jeudi 23 juillet 2015

Cpi: Pourquoi la liberté provisoire a encore été refusée à Gbagbo

Pour la 9ème neuvième fois, la Cour pénale internationale (Cpi) a rejeté la demande de liberté provisoire formulée par l’équipe de défense de Laurent Gbagbo.

L’ex-président ivoirien demeurera donc en détention jusqu’au prochain examen de sa situation de détenu prévu dans les 120 prochains jours. C’est ce qu’a décidé Geoffrey Henderson, président de la Chambre de première instance de la Cpi. Dans un document en date du 8 juillet 2015 et rédigé en anglais, le juge trinidadéen a, une nouvelle fois, pointé du doigt l’existence d’un « réseau de soutiens » de Laurent Gbagbo qui pourraient constituer une entrave à sa participation au procès. « La Chambre est d'avis que les éléments fournis par l'Accusation, en particulier les appels à la libération de M. Gbagbo, un fait qui n’est pas nié par la Défense, illustrent clairement l'existence du réseau de soutien de M. Gbagbo. La Chambre est donc convaincue qu'il n'y a pas un changement de circonstances concernant le réseau de partisans de M. Gbagbo qui justifieraient une modification de son évaluation des risques en vertu de l'article 58 ( l) ( b ) ( i) et ( ii ) », indique Geoffrey Henderson. L’impact éventuel qu’aurait cette libération du « Woody de Mama » sur la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire n’est pas un argument suffisant, selon le juge Henderson pour justifier un départ de Laurent Gbagbo du centre pénitencier de Scheveningen. « La Chambre a précédemment jugé que ‘’les conséquences d'une éventuelle libération de M. Gbagbo sur le processus de réconciliation nationale’’ ne sont pas considérées comme pertinentes pour l'évaluation d’un changement de circonstances en vertu de l'article 60 ( 3 ) du Statut. La Chambre estime qu’il n’y a aucun changement de circonstances qui rendrait une modification de sa décision préalable nécessaire, dans la mesure où il demeure nécessaire pour M. Gbagbo d’être détenu pour assurer sa comparution au procès et veiller à ce qu'il ne fera pas obstacle à la procédure », ajoute le magistrat.
Dans ses dernières soumissions, Emmanuel Altit, avocat principal de Laurent Gbagbo, a proposé que son client soit, à tout le moins, placé en résidence surveillée. Cette proposition a également été rejetée par la Chambre de première instance. Poursuivi pour crimes contre l’Humanité commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011, Laurent Gbagbo, détenu à La Haye depuis le 30 novembre 2011, attend d’être jugé en même temps que Charles Blé Goudé, l’un de ses plus fidèles lieutenants. Le procès, sauf changement, est prévu pour s’ouvrir en novembre 2015.
Abraham KOUASSI
linfodrome.com

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