vendredi 4 février 2011

Le vendredi de tous les dangers

(TF1 04/02/2011)
Le mouvement de contestation égyptien espère faire de la journée de vendredi celle qui marquera le départ du président Hosni Moubarak. Les organisateurs espèrent mobiliser, comme le 28 janvier, un million de personnes après la prière musulmane hebdomadaire, en début d'après-midi.
Au 11ème jour de protestations et de violences meurtrières sans précédent en Egypte, de nouvelles manifestations sont prévues vendredi à l'appel du mouvement de contestation qui espère en faire la journée du départ du président Hosni Moubarak. Les organisateurs espèrent mobiliser, comme le 28 janvier, un million de personnes après la prière musulmane hebdomadaire, en début d'après-midi.
L'armée a assuré qu'elle n'ouvrirait pas le feu
Le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen, a affirmé jeudi que les chefs de l'armée égyptienne lui avaient "réaffirmé" qu'ils n'ouvriraient pas le feu contre les manifestants, à quelques heures de la manifestation de vendredi. "Dans les discussions que j'ai eues avec leur commandement militaire, ils m'ont réaffirmé qu'ils n'avaient pas l'intention d'ouvrir le feu contre leur propre peuple", a déclaré l'amiral Mullen, chef d'Etat-major interarmes, lors d'une émission télévisée sur une chaîne cablée. Selon la journaliste Christiane Amanpour de la chaîne américaine ABC, le vice-président égyptien Omar Souleimane, rencontré lors d'une interview avec M. Moubarak au Caire, lui a dit que l'armée déployée en renfort n'utiliserait "jamais" la force contre la population.
Les pro-Moubarak "se sont bien comportés"
Les partisans du président égyptien n'ont pas tué de manifestants anti-gouvernementaux au cours des violences qui ont secoué Le Caire, a affirmé jeudi le vice-président égyptien Omar Souleiman à quelques heures de la nouvelle manifestation prévue vendredi. Interviewé sur la chaîne ABC News à propos des tirs qui ont visé les manifestants regroupés sur la place Tahrir, au centre deu Caire, M. Souleiman a affirmé: "Ils se sont bien comporté". "Personne n'a été tué par des tirs d'armes ou des snipers. Impossible", a-t-il ajouté. Les forces armées "n'ont usé d'aucune violence contre" les manifestants, a-t-il encore souligné. "Mais nous leur demandons de rentrer chez eux", a expliqué le vice-président.
Pour l'opposition, le départ du raïs est un préalable
Après avoir rejeté l'appel du régime "illégitime" au dialogue, la confrérie islamiste des Frères musulmans, honnis par le pouvoir, ont estimé que les appels aux négociations "n'influeront pas sur les rassemblements de masse prévus vendredi pour faire tomber le régime". L'opposition, composée également de partis laïques et de mouvements issus de la société civile comme la Coalition nationale pour le changement qui s'est formée autour du prix Nobel de la Paix Mohamed ElBaradei, a fait du départ immédiat de M. Moubarak une condition pour négocier avec le régime. M. Souleimane a estimé que cette demande équivalait à un "appel au chaos" et exhorté les manifestants à quitter la place Tahrir, épicentre de la contestation au Caire.
Des manifestants bravent le couvre-feu dans la nuit
Dans la nuit de jeudi à vendredi, sur la place Tahrir, des milliers de manifestants ont de nouveau bravé le couvre-feu nocturne, campant sous des tentes et se réchauffant autour de feux, après une journée de heurts intermittents entre opposants et partisans de M. Moubarak.
Washington organise le départ de Moubarak?
Le New York Times a assuré que Washington discutait avec des responsables égyptiens des modalités d'un départ immédiat d'Hosni Moubarak et du transfert du pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par Omar Souleimane, un projet destiné à recueillir le soutien de l'armée égyptienne. M. Moubarak avait dit mardi qu'il ne se briguerait pas un sixième mandat lors de la présidentielle de septembre mais cette annonce n'a pas apaisé la rue. Ce dernier a assuré sur ABC en avoir "assez d'être président", disant vouloir "abandonner le pouvoir maintenant, mais qu'il ne pouvait le faire de peur que le pays ne sombre dans le chaos".
Violents heurts jeudi
Au moins huit personnes ont été tuées et plus de 800 blessées mercredi et jeudi matin dans de violents heurts entre les deux camps. Plus de 300 personnes ont péri la première semaine de la contestation, selon un bilan non confirmé de 'ONU.
06h47 Les pro-Moubarak n'ont pas tué de manifestants, selon SouleimanLes partisans du président égyptien Hosni Moubarak n'ont pas tué de manifestants anti-gouvernementaux au cours des violences qui ont secoué Le Caire, a affirmé jeudi le vice-président égyptien Omar Souleiman à quelques heures d'une nouvelle manifestation prévue en Egypte.

le 04 février 2011 à 06h46, mis à jour le 04 février 2011 à 07:30
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jeudi 3 février 2011

Côte d'Ivoire - Le moment est venu pour Gbagbo de se retirer, selon Washington

(Cyberpresse 03/02/2011)
NAIROBI - Un haut responsable américain a déclaré jeudi que le panel formé par l`Union africaine pour trouver une solution à la crise ivoirienne devait demander le départ du pouvoir du président Laurent Gbagbo.
"Notre position est très claire, elle est que nous pensons que M. (Alassane) Ouattara a gagné l`élection et doit diriger le pays", a dit le secrétaire d`Etat adjoint américain James Steinberg en visite à Nairobi.
"Nous espèrons que la nnouvelle mission de dirigeants de l`UN pourra signifier clairement au président Gbagbo qu`il s`agit d`un point de vue universel et que le moment est venu pour lui de se retirer et que cela est la position que nous soutenons", a-t-il dit à la presse.
Les chefs d`Etat africains réunis cette semaine à Addis Abeba ont formé un panel de cinq chefs d`Etat chargés de présenter d`ici un mois des décisions "contraignantes" sur la Côte d`Ivoire.
Présidé par le chef d`Etat Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, il réunit Idriss Deby (Tchad), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Blaise Compaore (Burkina Faso) et Jakaya Kikwete (Tanzanie).
La Côte d`Ivoire compte deux présidents proclamés, M. Gbagbo et son rival M. Ouatarra depuis la présidentielle du 28 novembre et se trouve depuis dans une impasse.
La quasi totalité de la communauté internationale a reconnu la victoire de M. Ouatarra.

AFP 3 fvrier 2011
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150 millions d'euros, l'appui de l'Allemagne à la RDC pour 2 ans

(Xinhuanet 03/02/2011)
KINSHASA -- Une enveloppe de 150 millions d'euros a été souscrite par son pays pour intervenir en RDC pendant deux ans, a annoncé le directeur général pour l'Afrique au ministère allemand des Affaires étrangères, M. Walter J. Lindner, à l'issue des entretiens qu'il eus mercredi à Kinshasa avec le Premier ministre congolais Adolphe Muzito.
M. Walter J. Lindner a indiqué à cette occasion, que la RDC et l'Allemagne réfléchissent actuellement sur les possibilités d' améliorer leurs relations et examinent dans quelle mesure le Congo peut tirer profit de ses énormes ressources naturelles, en les exploitant de façon optimale.
Le responsable allemand a insisté sur les potentialités dont regorge la RDC, avant d'affirmer qu'il faut une stabilité durable au pays pour les capitaliser. « La stabilité de la RDC va booster celle de l'Afrique, eu égard à la position stratégique de ce pays au sein du continent », a encore souligné M. Walter, ajoutant que son pays a promis d'appuyer la RDC dans les domaines de la sécurité et de la réforme du système juridique pour que cette stabilité soit effective.
Par ailleurs, le directeur général pour l'Afrique qui s'est fait accompagner pour la circonstance de l'ambassadeur allemand en RDC, Dr Peter Blomeyer, a dit que son pays va mettre à profit sa place au sein du Conseil de sécurité de l'ONU pour faire un plaidoyer en faveur de la RDC et faire connaître les réalités de ce pays à la Communauté internationale appelée à avoir une oreille attentive aux problèmes de ce pays.
On rappelle que dans le secteur sécuritaire, l'Allemagne apporte son soutien en RDC à travers trois missions à savoir la MONUSCO, l'EUSEC et l'EUPOL. Parallèlement à cette demande, l' Allemagne développe en RDC de nombreux projets dans les domaines de la desserte en eau et de la micro finance.

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Egypte : chaos place Tahrir, le pouvoir reste ferme

