(Xinhuanet 02/02/2011)
NIAMEY -- Le premier tour des élections présidentielles et les législatives se sont déroulés normalement lundi dans l'ensemble du pays, sans aucun incident majeur.
Quelque 6,7 millions d'électeurs nigériens sont allés aux urnes, depuis lundi matin à travers l'ensemble du territoire national, pour les élections législatives et le premier tour de l'élection présidentielle. Le double scrutin se déroule globalement dans le calme, ont constaté des observateurs.
Le taux de participation a dépassé les 50% dans le monde rural, tandis que dans certains centres urbains, tels que Maradi, Zinder, Tillabéry et Tahoua, le taux de participation varie entre 40 à 50%. A Niamey, le taux est le plus faible où il varie selon les communes de 30 à 40%, selon la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) du Niger.
Pour les élections présidentielles, dix candidats sont en compétition : Amadou Boubacar Cissé de l'UDR-Tabbat, Hama Amadou de Moden/FA-Lumana Africa, Mahamadou Issoufou du PNDS-Tarayya, Mme Bayard Mariama Gamatié du Ra CINN-Hadin'kay et Seyni Oumarou du MNSD-Nassara, Mahamane ousmane de la CDS-Rahama, Issoufou Ousmane Oubandawaki de l'ARD-Adaltchi-Mutuntchi, Cheffou Amadou du RSD-Gaskiya, le candidat indépendant Abdoulaye Amadou Traraoré et Moussa Moumouni Djermakoye.
Parmi les dix candidats il y a trois qui sont les grands favoris:
Mahamadou Issoufou du PNDS-Tarayya, né en 1952 à Dandadji (Illéla) région de Tahoua, ingénieur de formation. Mahamadou Issoufou a occupé plusieurs postes dans sa carrière professionnelle et politique : ancien directeur des mines, secrétaire général, puis directeur des exploitations, technique à la SOMAIR de 1974 à 1992. Le 23 décembre 1990, il a été élu Secrétaire Général du PNDS-Tarayya et investi candidats aux élections présidentielles du 27 février 1993. Il a occupé les fonctions du Premier Ministre pendant la 3ème République, régime AFC de 1993 à 1994, et du Président de l'Assemblée Nationale de 1995 à 1996. Mahamadou Issoufou est l'opposant historique au Niger pendant plus de 15 ans.
Seyni Oumarou du MNSD-Nassara, âgé de plus de 60 ans, est diplômé en comptabilité et gestion. Il a travaillé à Niger-Afrique, dans la société Nigérienne d'Electricité (NIGELEC) et dans l'Entreprise de Transformation de Papier (ENITRAP) de 1972 à 1990. En 1991, Seyni Oumarou se lance dans la carrière politique. Il a été successivement conseiller Spécial à la primature en 1995, ministre du Commerce en 1999, puis ministre du Commerce, du Transport et de l'Industrie et ministre d'Etat chargé d'équipement de 1999 à 2007, Premier ministre, chef de gouvernement de la 5ème République de 2007 à 2010 et président de l'Assemblée Nationale de la 6ème République de 2010 à 2011. Seyni Oumarou a été élu Président du MNSD-Nassara au congrès extraordinaire du 21 février 2009 à Zinder, puis investi candidats aux élections présidentielles au titre du parti au congrès ordinaire du 7 Août 2010 de Tillabéry.
Hama Amadou du Moden/FA Lumana Africa, né en 1950 à Youri (Kollo), région de Tillabéry. Il est titulaire d'un diplôme de directeur administratif. Hama Amadou a occupé plusieurs postes de responsabilité : directeur général, Président du conseil d'administration des sociétés d'Etat de 1978 à 1995, puis directeur de cabinet du Président du Conseil Militaire Suprême, chef de l'Etat, le Général Seyni Kountché, puis du Général Ali Saibou de 1985 à 1987, Premier ministre, chef de gouvernement de 1995 à 1996, puis de 1999 à 2007. Il était président du MNSD-Nassara de 2002 à 2009, parti qu'il quitte suite à des problèmes politiques avec ses compagnons politiques. Hama Amadou adhère au parti Moden/FA Lumana Africa en juin 2011, parti qui l'a investi aux élections présidentielles de 2011.
Seyni Oumarou et Hama Amadou sont tous dans l'Alliance pour la Réconciliation National (ARN), regroupant les six candidats parmi les dix à savoir : Seyni Oumarou, Hama Amadou, Mahamane Ousmane, Amadou Boubacar Cissé, Cheffou Amadou et Issoufou Ousmane Oubandawaki. Cette alliance a vu le jour le 25 janvier 2011, suite à l'éclatement de la CFDR, coalition qui a combattu le régime de Mamadou Tandja.
Vu la particularité de l'électorat nigérien, il est difficile qu'un candidat gagne les élections présidentielles dès le premier tour. Seul les jeux d'alliances peuvent permettre à un candidat d'être élu à l'issu du deuxième tour. A cet effet il est très probable que c'est l'un des deux candidats membre de l'ARN qui passera au deuxième tour qui sera élu le premier Président de la 7ème République.
Par Zabeirou Souley
© Copyright Xinhuanet
mercredi 2 février 2011
L’Egypte après la Tunisie
(La Libre 02/02/2011)
De Téhéran à Rabat en passant par Damas ou Amman, tous regardent le Caire après Tunis. Deux politologues livrent leur lecture commune.
Politologues sous le pseudonyme commun de Mahmoud Hussein, Adel Rifaat et Bahgat el-Nadi, français d’origine égyptienne, anciens marxistes devenus aussi exégètes du Coran, analysent les causes et l’onde de choc créées par les révolutions tunisienne et égyptienne.
De Téhéran à Rabat en passant par Damas ou Amman, tous regardent le Caire après Tunis. Pourquoi ?
Ces deux révolutions annoncent au monde arabe une grande nouvelle : il existe une issue pour sortir de l’impasse dans laquelle tous ses peuples, depuis des décennies, se sentaient piégés. Jusque-là, le choix qui semblait s’offrir à eux, c’était soit supporter des dictatures corrompues et délégitimées, soit accepter l’avènement de partis intégristes, que l’on supposait seuls susceptibles de renverser ces dictatures. La Tunisie brise la malédiction et l’Egypte la pulvérise de par son poids politique et démographique. Elles montrent que cette impasse était un trompe-l’œil. Que l’option de la liberté, de la dignité, du droit, existe. Que ce n’est pas une hallucination d’intellectuels coupés de la réalité, mais que c’est, au contraire, un désir profond et partagé. Le courage, la persévérance, la maturité tranquille du peuple tunisien, lui ont permis d’affirmer ce désir et de continuer à le proclamer, malgré la sauvage répression. Et ce, jusqu’à cette première victoire décisive : la chute de Ben Ali. C’est à partir de là que l’événement tunisien devient un exemple. Parce qu’il met fin à la rengaine de l’impuissance. Là, contrairement à l’Iran après les dernières élections, le peuple a gagné. Et, dans l’imaginaire arabe, cela change tout Comment naît une révolution ?
C’est a posteriori qu’on peut expliquer pourquoi elle est née en Tunisie. Il y a un mois, personne n’aurait parié sur la chute de Ben Ali ni sur celle de Hosni Moubarak. Il ne suffit pas de noter les éléments favorables au déclenchement d’une révolution. Il y a une alchimie, intrinsèque au déroulement des événements, qui fait que tous ces éléments débouchent ou non sur l’explosion. Il ne suffit pas d’avoir de l’uranium enrichi pour faire exploser une bombe atomique. Il faut avoir la formule permettant la réaction en chaîne. En politique, cette formule est mystérieuse, imprévisible.
Il y a aussi des facteurs sociologiques ?
Pour que s’exprime un besoin de liberté individuelle, il faut d’abord que soit née la figure moderne de l’individu. L’individu, c’est qui ? C’est le fonctionnaire, l’universitaire, l’avocat, le médecin, l’ingénieur. C’est aussi, peu à peu, l’ouvrier industriel. Il s’agit d’un nouvel acteur social, né au forceps, sous pression coloniale, à partir de l’éclatement des communautés traditionnelles, tribales, urbaines ou villageoises. Avant son émergence, le besoin de liberté personnelle n’a pas de sens, le chef traditionnel parle pour les siens et tout est dit. Avec son émergence, des aspirations nouvelles commencent à s’exprimer. Dans le monde arabe, elles vont lentement pénétrer les milieux religieux et, dès la fin du XIXe siècle, conduire au réformisme musulman, lequel, à son tour, va inspirer les premiers dirigeants du mouvement national au début du XXe. On débat alors de la question : comment pourrons-nous chasser l’occupant ? En lui volant le secret de sa supériorité, c’est-à-dire en nous ouvrant à la pensée des Lumières, ou au contraire en nous crispant sur un fondamentalisme rigoureux ? L’histoire a tranché. Les nationalistes laïcisants ont historiquement gagné la partie. Le parti Wafd en Egypte, le Néo-Destour en Tunisie, l’Istiqlal au Maroc, le Baas en Syrie et en Irak prônent la séparation du politique et du religieux, du public et du privé, l’égalité de droits entre citoyens, quelle que soit leur religion, la promotion progressive du statut de la femme.
Dans la révolution tunisienne, qu’est-ce qui a le plus frappé l’opinion égyptienne ?
L’essentiel : que les Tunisiens n’ont pas attendu l’apparition d’un chef ou d’un parti pour se mettre en mouvement. Ils ont découvert leur force et leur unité en marchant, en commençant par vaincre la peur, et ils ont continué d’avancer malgré les morts qui tombaient. Enfin, une fois partis, ils n’ont rien accepté de moins que la chute du tyran. Que l’armée, au moment crucial, ait pris le parti du peuple est un élément très important, que les esprits en Egypte ont parfaitement intégré. Tout le monde a conscience du prix à payer pour cela. Ne reculer devant aucun sacrifice, aller jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au point où l’armée sera confrontée au dilemme : lâcher le dictateur ou perdre son prestige en commettant un massacre.
Quel est le poids de l’intégrisme dans tout cela ?
Commençons par faire une distinction essentielle entre partis d’inspiration religieuse et partis intégristes, qui, eux, prônent l’établissement de la charia. En gros, c’est la différence entre Erdogan en Turquie et Ahmadinejad en Iran. Il faut comprendre que, là où on assiste à l’irruption de la liberté, les intégristes ne sont pas dans leur élément. La liberté signifie que l’on accorde du poids à la vie sur Terre, au rôle que chacun peut jouer dans la cité, à l’amélioration de ses conditions d’existence, à l’éducation Pour les intégristes, l’ici-bas n’a pas de valeur autonome, il ne se conçoit que comme un passage vers l’au-delà, comme un test pour mériter le paradis. Ceux qui manifestent aujourd’hui, à Tunis comme au Caire, même s’ils sont en majorité croyants et souvent pratiquants, ne sont pas dans cette optique. C’est pourquoi on peut dire sans crainte de se tromper que l’intégrisme ne pèse guère dans les événements qui secouent ces deux pays.
Les islamistes ne risquent-ils pas de profiter des désillusions qu’entraînera nécessairement la démocratie ?
Les manifestants égyptiens parlent de démocratie autant que de liberté et de fraternité, mot qui vient de surgir dans le mouvement avec la "fraternisation" avec les soldats. En Tunisie ils parlaient plutôt de liberté, de dignité, de droits de l’homme. Ce n’est pas le contenu de la démocratie qui est en cause, c’est le mot qui est peu utilisé. Sans doute parce qu’il évoque l’idée d’un modèle "clés en main", qui serait dicté par l’Occident, alors que les peuples arabes se réservent le droit d’apporter leurs propres retouches à ce modèle. Certes, les islamistes pourront profiter des désillusions à venir. Leur idéologie prolifère là où "ça va mal", là où les espoirs se détournent de l’ici-bas, pour se reporter sur un Etat théocratique, garant de l’au-delà. Mais on ne peut tout de même pas bloquer dès le départ un processus démocratique au motif qu’à l’arrivée il pourrait déboucher sur une défaite. Ce serait condamner toute révolution.
Entretien Vincent Giret et Marc Semo (© Libération)
Les manifestants restent place Tahrir
Plusieurs milliers de manifestants ont passé la nuit de mardi à mercredi dans le centre du Caire, au lendemain d'une mobilisation de plus d'un million de personnes et malgré l'annonce du président Hosni Moubarak qu'il abandonnerait son fauteuil de président en septembre. Evènement Mardi soir, au terme d'une journée de mobilisation géante de plus d'un million d'Egyptiens dans tout le pays, le président Hosni Moubarak a annoncé dans un discours télévisé qu'il restait au pouvoir mais qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre.
Moubarak reste, la foule veut son départ
Dans la journée, plus d'un million d'Egyptiens ont envahi les rues, selon les services de sécurité, la plus importante mobilisation depuis le début le 25 janvier de la contestation.
Le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé mardi qu'il resterait au pouvoir jusqu'à la présidentielle de septembre, malgré une manifestation de plus d'un million de personnes réclamant son départ sans délai au huitième jour de la contestation contre son régime.De son côté, le président américain Barack Obama a indiqué avoir dit à M. Moubarak qu'une transition politique pacifique et calme devait débuter "maintenant" en Egypte, s'abstenant toutefois de lui demander d'écouter les appels exigeant son départ immédiat.
Dans une intervention solennelle à la Maison Blanche à l'issue d'une journée d'intenses consultations diplomatiques entre les Etats-Unis et l'un de leurs principaux alliés du Moyen-Orient, M. Obama a aussi félicité l'armée égyptienne d'avoir permis que des manifestations pacifiques aient lieu et a affirmé aux Egyptiens entendre leurs voix.Londres a réitéré son appel aux autorités égyptiennes à procéder à un "changement réel, visible et complet", selon un communiqué du Foreign Office.Le leader cubain Fidel Castro a jugé que "le sort" de M. Moubarak "en est jeté" et que le soutien traditionnel de Washington à son régime n'y pourra rien.Au Caire, l'annonce de M. Moubarak qu'il resterait au pouvoir a été aussitôt rejetée par les milliers de manifestants rassemblés, malgré le couvre-feu, dans le centre-ville, laissant augurer d'une poursuite de l'épreuve de force.
