mardi 11 octobre 2011

Paul Biya dans les médias français

Présidentielle 2011. Les médias étrangers ont couvert l’élection camerounaise. Chacun à sa manière. Avec un consensus sur le candidat président.

Hier, la page d’accueil de Yahoo.fr présentait Paul Biya en haut des tendances du jour de son moteur de recherche. C’est la deuxième fois, en trois semaines à peine, que Paul Biya arrive en tête de ce classement très sélect.
Le 15 septembre dernier, le jour même de l’ouverture du congrès ordinaire du Rdpc, le parti au pouvoir, c’était déjà le cas. Quoiqu’anecdotique, cette tendance est révélatrice de l’intérêt que la presse internationale, notamment française, a porté et porte encore à l’endroit du candidat président. C’est que, Paul Biya est en passe d’être élu pour la 6ème fois en 29 ans de pouvoir.
Tir groupé
Le Monde, puis L’Humanité et enfin le Canard enchaîné ont fustigé le « trop » long règne de Paul Biya. Dans Le Monde du dimanche 25 au lundi 26 juillet 2011, sous le titre : «Cameroun, le pouvoir confisqué », le quotidien français avait sonné la première charge. Dans un mini-dossier de deux pages publié dans le supplément « Géopolitique », Christophe Chatelot, présente un pays dirigé d’une main de fer par un président qui, après environ trente ans au pouvoir, n’est pas près de s’arrêter. Quelques jours plus tard, c’est au tour de L’humanité de prendre le relais. Dans un article fleuve publié dans l’édition du 05 septembre et intitulé « Cameroun : Paul Biya dictateur en campagne », le quotidien du parti communiste français, sous la plume de Rosa Moussaoui, n’a pas loupé l’occasion de l’élection camerounaise pour raviver le débat des relations sulfureuses entre la France et une certaine Afrique. Un véritable tir groupé auquel a participé le Canard enchaîné. Dans sa rubrique « Prises de bec », et sous la plume Jean-François Julliard, le quotidien satirique a dressé un portrait peu flatteur de Paul Biya, dénonçant au passage un intermittent du pouvoir, à cause de ses longues absences du pays, la restriction des libertés et bien d'autres travers. Le Monde Diplomatique, sous la pression de la société des rédacteurs, avait décliné un publi-reportage sur le Cameroun commandé par le cabinet civil de la présidence de la République.
Africa 24
Le bouquet a été réalisé par Jeune Afrique. L’hebdo de Béchir Ben Yahmed a barré la Une du numéro 2647 du 02 au 08 octobre 2011 avec un titre de choc : « Cameroun. Paul Biya jusqu’à quand ? ». François Soudan, dans un dossier encyclopédique et abondamment documenté, a offert à ses lecteurs les enjeux et les acteurs de l’élection de dimanche dernier, dont le « président inoxydable », Paul Biya, bien entendu. Morceaux choisis : «78 ans, 29 années au pouvoir… Ni le temps ni le sens de l'Histoire n'ont de prise sur le chef d'État camerounais ». Une semaine auparavant, l’éditeur de presse a publié un supplément gratuit sur le Cameroun.
Le même ton critique était observé dans les médias audiovisuels. Rfi, comme à son habitude, a dépêché un envoyé spécial à Yaoundé. Carine Franck est venue prêter main forte à Sarah Sakho, la correspondante permanente de Rfi au Cameroun. Durant toute la campagne, reportages et divers échos de la campagne, dont des interviews de candidats, sans oublier les chroniques salaces de Mamane, ont été servis à profusion aux auditeurs de la « radio mondiale ». France 24, la chaîne de d’information en continu de la télévision française a réalisé quelques reportages très panoramiques sur la Cameroun. Pour dire que Paul Biya s’en va gagner sans coup férir, que le Cameroun est chaudron en fission, que 1/3 de Camerounais vivent sous le seuil de pauvreté, et bien entendu, que Paul Biya est au pouvoir depuis 29 ans.
La timbale a néanmoins été décrochée par Africa 24. La chaîne d’information panafricaine a diffusé en continu à partir du Cameroun durant toute la campagne électorale. Dans un partenariat avec Stv et dont les contours sont encore à décrypter, la bande à Constant Nemale a offert une tribune à la plupart des acteurs de la présidentielle camerounaise. Reportages, débats, et même un journal présenté par Thierry Ngogang, ont été servis aux téléspectateurs. Démarche agressive d’une chaîne de télévision ou « commande publicitaire », pas un acteur pour dire de quoi il a été question.

Jacques Bessala Manga
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