jeudi 17 novembre 2011

Corruption au Cameroun : la Conac dénonce les pilleurs des biens publics

(Afrik.com 17/11/2011)
La commission nationale anti-corruption (Conac) préconise de toute urgence, la poursuite des coupables.
Dans un rapport-bilan des deux années d’enquête (2008 -2010) la Conac a présenté au public les grands lieux de la corruption au Cameroun et quelques présumés coupables dans divers secteurs de l’administration.
La Commission nationale anti-corruption (Conac), a dévoilé les secteurs où la corruption a fait son nid au Cameroun. Parmi eux : les travaux publics, notamment la construction de l’axe Ayos-Bonis dans la région de l’Est, le fonctionnement des projets agricoles à l’instar du projet maïs et surtout dans les trésoreries générales. Cependant le secteur de la Poste a également été indexé à travers la Cameroon postal services (Campost).
Le secteur routier gangréné
Selon le rapport de la Conac, la construction des routes au Cameroun est le lieu même de la corruption et l’axe Ayos-Bonis est le marché public où la corruption a été à son plus haut niveau. La Conac dit avoir relevé de nombreuses irrégularités dans la gestion des commissions de passation des marchés de ce ministère et a recommandé des poursuites judiciaires à l’encontre des responsables de ces actes. En réaction à ce rapport, le Ministre en charge de ce département ministériel, Bernard Messengue Avom, a indiqué, à travers un communiqué, qu’il n’a pas eu l’opportunité de s’expliquer sur le sujet et n’a pas vu ce rapport pour y réagir en vertu du principe du contradictoire. Enfin, il indique qu’un audit financier contradictoire a été commandé à un cabinet international, ses résultats sont attendus et ils seront rendus publics.
Pour Kah Walla, présidente du Cameroon People’s Party (CPP), le rapport de la Conac confirme ce que de nombreux analystes ont déjà annoncé, à savoir que 30% du budget de l’Etat du Cameroun va dans les poches des individus. Et pour elle, « Notre gouvernement manque de la volonté et de la capacité à lutter contre la corruption ».
En dehors du pillage des biens publics, le rapport de la Conac présente également les cas de vols et braquages avec effraction qui ont été perpétrés dans certains bureaux administratifs. C’est en tout 19 postes comptables qui ont été cambriolés dans trois régions dont le Littoral, le Centre et le Nord-ouest. La somme totale de 178 millions de FCFA a été emportée. A ce sujet, une liste de comptables coupables a été publiée par la Conac. On en dénombre 33 parmi lesquels une femme. La région du Littoral détient la palme d’or des détournements, plus de 3 milliards de francs CFA ont été détournés à la trésorerie générale de Douala en seulement 6 mois.
Poursuites judiciaires
La Conac demande que des poursuites judiciaires soient engagées à l’encontre de certaines personnes impliquées dans la gestion de l’entreprise en charge de la poste, la Cameroon Postal Services (Campost). L’une des recommandations de la mission qui s’est rendue à la Campost est : « le déclenchement de poursuites judiciaires contre toutes personnes impliquées dans les détournements : il s’agit de Paul Atanga Nji, Jean Pierre Amougou Belinga, Charles Tawamba, Jean Damasse Hongla, Messi, Nnoko Ajong, Esposito, Siewe Ngongang et Prudenciano Nsoa. »
Depuis la présentation du rapport de la Commission nationale anti-corruption, aucune des personnes indexées ne s’est exprimée, en dehors du ministre des Travaux Publics Messengue Avom.

MERCREDI 16 NOVEMBRE 2011
PAR DOROTHÉE NDOUMBÈ

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