(Les Echos 11/07/2011)
Après vingt-deux ans de conflit avec le Nord et 2 millions de morts, le Sud-Soudan a proclamé, samedi, son indépendance, devant des milliers de sudistes en liesse. Une indépendance vite reconnue par la communauté internationale, à commencer par les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Union européenne et ses Etats membres. « Nous devons pardonner, même si nous n'oublierons pas », a déclaré le président du 54 e Etat africain, Salva Kiir. Le succès du Sud-Soudan « sera notre succès », a rétorqué Omar el-Béchir, devant un parterre de dirigeants étrangers qui ont cherché à éviter le président soudanais, sous le coup de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), notamment pour génocide. Khartoum a reconnu la République du Sud-Soudan dès vendredi.
La proclamation de l'indépendance ne règle cependant pas tout. Au Kordofan-Sud - seul Etat pétrolifère du Nord -, les violences ont repris début juin. Des milices y soutiennent le Sud, provoquant la colère de Khartoum. La région d'Abyei, elle aussi à la frontière du Nord et du Sud, est une autre zone de conflit. La confrontation couve en divers endroits, à la lisière entre le Nord et le Sud, là où sont installés les puits de pétrole. Le partage de cette richesse énergétique est une source de tension. Les trois quarts des réserves sont au Sud, mais le pétrole ne peut être acheminé qu'en passant par le Nord pour gagner la mer Rouge. Principal partenaire commercial du Soudan, la Chine a espéré que Nord et Sud soient « frères pour toujours » et la Russie a exprimé son « vif intérêt à travailler » avec le Sud-Soudan « pour développer et extraire les ressources naturelles ».
Le statut des citoyens du Sud qui résideront au Nord est un autre problème non réglé qui pourrait alimenter l'exode. Depuis octobre, selon les Nations unies, 360.000 sudistes ont gagné le Sud-Soudan. Inquiète de la résurgence des violences entre les deux Etats voisins, l'ONU a décidé vendredi d'envoyer 7.000 Casques bleus au Sud-Soudan.
MARIE-CHRISTINE CORBIER, Les Echos
11/07
07:00
Marie-Christine Corbier
Ecrit par
Christine CORBIER
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