(TF1 03/02/2011)
Alors que les affrontements entre partisans et opposants du pouvoir ont une nouvelle fois été très violents ce jeudi au Caire, Omar Souleimane, le vice-président, a répété qu'Hosni Moubarak ne partirait pas. Vendredi, et sa manifestation baptisée "vendredi du départ" par les manifestants, s'annonce tendu.
Heurts place Tahrir, l'armée intervient
Epicentre de la contestation , la place Tahrir, au centre du Caire, s'est de nouveau transformée ce jeudi, dès le début de la matinée, en champ de bataille à l'initiative de partisans d'Hosni Moubarak qui ont attaqué les opposants. Les heurts, plus ou moins intenses, se sont poursuivis toute la journée de manière sporadique. L'armée, après être restée très discrète mercredi, est cette fois intervenue à plusieurs reprises, souvent pour protéger les opposants.
En fin d'après-midi, les partisans du pouvoir semblaient avoir quitter les lieux et les opposants, qui défiaient de fait le couvre-feu, toujours en vigueur, criaient victoire. Le reste du Caire est en revanche resté plutôt calme, tout comme l'ensemble du pays.
Bilan difficile
Selon le bilan officiel, diffusé jeudi en milieu d'après-midi, il y aurait au moins 13 morts et plus de 800 blessés depuis mercredi. Le ministre égyptien de la Santé précise que "la plupart des victimes ont été les cibles de jets de pierres et d'agressions à coups de barres de fer et de bâtons". Selon plusieurs témoins, un étranger aurait également été battu à mort sur la place Tahrir.
Chasse aux journalistes
Encore plus que mercredi, les partisans du régime s'en sont pris aux journalistes étrangers. Ceux-ci sont souvent arrêtés et molestés, voire pourchassés dans leurs hôtels. Une équipe de TF1/LCI a notamment été interpellée dans la matinée. Les Etats-Unis dénoncent une "campagne concertée" et la France appelle l'Egypte à garantir la sécurité des journalistes. Cette chasse concerne également les associations de défense des droits de l'homme. Un employé français d'Amnesty a ainsi été arrêté.
Le pouvoir lâche un (tout petit) peu de lest...
Les violences entre partisans et opposants à Hosni Moubarak vont faire l'objet d'une enquête, a annoncé le Premier ministre Ahmad Chafic, qui s'est excusé pour les violences des deux derniers jours. Il a ajouté ne pas avoir assez de policiers pour assurer la sécurité dans le pays sans avoir recours à l'armée.
Omar Souleimane, le nouveau vice-président, a aussi confirmé que ni Hosni Moubarak ni son fils Gamal, longtemps considéré comme le dauphin mais détesté par la population, ne seront candidats à la présidentielle de septembre prochain.
... mais reste ferme
Lors d'une seconde intervention télévisée en fin de journée, Omar Souleimane a opposé une fin de non-recevoir aux manifestants. Pour lui, les appels au départ d'Hosni Moubarak sont "un appel au chaos" et exhorté les manifestants à quitter la place Tahrir. Il a aussi demandé, à plusieurs reprises, du "temps" pour organiser de manière sereine la présidentielle, programmée en septembre et à laquelle il a annoncé ne pas être candidat.
... et dénonce un complot
Omar Souleimane a également affirmé que les violences entre manifestants favorables et hostiles à Hosni Moubarak sont le résultat "d'un complot" fomenté par des gens en Egypte même ou à l'étranger.
Dialogue de sourds
Sur le plan strictement politique, c'est le statu-quo. L'opposition refuse toujours de dialoguer avec le régime avant le départ d'Hosni Moubarak.
Omar Souleimane a néanmoins affirmé avoir dialogué aujourd'hui avec des "forces nationales", sans préciser lesquelles. Il souligne avoir aussi proposé aux Frères musulmans de rejoindre les discussions. Or dans la matinée, ces derniers avaient appelé pour la première fois clairement au renversement du régime.
Des SMS pro-Moubarak pas très spontanés
Vodafone affirme avoir été obligé de diffuser à ses abonnés en Egypte des messages officiels, sans qu'ils ne soient clairement attribués au gouvernement et souligne s'en être plaint aux autorités. Par ailleurs, la coupure d'Internet, vendredi dernier, a coûté au moins 65 millions d'euros.
Vendredi de tous les dangers
A l'instar de mardi, l'opposition appelle à une nouvelle grande manifestation populaire ce vendredi, jour de prière hebdomadaire. Elle espère rassembler encore plus de monde, soit au moins un million de personnes, lors de l'événement, baptisé "Vendredi du départ". Etant donné la situation, les risques de heurts sont très importants. Pour beaucoup d'observateurs, les incidents de mercredi et jeudi, provoqués a priori par le régime, avaient justement pour but de dissuader les opposants à se réunir place Tahrir ce vendredi.
Les Européens haussent le ton contre le régime
A l'instar des Etats-Unis, cinq pays européens (France, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Allemagne) ont affirmé ce matin dans une déclaration commune que le "processus de transition doit commencer dès maintenant" car "seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l'Egypte doit faire face aujourd'hui". L'Egypte devrait faire partie des discussions du sommet européen de Bruxelles, qui se tient demain à Bruxelles.
Pas d'évacuation de Français pour l'instant
Michèle Alliot-Marie a précisé à la mi-journée que pour l'instant, il n'était pas encore pour le gouvernement d'organiser lui-même une "évacuation". Auparavant, François Baroin, le porte-parole du gouvernement, avait cependant conseillé aux Français de partir dès que possible.

le 03 février 2011 à 17h55, mis à jour le 03 février 2011 à 18:42
le 03 février 2011 à 17:55
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RDC - 53 personnes violées à Nakatete et Kitumba

Kinshasa, le 3 février 2011 – (D.I.A.) - De nombreux cas de viol ont été enregistrés dans la période du 19 au 23 janvier dans les localités de Nakatete et Kitumba, villages situés à la hauteur de la localité de Bwala, au Sud de Fizi Centre, dans la province du Sud-Kivu. Des faits confirmés par les acteurs humanitaires qui ont organisé des missions d’évaluation sur cet axe.
Selon les informations recueillies, 53 personnes auraient été violées sur la route des marchés de Milimba et de Kitumba, rapporte Ocha.
La plupart des victimes – y compris des hommes et des enfants - proviennent des localités de Kasakwa, Ibindi et Malelo, sur l’axe Kanda – Kilicha. L’ONG Médecins sans frontières (MSF) a fourni des soins médicaux appropriés à ces 53 victimes en organisant une clinique mobile le 27 janvier.
Par ailleurs, des mouvements de déplacement de populations ont été enregistrés le 12 janvier à Kitumba en direction de Milimba à la suite des opérations militaires menées par l’armée nationale contre un groupe armé. Selon le poste d’Etat administratif de Mureka, sur l’axe Fizi Centre – Minembwe, 415 ménages déplacés auraient été recensés dans la localité de Milimba. C’est dans ce contexte que les acteurs humanitaires envisagent l’organisation d’une mission d’évaluation dans cette zone très difficile d’accès.
En outre, selon des sources concordantes, des cas de rougeole – dont 30 décès – auraient été signalés dans la deuxième quinzaine de janvier dans cette localité. Aucune action de riposte n’est prise à ce jour en raison de l’insécurité dans la zone. MSF, qui a mis en œuvre la campagne de vaccination de riposte contre la rougeole dans la zone de santé de Fizi, n’avait pas pu accéder à Milimba pour des raisons d’insécurité.

(Agence Catholique D.I.A. http://www.dia-afrique.org/)

Un sursis pour Gbagbo

(Le Point 03/02/2011)
Laurent Gbagbo peut remercier les Tunisiens et les Egyptiens. En détournant l'attention mondiale du conflit ivoirien, la révolte des peuples arabes l'aide dans ce qu'il fait le mieux : tenir.
Et ce n'est pas le récent sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba qui permettra de rompre dix semaines d'un étonnant statu quo : un président sortant, battu aux élections du 28 novembre, mais qui refuse de céder la place au vainqueur, Alassane Ouattara, toujours assiégé dans un hôtel d'Abidjan.
Les chefs d'Etat africains ont mandaté cinq d'entre eux pour ébaucher une nouvelle tentative de sortie de crise. Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), Idriss Déby (Tchad), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Blaise Compaoré (Burkina Faso) et Jakaya Kikwete (Tanzanie) ont un mois pour résoudre la quadrature du cercle. En l'occurrence installer Ouattara à la présidence, tout en ménageant "une sortie honorable"à Gbagbo, formule qui doit sonner à ses oreilles comme un oxymore.
Une excellente nouvelle pour l'intéressé, comme l'a prouvé la réaction enthousiaste de son entourage. Pour Laurent Gbagbo, qui a un sens aigu du rapport de forces, cette initiative signifie en premier lieu qu'aucune action militaire ne sera entreprise pour le déloger avant le mois de mars.
Durant ce laps de temps, il aura tout le loisir de continuer à armer ses milices, au cas où, et de mettre en place des circuits de financement parallèles pour éloigner la menace d'asphyxie que font peser les sanctions internationales.
Et, lorsque le club des cinq rendra sa copie, ce ne sera sans doute pas pour prôner une intervention militaire, initialement envisagée, mais toujours repoussée.

Yves Cornu
Le Point - Publié le 03/02/2011 à 12:11
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En RD-Congo, l’opposition n’a qu’un seul tour devant elle

(La Croix 03/02/2011)
À dix mois de la présidentielle, le Parlement congolais a opté pour une élection à un seul tour, ce qui avantage le président sortant, Joseph Kabila
« L’opposition a lancé une pétition mais même si elle recueille suffisamment de signatures, elle atterrira sur la table des mêmes parlementaires qui ont voté pour la révision de la Constitution. » Le juriste congolais Bruno Nkwim ne se fait pas d’illusions : la présidentielle du 27 novembre prochain se jouera en un seul tour en République démocratique du Congo (RDC).
Sur les 608 membres du Parlement, 485 ont voté pour la modification de la Constitution proposée par le président Joseph Kabila. Un succès qui aurait été largement acheté, certains parlant d’enveloppes de 20 000 dollars données aux parlementaires.
« Le parti présidentiel se sentait en perte de vitesse, Kabila a eu peur de perdre, donc il a décidé de changer les règles du jeu », résume Thierry Vircoulon, directeur du bureau Afrique centrale à l’International Crisis Group (ICG).
L’opposition, elle, dénonce une dérive totalitaire du régime. « La révision de la Constitution est légale, analyse Bruno Nkwim. Mais l’absence de débat et d’information constitue une atteinte à la démocratie. »
Un argument financier qui ne convainc pas
Pour justifier ce changement, le gouvernement avait avancé le coût exorbitant d’une présidentielle à deux tours. « L’argument financier est fallacieux, estime Thierry Vircoulon. Ce n’est pas le second tour qui coûte cher. » Les États-Unis ont d’ailleurs confirmé qu’ils apporteraient un soutien financier.
Une élection à un tour permettrait aussi d’éviter une crise post-électorale comme en Côte d’Ivoire selon le gouvernement. « Le problème, ce ne sont pas les règles, ce sont les acteurs ! » s’insurge Thierry Vircoulon.
La modification du mode de scrutin n’est pas le seul amendement qui renforce le pouvoir en place. Jusqu’à présent, par exemple, le parquet était indépendant. Désormais il est placé sous la tutelle du ministre de la justice. « Une atteinte à la notion de séparation des pouvoirs », souligne le juriste Bruno Nkwim.
400 tribus à fédérer
Pourtant, la communauté internationale ne s’est pas indignée. L’ambassadeur américain à Kinshasa, James Entwistle, a estimé qu’il s’agissait d'une « question de politique intérieure ». Le porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Bernard Valéro, a souligné que « la modification du mode de scrutin avait été opérée (…) en conformité avec la légalité constitutionnelle congolaise ».
« Le Congo est un pays grand comme l’Europe occidentale, qui compte plus de 400 tribus, explique Thierry Vircoulon. Avec un scrutin à un tour, c’est celui qui a le plus de voix qui gagne. Si vous avez 16 % et que le deuxième a 15 %, vous êtes élu. »
En gagnant de cette manière, « Kabila aura certes la légitimité juridique, mais pas la légitimité politique, résume Bruno Nkwim. Pour gouverner un pays comme le Congo, il devrait chercher à fédérer les énergies. Dans les grandes démocraties, on gouverne avec des coalitions. »
L’opposition a dix mois pour se trouver un leader et offrir une alternative au président sortant.

