jeudi 7 avril 2011

Côte d'Ivoire -L'ONU exhorte Gbagbo à «quitter le pouvoir»

(Le Parisien 07/04/2011)

WASHINGTON - Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté jeudi Laurent Gbagbo à "céder le pouvoir" avant qu'il ne soit "trop tard", au moment où le président ivoirien sortant était retranché dans le bunker de sa résidence d'Abidjan.
"Il est absolument nécessaire, avant qu'il ne soit trop tard, qu'il cède le pouvoir au dirigeant démocratiquement élu (Alassane) Ouattara", a déclaré M. Ban après avoir rencontré des sénateurs américains à Washington. "C'est sa dernière chance de sortir avec élégance de cette situation".
M. Ban, qui a rencontré le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, le démocrate John Kerry, a souligné que M. Gbagbo "devait avoir à l'esprit le bien-être, la sécurité et la prospérité de son peuple".
Mercredi, Nick Birnback, porte-parole des opérations de maintien de la paix des Nations unies, avait assuré que Laurent Gbagbo continuait de parler avec des représentants étrangers d'une éventuelle reddition.
Soutenu par le dernier carré de ses fidèles lourdement armé et terré dans son bunker, Laurent Gbagbo refuse de se rendre. Déployée à l'extérieur comme à l'intérieur de la résidence présidentielle, sa garde républicaine a réussi mercredi à repousser l'assaut des combattants de Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale. SUR LE MÊME SUJET
Isolé, Gbagbo négocie une éventuelle redditionTous les yeux fixés sur le bunker de GbagboZAPPING : «Le départ de Gbagbo est une question d'heures»Ouattara : «Gbagbo s'en ira tôt ou tard»Durant la nuit de mercredi à jeudi, la force française Licorne a de nouveau frappé des objectifs militaires près de la résidence, tout en portant secours aux diplomates japonais.
Abidjan est livrée aux pillards, les cadavres ne sont pas ramassés, le système de santé s'est effondré, l'eau et l'électricité sont souvent coupées et les réserves de nourriture baissent rapidement.
20h05. «Monsieur Gbagbo n'existe plus, il est enfermé dans sa cave». Jean-Marc Simon, l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire déclare au micro de France 24 : «Il n'y aucune négociation avec Monsieur Laurent Gbagbo. Monsieur Laurent Gbagbo n'existe plus, il est enfermé dans sa cave». Les conversations se font à travers des responsables qu'il a nommés, à savoir «des fonctionnaires ou des chefs militaires», poursuit le diplomate.
19h35. Des Casques bleus à Cocody. L'Onuci a dépêché des soldats dans le quartier de Cocody, où Gbagbo serait retranché, selon l'agence Reuters. A priori elle ne devrait pas intervenir.
19h30. Une allocution d'Alassane Ouattara est attendue vers 22 heures sur une chaîne ivoirienne, selon jeuneafrique.com.
18h50. Pas d'amnistie pour les crimes relevant de la CPI. Les crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) ne peuvent pas faire l'objet d'une amnistie, souligne le bureau du procureur de la CPI, interrogé sur une éventuelle amnistie du président Gbagbo.
18h40. Alpha Blondy : «Essayer de sauver le soldat Gbagbo». Dans une interview accordée à France 24, le chanteur ivoirien, en tournage actuellement, appelle ses proches à Abdijan chaque fois qu'il le peut. S'il souhaite le départ de Laurent Gbagbo, il ne veut pas sa mort. S'il était tué, il n'y aurait pas de paix possible selon lui.
18h15. Le secrétaire général de l'ONU exhorte Laurent Gbagbo à «quitter le pouvoir». «Il est absolument nécessaire, avant qu'il ne soit trop tard, qu'il cède le pouvoir au dirigeant démocratiquement élu Ouattara», déclare Ban Ki-moon, a déclaré M. Ban après avoir rencontré des sénateurs américains à Washington. «C'est sa dernière chance de sortir avec élégance de cette situation», conclut-il.
16h55. Des mercenaires défendent la résidence présidentielle. Des mercenaires étrangers participeraient à la défense rapprochée de Laurent Gbagbo, selon jeuneafrique.com. Il pourrait s'agir de soldats angolais, d'après le site. Le porte-parole du ministère angolais des Affaires étrangères qui avait dit hier que «Gbagbo a été élu constitutionnellement» mais il est revenu sur ses propos : «L'Angola n'a pas à prendre de position.»
16h35. A Cocody, des cadavres dans les rues. «Des rues sont jonchées de corps inertes, notamment dans le quartier de Cocody Ambassade», rapporte le site de «Jeune Afrique». «Les pompes funèbres étant fermées, certains habitants ont entrepris de brûler les corps pour se préserver des épidémies», poursuit le site.
15 heures. «Paris dans une logique de diminution» de ses effectifs militaires en Afrique. «Nos militaires en Afrique sont absolument décidés à devenir de plus en plus des coopérants et de moins en moins des intervenants», déclare le ministre de la Défense, Gérard Longuet. La France est «dans une logique de diminution» de ses effectifs militaires en Afrique, au profit d'"un partenariat de conseil, d'encadrement et de formation» avec les pays africains», poursuit le ministre.
