(Afrique Avenir 08/08/2011)
Le Front social démocratique (SDF), le premier parti de l’opposition camerounaise, vient de changer d’option en appelant ses militants à s’inscrire massivement sur les listes électorales en vue du scrutin présidentiel d’octobre prochain.
C’est la principale résolution de la session, ce week-end à Bamenda (Nord-Ouest), du Comité exécutif national (NEC) de cette formation.
En septembre dernier, pourtant, le leader de cette formation, John Fru Ndi, annonçait le boycott de sa formation à ce rendez-vous.
Il estimait alors qu’Elections Cameroon (ELECAM), l’organe désormais en charge de la gestion des scrutins et des opérations référendaires dans ce pays, ne donnait pas «des garanties suffisantes quant à sa volonté et sa capacité à organiser des élections transparentes».
John Fru Ndi précisait également que tous les représentants de son parti, mandatés par ELECAM dans les commissions d’inscription sur les listes électorales et qui étaient déjà à pied d’œuvre dans certaines régions du Cameroun, avaient «été démissionnés».
Le 26 août 2010, le SDF avait par ailleurs posé 11 conditionnalités pour prendre part à la prochaine élection présidentielle.
Il s’agissait, entre autres, de la refonte des listes électorales, du respect scrupuleux de la loi portant création et organisation d’ELECAM, notamment les dispositions relatives à l’indépendance, à la neutralité et à l’impartialité des membres du conseil électoral et de la direction de la structure.
Le SDF exigeait la nomination, dans les meilleurs délais, de nouveaux membres du conseil électoral et de la direction générale d’ELECAM, l’application des mêmes dispositions à ses représentations régionales, départementales et communales, l’introduction de données biométriques dans l’établissement des listes et des cartes d’électeurs, de même que l’exclusion totale et sans ambiguïté du ministère de l’Administration territoriale dans le processus électoral.
Il demandait l’implication des partis politiques à tous les niveaux de prise de décisions, notamment au sein de toutes les commissions chargées de l’organisation et de la conduite des élections, l’utilisation d’un bulletin de vote unique, l’institution d’une élection présidentielle à deux tours et la dotation d’ELECAM d’une autonomie financière effective.
Le parti réclamait aussi la mise en place de dispositions précises interdisant l’engagement des fonctionnaires, des responsables publics et parapublics dans des campagnes électorales, et enfin la participation effective de la diaspora camerounaise aux échéances électorales.
Ces exigences n’ont jamais été prises en compte par l’administration et ELECAM.
FCEB/od/APA
2011-08-07 19
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