"Le président est très têtu, mais nous sommes plus têtus que lui. Nous ne quitterons pas la place" Tahrir (Libération), épicentre de la mobilisation au Caire, a déclaré un leader de la contestation dans un haut-parleur.M. Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis 29 ans, s'est engagé dans un discours télévisé à préparer lors des huit mois de mandat qui lui restent une transition pacifique, notamment en modifiant la Constitution afin de faciliter les candidatures pour la présidentielle."Je le dis en toute sincérité, et sans tenir compte de la situation actuelle, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel", a déclaré M. Moubarak, qui en est à son cinquième mandat de six ans. "J'ai passé assez de temps à servir l'Egypte et son peuple"."Ce pays, j'y ai vécu, j'ai fait la guerre pour lui, et l'histoire me jugera", a-t-il ajouté. L'Egypte est "la nation que j'ai défendue et dans laquelle je vais mourir".
"Ma première responsabilité maintenant est de ramener la sécurité et la stabilité à la patrie pour assurer la transition pacifique du pouvoir", a-t-il poursuivi, en accusant "certaines forces politiques d'avoir cherché l'escalade et attisé le feu lors des manifestations".M. Moubarak a appelé le Parlement à "débattre d'un amendement aux articles 76 et 77 de la Constitution pour changer les conditions de la candidature à la présidentielle et limiter les mandats".De son côté, l'ambassadrice des Etats-Unis Margaret Scobey s'est entretenue au téléphone avec Mohamed ElBaradei, la figure la plus en vue de l'opposition, qui a appelé M. Moubarak à partir "au plus tard vendredi".
Dans la journée, plus d'un million d'Egyptiens ont envahi les rues, selon les services de sécurité, la plus importante mobilisation depuis le début le 25 janvier de la contestation qui a fait au moins 300 morts selon un bilan non confirmé de l'ONU, et des milliers de blessés.Accusant M. Moubarak d'être responsable des maux du pays -pauvreté, chômage, violation des libertés, corruption et verrouillage politique, les manifestants ont défilé sans heurts, dans une ambiance souvent festive, l'armée s'étant engagée à ne pas utiliser la force contre eux.
Au Caire, la place Tahrir a été prise d'assaut par une marée humaine. Les manifestants ont dansé et chanté en conspuant le président. Au moins 500.000 personnes se sont rassemblées dans la capitale, d'après la sécurité. Les défilés se sont étendus à de nombreuses autres villes.En soirée, la foule s'est dispersée, mais de petits groupes sont restés pour y passer la nuit sous les tentes malgré le couvre-feu en vigueur dans la capitale ainsi qu'à Alexandrie (nord) et Suez (est), de 13H00 à 06H00 GMT.
"On ne partira que lorsque Moubarak partira!" scandait un groupe d'hommes.Selon des témoins, un groupe de partisans de M. Moubarak, armés de couteaux et de bâtons, ont attaqué à Alexandrie les manifestants en chantant "On t'aime Hosni". Mais l'armée est intervenue et a dispersé les agresseurs.L'armée a fermé les accès à la capitale et à d'autres villes, et des hélicoptères survolent régulièrement le centre du Caire. Le trafic ferroviaire a été interrompu.
Pour mobiliser les manifestants, les groupes issus de la société civile, soutenus par M. ElBaradei, une partie de l'opposition laïque et les Frères musulmans, force d'opposition la plus influente, ont compté sur le bouche à oreille, Internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.Après une semaine de protestations, les contrecoups économiques de la révolte se font sentir. Les touristes, l'une des principales sources de revenus pour l'Egypte, ont renoncé à venir, et les étrangers prennent la fuite.
Washington a ordonné le départ du personnel non essentiel de son ambassade, et de nombreux Etats continuent de dépêcher des avions pour rapatrier leurs ressortissants. La plupart des voyagistes européens ont annulé les séjours jusqu'à la mi-février.Banques et Bourse étaient fermées, alors le carburant manquait en de nombreux endroits et les Egyptiens faisaient leurs provisions.
AFP
Mis en ligne le 02/02/2011
© Copyright La Libre
De Téhéran à Rabat en passant par Damas ou Amman, tous regardent le Caire après Tunis. Deux politologues livrent leur lecture commune.
Politologues sous le pseudonyme commun de Mahmoud Hussein, Adel Rifaat et Bahgat el-Nadi, français d’origine égyptienne, anciens marxistes devenus aussi exégètes du Coran, analysent les causes et l’onde de choc créées par les révolutions tunisienne et égyptienne.
De Téhéran à Rabat en passant par Damas ou Amman, tous regardent le Caire après Tunis. Pourquoi ?
Ces deux révolutions annoncent au monde arabe une grande nouvelle : il existe une issue pour sortir de l’impasse dans laquelle tous ses peuples, depuis des décennies, se sentaient piégés. Jusque-là, le choix qui semblait s’offrir à eux, c’était soit supporter des dictatures corrompues et délégitimées, soit accepter l’avènement de partis intégristes, que l’on supposait seuls susceptibles de renverser ces dictatures. La Tunisie brise la malédiction et l’Egypte la pulvérise de par son poids politique et démographique. Elles montrent que cette impasse était un trompe-l’œil. Que l’option de la liberté, de la dignité, du droit, existe. Que ce n’est pas une hallucination d’intellectuels coupés de la réalité, mais que c’est, au contraire, un désir profond et partagé. Le courage, la persévérance, la maturité tranquille du peuple tunisien, lui ont permis d’affirmer ce désir et de continuer à le proclamer, malgré la sauvage répression. Et ce, jusqu’à cette première victoire décisive : la chute de Ben Ali. C’est à partir de là que l’événement tunisien devient un exemple. Parce qu’il met fin à la rengaine de l’impuissance. Là, contrairement à l’Iran après les dernières élections, le peuple a gagné. Et, dans l’imaginaire arabe, cela change tout C’est a posteriori qu’on peut expliquer pourquoi elle est née en Tunisie. Il y a un mois, personne n’aurait parié sur la chute de Ben Ali ni sur celle de Hosni Moubarak. Il ne suffit pas de noter les éléments favorables au déclenchement d’une révolution. Il y a une alchimie, intrinsèque au déroulement des événements, qui fait que tous ces éléments débouchent ou non sur l’explosion. Il ne suffit pas d’avoir de l’uranium enrichi pour faire exploser une bombe atomique. Il faut avoir la formule permettant la réaction en chaîne. En politique, cette formule est mystérieuse, imprévisible.
Il y a aussi des facteurs sociologiques ?
Pour que s’exprime un besoin de liberté individuelle, il faut d’abord que soit née la figure moderne de l’individu. L’individu, c’est qui ? C’est le fonctionnaire, l’universitaire, l’avocat, le médecin, l’ingénieur. C’est aussi, peu à peu, l’ouvrier industriel. Il s’agit d’un nouvel acteur social, né au forceps, sous pression coloniale, à partir de l’éclatement des communautés traditionnelles, tribales, urbaines ou villageoises. Avant son émergence, le besoin de liberté personnelle n’a pas de sens, le chef traditionnel parle pour les siens et tout est dit. Avec son émergence, des aspirations nouvelles commencent à s’exprimer. Dans le monde arabe, elles vont lentement pénétrer les milieux religieux et, dès la fin du XIXe siècle, conduire au réformisme musulman, lequel, à son tour, va inspirer les premiers dirigeants du mouvement national au début du XXe. On débat alors de la question : comment pourrons-nous chasser l’occupant ? En lui volant le secret de sa supériorité, c’est-à-dire en nous ouvrant à la pensée des Lumières, ou au contraire en nous crispant sur un fondamentalisme rigoureux ? L’histoire a tranché. Les nationalistes laïcisants ont historiquement gagné la partie. Le parti Wafd en Egypte, le Néo-Destour en Tunisie, l’Istiqlal au Maroc, le Baas en Syrie et en Irak prônent la séparation du politique et du religieux, du public et du privé, l’égalité de droits entre citoyens, quelle que soit leur religion, la promotion progressive du statut de la femme.
Dans la révolution tunisienne, qu’est-ce qui a le plus frappé l’opinion égyptienne ?
L’essentiel : que les Tunisiens n’ont pas attendu l’apparition d’un chef ou d’un parti pour se mettre en mouvement. Ils ont découvert leur force et leur unité en marchant, en commençant par vaincre la peur, et ils ont continué d’avancer malgré les morts qui tombaient. Enfin, une fois partis, ils n’ont rien accepté de moins que la chute du tyran. Que l’armée, au moment crucial, ait pris le parti du peuple est un élément très important, que les esprits en Egypte ont parfaitement intégré. Tout le monde a conscience du prix à payer pour cela. Ne reculer devant aucun sacrifice, aller jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au point où l’armée sera confrontée au dilemme : lâcher le dictateur ou perdre son prestige en commettant un massacre.
Quel est le poids de l’intégrisme dans tout cela ?
Commençons par faire une distinction essentielle entre partis d’inspiration religieuse et partis intégristes, qui, eux, prônent l’établissement de la charia. En gros, c’est la différence entre Erdogan en Turquie et Ahmadinejad en Iran. Il faut comprendre que, là où on assiste à l’irruption de la liberté, les intégristes ne sont pas dans leur élément. La liberté signifie que l’on accorde du poids à la vie sur Terre, au rôle que chacun peut jouer dans la cité, à l’amélioration de ses conditions d’existence, à l’éducation Pour les intégristes, l’ici-bas n’a pas de valeur autonome, il ne se conçoit que comme un passage vers l’au-delà, comme un test pour mériter le paradis. Ceux qui manifestent aujourd’hui, à Tunis comme au Caire, même s’ils sont en majorité croyants et souvent pratiquants, ne sont pas dans cette optique. C’est pourquoi on peut dire sans crainte de se tromper que l’intégrisme ne pèse guère dans les événements qui secouent ces deux pays.
Les islamistes ne risquent-ils pas de profiter des désillusions qu’entraînera nécessairement la démocratie ?
Les manifestants égyptiens parlent de démocratie autant que de liberté et de fraternité, mot qui vient de surgir dans le mouvement avec la "fraternisation" avec les soldats. En Tunisie ils parlaient plutôt de liberté, de dignité, de droits de l’homme. Ce n’est pas le contenu de la démocratie qui est en cause, c’est le mot qui est peu utilisé. Sans doute parce qu’il évoque l’idée d’un modèle "clés en main", qui serait dicté par l’Occident, alors que les peuples arabes se réservent le droit d’apporter leurs propres retouches à ce modèle. Certes, les islamistes pourront profiter des désillusions à venir. Leur idéologie prolifère là où "ça va mal", là où les espoirs se détournent de l’ici-bas, pour se reporter sur un Etat théocratique, garant de l’au-delà. Mais on ne peut tout de même pas bloquer dès le départ un processus démocratique au motif qu’à l’arrivée il pourrait déboucher sur une défaite. Ce serait condamner toute révolution.
Entretien Vincent Giret et Marc Semo (© Libération)
Les manifestants restent place Tahrir
Plusieurs milliers de manifestants ont passé la nuit de mardi à mercredi dans le centre du Caire, au lendemain d'une mobilisation de plus d'un million de personnes et malgré l'annonce du président Hosni Moubarak qu'il abandonnerait son fauteuil de président en septembre. Evènement Mardi soir, au terme d'une journée de mobilisation géante de plus d'un million d'Egyptiens dans tout le pays, le président Hosni Moubarak a annoncé dans un discours télévisé qu'il restait au pouvoir mais qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre.
Moubarak reste, la foule veut son départ
Dans la journée, plus d'un million d'Egyptiens ont envahi les rues, selon les services de sécurité, la plus importante mobilisation depuis le début le 25 janvier de la contestation.
Le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé mardi qu'il resterait au pouvoir jusqu'à la présidentielle de septembre, malgré une manifestation de plus d'un million de personnes réclamant son départ sans délai au huitième jour de la contestation contre son régime.De son côté, le président américain Barack Obama a indiqué avoir dit à M. Moubarak qu'une transition politique pacifique et calme devait débuter "maintenant" en Egypte, s'abstenant toutefois de lui demander d'écouter les appels exigeant son départ immédiat.
Dans une intervention solennelle à la Maison Blanche à l'issue d'une journée d'intenses consultations diplomatiques entre les Etats-Unis et l'un de leurs principaux alliés du Moyen-Orient, M. Obama a aussi félicité l'armée égyptienne d'avoir permis que des manifestations pacifiques aient lieu et a affirmé aux Egyptiens entendre leurs voix.Londres a réitéré son appel aux autorités égyptiennes à procéder à un "changement réel, visible et complet", selon un communiqué du Foreign Office.Le leader cubain Fidel Castro a jugé que "le sort" de M. Moubarak "en est jeté" et que le soutien traditionnel de Washington à son régime n'y pourra rien.Au Caire, l'annonce de M. Moubarak qu'il resterait au pouvoir a été aussitôt rejetée par les milliers de manifestants rassemblés, malgré le couvre-feu, dans le centre-ville, laissant augurer d'une poursuite de l'épreuve de force.
"Le président est très têtu, mais nous sommes plus têtus que lui. Nous ne quitterons pas la place" Tahrir (Libération), épicentre de la mobilisation au Caire, a déclaré un leader de la contestation dans un haut-parleur.M. Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis 29 ans, s'est engagé dans un discours télévisé à préparer lors des huit mois de mandat qui lui restent une transition pacifique, notamment en modifiant la Constitution afin de faciliter les candidatures pour la présidentielle."Je le dis en toute sincérité, et sans tenir compte de la situation actuelle, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel", a déclaré M. Moubarak, qui en est à son cinquième mandat de six ans. "J'ai passé assez de temps à servir l'Egypte et son peuple"."Ce pays, j'y ai vécu, j'ai fait la guerre pour lui, et l'histoire me jugera", a-t-il ajouté. L'Egypte est "la nation que j'ai défendue et dans laquelle je vais mourir".
