lundi 7 février 2011

Rwanda - La Banque de Kigali tout près de la Bourse

(Les Afriques 07/02/2011)

Après une première phase de développement des infrastructures et de reconstruction nationale, l’économie rwandaise passe au challenge du développement. D’où la volonté du gouvernement de libéraliser le secteur bancaire.
Premier acte de la modernisation du système bancaire du Rwanda, la libéralisation. C’est ainsi que la Banque de Kigali (BK), déclarée « banque de l’année » par Financial Times, a annoncé la cession d’un quart des parts de l’Etat au privé. La cession se fera par introduction en Bourse, un tournant pour cette banque détenue par l’Etat à 66% et qui représente 26% des actifs bancaires et 26% des dépôts privés. Cette ouverture ne restera pas sans effet sur le secteur bancaire en entier, dominé actuellement par six banques commerciales locales.
De nouveaux arrivants sont signalés et devront, à terme, révolutionner le segment des particuliers. Le groupe kenyan KCB est déjà très actif, à travers sa filiale KCB Rwanda, sur le segment de la banque de détail. « Actuellement, le réseau des banques populaires et celui des coopératives de crédit se partagent 90% de ce segment, bien qu’elles ne détiennent que 25% du total des dépôts et des prêts en valeur », indique le bulletin Flash News nº 14, d’obédience gouvernementale.
A travers cette modernisation, c’est le développement du marché des capitaux qui est recherché. La Bourse de Kigali, effective depuis 2008, s’ouvrira bientôt aux investisseurs étrangers et, au terme des réformes, s’ouvrira davantage à l’épargne nationale disponible pour augmenter les capacités du financement. Bien que faible, le taux de bancarisation du Rwanda (estimé à 20%) est le triple de la moyenne enregistré dans les pays de l’UEMOA et de la CEMAC.
Afin d’encourager la bancarisation, Kigali a réduit les dépôts minima pour l’ouverture d’un compte courant et d’un compte d’épargne. Avec l’e-banking, la démocratisation de la banque ira en s’accélérant dans le monde rural, où vit 80% de la population.

Olivier Tovor, Togo
© Copyright Les Afriques

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire