(Xinhuanet 13/05/2011)
HARARE -- Le dernier incident dans le processus d'élaboration de la Constitution causé par le retrait du parti du Premier ministre Morgan Tsvangirai peut retarder davantage la tenue d'un référendum prévu à la fin de cette année et risque de repousser le programme loin en 2012.
Les retards dans la tenue du référendum sur la nouvelle Constitution auront également un effet négatif sur le plan du président Robert Mugabe d'organiser des élections cette année.
Le MDC de M. Tsvangirai s'est retiré du processus de mercredi en raison des divergences sur la méthodologie à utiliser dans l'organisation des données recueillies pendant la campagne de collecte des points de vue des citoyens et d'autres parties interessées.
Les comités thématiques organisent des données avant la rédaction de la Constitution.
Le retrait, même s'il devrait être temporaire, montre les problèmes que le Comité parlementaire sur la Constitution (COPAC) a subi, depuis le début du processus en 2009 avec les allégations de violence et d'intimidation portées contre les parties Tsvangirai et Mugabe.
Le co-président du COPAC représentant le parti de M. Tsvangirai, Douglas Mwonzora, dont les propos ont été cités, a affirmé que la Zanu-PF de M. Mugabe refusait d'appliquer un précédent accord portant sur une analyse qualitative des données collectées au lieu d'une analyse quantitative.
Il a indiqué que son parti, ainsi que la plus petite faction du MDC dirigée par Welshman Ncube, a rejeté la dernière proposition de la Zanu-PF, conduisant à l'impasse.
"L'impasse actuelle a été provoquée par la décision soudaine de la ZANU-PF d'aller à l'encontre d'une résolution claire du comité de gestion", a déclaré M. Mwonzora à la radio SW.
Le porte-parole de la Zanu-PF, Rugare Gumbo, a cependant indiqué que le processus va se poursuivre sans la participation du plus grand parti MDC, même si le parti de M. Ncube n'a pas encore proposé une position sur la question.
M. Gumbo a accusé le MDC de bloquer le processus car il craint la défaite lors des prochaines élections, estimant que c'était en réalité ce parti qui opérait un volte-face sur un accord antérieur pour une analyse quantitative des données.
Le processus d'élaboration de la Constitution a été critiqué par certains milieux dans le pays, y compris le Congrès des syndicats du Zimbabwe et l'Assemblée nationale constituante, qui ont estimé que le processus n'était pas mené par le peuple.
Ces organisations avaient déjà menacé de faire campagne pour le "non" lorsque la Constitution sera finalement présentée à la population lors d'un référendum.
Le chercheur Donnan Gwashu doute que le processus puisse produire des résultats crédibles, indiquant que les législateurs auraient dû simplement rédigé une nouvelle Constitution et la soumettre à l'approbation du peuple, au lieu de recueillir des avis lors des rassemblements.
Le maître de conférences en sociologie à l'Université d'Afrique a déclaré à Xinhua que les législateurs auraient dû simplement faire des propositions constitutionnelles puisqu'ils en avaient mandat.
"En 2008, les Zimbabwéens sont allés aux urnes après une série d'amendements constitutionnels ont été déployés pour élargir l'Assemblée et rétablir le Sénat. Les gens n'ont jamais été directement impliqués dans ces modifications. Le parlement existant avait jugé capable de représenter le peuple dans la révision constitutionnelle.
"Lors des élections couplées de 2008, les électeurs ont élu les membres de l'Assemblée et du Sénat. Par ce biais, nous avons constitutionnellement délégué le pouvoir à ces institutions. La Constitution fait partie de ces lois, elle est la principale," a-t-il déclaré.
Le premier projet de Constitution d'après l'indépendance préparé en 1999 avait été rejeté l'année suivante après que des groupes civiques et le parti de M. Tsvangirai, alors dans l'opposition, eurent soutenus que le texte accordait trop de pouvoir au président.
Le processus actuel est un produit de l'Accord politique global de partage du pouvoir qui a donné naissance au gouvernement inclusif en 2009.
Le COPAC avait commencé ses travaux par la tenue de la première conférence de toutes les parties prenantes en 2009, qui a vu les premières perturbations avant que le processus ne soit proposé à la population par le biais des campagnes de sensibilisation, au cours desquelles des scènes de violence ont éclaté dans certains sites.
Le téléchargement de données s'est déroulé sans heurt, mais de travail thématique en cours a été frappé par le retrait du MDC.
Même si le MDC revient dans le comité d'élaboration de la Constitution, beaucoup de travail reste à faire, en commençant par la rédaction de la nouvelle loi, puis la tenue d'une autre conférence avec tous les intervenants, suivie par le débat du projet de loi au Parlement avant qu'il ne soit présenté au peuple par référendum.
Bien que la feuille de route ne le mentionne pas, un certain temps devrait aussi être accordé aux citoyens pour étudier le projet avant le référendum.
Les nouvelles perturbations ne peuvent pas être écartées lors de la conférence de tous les acteurs, des séances parlementaires et les étapes d'éducation à la citoyenneté. Avec la pression de M. Mugabe pour que le référendum se tienne cette année afin que les élections aient lieu peu de temps après, le COPAC travaille actuellement sur un calendrier très serré.
Le référendum a également été provisoirement prévu pour septembre, mais au regard du fait qu'il ne reste plus que quatre mois, cela devient de plus en plus irréalisable.
Par Chifamba Tichaona
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