"Ma première responsabilité maintenant est de ramener la sécurité et la stabilité à la patrie pour assurer la transition pacifique du pouvoir", a-t-il poursuivi, en accusant "certaines forces politiques d'avoir cherché l'escalade et attisé le feu lors des manifestations".M. Moubarak a appelé le Parlement à "débattre d'un amendement aux articles 76 et 77 de la Constitution pour changer les conditions de la candidature à la présidentielle et limiter les mandats".De son côté, l'ambassadrice des Etats-Unis Margaret Scobey s'est entretenue au téléphone avec Mohamed ElBaradei, la figure la plus en vue de l'opposition, qui a appelé M. Moubarak à partir "au plus tard vendredi".
Dans la journée, plus d'un million d'Egyptiens ont envahi les rues, selon les services de sécurité, la plus importante mobilisation depuis le début le 25 janvier de la contestation qui a fait au moins 300 morts selon un bilan non confirmé de l'ONU, et des milliers de blessés.Accusant M. Moubarak d'être responsable des maux du pays -pauvreté, chômage, violation des libertés, corruption et verrouillage politique, les manifestants ont défilé sans heurts, dans une ambiance souvent festive, l'armée s'étant engagée à ne pas utiliser la force contre eux.
Au Caire, la place Tahrir a été prise d'assaut par une marée humaine. Les manifestants ont dansé et chanté en conspuant le président. Au moins 500.000 personnes se sont rassemblées dans la capitale, d'après la sécurité. Les défilés se sont étendus à de nombreuses autres villes.En soirée, la foule s'est dispersée, mais de petits groupes sont restés pour y passer la nuit sous les tentes malgré le couvre-feu en vigueur dans la capitale ainsi qu'à Alexandrie (nord) et Suez (est), de 13H00 à 06H00 GMT.
"On ne partira que lorsque Moubarak partira!" scandait un groupe d'hommes.Selon des témoins, un groupe de partisans de M. Moubarak, armés de couteaux et de bâtons, ont attaqué à Alexandrie les manifestants en chantant "On t'aime Hosni". Mais l'armée est intervenue et a dispersé les agresseurs.L'armée a fermé les accès à la capitale et à d'autres villes, et des hélicoptères survolent régulièrement le centre du Caire. Le trafic ferroviaire a été interrompu.
Pour mobiliser les manifestants, les groupes issus de la société civile, soutenus par M. ElBaradei, une partie de l'opposition laïque et les Frères musulmans, force d'opposition la plus influente, ont compté sur le bouche à oreille, Internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.Après une semaine de protestations, les contrecoups économiques de la révolte se font sentir. Les touristes, l'une des principales sources de revenus pour l'Egypte, ont renoncé à venir, et les étrangers prennent la fuite.
Washington a ordonné le départ du personnel non essentiel de son ambassade, et de nombreux Etats continuent de dépêcher des avions pour rapatrier leurs ressortissants. La plupart des voyagistes européens ont annulé les séjours jusqu'à la mi-février.Banques et Bourse étaient fermées, alors le carburant manquait en de nombreux endroits et les Egyptiens faisaient leurs provisions.
AFP
Mis en ligne le 02/02/2011
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Côte d’Ivoire : « L’option militaire est toujours d’actualité » (Soro)
(Afriscoop 02/02/2011)
Le Premier ministre du président Alassane Dramane Ouattara a annoncé, mardi au cours d’ une conférence de presse à Ouagadougou que l’option militaire est toujours d’actualité, mais que cette position ne remet pas en cause la médiation de l’Union africaine.
Restant dans la logique de la communauté internationale devant l’obstination du président sortant Laurent Gbagbo à ne pas quitter le pouvoir, Guillaume Soro se félicite des conclusions des travaux du dernier sommet de l’Union africaine qui a reconnu à l’unanimité la légitimité du pouvoir d’Alassane Dramane Ouattara.
Le Premier ministre Soro a également salué l’initiative du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine de constituer un panel de cinq chefs d’Etat africains pour mener une ultime médiation de sortie de crise.Cependant, Guillaume Soro ne donne aucune chance de réussite au panel des chefs d’Etat, car le président Gbagbo avec qui il a collaboré pendant trois ans, est allé trop loin pour reculer.
« La situation dramatique que vive les populations ne saurait perdurer », a laissé entendre le chef de gouvernement de Alassane Dramane Ouattara, pour qui une opération militaire est la seule voie pour abréger la souffrance de ses compatriotes.
Selon M. Soro, les jours de M. Gbagbo sont comptés, car celui- ci a perdu la quasi-totalité du pouvoir tant politique, diplomatique, économique et même militaire, si on s’en tient aux nombreux ralliements d’officiers et soldats ivoiriens au camp Alassane Ouattara.
Malgré l’impasse actuelle, le Premier ministre d’Alassane Ouattara se dit confiant et demande au peuple ivoirien la patience. Il se dit sceptique quant à l’aboutissement de la démarche du panel des chefs d’Etat à convaincre le président Gbagbo de quitter le pouvoir pacifiquement.
« Ceux qui ne connaissent pas encore le président Gbagbo lui accorde le bénéfice de la bonne foi », a fait remarquer M. Soro, ajoutant qu’il faut laisser les autres (médiateurs) faire leur propre avec Gbagbo avant de venir rejoindre le camp d’Alassane Ouattara dans sa position première.
Le camp du président élu Alassane Ouattara est prêt à une éventuelle utilisation légale de la force militaire pour rétablir la légitimité en Côte d’Ivoire. « Nous sommes dans une marche pénible et difficile, mais qui heureusement est irréversible, car Gbagbo partira », a-t-il soutenu.
Rappelant que la patience a des limites, le Premier ministre Soro a demandé de faire confiance au président et au gouvernement de Côte d’Ivoire qui agiront en temps opportun et en toute légitimité.
« C’est important d’avoir la légitimité et de rester coller au droit international et c’est un langage qui n’est pas compris par la population ivoirienne qui comprendra demain, la raison de la patience », a conclu M. Soro.
Le 16e sommet de l’Union africaine qui s’est achevé lundi, rappelle-t-on, a désigné un panel de cinq chefs d’Etat qui vont tenter de mettre à la crise. Il s’agit des chefs d’Etat de Mauritanie, du Burkina, de Sud Afrique, de Tanzanie et de Tchad.
Ils doivent présenter d’ici un mois, des décisions contraignantes pour le président sortant Laurent Gbagbo et son rival Alassane Ouattara. (Xinhua)
mercredi 2 février 2011 par L’Agence de Presse Xinhua
© Copyright Afriscoop
Le Premier ministre du président Alassane Dramane Ouattara a annoncé, mardi au cours d’ une conférence de presse à Ouagadougou que l’option militaire est toujours d’actualité, mais que cette position ne remet pas en cause la médiation de l’Union africaine.
Restant dans la logique de la communauté internationale devant l’obstination du président sortant Laurent Gbagbo à ne pas quitter le pouvoir, Guillaume Soro se félicite des conclusions des travaux du dernier sommet de l’Union africaine qui a reconnu à l’unanimité la légitimité du pouvoir d’Alassane Dramane Ouattara.
Le Premier ministre Soro a également salué l’initiative du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine de constituer un panel de cinq chefs d’Etat africains pour mener une ultime médiation de sortie de crise.Cependant, Guillaume Soro ne donne aucune chance de réussite au panel des chefs d’Etat, car le président Gbagbo avec qui il a collaboré pendant trois ans, est allé trop loin pour reculer.
« La situation dramatique que vive les populations ne saurait perdurer », a laissé entendre le chef de gouvernement de Alassane Dramane Ouattara, pour qui une opération militaire est la seule voie pour abréger la souffrance de ses compatriotes.
Selon M. Soro, les jours de M. Gbagbo sont comptés, car celui- ci a perdu la quasi-totalité du pouvoir tant politique, diplomatique, économique et même militaire, si on s’en tient aux nombreux ralliements d’officiers et soldats ivoiriens au camp Alassane Ouattara.
Malgré l’impasse actuelle, le Premier ministre d’Alassane Ouattara se dit confiant et demande au peuple ivoirien la patience. Il se dit sceptique quant à l’aboutissement de la démarche du panel des chefs d’Etat à convaincre le président Gbagbo de quitter le pouvoir pacifiquement.
« Ceux qui ne connaissent pas encore le président Gbagbo lui accorde le bénéfice de la bonne foi », a fait remarquer M. Soro, ajoutant qu’il faut laisser les autres (médiateurs) faire leur propre avec Gbagbo avant de venir rejoindre le camp d’Alassane Ouattara dans sa position première.
Le camp du président élu Alassane Ouattara est prêt à une éventuelle utilisation légale de la force militaire pour rétablir la légitimité en Côte d’Ivoire. « Nous sommes dans une marche pénible et difficile, mais qui heureusement est irréversible, car Gbagbo partira », a-t-il soutenu.
Rappelant que la patience a des limites, le Premier ministre Soro a demandé de faire confiance au président et au gouvernement de Côte d’Ivoire qui agiront en temps opportun et en toute légitimité.
« C’est important d’avoir la légitimité et de rester coller au droit international et c’est un langage qui n’est pas compris par la population ivoirienne qui comprendra demain, la raison de la patience », a conclu M. Soro.
Le 16e sommet de l’Union africaine qui s’est achevé lundi, rappelle-t-on, a désigné un panel de cinq chefs d’Etat qui vont tenter de mettre à la crise. Il s’agit des chefs d’Etat de Mauritanie, du Burkina, de Sud Afrique, de Tanzanie et de Tchad.
Ils doivent présenter d’ici un mois, des décisions contraignantes pour le président sortant Laurent Gbagbo et son rival Alassane Ouattara. (Xinhua)
mercredi 2 février 2011 par L’Agence de Presse Xinhua
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Centrafrique - Présidentielle centrafricaine : Bozizé réélu président au 1er tour avec 66,08%
(Afriscoop 02/02/2011)
Le chef de l’Etat sortant François a été réélu président de la Centrafrique au 1er tour avec 607.184 voix soit 66,08% des suffrages, selon les résultats provisoires annoncés mardi soir par la Commission électorale indépendante (CEI).
Ces résultats doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle dans les quinze jours après ce scrutin qui s’est déroulé le 23 janvier.
L’ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par Bozizé en 2003, arrive 2e de l’élection avec 184.716 voix soit 20,10% des suffrages.
Suivent l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé 6,46% (59.370), l’économiste Emile Gros-Raymond Nakombo 4,64% (42.591) et l’ex-ministre de la Défense et représentant l’ex-rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie et le développement (APRD) Jean-Jacques Demafouth 2,72% (24.980).
M. Ziguélé, Nakombo et Demafouth avaient déjà annoncé qu’ils rejetaient les résultats du scrutin en raison de nombreuses "irrégularités".
Le taux de participation est de 54,01%. 1.825.735 personnes étaient inscrites, 986.030 ont voté, pour un total de suffrages exprimés de 919.841 selon la CEI.
"C’est la victoire de la démocratie pour quelqu’un qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat (en 2003) et qui l’a légitimé par les urnes en 2005", a déclaré Fidèle Ngouandjika, le porte-parole du gouvernement.
"C’est la récompense d’un travail bien fait, le peuple l’a jugé et l’a sanctionné après cinq ans de pouvoir", a poursuivi M. Ngouandjika, également directeur adjoint de la campagne du chef de l’Etat centrafricain.
"On lui donne raison. Il a travaillé comme un vrai président, pas comme un militaire, je suis fier d’être Centrafricain, bravo au peuple centrafricain et que le président respecte la Constitution", a-t-il conclu.
M. Ziguélé a lui affirmé n’avoir "même pas écouté ou suivi (l’annonce)".
"C’est un non événement. C’est tellement grossier et ridicule", a-t-il poursuivi. Maintenant, nous allons porter plainte et déposer un recours devant la Cour Constitutionnelle mais nous ne sommes pas dupes. La Cour va valider les résultats".
Le président de la CEI le pasteur Joseph Binguimalé, dont le travail a été très critiqué, a "remercié le peuple centrafricain pour sa patience, sa compréhension, sa tolérance et surtout sa participation massive".
Un représentant de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), Joachim Kokaté, active dans le nord du pays et qui n’a pas intégré le processus de paix, a affirmé à l’AFP : "Nous serons obligé de reprendre les armes afin de faire rétablir une réelle démocratie en Centrafrique".
"Nous avions observé une trêve dans l’intérêt du peuple centrafricain. Nous dénonçons la fraude massive. Le président Bozizé a tourné le dos à la jeunesse et à tout le peuple", a-t-il poursuivi.
Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2003, Bozizé avait été élu pour un premier mandat en 2005.
1,8 million des 4,4 millions de Centrafricain étaient appelés aux urnes le 23 janvier lors des élections présidentielle et législatives. Le double scrutin qui devait avoir lieu en avril 2009 avait été reporté à deux reprises après de nombreuses tergiversations.
La paix a été au centre de la campagne de ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), mais ruiné par des années d’instabilité et dont la population vit dans la pauvreté.
Ce scrutin devait être l’aboutissement du dialogue national amorcé en 2008 entre pouvoir, opposition et groupes rebelles.
Source : AFP
mercredi 2 février 2011 par AFP
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Le chef de l’Etat sortant François a été réélu président de la Centrafrique au 1er tour avec 607.184 voix soit 66,08% des suffrages, selon les résultats provisoires annoncés mardi soir par la Commission électorale indépendante (CEI).
Ces résultats doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle dans les quinze jours après ce scrutin qui s’est déroulé le 23 janvier.
L’ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par Bozizé en 2003, arrive 2e de l’élection avec 184.716 voix soit 20,10% des suffrages.
Suivent l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé 6,46% (59.370), l’économiste Emile Gros-Raymond Nakombo 4,64% (42.591) et l’ex-ministre de la Défense et représentant l’ex-rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie et le développement (APRD) Jean-Jacques Demafouth 2,72% (24.980).
