Vraisemblablement, l’horizon est toujours sombre pour le président centrafricain, François Bozizé. Puisque les négociations ouvertes le 9 janvier dernier à Libreville au Gabon entre le pouvoir centrafricain, les rebelles et l’opposition non armée, sous les auspices du médiateur congolais Dénis Sassou Nguesso, n’ont véritablement accouché de rien.
On voyait d’ailleurs les choses venir depuis l’arrivée sur les côtes centrafricaines d’une frégate sud-africaine dont on sait que la mission essentielle est de protéger le régime de Bangui. Est-ce la solution ? Ne vaut-il pas mieux, à travers un dialogue ouvert et inclusif, chercher une solution durable que de passer le temps à compter sur un soutien extérieur qui, on le sait, fluctue suivant les intérêts du moment ? Peut-être le président Bozizé s’inspire-t-il de l’exemple de son voisin Idriss Déby qui, jusqu’à la dernière minute, avait résisté aux rebelles tchadiens, alors même que ceux-ci avaient assiégé N’Djamena, la capitale. A l’époque, la situation était si délicate que la France, on s’en souvient, s’était même proposée d’exfiltrer le président Déby qui, on ne sait par quel coup de baguette magique, a réussi à reprendre du poil de la bête.
Comparaison n’est pas raison puisque Idriss Déby est un stratège militaire contrairement à François Bozizé qui n’est qu’un maquisard venu du néant. En tout cas, les jours à venir promettent d’être chauds, d’autant que les rebelles, forts de leur position sur le terrain, n’accepteront pas facilement de lâcher prise. Même s’il est vrai qu’en brandissant l’épouvantail de la CPI, ils courent le risque de braquer le président Bozizé qui fera désormais feu de tout bois pour s’accrocher au pouvoir. Pour l’heure, on attend de voir si la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) qui appelle de tous ses vœux à un accord de cessez-le-feu pourra ramener tous les protagonistes autour d’une même table afin de trouver un compromis.
Boundi OUOBA
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