vendredi 15 juillet 2011

Gabon - Crise au bureau de la commission nationale electorale autonome et permanente

(Le Post.fr 14/07/2011)

La Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP) comprend une structure centrale, le bureau, qui siège en permanence. Le Bureau est composé notamment suivant le principe de la parité Majorité/Opposition et demeure l’instance de décision de la commission.
Depuis le mois d’avril 2011, ce bureau traverse une crise qui paralyse son fonctionnement. Celle-ci est consécutive à la lettre du Ministre de l’Intérieur adressée au Président de la CENAP, René ABOGHE ELLA, à travers laquelle il s’étonnait que M. Gabriel NDZEMBI, Vice-président, représentant l’Opposition continue à siéger au sein du Bureau de ladite commission alors que l’Union Nationale, parti politique dont il est issu, a été dissout.
En effet, suite à la lettre du ministre de l’intérieur, le président de la CENAP a adressé, sans s’en référer au bureau qu’il préside, les courriers aux différents partis politiques de l’opposition en vue du remplacement du vice-président opposition. Les autres membres du bureau, tardivement informés sur cette affaire, n’ont pas hésité à faire observer au président l’illégalité de la procédure qu’il a engagée dans le traitement de ce dossier. En outre, ils ont relevé qu’il n’appartenaient ni au ministre de l’intérieur, ni au bureau et encore moins au président de traiter de la question du départ ou non d’un membre du bureau de la CENAP ; dès lors que l’article 12 de la loi 7/96 du 12 mars 1996 portant dispositions communes à toutes les élections politiques, modifiée, dispose que le vice-président de la CENAP, comme les deux autres représentants de l’Opposition, est choisi par les partis ou groupements de partis politiques reconnus de l’Opposition.
Malgré la position adoptée par la majorité des membres du bureau sur cette question, y compris ceux représentants la majorité, le président René ABOGHE ELLA, relayant la volonté du ministre de l’intérieur de faire partir M. Gabriel NDZEMBI et affirmant qu’il a des comptes à rendre à ce sujet, a unilatéralement suspendu les réunions du bureau depuis avril 2011, tant que ce dernier demeure à son poste, bloquant ainsi le fonctionnement de l’institution.
Nous apprenons que n’ayant pas pu faire remplacer le vice-président opposition, dont-on connaît le rôle joué à l’élection présidentielle anticipée de 2009, le président de la CENAP s’attribue actuellement le pouvoir de prendre des décisions en dehors du seul cadre fixé par la loi 7/96 qui dispose en son article 15 qu’en période normale, les décisions sont prises par les membres du bureau. En l’occurrence, il s’apprêterait à nommer sans s’en référer au bureau les superviseurs CENAP devant faire parti des commissions administratives, en vue de la révision dit-on très prochaine des listes électorales.

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