M. Ziguélé, Nakombo et Demafouth avaient déjà annoncé qu’ils rejetaient les résultats du scrutin en raison de nombreuses "irrégularités".
Le taux de participation est de 54,01%. 1.825.735 personnes étaient inscrites, 986.030 ont voté, pour un total de suffrages exprimés de 919.841 selon la CEI.
"C’est la victoire de la démocratie pour quelqu’un qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat (en 2003) et qui l’a légitimé par les urnes en 2005", a déclaré Fidèle Ngouandjika, le porte-parole du gouvernement.
"C’est la récompense d’un travail bien fait, le peuple l’a jugé et l’a sanctionné après cinq ans de pouvoir", a poursuivi M. Ngouandjika, également directeur adjoint de la campagne du chef de l’Etat centrafricain.
"On lui donne raison. Il a travaillé comme un vrai président, pas comme un militaire, je suis fier d’être Centrafricain, bravo au peuple centrafricain et que le président respecte la Constitution", a-t-il conclu.
M. Ziguélé a lui affirmé n’avoir "même pas écouté ou suivi (l’annonce)".
"C’est un non événement. C’est tellement grossier et ridicule", a-t-il poursuivi. Maintenant, nous allons porter plainte et déposer un recours devant la Cour Constitutionnelle mais nous ne sommes pas dupes. La Cour va valider les résultats".
Le président de la CEI le pasteur Joseph Binguimalé, dont le travail a été très critiqué, a "remercié le peuple centrafricain pour sa patience, sa compréhension, sa tolérance et surtout sa participation massive".
Un représentant de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), Joachim Kokaté, active dans le nord du pays et qui n’a pas intégré le processus de paix, a affirmé à l’AFP : "Nous serons obligé de reprendre les armes afin de faire rétablir une réelle démocratie en Centrafrique".
"Nous avions observé une trêve dans l’intérêt du peuple centrafricain. Nous dénonçons la fraude massive. Le président Bozizé a tourné le dos à la jeunesse et à tout le peuple", a-t-il poursuivi.
Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2003, Bozizé avait été élu pour un premier mandat en 2005.
1,8 million des 4,4 millions de Centrafricain étaient appelés aux urnes le 23 janvier lors des élections présidentielle et législatives. Le double scrutin qui devait avoir lieu en avril 2009 avait été reporté à deux reprises après de nombreuses tergiversations.
La paix a été au centre de la campagne de ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), mais ruiné par des années d’instabilité et dont la population vit dans la pauvreté.
Ce scrutin devait être l’aboutissement du dialogue national amorcé en 2008 entre pouvoir, opposition et groupes rebelles.
Source : AFP
mercredi 2 février 2011 par AFP
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Egypte - Moubarak promet de ne pas briguer de nouveau mandat
(20 minutes 02/02/2011)
REVOLUTION - Le président ne quittera pas le pouvoir, assurant qu'«il n'a jamais trahi ses responsabilités»...
Service minimum pour Hosni Moubarak. Mardi soir, le président égyptien annonçait à la télévision qu’il ne se représenterait pas en septembre prochain. Réformes démocratiques, amendements de la Constitution, main tendue à l’opposition… Les concessions ne manquent pas.
Mais Hosni Moubarak s’accroche à son siège. «Je n’ai pas l’habitude de trahir mes responsabilités […] et je vais continuer à exercer le pouvoir pour assurer une transition pacifique du pouvoir.» Des mots qui ébranlent la place Tahrir, au Caire. Car ce que veulent les manifestants, c’est son départ.
Mardi, le pays tout entier scandait le même slogan: «Qu’il parte, qu’il parte!». Plus d’un million de personnes ont manifesté en Egypte, selon les autorités. Au Caire, la capitale, mais aussi à Alexandrie, Suez, Ismaïla ou dans les villes du delta du Nil comme Tanta, Mansoura, Mahalla el Koubra.
«Ses jours sont comptés»
La «marche du million» a donc réussi sa démonstration de force. Un succès facilité par le feu vert donné, lundi, par l’armée. En déclarant qu’elle n’utiliserait pas la force, elle a accepté l’idée d’un départ de Moubarak. Galvanisée par ce succès, l’opposition a enfoncé le clou, mardi, en refusant tout dialogue tant que le Président resterait au pouvoir.
«Ses jours et même ses heures sont comptés», renchérit Didier Billion, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Néanmoins, une fuite à la Ben Ali ne semble pas à l’ordre du jour, le président assurant qu’«il mourra sur le sol égyptien».
La contestation égyptienne en images, c'est par là
«Le départ de Moubarak sera organisé car, précise l’analyste, la grande crainte de l’armée, comme des Etats-Unis d’ailleurs, est la vacance du pouvoir». D’où la pression américaine pour que Moubarak ne se représente pas, et le désir affiché de Barack Obama pour une «transition ordonnée». Moubarak l’a bien compris. «Il faut choisir entre l’anarchie et la stabilité», expliquait-il mardi soir, suggérant que le laisser «finir son travail au service de [son] pays» était la seule option pour la stabilité de l’Egypte.
Mais de son côté, l’opposition s’organise. Ainsi un comité, regroupant notamment les Frères musulmans et Mohamed ElBaradei, est parvenu à s’entendre sur le plus petit dénominateur commun. A savoir, le départ de Moubarak.
Lucie Soullier
© Copyright 20 minutes
REVOLUTION - Le président ne quittera pas le pouvoir, assurant qu'«il n'a jamais trahi ses responsabilités»...
Service minimum pour Hosni Moubarak. Mardi soir, le président égyptien annonçait à la télévision qu’il ne se représenterait pas en septembre prochain. Réformes démocratiques, amendements de la Constitution, main tendue à l’opposition… Les concessions ne manquent pas.
Mais Hosni Moubarak s’accroche à son siège. «Je n’ai pas l’habitude de trahir mes responsabilités […] et je vais continuer à exercer le pouvoir pour assurer une transition pacifique du pouvoir.» Des mots qui ébranlent la place Tahrir, au Caire. Car ce que veulent les manifestants, c’est son départ.
Mardi, le pays tout entier scandait le même slogan: «Qu’il parte, qu’il parte!». Plus d’un million de personnes ont manifesté en Egypte, selon les autorités. Au Caire, la capitale, mais aussi à Alexandrie, Suez, Ismaïla ou dans les villes du delta du Nil comme Tanta, Mansoura, Mahalla el Koubra.
«Ses jours sont comptés»
La «marche du million» a donc réussi sa démonstration de force. Un succès facilité par le feu vert donné, lundi, par l’armée. En déclarant qu’elle n’utiliserait pas la force, elle a accepté l’idée d’un départ de Moubarak. Galvanisée par ce succès, l’opposition a enfoncé le clou, mardi, en refusant tout dialogue tant que le Président resterait au pouvoir.
«Ses jours et même ses heures sont comptés», renchérit Didier Billion, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Néanmoins, une fuite à la Ben Ali ne semble pas à l’ordre du jour, le président assurant qu’«il mourra sur le sol égyptien».
La contestation égyptienne en images, c'est par là
«Le départ de Moubarak sera organisé car, précise l’analyste, la grande crainte de l’armée, comme des Etats-Unis d’ailleurs, est la vacance du pouvoir». D’où la pression américaine pour que Moubarak ne se représente pas, et le désir affiché de Barack Obama pour une «transition ordonnée». Moubarak l’a bien compris. «Il faut choisir entre l’anarchie et la stabilité», expliquait-il mardi soir, suggérant que le laisser «finir son travail au service de [son] pays» était la seule option pour la stabilité de l’Egypte.
Mais de son côté, l’opposition s’organise. Ainsi un comité, regroupant notamment les Frères musulmans et Mohamed ElBaradei, est parvenu à s’entendre sur le plus petit dénominateur commun. A savoir, le départ de Moubarak.
Lucie Soullier
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RDC : Les députés se plaignent de la cacophonie au sein du gouvernement Muzito
Plusieurs députés congolais condamnent la cacophonie qui règne depuis un certain temps au sein du gouvernement du Premier ministre Adolphe Muzito où ses décisions sont cassées par les ministres comme il en fait lui-même de celles prises par les ministres, un spectacle que les membres du gouvernement doivent éviter, selon le député de la majorité présidentielle Tshibangu Kalala.
Il cite pour exemple le cas de la lettre du Premier ministre Adolphe Muzito du vendredi 28 janvier, réhabilitant les mandataires de la Société nationale de loterie (Sonal), suspendus par la ministre de tutelle.
Le changement à la tête de la Sonal est intervenu quelques jours seulement après un scénario similaire concernant l’ Université pédagogique nationale (UPN). Le chef du gouvernement a levé la suspension du comité de gestion de l’UPN, décidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).
Selon le député Tshibangu Kalala, cette décision a été annoncée alors que l’opinion n’avait pas encore oublié le cas de l’Office de gestion du fret maritime (Ogefrem), dont la ministre des Transports avait suspendu l’Administrateur directeur délégué (ADG) de cette entreprise publique ainsi que le directeur de l’aviation civile ; lesquels ont été réhabilités par Adolphe Muzito.
Il a cité également la décision du Premier ministre lui-même mettant fin au contrat de Jean Assice, ADG de la Régie des voies aériennes (RVA), mais cette décision a rencontré une opposition au cabinet du président de la République.
« Ça donne l’impression qu’il y a cacophonie dans la gestion des affaires publiques. Et cela n’est pas une bonne image que la gouvernement doit donner à notre peuple, qui attend une gestion rationnelle et rigoureuse des affaires publiques », a souligné le député Tshibangu, souhaitant « qu’il y ait cohésion au sein de l’ équipe gouvernementale ».
Le député Clément Kanku, coordonnateur du parti « Union pour la Nation », parti de l’opposition, a justifié ce dysfonctionnement de l’équipe Muzito par le fait que « le Congo se retrouve avec un gouvernement irresponsable, telle une véritable tour de Babel ».
Mais une source du cabinet du Premier ministre a expliqué, pour sa part, que les ministres n’observent pas souvent la procédure requise avant la prise de certaines décisions, « ce qui pousse le Premier ministre à les casser », a indiqué cette source. (Xinhua)
Il cite pour exemple le cas de la lettre du Premier ministre Adolphe Muzito du vendredi 28 janvier, réhabilitant les mandataires de la Société nationale de loterie (Sonal), suspendus par la ministre de tutelle.
Le changement à la tête de la Sonal est intervenu quelques jours seulement après un scénario similaire concernant l’ Université pédagogique nationale (UPN). Le chef du gouvernement a levé la suspension du comité de gestion de l’UPN, décidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).
Selon le député Tshibangu Kalala, cette décision a été annoncée alors que l’opinion n’avait pas encore oublié le cas de l’Office de gestion du fret maritime (Ogefrem), dont la ministre des Transports avait suspendu l’Administrateur directeur délégué (ADG) de cette entreprise publique ainsi que le directeur de l’aviation civile ; lesquels ont été réhabilités par Adolphe Muzito.
Il a cité également la décision du Premier ministre lui-même mettant fin au contrat de Jean Assice, ADG de la Régie des voies aériennes (RVA), mais cette décision a rencontré une opposition au cabinet du président de la République.
« Ça donne l’impression qu’il y a cacophonie dans la gestion des affaires publiques. Et cela n’est pas une bonne image que la gouvernement doit donner à notre peuple, qui attend une gestion rationnelle et rigoureuse des affaires publiques », a souligné le député Tshibangu, souhaitant « qu’il y ait cohésion au sein de l’ équipe gouvernementale ».
Le député Clément Kanku, coordonnateur du parti « Union pour la Nation », parti de l’opposition, a justifié ce dysfonctionnement de l’équipe Muzito par le fait que « le Congo se retrouve avec un gouvernement irresponsable, telle une véritable tour de Babel ».
Mais une source du cabinet du Premier ministre a expliqué, pour sa part, que les ministres n’observent pas souvent la procédure requise avant la prise de certaines décisions, « ce qui pousse le Premier ministre à les casser », a indiqué cette source. (Xinhua)
mardi 1 février 2011
Niger - Bientôt un civil à la présidence du Niger
(Ouest-France 01/02/2011)
Les Nigériens ont voté, hier, dernière étape de la transition vers un régime civil. Le nouveau chef de l'État devrait être investi le 6 avril.
Sept millions de Nigériens étaient appelés aux urnes, hier, pour un scrutin présidentiel censé rendre le pouvoir aux civils. La junte militaire, qui a renversé il y a un an le président Mamadou Tandja (à la tête du pays de 1999 à 2010) pour l'empêcher de se maintenir au-delà de son mandat, a promis de céder le pouvoir aux civils d'ici à avril. Les résultats du premier tour sont attendus dans les trois jours. Un second tour aura lieu le 12 mars.
Quatre candidats favoris
Dans ce pays enclavé du Sahel, l'un des plus pauvres du monde, quatre hommes font figure de favoris. L'opposant historique Mahamadou Issoufou, arrivé en tête aux municipales, le 11 janvier, espère que « l'heure de la victoire a sonné », son slogan de campagne. Face à lui, Seini Oumarou, ex-chef du gouvernement de Mamadou Tandja (de 2007 à 2009), porte les couleurs du parti du président déchu.
Un autre ancien Premier ministre de Tandja, Hama Amadou (de 2000 à 2007), tombé ensuite en disgrâce, et Mahamane Ousmane, premier président démocratiquement élu (1993-1996), sont les autres prétendants sérieux. Dans une alliance de dernière minute, le trio Oumarou, Amadou, Ousmane s'est engagé à soutenir celui d'entre eux qui arriverait au second tour. « J'espère, expliquait Amadou, après avoir voté, que le nouveau président sera là pour le peuple et non pour sa famille », un grief souvent entendu dans ce pays où la dégradation de la sécurité constituera l'un des défis du nouveau chef de l'État. Sept expatriés, dont cinq Français, sont toujours aux mains d'Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique).
