Dix millions de personnes sont menacés de famine dans la Corne de l'Afrique. Les humanitaires appellent à l'aide
La corne de l'Afrique vit la pire sécheresse depuis soixante ans. Pour la deuxième année d'affilée, la saison des pluies a été quasiment inexistante. Selon l'Organisation des Nations-Unies, 3,2 millions de personnes sont touchées par la malnutrition au Kenya, 2,6 millions en Somalie, 3,2 millions en Ethiopie et 117 000 à Djibouti.
Flambée des prix des céréales
En zone rurale, les cultures et le bétail sont affectés. Les bêtes ne donnent plus de lait. La situation est très délicate en cette période de soudure, avant la prochaine récolte. Les prix des céréales ont flambé. "Le nombre de personnes prises en charge pour des problèmes nutritionnels est deux fois important qu'à la même époque l'an dernier", témoigne François Danel, directeur général d'Action contre la faim, en mission à Djibouti.
500 000 enfants en danger de mort
"Nous en sommes au stade d'urgence qui précède celui de la famine. Mais la situation peut évoluer", indiquait fin juin Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU. Les femmes et les enfants sont les premiers touchés. Selon l'Unicef, plus de deux millions d'enfants sont mal nourris et 500 000 en danger de mort.
Exode massif en Somalie
La sécheresse pousse les populations les plus fragiles à l'exode. "Nos équipes, basées notamment à Bardera, la région sud de la Somalie, constatent une arrivée en masse et dans de très mauvaises conditions de populations fuyant les conflits et la sécheresse, indique Bérengère Tripon, responsable géographique de Solidarités international pour la Corne de l’Afrique. Elles sont si faibles que nous avons déclenché des distributions d’aide alimentaire." Plus de 135 000 Somaliens ont quitté leur pays cette année, pour l'Ethiopie ou d'autres Etats frontaliers, eux-mêmes en situation d'urgence. Certains camps de réfugiés sont saturés.
Appel à l'aide d'urgence
Les agences de l'ONU (FAO, PAM) et les organisations non gouvernementales (Oxfam, Care, ACF) lancent un appel à l'aide auprès des gouvernements concernés et de la communauté internationale. L'urgence est la mise en place de programmes nutritionnels, en particulier pour les enfants, et à une stabilisation des prix alimentaires. L'arrivée massive de populations pauvres et affaiblies en ville pose le problème de l'accès à l'eau. "Dans les bidonville, il n'y a pas de système d'assainissement ou de toilettes, il y a des cas de choléra", s'inquiète François Danel.
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