd'hui leur rôle puissant à transmettre un message à des millions de personnes en un temps record et constituent une sorte de caisse de résonance sans équivalent .Nul n'ignore que le téléphone portable et autres smartphones ont contribué en très grande partie au succès des révolutions qu' a connu l'Egypte.

[Professeur  Florent  Kaniki]

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