Par RFI
Au Niger, deux jours après les déclarations du président Mahamadou Issoufou confirmant une tentative de putsch courant juillet, l'affaire demeure toujours très floue. Le chef de l'Etat a promis que l'enquête ira jusqu'au bout. Mais à Niamey, on reste quelque peu sceptique sur une tentative de déstabilisation qui arrive quatre mois seulement après l'installation d'un président démocratiquement élu
Les militaires soupçonnés de préparer le renversement du président nigérien sont toujours aux arrêts de rigueur, notamment le sous-lieutenant Hambaly. En revanche, le capitaine Issa Amadou Kountché, présenté un temps comme un des officiers impliqués dans cette affaire, serait mis hors de cause. Les autres qui appartiennent à la garde présidentielle ont déjà été entendus par la gendarmerie et la DGSE. Un civil est toujours en fuite.
Des documents compromettants ont été retrouvés dans l'ordinateur de certains d'entre eux, notamment un projet de conseil national pour la restauration de la démocratie populaire, un discours de proclamation de transition militaire, et même une liste des membres d'un gouvernement provisoire.
Selon nos informations, ces militaires sont actuellement en attente de sanctions disciplinaires avant d'être déférés devant la justice, devant un tribunal composé de juges civils et militaires. Le pouvoir a mis plusieurs semaines avant de confirmer officiellement cette information, via le chef de l'Etat lui même.
A Niamey, on hésite entre scepticisme et stupéfaction. Pour certains, il ne peut s'agir que d'une initiative isolée de quelques militaires aventuriers. Pour d'autres, cette tentative de putsch serait commanditée par des personnalités qui ont actuellement maille à partir avec la justice nigérienne à propos des détournements des deniers publics.
Certains voient surtout dans cette affaire une bonne occasion pour le président Mahamadou Issoufou de faire passer un message politique : rappeler sa détermination de lutter contre la corruption et sa volonté de rompre définitivement avec le passé.
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