Ils ont été enlevés, le 16 septembre, sur le site minier d'Arlit. Par ailleurs, deux jeunes Français ont été enlevés au Niger et tués, le 8 janvier, au Mali.
journal Ouest-France
mardi 01 février 2011
© Copyright Ouest-France
Les Nigériens ont voté, hier, dernière étape de la transition vers un régime civil. Le nouveau chef de l'État devrait être investi le 6 avril.
Sept millions de Nigériens étaient appelés aux urnes, hier, pour un scrutin présidentiel censé rendre le pouvoir aux civils. La junte militaire, qui a renversé il y a un an le président Mamadou Tandja (à la tête du pays de 1999 à 2010) pour l'empêcher de se maintenir au-delà de son mandat, a promis de céder le pouvoir aux civils d'ici à avril. Les résultats du premier tour sont attendus dans les trois jours. Un second tour aura lieu le 12 mars.
Quatre candidats favoris
Dans ce pays enclavé du Sahel, l'un des plus pauvres du monde, quatre hommes font figure de favoris. L'opposant historique Mahamadou Issoufou, arrivé en tête aux municipales, le 11 janvier, espère que « l'heure de la victoire a sonné », son slogan de campagne. Face à lui, Seini Oumarou, ex-chef du gouvernement de Mamadou Tandja (de 2007 à 2009), porte les couleurs du parti du président déchu.
Un autre ancien Premier ministre de Tandja, Hama Amadou (de 2000 à 2007), tombé ensuite en disgrâce, et Mahamane Ousmane, premier président démocratiquement élu (1993-1996), sont les autres prétendants sérieux. Dans une alliance de dernière minute, le trio Oumarou, Amadou, Ousmane s'est engagé à soutenir celui d'entre eux qui arriverait au second tour. « J'espère, expliquait Amadou, après avoir voté, que le nouveau président sera là pour le peuple et non pour sa famille », un grief souvent entendu dans ce pays où la dégradation de la sécurité constituera l'un des défis du nouveau chef de l'État. Sept expatriés, dont cinq Français, sont toujours aux mains d'Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique).
Ils ont été enlevés, le 16 septembre, sur le site minier d'Arlit. Par ailleurs, deux jeunes Français ont été enlevés au Niger et tués, le 8 janvier, au Mali.
journal Ouest-France
mardi 01 février 2011
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RDC : Vers un accord Tshisekedi-Kamerhe ?
La semaine prochaine, un premier forum de l'opposition pour l'alternance devrait se tenir à Kinshasa en vue de la prochaine élection présidentielle de 2011 en République démocratique du Congo (RDC). Objectif : la présentation d'un candidat unique de l'opposition face au président sortant Joseph Kabila. Selon le site Le Climat Tempéré, les deux poids lourds de l'opposition congolaises se seraient retrouvés en présence de deux députés nationaux. Un accord est-il possible ?
Selon Le Climat Tempéré, Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe "se sont retrouvées dans le cadre des concertations politiques, en présence des députés nationaux Jean-Claude Mvuemba et Delly Sessanga, en perspective du «forum de l’opposition pour l’alternance en 2011» dont l’ouverture est fixée la semaine prochaine".
Avant un hypothétique accord, le but de la réunion était d'évoquer un programme commun de gouvernance des "forces de changements". L'idée est plutôt salutaire : le projet de société d'abord, les hommes ensuite… "question d’éviter de mettre la charrue devant le bœuf", note Le Climat Tempéré. Les discussions tournent donc autour d' un front commun pour la présidentielle de novembre 2011, mais aussi pour les législatives nationales et provinciales qui devraient suivre afin d'assurer une majorité au futur président.
Pour l'instant deux candidats sont susceptibles de présenter un front commun d'opposition à Joseph Kabila : l'historique Etienne Tshisekedi (UDPS) et le nouveau venu, Vital Kamerhe (UNC), ancien président de l'Assemblée nationale et bras de droit de Kabila aux élections de 2006. Quant au grand parti d'opposition institutionnel… il est pour l'heure aux abonnés absents, le patron du MLC, Jean-Pierre Bemba, étant en prison à La Haye.
Il semble donc trop tôt pour connaître la candidat unique de l'opposition. Si pour l'instant Etienne Tshisekedi paraît plus apte à faire la synthèse de toutes les tendances de l'opposition congolaises, Vital Kamerhe et le MLC n'ont pas encore dit leur derniers mots. Surtout lorsque certaines rumeurs font état d'un amendement à la loi électorale de 2006 qui porterait sur l'âge des candidats à la présidentielle qui serait limité à 70 ans… Etienne Tshisekedi ayant 78 ans ! Pour l'opposition il serait donc "urgent d'attendre" avant de se mettre d'accord sur un candidat unique.
Christophe Rigaud
Selon Le Climat Tempéré, Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe "se sont retrouvées dans le cadre des concertations politiques, en présence des députés nationaux Jean-Claude Mvuemba et Delly Sessanga, en perspective du «forum de l’opposition pour l’alternance en 2011» dont l’ouverture est fixée la semaine prochaine".
Avant un hypothétique accord, le but de la réunion était d'évoquer un programme commun de gouvernance des "forces de changements". L'idée est plutôt salutaire : le projet de société d'abord, les hommes ensuite… "question d’éviter de mettre la charrue devant le bœuf", note Le Climat Tempéré. Les discussions tournent donc autour d' un front commun pour la présidentielle de novembre 2011, mais aussi pour les législatives nationales et provinciales qui devraient suivre afin d'assurer une majorité au futur président.
Pour l'instant deux candidats sont susceptibles de présenter un front commun d'opposition à Joseph Kabila : l'historique Etienne Tshisekedi (UDPS) et le nouveau venu, Vital Kamerhe (UNC), ancien président de l'Assemblée nationale et bras de droit de Kabila aux élections de 2006. Quant au grand parti d'opposition institutionnel… il est pour l'heure aux abonnés absents, le patron du MLC, Jean-Pierre Bemba, étant en prison à La Haye.
Il semble donc trop tôt pour connaître la candidat unique de l'opposition. Si pour l'instant Etienne Tshisekedi paraît plus apte à faire la synthèse de toutes les tendances de l'opposition congolaises, Vital Kamerhe et le MLC n'ont pas encore dit leur derniers mots. Surtout lorsque certaines rumeurs font état d'un amendement à la loi électorale de 2006 qui porterait sur l'âge des candidats à la présidentielle qui serait limité à 70 ans… Etienne Tshisekedi ayant 78 ans ! Pour l'opposition il serait donc "urgent d'attendre" avant de se mettre d'accord sur un candidat unique.
Christophe Rigaud
Egypte - Chronologie d'un pays en plein tourment
(Le Parisien 01/02/2011)
Après le soulèvement tunisien ayant entraîné la chute du président Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, l'Egypte s'est embrasée à son tour depuis début janvier. Les manifestants s'opposent au régime du président Hosni Moubarak, en place depuis 1981. Ces derniers mois, des tensions étaient apparues dans ce vaste pays de 78 millions d'habitants, provoquées notamment par des hausses de prix ou des restrictions sur des produits de base.
16 janvier. Alors que les observateurs internationaux évoquent l'effet domino susceptible de s'étendre à l'ensemble du monde arabe, suite aux événements de la Tunisie, le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit appelle l'Occident à ne «pas s'immiscer» dans les affaires arabes. Sous le joug d'Hosni Moubarak depuis 1981, l'Egypte présente un régime et une situation sociale comparables à ceux renversés en Tunisie.
17 janvier. Un homme s'immole par le feu devant l'Assemblée du Peuple au Caire. La révolte tunisienne avait démarré suite au geste de désespoir similaire de Mohamed Bouazizi, jeune vendeur ambulant dont la marchandise avait été confisquée par les autorités, un mois auparavant, jour pour jour.
18 janvier. Deux nouvelles immolations par le feu sont signalées à Alexandrie et devant le siège du gouvernement au Caire.
19 janvier. Sur fond de révolution tunisienne et en parallèle à la montée sporadique de la colère en Egypte, le pays accueille à Charm el-Cheikh le 2e sommet économique arabe, sous haut tension.
20 janvier. Deux ouvriers d'une entreprise textile du gouvernorat de Menoufia, dans le delta du Nil au nord du Caire, s'immolent par le feu, portant à cinq le nombre de tentatives de suicide en quatre jours. Les deux hommes voulaient protester contre une mutation décidée par leur employeur.
24 janvier. Plusieurs mouvements d'opposition appellent les Egyptiens, en particulier les jeunes, à manifester le lendemain, espérant que l'écho du soulèvement tunisien favorisera la mobilisation pour des réformes économiques et un changement politique en Egypte.
25 janvier. Début des contestations de masse. Première du genre depuis 1977, la «Journée de révolte contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage» est durement réprimée, plusieurs morts étant enregistrées. Au Caire et dans une plusieurs grandes villes d'Egypte, environ 15 000 personnes répondent à l'appel à manifester contre le pouvoir en place lancé la veille.
Les rassemblements sont rythmés au son de slogans appelant à l'amélioration des conditions de vie («Pain, Liberté, Dignité»). «Moubarak dégage» ou «la Tunisie est la solution» scandent d'autres protestants, souhaitant le départ du président Hosni Moubarak.
26 janvier. Pour la deuxième journée consécutive, les manifestants bravent l'interdiction imposée par les autorités. Au Caire et à Suez, de violents heurts opposent les protestants et les forces de l'ordre qui procèdent à des centaines d'interpellations.
Dans la capitale, les rassemblements ont lieu sur la grande place Tahrir à l'initiative du «Mouvement du 6 avril», un groupe réformateur pro-démocratie. En début de soirée dans la ville portuaire de Suez, des bâtiments gouvernementaux, parmi lesquels le siège du Parti national démocratique de Moubarak, sont attaqués à coups de pierre et de cocktails molotov. En deux jours de troubles, les violences ont tué six personnes, policiers ou manifestants, et blessé des dizaines d'autres. Au moins mille personnes ont par ailleurs été arrêtées.
27 janvier. Pionnier dans l'organisation des manifestations, le «Mouvement du 6 avril», essentiellement constitué de jeunes, lance un nouvel appel à la mobilisation via les réseaux sociaux. L'ancien président de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix en 2005, Mohamed ElBaradei, quitte l'Autriche et arrive en Egypte. Le principal opposant au président Moubarak, venu pour «s'assurer que tout se passe de manière pacifique et régulière», se dit prêt à «mener la transition» politique et déclare vouloir se présenter à l'élection de novembre 2011.
Un manifestant est tué par balle dans le Sinaï tandis que Suez est le théâtre de violents affrontements.
28 janvier. A l'initiative du «Mouvement du 6 avril», cette journée de prière hebdomadaire est proclamée «vendredi de la colère», à laquelle se joignent pour la première fois les Frères musulmans et l'opposant Mohamed ElBarabdei. Le ministère de l'Intérieur, qui avait mis en garde contre de nouvelles manifestations et avait annoncé des «mesures décisives», déploie un impressionnant dispositif de sécurité.
Dans tout le pays, des rassemblements dégénèrent en confrontations avec la police. Le siège du parti politique d'Hosni Moubarak est saccagé à Ismaïlia , celui du Caire et le siège du gouvernorat d'Alexandrie sont incendiés. Dans ces deux villes et à Suez, un couvre-feu est décrété, bientôt étendu à tout le territoire égyptien. Sur ordre de Moubarak, l'armée se déploie. Pour autant, les tanks et les hélicoptères qui patrouillent au Caire et à Suez n'engagent pas les violences. Des scènes de fraternisations sont même observées.
Dans une allocution télévisée en fin de soirée, le président Moubarak, qui s'est entretenu au téléphone avec son homologue américain Barack Obama, annonce avoir limogé le gouvernement et vouloir prendre «des mesures rapides pour combattre la pauvreté, le chômage et la corruption.» Vingt personnes auraient trouvé la mort durant la journée.
29 janvier. La tension ne baisse pas alors qu'au Caire, les manifestants, par milliers, font de la place Tahrir un lieu symbolique de rassemblement contre le régime. Dans la capitale, des cortèges de protestants convergent vers les sites administratifs comme le ministère de l'Intérieur ou le siège de la télévision d'Etat. Le Caire étant la proie des pillards, le musée regroupant les trésors antiques du pays est placé sous la protection de l'armée.
Ahmad Chafic, l'ancien ministre de l'aviation, est nommé premier ministre, alors que le chef du renseignement, Omar Souleimane, devient vice-président.
30 janvier. Le bilan des premiers jours de la contestation avoisinerait les 150 morts. Malgré le couvre-feu, des milliers de personnes défient toujours le pouvoir en place sur la grande place Tahrir du Caire. Ils sont galvanisés par le porte-parole de l'opposition Mohamed ElBaradei qui annonce devant eux «une ère nouvelle». Très influente en Egypte, l'armée, ainsi que des milices, tente de maintenir le calme dans les rues de la capitale.
31 janvier. Une grève générale est organisée. Des milliers de manifestants se rassemblent encore sur la place Tahrir, épicentre de la mobilisation. Des entreprises étrangères commencent à organiser le rapatriement de leurs salariés. Le ministre de l'intérieur du nouveau gouvernement tout juste nommé est remplacé. Lors d'une brève allocution télévisée, le vice-président égyptien Omar Souleimane annonce que le président Moubarak l'a chargé d'ouvrir un dialogue immédiat avec l'opposition.
LeParisien.fr
EN DIRECT : des dizaines de milliers de personnes place Tahrir au Caire
Le Caire, mardi 1er février. Des dizaines de milliers de personnes affluent mardi place Tahrir, au Caire, point d'ancrage de la révolte contre le régime d'Hosni Moubarak.
Cette journée de mardi pourrait être déterminante pour l'avenir de l'Egypte, où les opposants au pouvoir en place organisent une marche géante. Ils espèrent réunir plus d'un million de personnes au Caire et à Alexandrie (nord). La position de l'armée égyptienne, qui a déclaré lundi soir que les revendications du peuple étaient «légitimes» et s'est engagée à ne pas faire usage de la force, pourrait marquer un tournant de le conflit qui a fait au moins 125 morts et des milliers de blessés en une semaine.
