vendredi 28 octobre 2011

Libye - Fin de l'opération de l'Otan

(Sud Ouest 28/10/2011)

Malgré les demandes de prolongation du Conseil national de transition, l'ONU met fin à l'intervention de l'Otan au 1er novembre.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, hier, à l'unanimité, une résolution qui met fin au mandat autorisant le recours à la force en Libye, malgré les appels du gouvernement de transition.
Mercredi, le Conseil national de transition (CNT) avait demandé le maintien des forces armées dans le pays au moins « jusqu'à la fin de l'année », craignant des représailles des derniers fidèles de Mouammar Kadhafi. Il a déclaré la « libération » formelle du pays le dimanche 23 octobre, trois jours après la mort de l'ex-dirigeant libyen.
Sept mois après le début de l'intervention contre le régime de Kadhafi, la résolution met fin à la zone d'exclusion aérienne et à l'autorisation du recours à la force pour protéger les civils, à compter du 1er novembre. Elle allège également l'embargo international sur les armes, afin que le CNT puisse en acquérir pour assurer la sécurité nationale.
Par ailleurs, cette décision met fin au gel des avoirs de la compagnie nationale du pétrole, la Zueitina Oil Company, de même qu'aux restrictions visant la banque centrale, la Libyan Arab Foreign Bank, la Libyan Investment Authority et le fonds d'investissement Libyan-African Investment Portfolio.
Le feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU, en février et en mars, pour une zone d'exclusion militaire et des frappes aériennes, avait divisé les 15 pays membres. La Russie, la Chine, l'Afrique du Sud, le Brésil et l'Inde avaient accusé l'Otan d'outrepasser le mandat qui lui avait été donné.
L'Otan, qui avait pris en charge les opérations militaires, doit se réunir aujourd'hui à Bruxelles pour déclarer officiellement la fin des frappes aériennes. Elle a indiqué qu'elle chercherait de nouvelles voies pour aider le CNT dans le domaine de la sécurité.
Une période transitoire
Dans sa résolution, le Conseil réitère la nécessité d'une période de transition « orientée vers l'engagement à la démocratie, la bonne gouvernance, l'exercice de la loi, la réconciliation nationale et le respect des droits de l'homme et les libertés fondamentales du peuple de Libye ». De son côté, Alain Juppé avait estimé, mercredi, qu'il fallait trouver « une autre façon d'accompagner la transition » en Libye.
L'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, a exprimé la « fierté » de son pays pour avoir pris part aux opérations. « Il s'agissait de la libération de la Libye avec le soutien de tous les pays qui voulaient être partie prenante à cette expérience magnifique », a-t-il dit. L'ambassadrice américaine Susan Rice a, quant à elle, parlé d'« une perspective d'une Libye libre et participative avec la participation de tout le peuple, quels que soient le sexe et la religion ».
Sans référence explicite aux conditions floues de la mort du colonel Kadhafi, les Quinze « exhortent les autorités libyennes à se garder de toutes représailles, y compris les détentions arbitraires (et) les exécutions extrajudiciaires ».

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