Malgré la grisaille, tout Lubumbashi a vibré le dernier week-end. Plus d’un million de citoyens, aux dires des médias, ont battu le pavé pour dissuader le gouverneur de province, Moïse Katumbi, de s’offrir « prématurément » une retraite politique. Côté mobilisation, il y a de quoi rendre fous et jaloux les adversaires du gouv’ candidat à la retraite. Coincés dans leurs petits souliers, ces envieux passés maîtres ès parasitisme politique, ont eu de la peine à zapper pour éviter les images à la télévision.
Mais, posons deux questions qui vaillent la peine. Primo : que perdrait Moïse en mettant sa menace à exécution à la fin de l’actuel mandat, lui qui a boycotté les législatives de novembre 2011 ? Secundo : que gagnerait-il, au contraire, à accéder à la pression de ses supporteurs, en postulant l’année prochaine aux élections provinciales ?
A la première interrogation, le compte s’annonce très positif pour le futur ex-politicien. Il retrouverait avec plaisir sa liberté de mouvement et de chef d’entreprise, hypothéquée 5 ans durant par le concubinage politique. Il tournerait le dos aux caïmans qui infestent le marigot empesté de la politique du ventre. Il se consacrerait avec rage à son business traditionnel, réservant le meilleur de son temps libre au foyer. Aux employés. Aux amis. A son Kashobwe City. Bref, il sortirait vivant, mais moralement épuisé, des intrigues politiciennes.
A la deuxième question, la réponse est variée. D’un côté, ses adversaires intimes l’accuseraient en haut lieu d’avoir manipulé le millier de fans qui se sont mobilisés pour l’implorer de garder le pouvoir. Ils fabriqueraient le discrédit, même artisanalement, pour l’enterrer vif. De l’autre, ne détenant aucune garantie d’être « nommé » – oui, nommé – par Kinshasa en qualité de gouverneur de province en 2012, il risquerait d’être rôti comme dindon de la farce. A quelles armes de destruction massive recourraient ses adversaires-ennemis pour l’achever sans trace? Impossible de pronostiquer.
Arrêtons de spéculer. Moïse, seul, doit savoir gérer son avenir. Très circonspect jusqu’ici, il n’a pas braillé au microphone pour expliquer ses déboires en politique ou dénoncer ses bourreaux. Néanmoins, on le sent tellement désabusé par les collègues politiques qu’il ressent un vrai dégoût à leur endroit.
Les cinq ans de gouvernorat auront été une expérience, certes traumatisante, dans le parcours d’un jeune homme d’affaires généreux qui voulait embrasser la politique.
Direct.cd © 2011

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