dimanche 3 mai 2015

Au Burundi, le gouvernement voit désormais les manifestants comme « des ennemis du pays »

Des Burundais passent, le 2 mai, devant les restes d'une voiture calcinée, vestiges des affrontement violents qui sont survenus la veille dans la capitale, Bujumbura.
Les attaques du vendredi 1er mai à Bujumbura sont liées au mouvement de contestation « terroriste » qui agite le Burundi depuis une semaine, a affirmé samedi 2 mai l'exécutif du pays. Trois personnes, dont deux policiers, ont été tuées en début de soirée à Kamenge, quartier périphérique nord-est de la capitale, où deux grenades ont été lancées avant que retentisse une salve de tirs d'armes automatiques. Quasi simultanément, une autre grenade a visé des officiers dans le centre-ville. Au total, 17 personnes, dont 13 policiers, ont été blessées.
Selon le ministre de la sécurité publique, les auteurs de ces assauts sont nécessairement associés à « ceux qui disent manifester », car « ils considèrent la police, qui est en train de ramener la paix et la sécurité, comme leur ennemie ». Dans un enregistrement vidéo en langue nationale kirundi, diffusé samedi devant la presse, il a ainsi promis que les « tueurs » seraient arrêtés. « Dès aujourd'hui, nous ne verrons plus des manifestants, mais des malfaiteurs, des terroristes, et même des ennemis du pays. »

« En profiter pour réfléchir »

Cependant, d'après plusieurs observateurs, il est peu probable que des jeunes participant aux rassemblements de protestation aient pu âtre à l'origine de ces agressions. Celle de Kamenge relève d'une véritable opération commando et a été mise en œuvre dans un quartier épargné par la contestation. Quant au centre-ville de Bujumbura, il est totalement interdit aux manifestants, contenus par la police dans les quartiers périphériques.
Depuis le 26 avril, un mouvement de contestation agite la capitale après la désignation du président Pierre Nkurunziza comme candidat de son parti à la présidentielle du 26 juin. Les protestataires estiment anticonstitutionnel un troisième mandat de l'actuel chef de l'Etat, élu en 2005 et réélu en 2010.
Lire aussi les explications (édition abonnés) : Burundi : violences après l’annonce de la candidature du président
Les attentats de vendredi sont survenus peu après que le Collectif contre un 3e mandat, qui regroupe un millier d'associations de la société civile et les deux centrales syndicales du pays, eut annoncé une trêve de deux jours des manifestations. Il a appelé M. Nkurunziza à « en profiter pour réfléchir » et à « renoncer » à sa candidature d'ici à lundi.

lemonde.fr

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