lundi 11 juillet 2011

Sénégal, Tchad - Extradition de Hissène Habré: le Sénégal recule

(Tribune de Genève 11/07/2011)

Suite aux pressions internationales, le Sénégal fait marche arrière. Il n'extradera pas l'ex-dictateur tchadien vers N'Djamena. L'ONU se félicite d'une telle décision.
Partira, partira pas ? Comme attendu, le Sénégal n'a pas mis à exécution sa décision de renvoyer l'ex-président tchadien Hissène Habré dans son pays. La mesure administrative a été suspendue hier, suite à d'intenses pressions diplomatiques. Car extrader Hissène Habré aurait "violé le droit international", comme avait averti l'ONU.
«Le gouvernement tchadien exprime ses vifs regrets face à ce revirement du Sénégal car toutes les dispositions ont été prises pour assurer la sécurité de Hissène Habré et pour programmer un procès équitable», selon un communiqué du gouvernement lu sur les médias publics par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Kalzeube Pahimi.
Les autorités tchadiennes déçues
«Le gouvernement tchadien n’excluait même pas l’hypothèse de transfert de M. Hissène Habré en Belgique. L’essentiel pour le gouvernement tchadien c’est que le procès ait lieu pour rendre justice à la mémoire des victimes et pour consoler» leurs familles, conclut le texte.
Le Sénégal a suspendu l'extradition de M. Habré à la suite de l’opposition de l’ONU, a annoncé le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Madické Niang. Il a précisé que son pays allait engager «des consultations avec l’ONU, l’Union africaine (UA) et la communauté internationale» pour «qu’une solution puisse intervenir rapidement».
L'extradition de Habré aurait violé le droit international
Le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, avait appelé dimanche le Sénégal à revoir sa décision de renvoyer l’ex-président tchadien dans son pays, avertissant que cette extradition pourrait constituer «une violation du droit international».
Le Sénégal avait annoncé vendredi qu’il allait renvoyer lundi à N’Djamena l’ancien président, exilé à Dakar depuis sa chute du pouvoir en 1990, faisant valoir la nécessité de se conformer à la demande de l’UA de «le juger ou l’extrader».
Un des avocats français d’Hissène Habré, François Serres a «pris acte» que le président sénégalais Abdoulaye Wade «accepte de constater qu’il a violé une nouvelle fois le droit».

AFP
11.07.2011
06:41
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