Aurore LARTIGUE
01/02/2011
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Côte d'Ivoire - Mission presqu'impossible pour le panel de l'UA (ANALYSE)

(Xinhuanet 03/02/2011)
ABIDJAN -- Après les premières heures d' euphorie sur la décision de l'Union africaine (UA) de créer un panel de chefs d'Etat pour le règlement de la crise post électorale en Côte d'Ivoire, les parties en conflit plus critiques balisent le terrain laissant présager d'une mission périlleuse, presqu'impossible pour l'UA à Abidjan.
Le Conseil de paix et de sécurité de l'organisation panafricaine a formé un « Groupe de haut niveau » composé de cinq chefs d'Etat pour « évaluer la situation à Abidjan, formuler une solution pacifique » à la crise, dans un délai d'un mois, avec des décisions «contraignantes » pour toutes les parties.
LA COMPOSITION DU PANEL CRITIQUEE
Le camp du président sortant Laurent Gbagbo, après avoir salué la mise en veilleuse de l'option militaire dans la résolution de la crise, émet des réserves sur la composition du panel. Mardi, le leader des « jeunes patriotes », Charles Blé Goudé, a récusé l'un des membres du panel, Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso.
«Les patriotes de Côte d'Ivoire récusent Blaise Compaoré comme membre du panel de chefs d'Etat. Il n'est pas le bienvenu en Côte d'Ivoire », a déclaré Blé Goudé. Selon lui, Blaise Compaoré est un « belligérant, son pays continue d'être l'arrière-base de la rébellion » des Forces nouvelles qui soutiennent le rival Alassane Ouattara.
Le « Groupe de haut niveau » est composé des présidents du Tchad, du Burkina Faso, de la Mauritanie, de la Tanzanie et de l' Afrique du Sud et des présidents des Commissions de l'UA et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO).
« Ce n'est pas cela le plus important », tempère le ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo, Alcide Djédjé. « C'est un panel diversifié, on y retrouve des pays qui ont plus ou moins fait connaître publiquement leur position. C'est le cas du Burkina Faso, mais c'est aussi le cas de l'Afrique du Sud », explique-t-il relevant que « le plus important, c'est ce qui sera décortiqué ».
UN MANDAT DIVERSEMENT INTERPRETE
Le panel n'est pas encore à Abidjan mais chaque camp interprète l'objet de sa mission et met des balises à sa feuille de route.
Pour le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Côte d'Ivoire, Young Jin Choi, le panel a un mandat pour « trouver une solution sur la base de l'acceptation des résultats de l' élection du 28 novembre ». « C'est-à-dire qu'Alassane Ouattara est le président élu » et « c'est sur cette base qu'ils vont travailler pour trouver une solution », affirme-t-il.
« Le communiqué final (de la réunion du Conseil de paix et de sécurité) était très clair. Il faut que la communauté internationale travaille pour que la volonté du peuple ivoirien soit respectée. Et c'est dans ce cadre que le panel doit travailler », assure M. Choi.
Le camp d'Alassane Ouattara fait la même lecture que le chef de la mission onusienne en Côte d'Ivoire. Pour le ministre des Affaires étrangères d'Alassane Ouattara, Gervais Kacou, « l'UA décide d`envoyer un panel de chefs d`Etat pour s`enquérir de la situation et rechercher des solutions mais avec une donnée principale, celle de reconnaître Alassane Ouattara comme le président élu ».
« Il s'agit simplement de se rendre à Abidjan pour voir dans quelle mesure Laurent Gbagbo peut consentir de laisser sa charge pour qu'Alassane Ouattara puisse gouverner tranquillement », estime-t-il.
Dans le camp de Laurent Gbagbo, l'on n'entend pas les choses de cette oreille .« Ces chefs d'Etat mandatés par l'UA viennent évaluer la situation en Côte d'Ivoire, ce sont des auditeurs. Pour nous, quand on vient évaluer une situation de crise, on va vers les différents belligérants pour connaître la nature de la crise, ceux qui sont impliqués, quelles sont les causes endogènes et exogènes, qui sont les acteurs internes et externes », croit savoir Charles Blé Goudé. Alcide Djédjé ne dit pas autre chose.
« Les chefs d'Etat viendront, ils vont s'informer, les parties seront entendues et vont participer à la recherche de la vérité sur ce qui s'est passé au cours des élections et après les élections, voilà l'agenda et le mandat du panel », affirme-t-il.
UN ECHEC EN FILIGRANCE
Les camps Ouattara et Gbagbo n'ont pas lâché du lest, ils campent sur des positions tranchées qui ne pourraient que plomber la mission du « Groupe de haut niveau ».
« Si ces chefs d'Etat arrivent en Côte d'Ivoire avec des idées préconçues, s'ils viennent pour aller contre la loi ivoirienne et dire que c'est Ouattara qui est élu en Côte d'Ivoire, ce n'est pas résoudre la crise et le panel n'est pas le bienvenu », prévient le leader des « jeunes patriotes », Charles Blé Goudé.
« Les conclusions du panel doivent tenir compte des lois et de la Constitution de Côte d'Ivoire. Donc, tout ce qui sera contraire à notre Constitution ne sera pas accepté », renchérit le ministre Alcide Djédjé. « C'est de là que part la discussion, il n'y a pas de débat dessus », tranche-t-il.
Les partisans d'Alassane Ouattara qui estiment que la balle est dans le camp de Laurent Gbagbo espèrent, sans trop se faire d' illusions, que le président sortant « comprendra cette fois » et acceptera de quitter le pouvoir qu'il « usurpe » depuis deux mois. La mission du « Groupe de haut niveau » intervient après l'échec des médiations de trois chefs d'Etat de la CEDEAO, de l'émissaire de l'UA, le Premier ministre kényan Raila Odinga, de l'ex- président en exercice de l'UA, le malawite Bingu wa Mutharika, des ex-présidents nigérian et sud-africain Thabo Mbeki et Olusegun Obasanjo. « Nous ne pouvons pas attendre indéfinitivement, il est temps pour M. Gbagbo de se plier à la volonté du peuple ivoirien et de comprendre qu'il ne peut plus faire de la résistance », martèle le ministre des Affaires étrangères d'Alassane Ouattara, Gervais Kacou.
Rien n'est moins sûr, estime le Premier ministre de M. Ouattara, Guillaume Soro, qui fait savoir que Laurent Gbagbo « ne cèdera pas le pouvoir sous la pression du panel de l`UA ».« Je suis convaincu que Gbagbo ne cèdera pas le pouvoir. Il est allé trop loin pour reculer et c'est sûr qu'il opposera une fin de non-recevoir au panel des chefs d'Etat », affirme-t-il.
Guillaume Soro a maintes fois appelé à l'usage de la « force légitime » pour installer Alassane Ouattara reconnu vainqueur de l' élection du 28 novembre selon les résultats proclamés par la Commission électorale et certifiés par l'Onu.
La CEDEAO a préconisé, comme derniers recours, une intervention militaire pour chasser Laurent Gbagbo, déclaré réélu par le Conseil constitutionnel après invalidation des résultats de la Commission électorale .« L'option militaire n'est pas écartée, elle est toujours d'actualité », selon le ministre Gervais Kacou.

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Gabon - Des partisans de l'opposant André Ba Obame dans la rue

(BBC Afrique 03/02/2011)
Cette sortie d'une cinquantaine de jeunes gens dans le quartier de Kembo hier serait directement reliée à la situation de l'opposant André Ba Obame qui s'est autoproclamé il y a quelques temps président élu du Gabon.
Alors qu'il est toujours toujours réfugié au siège des Nations Unies à Libreville, des manifestants qui lui seraient fidèles ont incendié un véhicule mercredi et dans la foulée de nombreux autres attaqués ont perdu leurs pare-brise et ont été amochés.
Selon des témoignages, les auteurs de ces incidents clamaient également des slogans hostiles au président gabonais Ali Bongo dont ils réclamaient aussi le départ.Deux d'entre eux ont été interpellés tandis que les autres ont pu échapper à la police.
Des sources proche de l'opposant André Obame dénoncent des arrestations arbitraires des membres de son parti, l'union nationale qui a été dissout dans la foulée de son autoproclamation.
Par ailleurs l'ancien Premier ministre et vice-président de l'Union nationale, Casimir Oyé Mba invite le Président Ali Bongo Ondimba à l'ouverture d'un dialogue avec l'opposition.

Dernière mise à jour: 3 février, 2011 - 00:54 GMT
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Bénin, Togo - Faure et Yayi inaugurent le poste d’interconnexion nord Bénin-nord Togo

(Afriscoop 03/01/2011)
Le président de la République du Bénin, Boni Yayi et son homologue du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, ont inauguré mercredi à Parakou, au Bénin, le poste d’interconnexion nord Togo-nord Bénin.
Il s’agit d’un poste d’une puissance énergétique de 16 MVA largement supérieure au besoin énergétique de la zone bénéficiaire, d’un coût global de 21.498.493.332 F CFA financé par quatre partenaires : la Banque mondiale, la Banque ouest-africaine de développement (Boad), le Fonds nordique (FN) et la Communauté électrique du Bénin (CEB).
Le maire de la commune de Parakou, M. Soulé Alagbé, a salué l’accroissement du niveau d’accès des populations à l’énergie électrique et la fin du délestage.
Le directeur général de la communauté électrique du Bénin, M. Salifou Djibril, a déclaré que cette inauguration qui succède à celle de Lama Kara (Togo) , est l’aboutissement du projet d’interconnexion nord Togo-nord Bénin. Il traduit, a-t-il souligné, la politique énergétique concertée des deux Etats et la volonté des deux chefs d’Etat de faire une gestion communautaire de l’énergie, afin d’accroître l’accès des populations rurales à l’énergie électrique.
M. Salifou Djibril a ensuite indiqué qu’un jalon décisif du développement des localités du nord Bénin est posé et que la jonction entre le réseau électrique du nord Togo et du nord Bénin est désormais une réalité.
Après avoir salué l’efficacité de la politique concertée en matière de production et de transport d’énergie électrique du Togo et du Bénin, il a ensuite souligné les bonnes relations fraternelles qui unissent ces deux pays. Une relation qui, a-t-il dit, permet la réalisation des infrastructures de transformation énergétique et par conséquent l’accroissement du taux d’accès des populations rurales à l’énergie électrique.
Cette interconnexion et l’inauguration des postes de transformation de la CEB de Parakou, de Djougou, de Natitingou et de Bembèrèkè vont permettre d’améliorer la disponibilité et l’accessibilité à l’énergie électrique aux populations et une réduction sensible de la sollicitation des centrales diesel de la Sbee (Société béninoise d’énergie électrique), a expliqué, M. Salifou Djibril.
Il a saisi l’occasion pour déclarer qu’un pas majeur de "l’énergie électrique pour tous" vient d’être franchi après "une longue période de non performance".
Le ministre togolais de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, M. Pascal Bodjonan, représentant son homologue de l’Energie, a déclaré que l’aboutissement du réseau d’interconnexion nord Togo-nord Bénin permettra à la Sbee de se décharger du fardeau de la production thermique.
Le ministre béninois de l’Energie, M. Saka Lafia, a saisi l’occasion pour saluer les cadres juridiques de création d’une zone de coprospérité énergétique entre le Togo, le Bénin, le Ghana et le Nigeria de même que l’inauguration de l’interconnexion permettant au Bénin et au Togo d’importer de l’énergie à partir du Nigeria.

