vendredi 15 juillet 2011

Cameroun - 103 milliards FCFA de DTS utilisés à cause du report de l'emprunt obligataire de 2010

(Xinhuanet 14/07/2011)

Lancé avec retard en décembre 2010, le premier emprunt obligataire de l'Etat du Cameroun a créé des tensions de trésorerie et obligé le gouvernement à recourir à 103 milliards de francs CFA (206 millions USD) de son allocation de DTS (droits de tirages spéciaux) auprès du Fonds monétaire international (FMI), révèle un rapport de la Banque mondiale.
Il s'agit de fonds destinés à s'acquitter des obligations du gouvernement camerounais envers la Société nationale de raffinage (SONARA) et à dédommager des pertes résultant de la décision de geler les prix de détail des produits pétroliers, précise l' édition de juillet 2011 des « Cahiers économiques du Cameroun » publiés par le bureau de institution internationale au Cameroun.
« L'Etat a émis avec succès son premier emprunt obligataire en décembre 2010. Cet emprunt a été souscrit à plus de 100%, suscitant l'intérêt d'investisseurs tant nationaux qu'étrangers, et permettant de mobiliser les 200 milliards de francs CFA (400 millions USD) escomptés (environ 1,8% du PIB) », note le rapport.
Assorties d'un taux d'intérêt de 5,6%, les obligations liées à cette opération sont remboursables de 2012 à 2015.
Selon la Banque mondiale toutefois, « l'émission de l'emprunt obligataire en fin d'année a malgré tout été un handicap pour les dépenses d'investissement, le produit de cette opération étant affecté à d'importants projets d'infrastructure ».
« En conséquence, le déficit budgétaire global (y compris les dons, base caisse), qui s'est établi à 2,3% du PIB (produit intérieur brut), est légèrement inférieur aux prévisions et nettement en dessous du niveau prévu par le décret présidentiel de septembre 2010 portant modification du budget de 2010 (3,5% du PIB) », ajoute-t-elle.
L'émission d'un nouvel emprunt obligataire prévue cette année pourrait accuser les mêmes retards que pour la première opération, prédit l'institution financière, précisant que « les dépôts du gouvernement auprès de la BEAC (Banque des Etats de l'Afrique centrale) ont diminué et ne pourront cette fois que compenser d' une manière limitée tout problème de trésorerie ».
Les difficultés de trésorerie en 2010 avaient déjà conduit les autorités de Yaoundé à utiliser la quasi-totalité des dépôts utilisables dans cette banque centrale régionale, informe la Banque mondiale dans sa deuxième édition des « Cahiers économiques du Cameroun ».

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