Lundi déjà, des scènes de fraternisation entre les militaires et les manifestants avaient été observées.
11h34. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté mardi le régime égyptien de Hosni Moubarak à «satisfaire sans hésitations la volonté de changement» de son peuple.
11h22. Un journaliste d'Al Arabiya rapporte que l'armée égyptienne distribue des tracts assurant à nouveau le peuple de son soutien. Dans un communiqué officiel diffusé la veille, les forces armées ont jugé «légitimes» les revendications du peuple égyptien.
11h17. Après l'agence de notation Moody's lundi, c'est au tour de Standard and Poor's d'abaisser d'un cran la note de l'Egypte mardi. «De notre point de vue, l'instabilité politique et les troubles vont ralentir la croissance économique de l'Egypte et affecter ses finances publiques», affirme l'agence dans un communiqué.
11h08. Le centre ville est totalement congestionné, des embouteillages monstres se sont formés tandis que des milliers de personnes continuent d'affluer vers la place Tahrir avec des banderoles et des drapeaux, constate l'envoyée spéciale du «Parisien». On se déplace en famille, beaucoup de femmes et d'enfants veulent prendre part à la marche.
10h54. «Nous sommes à la recherche d'un leader stupide, oppressif et qui a été pendant 30 ans au pouvoir... Si vous le trouvez, s'il vous plait, amenez-le à l'aéroport», lance un homme au mégaphone, sur la place Tahrir, au Caire, rapporte Dan Nolan, reporter d'Al Jazeera.
10h45. L'armée égyptienne ferme les accès au Caire et à d'autres villes où des manifestants prévoient de se rendre pour la «marche du million». L'autoroute reliant Alexandrie au Caire est par ailleurs bloquée à un kilomètre de la capitale par un barrage de l'armée. Le trafic ferroviaire est lui toujours suspendu depuis lundi et la ligne de métro reliant le Caire à Choubra el-Kheima (20 km au nord) a été fermée.
10h35. Selon l'envoyée spéciale du «Parisien», les clients des hôtels situés à proximité de la place Tahrir sont invités à quitter les étages supérieurs par mesure de sécurité. Ils sont relogés dans les étages inférieurs.
10h20. L'envoyée spéciale du «Parisien» observe, en quittant le périmètre de la place encadré par les militaires, des files impressionnantes de manifestants qui attendent d'accéder à la place Tahrir. Les manifestants doivent en effet passer le contrôle de l'armée.
10h15. Mohamed El-Baradeï déclare, dans le journal britannique «The Independent», que si le président «veut vraiment sauver sa peau, il ferait mieux de partir». «Quand un régime retire complètement la police des rues du Caire, quand les casseurs font partie de la police secrète pour essayer de donner l'impression que sans Moubarak, le pays plongera dans le chaos, c'est un acte criminel (...)», estime l'opposant égyptien.
10 heures. «Une véritable marée humaine a envahi la place Tahrir. Il y a beaucoup plus de monde que les jours précédents», confirme l'envoyée spéciale du «Parisien», qui souligne un renforcement des mesures de précaution. «Aujourd'hui, les soldats ne se contente plus des papiers d'identité, ils fouillent également les sacs, explique-t-elle. Une ambiance particulière règne ici. On voit aujourd'hui des visages nouveaux, des universitaires, des membres de la société civile, des habitants venus de villes extérieures au Caire. On sent que les gens sont déterminés à faire bouger les choses, à aller jusqu'au bout, mais aussi une certaine tension, car beaucoup redoutent que des policiers réussissent à s'infiltrer dans la foule et fassent déraper la situation.»
9h20. «Compte tenu de ce que je sais du grand peuple révolutionnaire d'Egypte, qui est en train de faire l'Histoire, je suis sûr qu'ils vont jouer un rôle dans la création d'un Moyen-Orient islamique pour tous ceux en quête de liberté, de justice et d'indépendance», indique le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, cité mardi par la télévision d'Etat. Il dénonce les ingérences américaines dans le mouvement populaire «en quête de liberté».
9h02. Selon la chaîne de télévision Al-Jazeera, les gens forment des chaînes humaines aux abords de la place Tahrir afin de vérifier que ceux qui arrivent ne portent pas d'armes.
8h51. Dans un communiqué, cinquante organisations égyptiennes de défense des droits l'Homme appellent Moubarak à se retirer pour «éviter un bain de sang».
8h37. Les manifestants affluent de toutes part sur la place Tahrir où près de 50 000 personnes se trouvent actuellement, selon Al-Jazeera. Deux écrans géants ont été montés sur la place ou l'on chante «Hé toi, policier, avec ton uniforme et ta casquette, nous sommes frères et non ennemis !» ou encore «Musulmans, chrétiens, nous sommes tous des Egyptiens».
8h28. Le Fonds monétaire international (FMI) se dit prêt à aider l'Egypte à reconstruire son économie, indique Dominique Strauss-Kahn, son directeur général.
8h15. Tous les touristes français seront rentrés d'ici la fin de la semaine, selon René-Marc Chikli, président du Ceto (association de tour-opérateurs français). «Il y a encore environ 600 touristes français sur la Mer Rouge et une trentaine au Caire», qui seront rapatriés.
7h30. Des hélicoptères survolent régulièrement le centre du Caire, et l'armée contrôle de nombreux accès au centre ville, tandis que de plus en plus de monde converge vers la place Tahrir. Les manifestants lancent des slogans comme «Dehors Moubarak», et brandissent des affiches représentant le président pendu, ou sa photo avec la mention «ta tête va tomber».
7 heures. Plus de 5000 personnes sont déjà rassemblées dans le centre du Caire où doit être organisée une manifestation géante contre le président égyptien Hosni Moubarak.
6 heures. La Chine va envoyer au moins quatre avions supplémentaires pour rapatrier jusqu'à 2 000 de ses ressortissants d'Egypte, annonce l'aviation civile.
4 heures. Le cours du brut reste au-dessus des 100 dollars le baril dans les échanges électroniques en Asie. Les marchés craignent que les troubles en Egypte perturbent les approvisionnement via le canal de Suez, indiquent les analystes.
0h40. Le groupe internet américain Google annonce qu'il a coopéré avec Twitter durant le week-end pour mettre en place un système permettant aux Egyptiens d'envoyer des messages sur le site de microblogs par téléphone, en contournant le blocage d'internet.
0h10. Le premier de deux vols affrétés par le Canada a quitté le Caire pour Francfort, en Allemagne. Cet avion d'Air Canada devait évacuer «plus ou moins 200 Canadiens» et des ressortissants de pays alliés, indique Dimitri Soudas, porte-parole du Premier ministre Harper, dans un message sur le site de micro-blogs Twitter.
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Après le soulèvement tunisien ayant entraîné la chute du président Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, l'Egypte s'est embrasée à son tour depuis début janvier. Les manifestants s'opposent au régime du président Hosni Moubarak, en place depuis 1981. Ces derniers mois, des tensions étaient apparues dans ce vaste pays de 78 millions d'habitants, provoquées notamment par des hausses de prix ou des restrictions sur des produits de base.
16 janvier. Alors que les observateurs internationaux évoquent l'effet domino susceptible de s'étendre à l'ensemble du monde arabe, suite aux événements de la Tunisie, le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit appelle l'Occident à ne «pas s'immiscer» dans les affaires arabes. Sous le joug d'Hosni Moubarak depuis 1981, l'Egypte présente un régime et une situation sociale comparables à ceux renversés en Tunisie.
17 janvier. Un homme s'immole par le feu devant l'Assemblée du Peuple au Caire. La révolte tunisienne avait démarré suite au geste de désespoir similaire de Mohamed Bouazizi, jeune vendeur ambulant dont la marchandise avait été confisquée par les autorités, un mois auparavant, jour pour jour.
18 janvier. Deux nouvelles immolations par le feu sont signalées à Alexandrie et devant le siège du gouvernement au Caire.
19 janvier. Sur fond de révolution tunisienne et en parallèle à la montée sporadique de la colère en Egypte, le pays accueille à Charm el-Cheikh le 2e sommet économique arabe, sous haut tension.
20 janvier. Deux ouvriers d'une entreprise textile du gouvernorat de Menoufia, dans le delta du Nil au nord du Caire, s'immolent par le feu, portant à cinq le nombre de tentatives de suicide en quatre jours. Les deux hommes voulaient protester contre une mutation décidée par leur employeur.
24 janvier. Plusieurs mouvements d'opposition appellent les Egyptiens, en particulier les jeunes, à manifester le lendemain, espérant que l'écho du soulèvement tunisien favorisera la mobilisation pour des réformes économiques et un changement politique en Egypte.
25 janvier. Début des contestations de masse. Première du genre depuis 1977, la «Journée de révolte contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage» est durement réprimée, plusieurs morts étant enregistrées. Au Caire et dans une plusieurs grandes villes d'Egypte, environ 15 000 personnes répondent à l'appel à manifester contre le pouvoir en place lancé la veille.
Les rassemblements sont rythmés au son de slogans appelant à l'amélioration des conditions de vie («Pain, Liberté, Dignité»). «Moubarak dégage» ou «la Tunisie est la solution» scandent d'autres protestants, souhaitant le départ du président Hosni Moubarak.
26 janvier. Pour la deuxième journée consécutive, les manifestants bravent l'interdiction imposée par les autorités. Au Caire et à Suez, de violents heurts opposent les protestants et les forces de l'ordre qui procèdent à des centaines d'interpellations.
Dans la capitale, les rassemblements ont lieu sur la grande place Tahrir à l'initiative du «Mouvement du 6 avril», un groupe réformateur pro-démocratie. En début de soirée dans la ville portuaire de Suez, des bâtiments gouvernementaux, parmi lesquels le siège du Parti national démocratique de Moubarak, sont attaqués à coups de pierre et de cocktails molotov. En deux jours de troubles, les violences ont tué six personnes, policiers ou manifestants, et blessé des dizaines d'autres. Au moins mille personnes ont par ailleurs été arrêtées.
27 janvier. Pionnier dans l'organisation des manifestations, le «Mouvement du 6 avril», essentiellement constitué de jeunes, lance un nouvel appel à la mobilisation via les réseaux sociaux. L'ancien président de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix en 2005, Mohamed ElBaradei, quitte l'Autriche et arrive en Egypte. Le principal opposant au président Moubarak, venu pour «s'assurer que tout se passe de manière pacifique et régulière», se dit prêt à «mener la transition» politique et déclare vouloir se présenter à l'élection de novembre 2011.
Un manifestant est tué par balle dans le Sinaï tandis que Suez est le théâtre de violents affrontements.
28 janvier. A l'initiative du «Mouvement du 6 avril», cette journée de prière hebdomadaire est proclamée «vendredi de la colère», à laquelle se joignent pour la première fois les Frères musulmans et l'opposant Mohamed ElBarabdei. Le ministère de l'Intérieur, qui avait mis en garde contre de nouvelles manifestations et avait annoncé des «mesures décisives», déploie un impressionnant dispositif de sécurité.
Dans tout le pays, des rassemblements dégénèrent en confrontations avec la police. Le siège du parti politique d'Hosni Moubarak est saccagé à Ismaïlia , celui du Caire et le siège du gouvernorat d'Alexandrie sont incendiés. Dans ces deux villes et à Suez, un couvre-feu est décrété, bientôt étendu à tout le territoire égyptien. Sur ordre de Moubarak, l'armée se déploie. Pour autant, les tanks et les hélicoptères qui patrouillent au Caire et à Suez n'engagent pas les violences. Des scènes de fraternisations sont même observées.
Dans une allocution télévisée en fin de soirée, le président Moubarak, qui s'est entretenu au téléphone avec son homologue américain Barack Obama, annonce avoir limogé le gouvernement et vouloir prendre «des mesures rapides pour combattre la pauvreté, le chômage et la corruption.» Vingt personnes auraient trouvé la mort durant la journée.
29 janvier. La tension ne baisse pas alors qu'au Caire, les manifestants, par milliers, font de la place Tahrir un lieu symbolique de rassemblement contre le régime. Dans la capitale, des cortèges de protestants convergent vers les sites administratifs comme le ministère de l'Intérieur ou le siège de la télévision d'Etat. Le Caire étant la proie des pillards, le musée regroupant les trésors antiques du pays est placé sous la protection de l'armée.
Ahmad Chafic, l'ancien ministre de l'aviation, est nommé premier ministre, alors que le chef du renseignement, Omar Souleimane, devient vice-président.
30 janvier. Le bilan des premiers jours de la contestation avoisinerait les 150 morts. Malgré le couvre-feu, des milliers de personnes défient toujours le pouvoir en place sur la grande place Tahrir du Caire. Ils sont galvanisés par le porte-parole de l'opposition Mohamed ElBaradei qui annonce devant eux «une ère nouvelle». Très influente en Egypte, l'armée, ainsi que des milices, tente de maintenir le calme dans les rues de la capitale.
31 janvier. Une grève générale est organisée. Des milliers de manifestants se rassemblent encore sur la place Tahrir, épicentre de la mobilisation. Des entreprises étrangères commencent à organiser le rapatriement de leurs salariés. Le ministre de l'intérieur du nouveau gouvernement tout juste nommé est remplacé. Lors d'une brève allocution télévisée, le vice-président égyptien Omar Souleimane annonce que le président Moubarak l'a chargé d'ouvrir un dialogue immédiat avec l'opposition.
LeParisien.fr
EN DIRECT : des dizaines de milliers de personnes place Tahrir au Caire
Le Caire, mardi 1er février. Des dizaines de milliers de personnes affluent mardi place Tahrir, au Caire, point d'ancrage de la révolte contre le régime d'Hosni Moubarak.