(Xinhua)
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Sénégal - Le gouvernement sénégalais prend des mesures pour faire face à la hausse des prix

(Xinhuanet 03/02/2011)
DAKAR -- Le gouvernement sénégalais a pris des mesures pour faire face à la conjoncture mondiale en « bloquant et diminuant » les prix de certaines denrées de première nécessité.
« Pour faire face à la situation, nous avons décidé du blocage et de la diminution des prix sur des produits comme le lait, l' oignons, la tomate », a annoncé le directeur du Commerce intérieur El Hadj Alioune Diouf qui s'exprimait au cours du Conseil national de la consommation, mercredi à Dakar.
D'autre part, le ministre du Commerce Amadou Niang a affirmé que le gouvernement sénégalais a décidé de revenir sur le régime libéral des prix en vigueur depuis 1994 pour appliquer l' administration des prix.
Les syndicats, les partis politiques et les associations de consommation ont récemment organisé plusieurs marches demander la baisse des prix des denrées de premières nécessités et le président sénégalais, Abdoulaye Wade, avait demandé au gouvernement d'étudier les moyens de baisser ces prix.

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Niger - Dans la confusion qui règne en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest, l’exemplarité du processus électoral au Niger est passée sous silence

(La dépèche diplomatique 03/01/2011)
C’est incroyable. Tous les regards sont aujourd’hui braqués sur l’Egypte après s’être concentrés sur la Tunisie. Il n’est pas un jour sans que l’on soit informé sur « la panne sèche » qui a immobilisé la Côte d’Ivoire au lendemain d’une élection présidentielle avortée.
Mais pas un mot sur le Niger qui, sans rien demander à personne et dans une conjoncture régionale détériorée, a, en l’espace d’un an, refusé le diktat d’un président qui voulait prolonger de trois ans son mandat et mis en place un processus de transition de retour à la « démocratie ».
Après que les Nigériens aient, jour après jour, occupé la rue, c’est l’armée qui, le 18 février 2010, s’est emparée du pouvoir. Une armée des rangs de laquelle était issu Mamadou Tandja, le président déchu ! Les objectifs de la junte au pouvoir se résumaient en trois mots : assainir (la situation politique), réconcilier (les Nigériens) et restaurer (la démocratie). On pouvait craindre le pire : quand les militaires sont au pouvoir, les transitions s’éternisent. A Niamey, le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), dirigé par le général Djibo Salou, a tenu ses promesses. A l’issue d’un vrai parcours du combattant : sept scrutins (compte tenu des « seconds » tours) ! Référendum constitutionnel, élections locales, élections législatives et présidentielle (couplées). Le premier tour de la présidentielle s’est déroulé le lundi 31 janvier 2011 ; le second tour est prévu pour le 12 mars 2011 et l’investiture du nouveau président se déroulera le 6 avril 2011.
Nous arrivons au terme du processus. Le 31 janvier 2011, comme prévu, 6,7 millions d’électeurs ont pu choisir leur 133 députés et, parmi dix candidats, celui qui sera le prochain président. Je note au passage que le Niger compte 1 million d’électeurs de plus que la Côte d’Ivoire ; quand on voit ce qu’a coûté la présidentielle ivoirienne pour aboutir au chaos, on ne peut que souligner la « performance » des Nigériens !
La politique n’intéresse plus guère, pourtant, la population qui a d’autres priorités ; sauf quand elle constate que sa souveraineté est en péril (Tandja a fait l’expérience qu’au-delà d’une certaine limite son ticket n’était plus valable). Mais la classe politique est d’autant plus dense que les villes sont autant de fiefs : Niamey, mais aussi Tillabéri, Dosso, Tahoua, Maradi, Zinder, Diffa, Agadez (« capitales » des sept départements). Les candidats « indépendants » étaient trois, tous les autres étant leaders de partis ayant pignon sur rue (et dans les régions). Ce sont, pour l’essentiel, des figures majeures de la vie politique. Il y a là un ancien président de la République : Mahamane Ousmane, de Zinder (Convention démocratique et sociale - CDS-Rahama) qui a été, également, président de l’Assemblée nationale ; deux anciens présidents de l’Assemblée nationale qui ont été, également, des premiers ministres : Mahamadou Issoufou, de Tahoua (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme - PNDS-Tarayya), et Seyni Oumarou, de Maradi (Mouvement national pour la société de développement - MNSD-Nassara) ; trois anciens premiers ministres : Hama Amadou, de Tillabéri (Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine - MODEN/FA- Lumana), Cheiffou Amadou, de Maradi (Rassemblement social et démocrate - RSD-Gaskiya), Amadou Boubacar Cissé (Union pour la démocratie et la République - UDR-Tabbat).
L’originalité de cette présidentielle, c’est qu’il n’y a pas de « sortant » et que, pour l’essentiel, les candidats ont été associés au pouvoir exercé par Tandja pendant une décennie ou à son opposition. Pas d’hommes nouveaux ; pas de technocrates, des politiques. Pas de militaires non plus. Je m’étonne d’une situation de « non-renouvellement » de la classe politique alors que, justement, l’ancien président a perdu son job sous la pression de la population (mais grâce à l’intervention de l’armée). La présidentielle est donc une confrontation entre « anciens » des « anciens régimes » qui, comme toujours au Niger, noueront des alliances pour le second tour qui conduiront à une répartition négociée des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif (ce qui ne manque jamais d’être source de conflits, mais c’est cela aussi le jeu démocratique si tant est que l’on puisse caractériser ainsi ce jeu d’alliances). C’est dire que la présidentielle est ouverte.
Aux municipales qui viennent de se dérouler, c’est le PNDS-Tarayya, parti de « l’opposant historique » à Tandja, Mahamadou Issoufou, qui s’est imposé : il a conquis 266 communes. Se retrouvent sur le podium le MNSD-Nassara (ex-parti de Tandja) de Seyni Oumarou et le MODEN/FA-Lumana de Hama Amadou. On peut penser que ce sera, aussi, le podium pour le premier tour de la présidentielle. Ce qui ne saurait étonner. Le destin (politique) de ces trois hommes est intimement lié ; et exprime parfaitement la complexité du jeu politique nigérien.
Le jeudi 31 mai 2007, Hama Amadou, premier ministre de Tandja, est renversé par une motion de censure. Initiée par Mahamadou Issoufou, leader de l’opposition, elle donne satisfaction au chef de l’Etat et au président de l’Assemblée nationale, Mahamane Ousmane, l’un et l’autre agacés par l’omniprésence politique et médiatique d’un premier ministre présenté comme le « dauphin naturel » d’un chef d’Etat empêché, alors, par la Constitution d’être candidat à sa propre succession en 2009. Il ne faut pas se fier aux apparences. Hama Amadou et Mahamadou Issoufou, son tombeur, ont été des amis. « Nous avons géré le pays ensemble en 1995 dans le cadre de ce que l’on avait appelé alors la Nouvelle Majorité, lui comme président de l’Assemblée nationale et moi en tant que premier ministre jusqu’au putsch du 27 janvier 1996. Puis nous avons été ensemble dans l’opposition au régime du général Ibrahim Maïnassara Baré. Au sein du Front de restauration et de défense de la démocratie (FRDD), nous avons vécu beaucoup d’épreuves ensemble, y compris des arrestations et autres internements arbitraires. Ce n’est pas parce que nous avons été aux élections dans des camps différents que nous allons devenir des adversaires irréconciliables » soulignait Hama Amadou le 19 juin 2000.
Notons que Mahamadou Issoufou, lorsqu’il s’est retrouvé au second tour de la présidentielle 1999 face à Tandja, n’avait pas bénéficié du soutien de Mahamane Ousmane qui avait rejoint le camp de son adversaire (il obtiendra la présidence de l’Assemblée nationale). Or, en 1993, Mahamadou Issoufou avait, lui, choisi de soutenir Mahamane Ousmane face à Tandja (en tête au premier tour), permettant ainsi à Mahamane Ousmane d’être élu. Quant à Seyni Oumarou, c’est lui qui a succédé à Hama Amadou à la primature au printemps 2007. Mais chacun sait que Hama Amadou, dont il avait été le conseiller spécial en 1995 (quand Hama Amadou était, déjà, premier ministre) a été initié à la politique par Hama Amadou. Aujourd’hui, face à Mahamadou Issoufou, Seyni Oumarou et Hama Amadou naviguent de conserve. Sur le papier. Pour le reste, comme le disait Sun Zi, dans l’Art de la guerre (un auteur et un livre que Mahamadou Issoufou aime citer), « Il faut demander la victoire non pas aux hommes mais aux circonstances ».
Dans quelques semaines, la transition sera achevée. Une année et bien des opportunités auront été gâchées par l’inconséquence d’un homme soumis à un entourage familial et affairo-politique qui voyait dans le pouvoir une source d’enrichissement sans fin. Dans cette opération, les Nigériens n’ont rien gagné et beaucoup perdu.
Ils s’en sortent par en haut ; mais ce n’est qu’un retour à la case départ. Le jeu n’en valait pas la chandelle. Sauf que Tandja est en prison quand d’autres sont encore en place, inconscients de la volatilité du pouvoir. Tunis et le Caire, après Niamey (et avant quelles autres capitales ?), en donnent la preuve.

Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique
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Mauritanie - La tentative déjouée d'attentat terroriste mercredi à visait l'ambassade de France à Nouakchott (Officiel)

(Xinhuanet 03/02/2011)
NOUAKCHOTT, 3 février (Xinhua) -- La tentative d'attentat terroriste à l'explosif déjouée mercredi en Mauritanie devait avoir pour cible l'ambassade de France à Nouakchott et une caserne, a indiqué, mercredi soir devant la presse Hammadi Ould Hammadi, ministre mauritanien de la Défense.
Le ministre donnait la version officielle des faits liés à l' explosion, à l'ouest de Nouakchott d'un véhicule bourré d'explosif conduit par des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). " Selon les déclarations du terroriste appréhendé, l'un des véhicules visait une de nos casernes militaires alors que l'autre devait faire exploser l'ambassade de France à Nouakchott", a précisé le ministre.
Auparavant le ministre a indiqué que "des unités des Forces armées nationales et des forces de sécurité ont pu intercepter et faire exploser un véhicule 4X4 chargé d'une tonne et demi d' explosifs, à bord duquel se trouvaient trois terroristes". Faisant le bilan de l'opération, Hammadi Ould Hamadi, a souligné que " cette opération qui a eu lieu au kilomètre 20 au Sud-Est de la capitale s'est soldée par la mort des trois terroristes et la blessure de huit de nos vaillants soldats de blessures légères causées par les éclats du véhicule explosé". En outre, le responsable mauritanien a précisé que les terroristes étaient à bord de deux véhicules à raison de trois éléments par voiture et que l'armée a fait prisonnier l'un alors que deux ont pris la fuite "à pied, à la faveur de l'obscurité et sont activement recherchés ", après avoir été identifiés.
Le ministre a également évoqué le cas d'un troisième véhicule "d'appui logistique et technique" appartenant aux terroristes qui a réussi à s'enfuir.
Mercredi, la télévision nationale de Mauritanie a diffusé des images du théâtre des opérations où l'on distinguait des corps humains déchiquetés, ainsi que les restes du véhicule explosé réduit en ferraille.
Une source proche d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), avait auparavant indiqué que le véhicule ayant explosé dans la nuit du mardi au mercredi est le deuxième élément d'une opération visant l' élimination physique du président Aziz. AQMI, qui détient des français, avait menacé de sévir contre les intérêts de la France dans la sous région.