14 h10. Les forces de Licorne et de l'ONUCI patrouillent. Une dizaine de véhicules blindés de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) et de la force française Licorne patrouillent dans le quartier du Plateau où se situe le palais du président sortant. Depuis le début de la bataille d'Abidjan il y a une semaine, ces patrouilles terrestres étaient très rares, le quartier étant jusque-là sous un étroit contrôle des militaires restés fidèles à Laurent Gbagbo.
14 heures. L'opération à l'ambassade du Japon s'est déroulée «sans problème particulier» . L'opération d'exfiltration de l'ambassadeur du Japon par la force française Licorne s'est déroulée «sans problème particulier» et «a duré moins d'une heure», relate le porte-parole de l'état-major français, le colonel Thierry Burkhard, vidéo du Sirpa à l'appui (ci-dessous). L'ambassadeur Yoshifumi Okamura s'était réfugié «dans une pièce sécurisée». En moins d'une heure, l'ambassadeur et ses collaborateurs on été évacués vers Port Bouët» ,rapporté le colonel Burkhard.
13 heures. Après l'impasse politique et l'enlisement militaire, l'urgence humanitaire. «La jadis prospère capitale économique est livrée aux pillards, les cadavres ne sont pas ramassés, le système de santé s'est effondré, l'eau et l'électricité sont souvent coupées et les réserves de nourriture baissent rapidement. On entend des tirs sporadiques d'armes lourdes et légères autour du palais et de la résidence de Laurent Gbagbo», rapportent des habitants et des journalistes .
12h 40. «La France pourra fournir des informations à la Cour pénale internationale (CPI)» affirme Gérard Longuet. Le ministre de la Défense rappelle que la force française Licorne en Côte d'Ivoire est déployée dans la seule capitale économique, Abidjan, en appui de la mission de l'ONU, l'Onuci reste présente pour sa part dans tout le pays.
12heures. «Gbagbo dispose d'un petit millier d'hommes à Abidjan et de 200 à sa résidence» indique le ministre français de la Défense Gérard Longuet.
11h 27. Alain Juppé réfute le terme de «guerre» pour la France en Côte d'Ivoire. «En Afghanistan, on fait d'une certaine manière la guerre. En Côte d'Ivoire, on ne fait pas la guerre», insiste le chef de la diplomatie française, lors d'une audition devant des sénateurs. «On n'est pas en train de s'attaquer à une armée hostile contre laquelle nous mènerions combat. Nous soutenons l'intervention de l'Onuci (force de l'Onu) pour protéger les populations civiles».
11heures. «La France s'ingère dans un conflit intérieur» déclare le ministère russe des Affaires étrangères. «Il faut absolument régler les aspects légaux de l'action des troupes de maintien de la paix de l'ONU et du contingent français en Côte d'Ivoire, qui se sont ingérées dans un conflit intérieur en soutenant l'une des parties», souligne-t-il en précisant que ces troupes «sont obligés de rester neutre et de respecter le mandat fixé dans les résolutions du Conseil de sécurité» qui prévoient des actions militaires limitées à la protection des populations civiles.
10h 27. «La chute de Gbagbo interviendra inéluctablement». Le chef de la diplomatie française affirme jeudi que la chute du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo interviendrait «inéluctablement», sans se risquer à dire si ce serait une question de jours ou de semaines.
10 heures. Selon Alain Juppé, Israël demande à la France d'exfiltrer ses diplomates.
7 heures. «Le chaos sévit dans les rues d'Abidjan. La seule loi qui règne est celle des milices. Les habitants manquent de tout. Dans les échoppes, les denrées font défaut. L'eau est coupée depuis deux jours dans certains quartiers et on ne trouve plus que du manioc» témoigne l'envoyé spécial de RTL.
6h40. Le Japon salue l'action de la France et des Nations unies. «Grâce à l'aide de l'armée française et des Nations unies, l'ambassadeur a été secouru avec sept autres collaborateurs», déclare un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Tokyo. L'ambassadeur Yoshifumi Okamura et ses collaborateurs ont été ensuite mis en sécurité au camp militaire français de Port-Bouët.
2 heures. Washington estime qu'Alassane Ouattara saura unir le pays. Alassane Ouattara, qui fait face à «des tâches immenses», commencera par appeler les Ivoiriens à s'unir, a estimé mercredi un responsable américain, en exprimant sa confiance dans la réussite du président ivoirien, reconnu par la communauté internationale.
0h40. La force Licorne ouvre le feu. Au moins un blindé a été «neutralisé» par un tir de Licorne dans la caserne de la Garde républicaine voisine de la résidence de M. Gbagbo, lors de l'opération de sauvetage de l'ambassadeur du Japon.
0h20. A la demande de l'ONU et du Japon, les forces françaises hélitreuille l'ambassadeur du Japon et ses collaborateurs. Sur les toits de la résidence présidentielle, «des miliciens pro-Gbagbo ont installé des armes lourdes menaçant les ambassadeurs voisins et les populations civiles», indique un porte-parole de l'Onu.

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