Cette journée de mardi pourrait être déterminante pour l'avenir de l'Egypte, où les opposants au pouvoir en place organisent une marche géante. Ils espèrent réunir plus d'un million de personnes au Caire et à Alexandrie (nord). La position de l'armée égyptienne, qui a déclaré lundi soir que les revendications du peuple étaient «légitimes» et s'est engagée à ne pas faire usage de la force, pourrait marquer un tournant de le conflit qui a fait au moins 125 morts et des milliers de blessés en une semaine.
Lundi déjà, des scènes de fraternisation entre les militaires et les manifestants avaient été observées.
11h34. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté mardi le régime égyptien de Hosni Moubarak à «satisfaire sans hésitations la volonté de changement» de son peuple.
11h22. Un journaliste d'Al Arabiya rapporte que l'armée égyptienne distribue des tracts assurant à nouveau le peuple de son soutien. Dans un communiqué officiel diffusé la veille, les forces armées ont jugé «légitimes» les revendications du peuple égyptien.
11h17. Après l'agence de notation Moody's lundi, c'est au tour de Standard and Poor's d'abaisser d'un cran la note de l'Egypte mardi. «De notre point de vue, l'instabilité politique et les troubles vont ralentir la croissance économique de l'Egypte et affecter ses finances publiques», affirme l'agence dans un communiqué.
11h08. Le centre ville est totalement congestionné, des embouteillages monstres se sont formés tandis que des milliers de personnes continuent d'affluer vers la place Tahrir avec des banderoles et des drapeaux, constate l'envoyée spéciale du «Parisien». On se déplace en famille, beaucoup de femmes et d'enfants veulent prendre part à la marche.
10h54. «Nous sommes à la recherche d'un leader stupide, oppressif et qui a été pendant 30 ans au pouvoir... Si vous le trouvez, s'il vous plait, amenez-le à l'aéroport», lance un homme au mégaphone, sur la place Tahrir, au Caire, rapporte Dan Nolan, reporter d'Al Jazeera.
10h45. L'armée égyptienne ferme les accès au Caire et à d'autres villes où des manifestants prévoient de se rendre pour la «marche du million». L'autoroute reliant Alexandrie au Caire est par ailleurs bloquée à un kilomètre de la capitale par un barrage de l'armée. Le trafic ferroviaire est lui toujours suspendu depuis lundi et la ligne de métro reliant le Caire à Choubra el-Kheima (20 km au nord) a été fermée.
10h35. Selon l'envoyée spéciale du «Parisien», les clients des hôtels situés à proximité de la place Tahrir sont invités à quitter les étages supérieurs par mesure de sécurité. Ils sont relogés dans les étages inférieurs.
10h20. L'envoyée spéciale du «Parisien» observe, en quittant le périmètre de la place encadré par les militaires, des files impressionnantes de manifestants qui attendent d'accéder à la place Tahrir. Les manifestants doivent en effet passer le contrôle de l'armée.
10h15. Mohamed El-Baradeï déclare, dans le journal britannique «The Independent», que si le président «veut vraiment sauver sa peau, il ferait mieux de partir». «Quand un régime retire complètement la police des rues du Caire, quand les casseurs font partie de la police secrète pour essayer de donner l'impression que sans Moubarak, le pays plongera dans le chaos, c'est un acte criminel (...)», estime l'opposant égyptien.
10 heures. «Une véritable marée humaine a envahi la place Tahrir. Il y a beaucoup plus de monde que les jours précédents», confirme l'envoyée spéciale du «Parisien», qui souligne un renforcement des mesures de précaution. «Aujourd'hui, les soldats ne se contente plus des papiers d'identité, ils fouillent également les sacs, explique-t-elle. Une ambiance particulière règne ici. On voit aujourd'hui des visages nouveaux, des universitaires, des membres de la société civile, des habitants venus de villes extérieures au Caire. On sent que les gens sont déterminés à faire bouger les choses, à aller jusqu'au bout, mais aussi une certaine tension, car beaucoup redoutent que des policiers réussissent à s'infiltrer dans la foule et fassent déraper la situation.»
9h20. «Compte tenu de ce que je sais du grand peuple révolutionnaire d'Egypte, qui est en train de faire l'Histoire, je suis sûr qu'ils vont jouer un rôle dans la création d'un Moyen-Orient islamique pour tous ceux en quête de liberté, de justice et d'indépendance», indique le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, cité mardi par la télévision d'Etat. Il dénonce les ingérences américaines dans le mouvement populaire «en quête de liberté».
9h02. Selon la chaîne de télévision Al-Jazeera, les gens forment des chaînes humaines aux abords de la place Tahrir afin de vérifier que ceux qui arrivent ne portent pas d'armes.
8h51. Dans un communiqué, cinquante organisations égyptiennes de défense des droits l'Homme appellent Moubarak à se retirer pour «éviter un bain de sang».
8h37. Les manifestants affluent de toutes part sur la place Tahrir où près de 50 000 personnes se trouvent actuellement, selon Al-Jazeera. Deux écrans géants ont été montés sur la place ou l'on chante «Hé toi, policier, avec ton uniforme et ta casquette, nous sommes frères et non ennemis !» ou encore «Musulmans, chrétiens, nous sommes tous des Egyptiens».
8h28. Le Fonds monétaire international (FMI) se dit prêt à aider l'Egypte à reconstruire son économie, indique Dominique Strauss-Kahn, son directeur général.
8h15. Tous les touristes français seront rentrés d'ici la fin de la semaine, selon René-Marc Chikli, président du Ceto (association de tour-opérateurs français). «Il y a encore environ 600 touristes français sur la Mer Rouge et une trentaine au Caire», qui seront rapatriés.
7h30. Des hélicoptères survolent régulièrement le centre du Caire, et l'armée contrôle de nombreux accès au centre ville, tandis que de plus en plus de monde converge vers la place Tahrir. Les manifestants lancent des slogans comme «Dehors Moubarak», et brandissent des affiches représentant le président pendu, ou sa photo avec la mention «ta tête va tomber».
7 heures. Plus de 5000 personnes sont déjà rassemblées dans le centre du Caire où doit être organisée une manifestation géante contre le président égyptien Hosni Moubarak.
6 heures. La Chine va envoyer au moins quatre avions supplémentaires pour rapatrier jusqu'à 2 000 de ses ressortissants d'Egypte, annonce l'aviation civile.
4 heures. Le cours du brut reste au-dessus des 100 dollars le baril dans les échanges électroniques en Asie. Les marchés craignent que les troubles en Egypte perturbent les approvisionnement via le canal de Suez, indiquent les analystes.
0h40. Le groupe internet américain Google annonce qu'il a coopéré avec Twitter durant le week-end pour mettre en place un système permettant aux Egyptiens d'envoyer des messages sur le site de microblogs par téléphone, en contournant le blocage d'internet.
0h10. Le premier de deux vols affrétés par le Canada a quitté le Caire pour Francfort, en Allemagne. Cet avion d'Air Canada devait évacuer «plus ou moins 200 Canadiens» et des ressortissants de pays alliés, indique Dimitri Soudas, porte-parole du Premier ministre Harper, dans un message sur le site de micro-blogs Twitter.
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Côte d'Ivoire - Cinq présidents africains tenteront de négocier le départ de Gbagbo
(Radio Canada 01/02/2011)
L'Union africaine (UA) a nommé lundi un « panel » de cinq présidents africains pour mener une autre mission diplomatique en Côte d'Ivoire, aux prises avec une crise postélectorale sans précédent.
Réunie en sommet à Addis Abeba, en Somalie, l'Union africaine a réitéré sa ferme intention « d'amener Alassane Ouattara à exercer la réalité du pouvoir » en Côte d'Ivoire, « par la négociation », a ajouté le président de la commission de l'UA, Jean Ping.
Le groupe réunira les présidents de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, du Burkina Faso, Blaise Compaoré, de la Tanzanie, Jakaya Kikwete, et du Tchad, Idriss Deby, sous la présidence du Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.
Le panel devrait se rendre prochainement en Côte d'Ivoire, selon le porte-parole de la commission de l'UA, Nourredine Mezni.
« Le président [du panel] rencontre ses collègues pour discuter de leur programme, car ils doivent agir et ils n'ont qu'un mois », a précisé M. Mezni, confirmant que le panel devrait soumettre des décisions « contraignantes » pour toutes les parties.
À Abidjan, Alassane Ouattara s'est félicité de ce qu'il a vu comme une confirmation de sa victoire, mais il a regretté ce nouveau délai. Le camp de Laurent Gbagbo a salué « la décision d'aller dans le sens d'une résolution pacifique de la crise ».
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, présent à Addis Abeba, a appuyé la création de ce panel et appelé « le président Ouattara à former un gouvernement d'union nationale ».
M. Ban a indiqué que l'ONU recommandait « une sortie honorable pour M. Gbagbo » et « une action concrète pour lever le blocus du siège de l'hôtel du Golf » où est réfugié M. Ouattara à Abidjan.
Quelque 100 000 Ivoiriens pourraient chercher refuge au Liberia
Près de 32 000 Ivoiriens se sont déjà réfugiés au Liberia pour fuir les violences postélectorales en Côte d'Ivoire, selon les données de l'ONU, mais ce nombre pourrait tripler, selon certaines estimations.
« Les agences de l'ONU se sont inquiétées du fait que, si le rythme reste le même qu'actuellement, 50 000 réfugiés pourraient arriver au Liberia à la mi-février et 100 000 d'ici la fin avril », a indiqué le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) dans un communiqué.
L'organisme s'inquiète de l'arrivée de la saison des pluies en avril quand les conditions météo rendront difficile l'acheminement des vivres et du matériel nécessaire à la survie de ces réfugiés.
Sans donner de détails, l'OCHA a également fait état d'une épidémie de choléra à Abidjan.
Jeudi, l'UNICEF avait annoncé que sept personnes avaient été tuées par le choléra dans la capitale ivoirienne.
Une nomination controversée
La présidence tournante de l'Union africaine a été confiée pour un an au président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, une nomination qui ne fait pas l'unanimité. Obiang, au pouvoir depuis 31 ans, soutient avoir gagné le dernier scrutin de 2009 avec 95 % des voix exprimées.
Des groupes de défense des droits de la personne soutiennent qu'il se serait enrichi au détriment de la population de la Guinée équatoriale et qu'il n'est pas la meilleure personne pour critiquer le président autoproclamé de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo.
© Copyright Radio Canada
L'Union africaine (UA) a nommé lundi un « panel » de cinq présidents africains pour mener une autre mission diplomatique en Côte d'Ivoire, aux prises avec une crise postélectorale sans précédent.
Réunie en sommet à Addis Abeba, en Somalie, l'Union africaine a réitéré sa ferme intention « d'amener Alassane Ouattara à exercer la réalité du pouvoir » en Côte d'Ivoire, « par la négociation », a ajouté le président de la commission de l'UA, Jean Ping.
Le groupe réunira les présidents de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, du Burkina Faso, Blaise Compaoré, de la Tanzanie, Jakaya Kikwete, et du Tchad, Idriss Deby, sous la présidence du Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.
Le panel devrait se rendre prochainement en Côte d'Ivoire, selon le porte-parole de la commission de l'UA, Nourredine Mezni.
« Le président [du panel] rencontre ses collègues pour discuter de leur programme, car ils doivent agir et ils n'ont qu'un mois », a précisé M. Mezni, confirmant que le panel devrait soumettre des décisions « contraignantes » pour toutes les parties.
À Abidjan, Alassane Ouattara s'est félicité de ce qu'il a vu comme une confirmation de sa victoire, mais il a regretté ce nouveau délai. Le camp de Laurent Gbagbo a salué « la décision d'aller dans le sens d'une résolution pacifique de la crise ».
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, présent à Addis Abeba, a appuyé la création de ce panel et appelé « le président Ouattara à former un gouvernement d'union nationale ».
M. Ban a indiqué que l'ONU recommandait « une sortie honorable pour M. Gbagbo » et « une action concrète pour lever le blocus du siège de l'hôtel du Golf » où est réfugié M. Ouattara à Abidjan.
Quelque 100 000 Ivoiriens pourraient chercher refuge au Liberia
Près de 32 000 Ivoiriens se sont déjà réfugiés au Liberia pour fuir les violences postélectorales en Côte d'Ivoire, selon les données de l'ONU, mais ce nombre pourrait tripler, selon certaines estimations.
« Les agences de l'ONU se sont inquiétées du fait que, si le rythme reste le même qu'actuellement, 50 000 réfugiés pourraient arriver au Liberia à la mi-février et 100 000 d'ici la fin avril », a indiqué le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) dans un communiqué.
L'organisme s'inquiète de l'arrivée de la saison des pluies en avril quand les conditions météo rendront difficile l'acheminement des vivres et du matériel nécessaire à la survie de ces réfugiés.
Sans donner de détails, l'OCHA a également fait état d'une épidémie de choléra à Abidjan.
Jeudi, l'UNICEF avait annoncé que sept personnes avaient été tuées par le choléra dans la capitale ivoirienne.
Une nomination controversée
La présidence tournante de l'Union africaine a été confiée pour un an au président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, une nomination qui ne fait pas l'unanimité. Obiang, au pouvoir depuis 31 ans, soutient avoir gagné le dernier scrutin de 2009 avec 95 % des voix exprimées.
Des groupes de défense des droits de la personne soutiennent qu'il se serait enrichi au détriment de la population de la Guinée équatoriale et qu'il n'est pas la meilleure personne pour critiquer le président autoproclamé de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo.
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Gabon - La CEEAC condamne l'auto investiture d'André Mba Obame
(Xinhuanet 01/02/2011)
LIBREVILLE -- Le secrétaire général de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) Louis Sylvain Ngoma, au cours d'un communiqué lundi à Libreville, a condamné l'auto investiture de André Mba Obame le 25 janvier dernier.
"Cette situation constitue incontestable une imposture belligène préjudiciable à la paix, à la sécurité et à la stabilité auxquelles la CEEAC est attachée", a déclaré Louis Sylvain Ngoma.