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La Zambie va construire une ligne de chemin de fer reliant le pays à la Namibie

(Xinhuanet 03/02/2011)
LUSAKA -- Le gouvernement de la Zambie a signé un accord avec un consortium d'entreprises pour mener une étude de faisabilité sur une ligne ferroviaire qui reliera le pays à son voisin de l'ouest, la Namibie, et fournir un meilleur itinéraire vers la mer, a rapporté mercredi le Service de presse et d'informations zambien (ZANIS).
La ligne ferroviaire partira de l'ouest et du nord-ouest de la Zambie et se joindre au réseau ferroviaire namibien à la ville frontalière de Katima Mulilo, selon ZANIS.
La nouvelle ligne ferroviaire sera le quatrième réseau du genre dans le pays après la mise en service d'une autre ligne ferroviaire dans la partie orientale du pays qui relie le pays au Malawi et au Mozambique. Le pays possède une autre ligne ferroviaire qui relie le sud à la province de Copperbelt, dans le nord ainsi que le chemin de fer Tanzanie-Zambie (TAZARA) qui s'étend du district central de Kapiri Mposhi à la Tanzanie.
Le ministre des Transports et des Communications, Geoffrey Lungwangwa, a déclaré au cours de la cérémonie de signature avec Epinsam, un consortium d'entreprises, que la ligne ferroviaire fournira un itinéraire alternatif à la côte ouest du continent pour le transport de marchandises en vrac.
Le principal d'Epinsam Consortium, Sarjoo Ralph, a indiqué au cours de la même cérémonie que l'étude de faisabilité prendra un an et qu'une fois la ligne de chemin de fer est terminée, il facilitera la circulation sur les routes et réduira le coût du transport de marchandises.

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Egypte : le Caire «a des allures de lendemain de guerre»

De nouveaux affrontements tôt jeudi sur la place Tahrir au Caire, coeur de la contestation contre le président égyptien depuis 10 jours, ont fait deux tués et plusieurs blessés, selon des témoins sur place, au lendemain d'une journée de violences entre pro et anti Hosni Moubarak qui avait fait au moins trois morts et des centaines de blessés.
C'est le chaos le plus total en Egypte où des affrontements violents opposent depuis mercredi après-midi des pro et des anti-Moubarak. Des manifestants favorables au régime en place ont chargé à dos de chameaux ou à cheval les opposants rassemblés sur la place Tahrir.
10h55. Selon l'AFP, les pro-Moubarak franchissent le cordon de l'armée séparant les deux camps.
10h50. Selon le premier ministre égyptien, des manifestants de la place Tahrir participent au dialogue qui vient de s'ouvrir avec le pouvoir.
10h42. Les violences entre partisans et opposants au président égyptien Hosni Moubarak place Tahrir, vont faire l'objet d'une enquête, a annoncé la télévision publique, citant le Premier ministre Ahmad Chafic.
10h40. La coupure d'internet pendant cinq jours par le gouvernement égyptien devrait avoir coûté à l'Egypte 90 millions de dollars (65 millions d'euros), et son impact pourrait être encore plus important sur le long terme, selon une première estimation publiée jeudi par l'OCDE.
10h38. Les chefs de l'exécutif des cinq plus grands pays européens (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne) condamnent également jeudi «tous ceux qui utilisent ou encouragent la violence» en Egypte
10h36. Dans une déclaration commune Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, David Cameron, José-Luis Zapatero, Silvio Berlusconi, estiment que le «processus de transition doit commencer dès maintenant», car «seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l'Egypte doit faire face aujourd'hui».
10h35. La chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton a appelé jeudi les autorités égyptiennes à traduire en justice les responsables des violences survenues mercredi au Caire entre pro et anti-Moubarak.
10h30. Des manifestants font circuler une liste pour tenter de recenser les personnes dont on est sans nouvelles. «Sur cette liste, j'ai vu déjà 80 noms...», témoigne notre envoyée spéciale.
10h25. Il y a encore énormément de manifestants sur la place Tahrir, qui n'ont pas l'intention de partir, observe notre envoyée spéciale
10h15. C'est une scène étonnante que découvre notre envoyée spéciale à l'entrée de la bouche de Métro Saddat «des manifestants anti-Moubarak ont entassé des cartes du ministère de l'Intérieur, mais aussi des armes qu'ils ont saisi sur leurs adversaires, démontrant qu'il s'agit bien de policiers. Il y a là, pêle-mêle des machettes, couteaux, cutters, poignards...», décrit-elle.
10 heures. Le vice-président égyptien Omar Souleimane a commencé le "dialogue" avec "les partis politiques et les forces nationales", a annoncé jeudi la télévision publique dans un bandeau.
9h50. Selon notre envoyée spéciale au Caire, la place Tahrir «a des allures de lendemain de guerre, raconte-t-elle. On sent que les affrontements peuvent repartir. Certains amassent des pierres, à plusieurs endroits de la place, d'autres utilisent des panneaux de circulation comme boucliers». Des militaires, qui ont mis en place un couloir de protection, sont applaudis par des manifestants anti-Moubarak.
9h20. Les Frères Musulmans appellent au renversement d'Hosni Moubarak, selon Al-Jazeera.
8h45. Selon Al-Jazeera, des bus chargés de militants pro et anti Moubarak se dirigent vers le Caire.
8h30. François Baroin, porte-parole du gouvernement, invite les Français non obligés de rester en Egypte à revenir «dans les meilleurs délais». Sur France Info, le ministre a déclaré : «Nous sommes très choqués, les images d'hier sont spectaculaires», avant d'évoquer des «ferments de guerre civile qui sont en train de se dessiner». «Les voyagistes sont informés et le quai d'Orsay est évidemment à la disposition de nos compatriotes sur place», a-t-il assuré.
8h20. Une forte majorité d'Israéliens estime que la chute du président égyptien Hosni Moubarak aurait un effet négatif pour leur pays et se traduirait par l'arrivée au pouvoir d'un «régime islamiste», selon un sondage publié jeudi par le quotidien Yédiot Aharonot.
8h10. Selon un médecin sur place, quatre personnes ont été tuées jeudi matin par des tirs visant des manifestants hostiles au président Hosni Moubarak sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, portant à sept le nombre de morts au cours de ces dernières 24 heures.
8 heures. Le ministère de la santé livre un nouveau bilan, provisoire, des violences sur la place Tahrir : cinq morts et 836 blessés.
7h30. L'armée procéderait à des arrestations sur la place Tahrir. Selon le journaliste David Botti sur Twitter, «des groupes d'hommes entassent des pierres aux endroits stratégiques de la place Tahrir au Caire...Ils se préparent à de nouveaux affrontements aujourd'hui.»
7 heures. Le bilan des affrontements s'alourdit. Trois personnes auraient été tuées par des tirs visant des manifestants hostiles au président Hosni Moubarak sur la place Tahrir, portant à six le nombre de morts au cours de ces dernières 24 heures, a-t-on appris auprès d'un médecin.
5h30. Selon un photographe de l'AFP, des milliers de manifestants ont passé la nuit sur la place Tahrir. Beaucoup se préparent pour la première prière, alors que d'autres se réchauffaient autour de feux de bois.
5 heures. Des tirs en provenance du pont d'Octobre, où sont positionnés les partisans du président Hosni Moubarak, auraient fait de nombreux blessés, ont encore indiqué ces témoins. La mort de deux manifestants est confirmée. Selon des témoins, des policiers en civil se trouvent parmi les partisans du président égyptien.
Affrontements au Caire : un habitant met en cause «des policiers en civil»
4h30. Washington presse les Américains encore en Egypte de partir «immédiatement».
4 heures. On apprend que deux personnes ont été tuées par des coups de feu tirés contre des manifestants hostiles au régime sur la place Tahrir du Caire, ont rapporté des témoins. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, condamne une violence «choquante» en Egypte auprès du vice-président, Omar Souleiman.
3h50. Des coups de feu sont entendus sur la place Tahrir
0h30. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, s'est à nouveau entretenu mardi par téléphone avec le ministre de la Défense égyptien, Mohamed Hussein Tantaoui, de la situation en Egypte, a annoncé son porte-parole, Geoff Morrell.

http://www.leparisien.fr/crise-egypte/en-direct-egypte-le-caire-a-des-allures-de-lendemain-de-guerre-03-02-2011-1297967.php
LeParisien.fr
A. D., A. C. avec AFP
Publié le 03.02.2011, 07h22
Mise à jour : 10h58
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Début du dialogue entre pouvoir et "forces nationales"
LE CAIRE - 11h01 - (AFP) - Le vice-président égyptien Omar Souleimane a commencé le "dialogue" avec "les partis politiques et les forces nationales", a annoncé jeudi la télévision publique alors que le mouvement de contestation contre le régime aurait fait au moins 300 morts depuis le 25 janvier selon un bilan non confirmé de l'ONU.
"Début du dialogue entre le vice-président et les partis politiques et les forces nationales", a indiqué la télévision dans un bandeau, sans plus de précision sur les interlocuteurs concernés.
Des manifestants de la place Tahrir, dans le centre du Caire, où sont rassemblés les opposants au président Hosni Moubarak, participent au dialogue avec le pouvoir, a affirmé le Premier ministre Ahmad Chafic, cité par la télévision publique.
Dans un autre bandeau, la télévision cite le Premier ministre Ahmad Chafic qui déclare: "Nous nous réunissons aujourd'hui avec les représentants des partis d'opposition et des forces nationales pour trouver une issue à la situation actuelle".
M. Souleimane, qui vient d'être nommé vice-président, avait annoncé lundi avoir été chargé par le président Hosni Moubarak d'ouvrir un dialogue immédiat avec l'opposition.
La télévision publique a également annoncé, citant le Premier ministre Chafic, que les violences entre partisans et opposants au président égyptien Hosni Moubarak, place Tahrir, au cours desquelles au moins cinq personnes ont été tuées, vont faire l'objet d'une enquête.
Les violences ont éclaté mercredi au lendemain d'une intervention de Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 29 ans, qui avait promis qu'il ne briguerait pas un sixième mandat en septembre.
La chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton a appelé jeudi les autorités égyptiennes à traduire en justice les responsables des violences survenues au Caire entre pro et anti-Moubarak.
Cinq dirigeants européens, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Silvio Berlusconi, David Cameron et José-Luis Zapatero, ont affirmé dans une déclaration commune que le "processus de transition" en Egypte "doit commencer dès maintenant".
"Seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l'Egypte doit faire face aujourd'hui". "Nous observons la dégradation de la situation en Égypte avec une extrême préoccupation", ont-ils encore écrit dans ce texte communiqué par l'Elysée.
Vendredi une nouvelle journée de manifestations massives pour exiger le départ du président Moubarak est prévue.

