jeudi 28 mai 2015

Madagascar : la destitution du président bientôt examinée

La Haute cour constitutionnelle (HCC) de Madagascar a indiqué jeudi qu’elle se prononcerait "le plus rapidement possible" sur la destitution du président Hery Rajaonarimampianina votée mardi soir par les parlementaires, lors d’un scrutin dont ce dernier conteste la régularité.
"Il n’y a pas de délai (imposé par la loi, ndlr). On va statuer le plus rapidement possible", a déclaré à l’AFP le président de la Haute cour Jean Eric Rakotoarisoa. "On va examiner la requête d’abord et puis on verra la suite après", a-t-il ajouté.
Selon la lettre de la Constitution, c’est la Haute Cour de Justice qui aurait dû trancher sur la déchéance du chef de l’État.
Mais cette cour n’est pas encore opérationnelle : ses membres ne sont pas au complet et ceux déjà élus n’ont pas prêté serment.
Ce retard dans la mise en place de cet organe constitutionnel est l’une des raisons mises en avant par les députés hostiles au président pour le renvoyer, profitant de ce qu’il est isolé politiquement et contesté pour le manque de résultats de son action depuis janvier 2014.
M. Rajaonarimampianina conteste cependant la légalité du vote des députés appelant à sa destitution. "Je me pose des questions sur le respect des procédures légales, sur le respect de la transparence. Il y a eu des suspicions de corruption", a-t-il contre-attaqué mercredi, quelques heures après le vote.
Une très large majorité de 121 députés malgaches avaient voté mardi soir la destitution du président démocratiquement élu en 2013, alors qu’une majorité des deux tiers de 101 voix était nécessaire.
Or, selon M. Rajaonarimampianina il n’y avait que 80 députés en séance.
Si la Cour devait confirmer la destitution du président, des élections partielles pourraient voir s’affronter Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, les deux hommes forts de Madagascar dont la rivalité paralyse la vie politique depuis que le second a renversé le premier en 2009.
MM. Rajoelina et Ravalomanana, qui ont en commun de s’être lancés en politique après avoir fait fortune dans le privé, cherchent tous les deux à pousser leur avantage.
M. Ravalomanana a notamment placé son épouse Lalao comme candidate aux élections municipales du 31 juillet pour la mairie de la capitale, Antananarivo. Il a aussi repris la direction de son parti, TIM.
Il avait pris de court les chancelleries africaines et occidentales en revenant d’exil fin 2014, en catimini et sans son passeport - consigné auprès des autorités sud-africaines - avant de fêter son retour devant des partisans par des propos incendiaires qui lui ont valu plusieurs mois d’arrêts domiciliaires.

clicanoo.re

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