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mercredi 2 février 2011

Centrafrique - François Bozizé, vainqueur contesté de l'élection présidentielle en Centrafrique

dimanche 23 janvier. Le vote s'était achevé cinq heures après l'horaire prévu, et le dépouillement avait eu lieu pendant la nuit, à la lueur des bougies et des lampes de poche.
"Tous ont décrié la mauvaise organisation, surtout en ce qui concerne les listes électorales qui ont été affichées en retard, qui n’existaient pas à certains endroits ou se retrouvaient à des endroits qui n'étaient pas les bons", avait déclaré Fulgence Zeneth, coordinateur national de l'Observatoire national des élections, au lendemain du scrutin.
L'attente des résultats – ils auraient dû être communiqués quelques jours plus tôt par la CEI – a renforcé les soupçons de fraude dans le camp de l'opposition. "C'est un non événement, a déploré Martin Ziguélé lors de la proclamation des résultats. C'est tellement grossier et ridicule. Maintenant, nous allons porter plainte et déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, mais nous ne sommes pas dupes. La Cour va valider les résultats."
Au cours de la campagne, le parti KNK (pour Kwa Na Kwa, qui signifie "le travail rien que le travail" en langue sango) de François Bozizé s’était donné comme objectif de remporter cette élection "par KO, dès le 1er tour". C’est donc chose faite.
"C'EST LA RÉCOMPENSE D'UN TRAVAIL BIEN FAIT..."
"C'est la victoire de la démocratie pour quelqu'un qui a pris le pouvoir par un coup d'Etat et qui l'a légitimé par les urnes en 2005, a déclaré Fidèle Ngouandjika, porte-parole du gouvernement et directeur adjoint de la campagne du chef de l’Etat. C'est la récompense d'un travail bien fait..."
Dans un tel contexte, il est difficile de croire que ces élections pourront enfin amener la paix dans ce pays ruiné par des décennies d’instabilité politique. Ce scrutin se présentait pourtant comme l'aboutissement d’un dialogue national amorcé en 2008 entre le pouvoir, l’opposition et différents groupes armés qui occupent une grande partie du pays.
"Nous serons obligés de reprendre les armes afin de faire rétablir une réelle démocratie en Centrafrique, a confié à l’AFP Joachim Kokaté, l’un des représentants de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), une rébellion qui n’avait pas participé au processus de paix. Nous avions observé une trêve dans l'intérêt du peuple centrafricain. Nous dénonçons la fraude massive. Le président Bozizé a tourné le dos à la jeunesse et à tout le peuple."
Comme pendant toute la campagne électorale, le calme régnait dans Bangui, la capitale, lors de l’annonce des résultats.

Pierre Lepidi (avec AFP)
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Le Congo, l'Angola et la RDC : Harmonisation de la coordination de la navigation aérienne

(Xinhuanet 02/02/2011)
KINSHASA -- Les experts de la navigation aérienne de la République du Congo, de l'Angola et de la RDC se sont engagés à trouver des solutions durables aux problèmes communs de sécurité de la navigation aérienne, à l'issue de l'atelier qu'ils ont tenu à Kinshasa, axé sur la coordination des FIRS (Région d'informations des vols).
Ils ont résolu de contribuer efficacement à l'amélioration des procédures de coordination de services aériens ATS (Servises du trafic aérien) de la sous-région par l'échange mutuel des méthodes de travail et d'expérience en vue de réduire de nombreux cas d'incidents observés.
Ils ont recommandé la mise à jour des informations nécessaires à la bonne navigation aérienne. L'atelier de Kinshasa qui s'est clôturé mardi avait pour objet de parvenir à une coordination efficace et sans faille des aéroports les plus proches de la région.
En ce qui concerne le problème de l'interférence dans la communication des aéronefs en air entre l'aéroport de Kinshasa en RDC et celui de Maya Maya au Congo/Brazzaville, les experts ont préconisé à ces deux pays de renforcer leur système de communication VSAT dans les aéroports.

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"Panel" de chefs d'Etat sur la crise post électorale en Côte d'Ivoire : les camps Ouattara et Gbagbo crient victoire (SYNTHESE)

(Xinhuanet 02/02/2011)
ABIDJAN-- La presse proche de Laurent Gbagbo et d'Alassane Ouattara, les deux présidents déclarés de Côte d'Ivoire, assimile à une victoire, avec des oeillères chacun dans son camp, la décision du Conseil de paix et de sécurité de l' Union africaine (UA) de mettre en place un "panel" de chefs d'Etat pour la résolution de la crise post électorale dans le pays.
"Comment Gbagbo a triomphé à Addis-Abeba", s'exclame lundi le journal Le Soleil (pro-Gbagbo) qui croit savoir que "le génie politique" du président sortant lui a permis de "renverser la tendance au sommet de l'UA" et de mettre "fin au rêve d'Alassane Ouattara de parvenir au pouvoir par effraction".
Vendredi, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA a annoncé la création d'un groupe de cinq chefs d'Etat pour "évaluer le processus" électoral en Côte d'Ivoire et "formuler" dans un délai d'un mois "une solution politique" avec des décisions " contraignantes" pour toutes les parties dans la crise.
Cette "position de l'UA reprend à la lettre la posture de Laurent Gbagbo qui a demandé dès les premiers instants de la crise la formation d'un comité international d'évaluation en vue de la manifestation de la vérité", soutient Le Soleil qui conclut que " Gbagbo ne partira pas, pas même par la force comme l'ont rêvé certains chefs d'Etat de la sous région".
La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest ( CEDEAO) a menacé d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire pour installer le "président élu" Alassane Ouattara.
Comme la CEDEAO et l'Onu, l'UA a reconnu M. Ouattara comme vainqueur de l'élection présidentielle du 29 novembre dernier et a appelé M. Gbagbo à lui céder le pouvoir.
Peu avant le sommet de deux jours des chefs d'Etat de l'UA clos lundi à Addis-Abeba, le cercle des soutiens à Laurent Gbagbo avait semblé s'élargir autour des présidents angolais, sud-africain et équato-guinéen notamment.C'est "le triomphe de l'Afrique digne" et "un camouflet pour la CEDEAO", relève le quotidien Notre Voie (pro- Gbagbo) qui salue la voie pacifique prônée par l'UA pour la résolution de la crise.
"Honte à la CEDEAO qui a préconisé le feu et le sang pour régler le contentieux là où l'UA jouant de sagesse, de liberté et d'impartialité a pris la décision d'envoyer à Abidjan des enquêteurs pour rechercher la vérité et proposer une solution pacifique à la crise", s'écrie le journal.
La décision de l'UA peut être perçue comme "le réveil d'une Afrique digne, soucieuse de prendre son destin en main, c'est le sursaut d'orgueil d'une Afrique qui veut se libérer de l'emprise de l'extérieur pour voler de ses propres ailes", écrit encore Notre Voie.
Moins euphorique, le quotidien d'Etat, Fraternité Matin ( favorable à Gbagbo) relève un "casting" qui fait côtoyer dans le panel des chefs d'Etat ceux "prêts à jouer le jeu pour installer Alassane Ouattara" et "ceux qui défendent la souveraineté de la Côte d'Ivoire".
Le "Groupe de haut niveau" de l'UA sera composé de Jacob Zuma ( Afrique du sud), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Mohamed Ould Abdelaziz (Mauritanie), Idriss Déby Itno (Tchad) et Jakaya Kitwete (Tanzanie).
Mais, "la ruse pourrait consister à empêcher l'investigation que demande Laurent Gbagbo afin que l'organisation panafricaine et la CEDEAO ne soient pas contredites au risque de remettre en cause le système des Nations unies", s'inquiète le journal qui conclut que "les carottes semblent déjà cuites".
Fraternité Matin ne croit pas si bien dire. Dans le camp en face, on jubile également.
Et pour cause, selon Le Nouveau Réveil (pro-Ouattara) "l'UA réaffirme les résultats certifiés par l'Onu : ADO (Alassane Dramane Ouattara) président".
"Les résultats de la présidentielle ne seront pas revisités, pas de recomptage des voix. Gbagbo a perdu les élections, il doit céder le fauteuil. Et c'est autour des conditions de ce passage de témoin que s'est particulièrement penché le Conseil de paix et de sécurité", soutient Le Nouveau Réveil.
Même son de cloche au quotidien L'Expression qui affiche : " Gbagbo échoue encore à Addis-Abeba".Selon le journal, "les refondateurs (camp Gbagbo) ont dansé pour rien : Ouattara est reconnu président élu et il n'y aura pas de recomptage des voix".
Et c'est à juste titre, relève L'Expression, que le vainqueur de l'élection du 28 novembre dernier, selon la Commission électorale, Alassane Ouattara s'est dit "satisfait" et a "félicité " le Conseil de paix et de sécurité pour avoir "réaffirmé ses décisions antérieures" le reconnaissant comme président "légitime" de la Côte d'Ivoire.
"On le voit, Gbagbo n'a rien gagné à Addis-Abeba hormis l' agitation de certains chefs d'Etat antidémocratiques comme Robert Mugabé, Jacob Zuma et consorts", écrit L'Expression qui conclut : "Dansera bien qui dansera le dernier".

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R.D.C. - Les députés congolais se plaignent de la cacophonie au sein du gouvernement Muzito (Analyse)

(Xinhuanet 02/02/2011)
KINSHASA -- Plusieurs députés congolais condamnent la cacophonie qui règne depuis un certain temps au sein du gouvernement du Premier ministre Adolphe Muzito où ses décisions sont cassées par les ministres comme il en fait lui-même de celles prises par les ministres, un spectacle que les membres du gouvernement doivent éviter, selon le député de la majorité présidentielle Tshibangu Kalala.
Il cite pour exemple le cas de la lettre du Premier ministre Adolphe Muzito du vendredi 28 janvier, réhabilitant les mandataires de la Société nationale de loterie (Sonal), suspendus par la ministre de tutelle.
Le changement à la tête de la Sonal est intervenu quelques jours seulement après un scénario similaire concernant l' Université pédagogique nationale (UPN). Le chef du gouvernement a levé la suspension du comité de gestion de l'UPN, décidée par le ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU).
Selon le député Tshibangu Kalala, cette décision a été annoncée alors que l'opinion n'avait pas encore oublié le cas de l'Office de gestion du fret maritime (Ogefrem), dont la ministre des Transports avait suspendu l'Administrateur directeur délégué (ADG) de cette entreprise publique ainsi que le directeur de l'aviation civile; lesquels ont été réhabilités par Adolphe Muzito.
Il a cité également la décision du Premier ministre lui-même mettant fin au contrat de Jean Assice, ADG de la Régie des voies aériennes (RVA), mais cette décision a rencontré une opposition au cabinet du président de la République.
«Ça donne l'impression qu'il y a cacophonie dans la gestion des affaires publiques. Et cela n'est pas une bonne image que la gouvernement doit donner à notre peuple, qui attend une gestion rationnelle et rigoureuse des affaires publiques», a souligné le député Tshibangu, souhaitant « qu'il y ait cohésion au sein de l' équipe gouvernementale ».
Le député Clément Kanku, coordonnateur du parti « Union pour la Nation », parti de l'opposition, a justifié ce dysfonctionnement de l'équipe Muzito par le fait que «le Congo se retrouve avec un gouvernement irresponsable, telle une véritable tour de Babel».
Mais une source du cabinet du Premier ministre a expliqué, pour sa part, que les ministres n'observent pas souvent la procédure requise avant la prise de certaines décisions, « ce qui pousse le Premier ministre à les casser », a indiqué cette source.

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Congo - Le président congolais appelle les Africains à s'inspirer de l'exemple chinois

(Xinhuanet 02/02/2011)
BRAZZAVILLE- Le président congolais Denis Sassou Nguesso a appelé mardi à Brazzaville les Africains à s'inspirer de l'exemple du peuple chinois pour l' intégration du continent, a constaté Xinhua sur place.
Parlant du 16ème sommet de l'Union africaine qui s'est tenu sur le thème "Valeurs partagées pour une plus grande unité et intégration", Sassou Nguesso a affirmé que l'enjeu de ce thème est lié à la problématique de l'intégration africaine.
"L'objectif que nous poursuivons de l'unité africaine, des Etats unis d'Afrique et du gouvernement panafricain, pour atteindre un tel objectif, il faut des valeurs qui unissent les peuples africains", a-t-il fait observer, citant en exemple les peuples chinois, japonais, qui ont atteint un niveau élevé d'industrialisation en conservant leurs valeurs propres.
"Les grands peuples comme le peuple chinois est arrivé à un niveau élevé de l'industrialisation, du développement, de relations avec le monde, mais ce peuple chinois est resté le peuple chinois avec des valeurs qui lui sont propres. On peut dire la même chose pour les Japonais même s'ils ont atteint un niveau élevé de la science, de la technologie", a souligné Sassou Nguesso.
"Le problème est le même pour les peuples d'Afrique qui se battent pour l'intégration. Il faut privilégier les valeurs qui sont communes à l'Afrique, elles sont pour certaines universelles, le droit à la liberté, à la démocratie, les droits de l'homme, les droits des femmes, des enfants ; elles sont aussi liées aux valeurs proprement africaines, des valeurs qui lui sont propres et que l'Afrique aurait tort d'abandonner sous prétexte de modernité ; les valeurs de la famille, de la dignité, de la solidarité, du partage, du respect de la parole donnée ", a-t-il poursuivi.

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Togo - Des fonds propres de la Banque mondiale et des fonds multilatéraux en attente pour le secteur agricole togolais

(Xinhuanet 02/02/2011)
LOME -- Christian Berger, spécialiste principal de l'Agriculture et de Développement rural Région Afrique à la Banque mondiale (BM), a annoncé mardi des perspectives nouvelles de signatures des accords de financement sur fonds propres de la Banque mondiale et des fonds multilatéraux pour le secteur agricole togolais.
Au terme d'une audience chez le Premier ministre togolais Gilbert Houngbo, Christian Berger a fait état d'un travail en concert de la BM avec le Fonds international de développement agricole (Fida) et des institutions financière de l'Afrique de l'ouest (BOAD et BIDC) pour la mise en œuvre d'un appui coordonné du programme de sécurité alimentaire du Togo.
"Nous en sommes à la phase de préparation de la signature des accords de financement avec des fonds propres de la Banque (mondiale) et des fonds multilatéraux pour la sécurité alimentaire mondiale que le Togo a eu la capacité de mobiliser à son profit",a -t-il déclaré
La Banque mondiale est le "chef de file des partenaires de financement agricole" du Togo, a précisé Christian Berger, pendant que plusieurs programme de relance du secteur agricole sont amorcés dans le vaste chantier de relance économique au Togo.
Déjà en décembre 2010, le gouvernement togolais a obtenu du Fida et du Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) un don de 33,5 millions de dollars destiné au renforcement de la culture vivrière inscrit dans le Projet d'appui au développement agricole au Togo (PADAT).

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La Côte d'Ivoire fait défaut sur sa dette souveraine

(Les Echos 02/02/2011)
La Côte d'Ivoire n'a pas été en mesure de rembourser à ses créditeurs les 29 millions de dollars d'intérêts de son obligation de 2,3 milliards de dollars, entraînant par là même son défaut, largement anticipé par des marchés qui ne se faisaient plus guère d'illusions sur cette issue. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, le président Gbagbo a déclaré à l'agence Bloomberg que son pays honorerait ses engagements, mais sans donner plus de détails ni, surtout, de date.
Dans le contexte actuel, le pays a donné la priorité au paiement des fonctionnaires à celui de ses bailleurs de fonds. Disposant de 3,3 milliards de dollars de réserves de change au mois de septembre, le pays dispose de ressources naturelles importantes (cacao) qui devraient lui permettre de rendre leur cash aux investisseurs internationaux quand le pays aura retrouvé un semblant de stabilité, mais, surtout, un seul gouvernement.
Aujourd'hui, le titre de maturité 2032, à l'orgine de ce défaut, se traite à un cours déprimé - mais stable -autour de 37 cents pour 1 dollar. En pareille occasion, un tel niveau de prix peut attirer de nouveaux investisseurs comme des fonds alternatifs spécialisés (Elliott Management...) plus ou moins agressifs.
Déjà, en 2000, la Côte d'Ivoire avait dû renégocier son obligation de 3,5 milliards de dollars, une « Brady bond », du nom des obligations créées en mars 1989 avec pour objectif de restructurer la dette souveraine des pays en voie de développement. Il avait émis en avril dernier son titre de 2,3 milliards de dollars dans le cadre de son programme de restructuration de sa dette.

N. A.-K., Les Echos
02/02/11
07:00
Nessim Ait-Kacimi
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Guinée - Interview exclusive du président Alpha Condé

(Afriscoop 02/02/2011)
Accueilli avec grand honneur par ses pairs lors du 16e sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) qui a pris fin lundi tard dans la nuit après deux jours de discussions, Alpha Condé, nouveau président élu de la Guinée-Conakry, affirme s’inscrire dans le rôle joué par Sékou Touré pour l’intégration et l’unité du continent.
Dans un entretien exclusive avec Xinhua à Addis-Abeba en Ethiopie, celui qui a acquis la réputation d’opposant historique depuis le régime de feu Lansana Conté a par ailleurs situé les priorités de son action pour l’électricité, l’eau et la sécurité au profit du peuple guinéen.Question : Vous participez à votre premier sommet de l’Union africaine en tant que président nouvellement élu de la Guinée. Quel est le sentiment qui vous anime ?
Réponse : Je suis content d’y participer parce que j’ai toujours défendu l’intégration et l’unité africaine en tant qu’opposant. Aujourd’hui, le fait de pouvoir le faire en tant que président me donne l’occasion de reprendre le rôle joué par la Guinée dans les années 60. Parce que Sékou Touré a beaucoup œuvré pour la création de l’OUA (Organisation de l’unité africaine, ancêtre de l’Union africaine, ndlr). Donc, je souhaite que les idées que nous avons défendues quand j’étais étudiant je puisse participer à leur accomplissement au sein de l’Union africaine.
Q : Et vous, quelle est votre vision personnelle ? Comment percevez-vous cette intégration-là aujourd’hui ?
R : Je pense que l’Union africaine est bloquée entre ceux qui disent qu’il faut faire le toit et ceux qui disent qu’il faut d’abord le soubassement. On ne progresse pas. Donc, il faut trouver un moyen terme pour pouvoir avancer. Parce que ceux qui veulent faire le toit ne le font pas ; ceux qui disent qu’ils veulent le soubassement le ne font pas. Il faut trouver le moyen de faire progresser l’Afrique d’une manière ou d’une autre.
Q : Au plan interne, quelles sont vos priorités en tant que le premier président démocratiquement élu de la Guinée ?
R : Je crois que la Guinée tout le monde sait, c’est l’électricité, l’eau, l’autosuffisance alimentaire, le chômage des jeunes, les femmes, l’enseignement. Mais, notre priorité aujourd’hui, c’est de donner l’électricité, l’eau et faire l’autosuffisance alimentaire, parce que la Guinée est un scandale agricole en même temps, mais on ne parle que des mines. Donc, c’est de nous rendre autonomes. En clair, produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons. C’est ça mon objectif.
Q : Et que pensez-vous de la coopération chinoise ? Y ferez-vous appel pour mettre en œuvre vos projets ?
R : Ce n’est pas seulement la coopération chinoise. Moi je suis pour le renforcement de la coopération entre pays africains. En tout cas, j’ai été en Afrique du Sud, j’ai été à Luanda (en Angola), j’ai été en Libye. Ensuite renforcer la coopération Sud-Sud avec le Brésil, l’Inde et la Chine. Parce que je pense qu’aujourd’hui ce sont les pays avec lesquels nous devons collaborer pour un partenariat gagnant-gagnant et favorable non seulement à la coopération africaine, mais à la coopération Sud-Sud.

Propos recueillis Raphaël MVOGO ( (Xinhua)
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Guinée Bissau - L'Union européenne suspend son aide à la Guinée-Bissau

(Xinhuanet 02/02/2011)
BISSAU -- Les Ministres des Affaires Etrangères de l'Union Européenne ont décidé de suspendre une partie de son aide à la Guinée-Bissau, "le temps de constater des améliorations dans la gouvernance", indique un communiqué de presse du ministère des Affaires étrangères de Bissau, reprenant un communiqué de Bruxelles.
L'UE a alloué 120 millions d'euros à Bissau jusqu'en 2013. La suspension partielle ou totale de la coopération au développement, ne concerne pas l'assistance humanitaire et l'appui direct, précise Bruxelles.
Dans leur communiqué, les ministres européens se disent préoccupés par la situation qui prévaut en Guinée-Bissau, notamment en ce qui concerne le trafic de drogue, les violations des droits humains et l'impunité.
Ils exhortent les autorités de Bissau à mettre un terme à l' impunité, à renforcer l'autorité civile, à améliorer la stabilité, et à poursuivre la réforme du secteur de sécurité et de défense.
Le mois dernier, Bruxelles avait demandé aux autorités bissau- guinéennes de mettre fin aux détentions illégales après les événements du 1er avril qui s'étaient soldés par la séquestration du Premier ministre Carlos Gomes Junior des heures durant et le limogeage du chef d'état- major des armées d'alors, José Zamora Induta.

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Burundi, Somalie - L'armée burundaise renforce des mesures de sécurité pour contrer les attaques des Al Shabaab

(Xinhuanet 02/02/2011)
BUJUMBURA -- L'armée burundaise a annoncé ce mardi 1er février avoir renforcé des dispositifs et des mesures de sécurité pour contrer les attaques et ou les attentats qui seraient en cours de préparation, apprend- on du porte-parole du ministère de la Défense Nationale et des Anciens Combattants ( FDN).
"La première mesure qui a été prise et qu'on doit renforcer, c' est la vigilance de tout le monde sans exception aucune. Tout le monde vivant au Burundi est interpellé. D'autres mesures sont prises par des techniciens pour y faire face. Avec une bonne synergie de la population et des forces de l'ordre, il n' y a pas moyen que les terroristes d'Al Shabaab posent leurs pieds dans notre pays", a déclaré à la presse le Colonel Gaspard Baratuza, porte-parole de la FDN.
Beaucoup de dispositifs de sécurité ont été pris dès la première menace du mouvement, il y a à peu près une année. C'est notamment la réorganisation du trafic autour du marché central de Bujumbura où l'on a interdit la vente des fruits et légumes pour permettre une plus grande visibilité. C'est aussi la mesure prise à la fin de l'année dernière et qui reste en vigueur d'interdire l' accès des motos de transport rémunéré au centre-ville de Bujumbura.
D'autres dispositifs de sécurité concernent l'installation des concertinas dans plusieurs lieux jugés stratégiques par le gouvernement du Burundi.
L'ambassade des Etats-Unis d'Amérique en Ouganda avait annoncé samedi le 29 janvier 2011 que le mouvement Al Shabaab serait en train de préparer des attaques à mener au Burundi et en Ouganda au cours de ce mois de Février.
Ces terroristes ont déjà attaqué au mois de juillet 2010 la capitale ougandaise et leur attaque avait emporté la vie de 76 personnes.
Le Burundi et l'Ouganda sont victimes des troupes que les deux pays ont envoyées en Somalie dans le cadre de l'AMISOM. FIN.

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Nigeria/Pfizer: les victimes toujours en attente de dédommagement

(Romandie.com 02/02/2011)
KANO (Nigeria) - Depuis plusieurs années, Ali Yako assure que les médicaments administrés à son fils de quatre ans par Pfizer, numéro un mondial de la pharmacie, dans le cadre d'essais cliniques destinés à soigner sa méningite, l'ont rendu sourd avant d'entraîner sa mort.
Mais dix-huit mois après la signature d'un accord entre le géant américain et l'Etat nigérian de Kano, portant sur plusieurs millions de dollars de dédommagement, Yako et les victimes présumées de cet essai attendent toujours leurs indemnités, bloquées par une bataille judiciaire autour de tests ADN voulus par le laboratoire.
"Nous nous sentons manipulés et abandonnés à la fois par Pfizer et par le gouvernement de l'Etat de Kano", a déclaré récemment Yako lors d'une cérémonie d'inauguration d'un hôpital pédiatrique financé par Pfizer. "Nous sommes laissés de côté", a-t-il ajouté.
Certaines familles de victimes accusent la firme pharmaceutique d'avoir volontairement retardé le paiement des compensations. Pfizer s'en défend, en assurant que ces retards sont liés au bras-de-fer portant sur les tests ADN.
D'après le laboratoire, ces tests sont nécessaires pour identifier les victimes présumées, le nombre de personnes ayant déposé plainte dépassant de loin celui des personnes concernées par l'essai clinique.
"Le recueil des tests ADN est un garde-fou -- intégré dans l'accord de dédommagement -- pour garantir autant que possible que les fonds soient versés uniquement à ceux à qui ils sont destinés", a indiqué le géant pharmaceutique à l'AFP.
Pfizer a pratiqué des essais cliniques en 1996 sur plusieurs centaines d'enfants et nourrissons pendant une épidémie de méningite et de rougeole dans l'Etat de Kano, situé dans le nord du Nigéria. Selon le laboratoire, l'épidémie avait tué près de 12.000 personnes et touché plus de 100.000 autres en six mois.
Pfizer assure avoir avoir obtenu l'accord des autorités nigérianes pour cet essai et précise qu'environ 200 enfants ont été impliqués dans les tests, dont la moitié ont été soignés avec son antibiotique Trovan (trovafloxacine).
"Les résultats de cette étude ont clairement prouvé que le Trovan a aidé à sauver des vies", estime la compagnie.
Mais Médecins sans frontières (MSF), qui s'était efforcée à l'époque de soigner les victimes de l'épidémie de méningite au Nigeria, a durement critiqué Pfizer.
"Quand les employés de MSF ont pris conscience de ce que faisait Pfizer, ils ont été scandalisés par les pratiques de la société", a déclaré l'organisation humanitaire dans un communiqué.
Selon les autorités nigérianes, les essais cliniques de Pfizer ont entraîné la mort de 11 enfants et des dommages physiologiques sur des dizaines d'autres, dont des problèmes de surdité, de cécité et de paralysie.
En juillet 2009, après deux ans de bataille juridique, Pfizer et l'Etat de Kano avaient annoncé un accord à l'amiable de 75 millions de dollars.
Cet accord prévoyait un dédommagement de 35 millions de dollars pour les victimes et 30 millions pour la construction d'un hôpital pédiatrique, en échange d'un arrêt des poursuites contre le géant américain par le gouvernement de Kano. Chaque famille de victime devait recevoir 175.000 euros de compensation et les dix derniers millions devaient couvrir les frais judiciaires de l'Etat de Kano.
En mai 2010, le cabinet d'avocats Streamsowers & Kohn, qui représente les familles de 192 victimes, a toutefois annoncé que celles-ci rejetaient l'offre de dédommagements, en raison de tests ADN de Pfizer.
Les avocats font valoir que ces tests ne sont pas accompagnés d'une vérification indépendante.

(©AFP / 02 février 2011 10h03)
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Sud-Soudan : l'onction de l'UA en attendant de relever les défis de la construction du futur Etat (PAPIER GENERAL)

(Xinhuanet 02/02/2011)
ADDIS-ABEBA, 2 février (Xinhua) -- Au lendemain du référendum d'autodétermination du 9 au 15 janvier, avec un taux de participation record estimé à près de 80% sur un total d'environ 4 millions d'électeurs, la création du futur Etat du Sud-Soudan a reçu l'onction de l'Union africaine (UA) lors du sommet de dimanche et lundi à Addis-Abeba, l'attention ayant été portée sur les défis à relever.
Se fondant sur le souci de préservation de l'unité du continent et de la prévention de sa balkanisation au sortir d'une colonisation qui n'aura pas toujours été heureuse pour les peuples africains, l'UA a repris dans sa Charte le principe de "l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation" consacré par son ancêtre, l'Organisation de l'unité africaine (OUA), créée en 1963.
A la faveur de la victoire du "oui" au scrutin référendaire marquant le couronnement de l'accord de paix conclu le 9 janvier 2005 à Naivasha au Kenya entre le pouvoir central de Khartoum et le gouvernement de la province semi-autonome du Sud-Soudan, cette région du Soudan, le plus vaste pays d'Afrique avec une superficie de 2.505.810 km2, devra proclamer son indépendance en juillet.
"Le référendum a été libre, démocratique et transparent. En plus, il a été très pacifique. C'est une formidable expérience électorale. Parce que nous croyons à la démocratie. Nous avions la priorité de l'unité. Et le peuple s'est rendu massivement aux urnes pour voter", a déclaré à Xinhua Salva Kiir, vice-président soudanais et président doublé de chef du gouvernement du Sud-Soudan.
Le leader de l'Armée population de libération du Soudan (SPLA), rébellion autrefois dirigée par John Garang et qui pendant des décennies a mené une lutte acharnée pour l'indépendance, ne se fait pas d'illusions sur les chantiers à entreprendre pour donner corps et une identité au futur Etat.
"Nous allons très vite nous employer à élaborer un programme d'action pour la construction du nouvel Etat en création", a-t-il précisé, à l'issue d'une rencontre lundi avec le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, au dernier jour du 16e sommet ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation continentale.
"Les défis sont énormes. Nous avons combattu pendant plus de 20 ans. A la suite du référendum, le défi à présent est de construire le nouvel Etat. Mais, nous sommes convaincus et confiants que le peuple du Sud-Soudan, les leaders régionaux et la communauté internationale seront capables de mettre en place un Etat viable", a noté pour sa part le ministre de la Coopération régionale du gouvernement du Sud-Soudan, le général Deng Alor Kuol.
Il s'est réjoui du soutien de l'UA en organisant un mini-sommet sur le futur Etat et en saluant la coopération du Congrès national, du gouvernement central de Khartoum et du président Béchir, et surtout la décision des autorités du Nord d'approuver les résultats du référendum. "Cela a donné l'opportunité à l'Union africaine d'accueillir en son sein le Sud-Soudan", a dit le général Deng.
Réparti sur un territoire de 589.745 km2 avec une population évaluée entre 8 et 10 millions d'habitants, le Sud-Soudan est décrit comme un îlot de misère qui, pourtant, fournit au Soudan plus de 80% de sa production pétrolière de 500.000 barils par jour, selon les estimations, soit 90% des exportations du pays.
Mais, le contrôle de cette ressource échappe au gouvernement autonome de Juba, la capitale du futur Etat. C'est le Nord qui abrite les raffineries. Sans industrie, l'économie est essentiellement une économie de subsistance. Du reste, les perspectives sont prometteuses avec l'intérêt exprimé par les multinationales pour les autres richesses du sous-sol sud-soudanais comme l'or, les minerais de fer, de cuivre, de zinc, etc.
Pour les bases du nouvel Etat, 80% des frontières avec le Nord sont déjà délimitées. Reste les 20% autres qui, avec d'autres questions cruciales, devront faire l'objet de négociations spécifiques avec le gouvernement d'Omar el Béchir. "Les parties à l'accord de paix global (de janvier 2005, qualifié d'historique, ndlr) ont beaucoup de travail à faire au cours des prochains mois", a souligné dimanche le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, devant la conférence des chefs d'Etat de l'UA.
Parmi les modalités à discuter entre les responsables sud-soudanais et leurs interlocuteurs de Khartoum figurent la sécurisation des frontières, la citoyenneté, le partage des richesses situées à la frontière commune, la démarcation frontalière, les consultations populaires au Sud-Kordofan et dans les Etats du Nil Bleu, puis le statut de la ville d'Abyei, non encore rattachée au Sud-Soudan.
"Pour nous Africains, nous devons aider le Sud-Soudan en tant que nouvel Etat et nous sommes totalement engagés à le faire, à travailler étroitement avec les autorités et à mobiliser tous les amis du Sud-Soudan pour qu'ensemble nous construisions ce nouvel et jeune Etat. Certaines personnes avaient pensé que sa naissance allait se faire dans la violence. Elle s'est faite normalement, sans heurts", a indiqué le président de la Commission de l'UA, également interrogé par Xinhua.

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