"Il convient de rappeler que, conformément à la déclaration de Brazzaville du 7 juin 2005 relative à l'appui aux processus électoraux dans l'espace CEAEC, le secrétariat général de la CEEAC a suivi régulièrement l'ensemble du processus électoral en République gabonaise", a-t-il affirmé.
La CEEAC a invité instamment la communauté régionale et internationale à la solidarité aux institutions républicaines légales et légitimes et au peuple gabonais qui a librement choisi son chef de l'Etat le 30 août 2009.
L'opposant gabonais André Mba Obame s'est autoproclamé le 25 janvier dernier comme président de la République gabonaise. Son parti Union Nationale (UN) a été dissous immédiatement et il devrait être poursuivi, comme l'a précisé le ministre gabonais de l'Intérieur Jean François Ndongou.
© Copyright Xinhuanet
LIBREVILLE -- Le secrétaire général de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) Louis Sylvain Ngoma, au cours d'un communiqué lundi à Libreville, a condamné l'auto investiture de André Mba Obame le 25 janvier dernier.
"Cette situation constitue incontestable une imposture belligène préjudiciable à la paix, à la sécurité et à la stabilité auxquelles la CEEAC est attachée", a déclaré Louis Sylvain Ngoma.
"Il convient de rappeler que, conformément à la déclaration de Brazzaville du 7 juin 2005 relative à l'appui aux processus électoraux dans l'espace CEAEC, le secrétariat général de la CEEAC a suivi régulièrement l'ensemble du processus électoral en République gabonaise", a-t-il affirmé.
La CEEAC a invité instamment la communauté régionale et internationale à la solidarité aux institutions républicaines légales et légitimes et au peuple gabonais qui a librement choisi son chef de l'Etat le 30 août 2009.
L'opposant gabonais André Mba Obame s'est autoproclamé le 25 janvier dernier comme président de la République gabonaise. Son parti Union Nationale (UN) a été dissous immédiatement et il devrait être poursuivi, comme l'a précisé le ministre gabonais de l'Intérieur Jean François Ndongou.
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Cameroun - La Camair-Co prendra son envol en mars
(Air Journal 01/02/2011)
La Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), la nouvelle compagnie nationale, qui doit remplacer la défunte Camair, devrait effectuer son vol inaugural le 28 mars par une liaison Douala-Yaoundé-Paris.
La nouvelle compagnie camerounaise débutera ses activités avec deux Boeing B767, dont l’un hérité de sa défunte grande sœur. D’ici l’été 2011, la flotte devrait être agrémenté de deux autres B737.
Alex Van Elk, directeur général de Camair-Co, qui a été officiellement investi dans ses fonctions jeudi dernier par le Ministre des transports camerounais, voudrait déployer les B767 vers la France, puis vers d’autres pays européens et aux Etats-Unis. Les B737 devraient, quant à eux desservir, le Cameroun et l’Afrique sub-saharienne.
Alex Van Elk, qui a dirigé auparavant deux compagnies aériennes au Nigeria et une au Gabon, voit donc les choses en grand. Il aura notamment pour mission de faire oublier l’ancienne Camair, qui a déposé le bilan en 2008, et qui était surnommée « Air peut être », en raison de ses retards chroniques et de ses annulations de vol.
par Elsa Lecautec
© Copyright Air Journal
La Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), la nouvelle compagnie nationale, qui doit remplacer la défunte Camair, devrait effectuer son vol inaugural le 28 mars par une liaison Douala-Yaoundé-Paris.
La nouvelle compagnie camerounaise débutera ses activités avec deux Boeing B767, dont l’un hérité de sa défunte grande sœur. D’ici l’été 2011, la flotte devrait être agrémenté de deux autres B737.
Alex Van Elk, directeur général de Camair-Co, qui a été officiellement investi dans ses fonctions jeudi dernier par le Ministre des transports camerounais, voudrait déployer les B767 vers la France, puis vers d’autres pays européens et aux Etats-Unis. Les B737 devraient, quant à eux desservir, le Cameroun et l’Afrique sub-saharienne.
Alex Van Elk, qui a dirigé auparavant deux compagnies aériennes au Nigeria et une au Gabon, voit donc les choses en grand. Il aura notamment pour mission de faire oublier l’ancienne Camair, qui a déposé le bilan en 2008, et qui était surnommée « Air peut être », en raison de ses retards chroniques et de ses annulations de vol.
par Elsa Lecautec
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Rwanda - Haïti - Sécurité : Le Rwanda envoie des policiers en Haïti
(Haitilibre.com 01/02/2011)
Quarante policiers ont quitté le Rwanda hier matin pour Haïti afin de faciliter la reconstruction du pays. Le groupe connu sous le nom de « Formed Police Unit (FPU) » sera rejoint prochainement par 120 autres policiers pour former la première unité policière rwandaise, déployée dans des missions de maintien de la Paix des Nations Unies.
Les 160 femmes et hommes, équipés d'armes légères et de véhicules blindés seront déployées à Jérémie, capitale du département de la Grand'Anse.
Emmanuel Gasana, le commissaire général de la Police nationale du Rwanda, qui leur fait ses adieux, a rappelé à l'équipe qu'ils sont les ambassadeurs et la fierté de leur pays. « Vous êtes reconnu pour votre professionnalisme. Je vous exhorte de maintenir un niveau exemplaire de discipline et d'engagement dans les douze mois de votre séjour à Haïti ».
Theos Badege, le porte-parole de la Police, a révélé qu’en plus des policiers, 41 conseillers de police sont actuellement présents en Haïti.
PI/ HaïtiLibre
© Copyright Haitilibre.com
Quarante policiers ont quitté le Rwanda hier matin pour Haïti afin de faciliter la reconstruction du pays. Le groupe connu sous le nom de « Formed Police Unit (FPU) » sera rejoint prochainement par 120 autres policiers pour former la première unité policière rwandaise, déployée dans des missions de maintien de la Paix des Nations Unies.
Les 160 femmes et hommes, équipés d'armes légères et de véhicules blindés seront déployées à Jérémie, capitale du département de la Grand'Anse.
Emmanuel Gasana, le commissaire général de la Police nationale du Rwanda, qui leur fait ses adieux, a rappelé à l'équipe qu'ils sont les ambassadeurs et la fierté de leur pays. « Vous êtes reconnu pour votre professionnalisme. Je vous exhorte de maintenir un niveau exemplaire de discipline et d'engagement dans les douze mois de votre séjour à Haïti ».
Theos Badege, le porte-parole de la Police, a révélé qu’en plus des policiers, 41 conseillers de police sont actuellement présents en Haïti.
PI/ HaïtiLibre
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Côte d'Ivoire - Que peut le panel des chefs d’Etat ? / Le mois le plus long
(Le Patriote 01/02/2011)
Et rebelote ! Le ballet diplomatique reprend cette semaine. Sauf changement de dernière minute, c’est aujourd’hui que commence la médiation du Panel des cinq chefs d’Etat. Les présidents mauritanien, burkinabé, sud-africain, tchadien et tanzanien viendront rencontrer Laurent Gbagbo à Abidjan. Mohamed Ould Abdel Aziz, Blaise Compaoré, Jacob Zuma, Idris Itno Deby, Jakaya Kikwete ont au maximum un mois pour convaincre l’ancien chef d’Etat. Réussiront-ils là où la communauté internationale, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont échoué ? Rien n’est moins sûr. Car déjà, dans le camp présidentiel, les velléités de contestation se font sentir. Répondant à la presse, Alcide Djédjé ne reconnaît pas la base de la feuille de route. A savoir, la reconnaissance de la victoire du président Alassane Ouattara au second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre dernier. Pour le chef de mission de Laurent Gbagbo à Addis Abeba, l’Union africaine n’a fait qu’endosser le communiqué de la CEDEAO qui parle de la victoire du candidat du RHDP. Interrogé sur la question, il a déclaré ceci : « L’Union africaine ne reconnaît pas Alassane Ouattara comme président élu de la Côte d’Ivoire. Le communiqué est obligé de reprendre toutes les positions qui avaient été données auparavant. Si vous vous souvenez bien, l’Union africaine ne s’est pas prononcée en tant que tel mais a endossé les décisions de la CEDEAO. C’est différent». Il est allé plus loin en ajoutant : « Si Alassane Ouattara était reconnu comme président élu par l’Union africaine, l’Union africaine n’aurait pas envoyé ce panel de chefs d’Etat pour évaluer la situation sur le terrain ». Alcide Djédjé fait de la manipulation. Il sait très bien que c’est la maigre consolation qu’ont pu obtenir Jacob Zuma et Robert Mugabe pour le compte de Laurent Gbagbo au cours de la houleuse réunion du vendredi dernier. Le panel de chefs d’Etat présidé par le mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz ne vient pas pour refaire l’élection présidentielle ou pour évaluer quoi que ce soit. Mais essayer de convaincre Gbagbo a quitté le pouvoir par la « voie pacifique ». Jacob Zuma et les autres chefs d’Etat de la SADC estiment qu’il faut trouver une sortie honorable à Laurent Gbagbo. Il ne s’agit donc de venir discuter d’un quelconque partage du pouvoir. Il est plutôt question de trouver une « solution à l’africaine » pour éviter d’en venir à la force. A ce sujet, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, présent à Addis Abeba, a été on ne peut plus clair. « La question de partage du pouvoir ne se pose pas. L’Union africaine, la CEDEAO et l’ONU ont parfaitement été claires là-dessus et ont réaffirmé que M. Ouattara est le président légitimement élu de la Côte d’Ivoire, les chiffres (des résultats) sont clairs, il n’est pas question de partage du pouvoir », a précisé Alain Le Roy. Le président de la Commission de la CEDEAO, James Victor Gbeho, qui a suivi de près les travaux dans la capitale éthiopienne ne dit pas autre chose. Pour lui, il est hors de question de reconnaître en Gbagbo le président de la République de Côte d’Ivoire. « La décision qu’ils (les chefs d’Etat) ont prise est d’entreprendre une initiative pacifique pour faire partir Gbagbo, pas pour légitimer Gbagbo. C’est hors de question », a-t-il tenu à préciser. Ces positions, comme l’on peut le constater, ne souffrent d’aucune ambiguïté. Mais quand on suit le raisonnement d’Alcide Djédjé, on comprend pourquoi peu de personnes mettent leur foi en cette énième médiation. Ce qu’il dit est la chose la mieux partagée dans le camp Gbagbo. Il serait donc difficile pour le panel des chefs d’Etat de ramener à la raison, des personnes qui n’envisagent rien d’autre qu’un partage du pouvoir où Gbagbo garde toujours les rênes du pouvoir. C’est pourquoi, l’on peut affirmer sans tirer des conclusions actives que les cinq mousquetaires de l’Union africaine échoueront comme les autres qui ont tenté avant eux de raisonner le boulanger d’Abidjan. A moins qu’ils viennent avec des arguments plus « convaincants ». Mais avec la présence de Jacob Zuma dans leurs rangs, il faut fort en douter. Car il s’agit pour le régime FPI de gagner du temps. Dans tous les cas, le président Goodluck Jonathan a averti : « la CEDEAO a les moyens de régler cette crise ». En cas d’échec donc, elle saura prendre ses responsabilités en temps opportun.
Jean-Claude Coulibaly
Le groupe de haut niveau arrête sa feuille de route
Le Groupe de haut niveau pour le règlement de la crise en Côte d’Ivoire, créé par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), lors de sa 259ème réunion tenue à Addis-Abeba, le 28 janvier 2011, au niveau des chefs d’Etat et de Gouvernement, s’est réuni aujourd’hui, 31 janvier 2011, sous la présidence de S.E.M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République islamique de Mauritanie, aux fins de convenir de son programme de travail. Le Groupe a décidé de constituer, dans un délai de trois jours, l’Equipe d’experts prévue par le communiqué du CPS. L’Equipe se réunira immédiatement après à Addis-Abeba pour entamer le travail préparatoire, avant d’effectuer une visite en Côte d’Ivoire dans le même objectif. L’Equipe d’experts soumettra les résultats de ses travaux aux membres du Groupe de haut niveau lors d’une réunion qui se tiendra à Nouakchott. Le Groupe se rendra, par la suite, en Côte d’Ivoire pour y rencontrer les parties et leur soumettre des propositions de sortie de crise. Dans l’intervalle, le Groupe réitère l’appel de l’UA à toutes les parties ivoiriennes pour qu’elles fassent preuve de la plus grande retenue, œuvrent à l’apaisement et lui apportent leur entière coopération pour faciliter le règlement rapide de la crise que connaît leur pays. Il convient de rappeler que le Groupe de haut niveau est composé des chefs d’Etat de la Mauritanie, de l’Afrique du Sud, du Burkina Faso, de la Tanzanie et du Tchad, ainsi que du Président de la Commission de l’UA et du Président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le Groupe doit achever sa mission dans un délai d’un mois, conformément à la décision du CPS.
Motus : Interrogations
L’Union Africaine vient d’achever sa réunion à Addis Abeba en Ethiopie. Au terme de leurs assises, les présidents africains n’ont pas dit autre chose que ce qui n’a jamais fait l’ombre d’un doute. A savoir la victoire du Président Alassane Ouattara sur Laurent Gbagbo, lors de l’élection présidentielle. A l’instar donc des organisations nationales, sous régionales et internationales, l’UA n’a pas varié dans son discours. C’est pourquoi, l’on s’étonne de la mise sur pied du panel de cinq chefs d’Etat qui viendront, disons-le tout net, enquêter sur le terrain. Pourquoi se donner tant de peine à venir conforter un fait qui ne souffre d’aucune ambigüité, y compris même chez le candidat malheureux, Laurent Gbagbo, qui a reconnu sa défaite devant le médiateur Raïla Odinga. Ce dernier détient même une bande sonore des aveux du chef de file de la refondation. C’est en cela que la démarche de l’UA prête à équivoque, si elle ne cache pas des desseins inavoués. A quoi pourrait bien servir cet autre mois de médiation si ce n’est pour empirer une situation difficilement vécue par les Ivoiriens ? A quoi bon venir ergoter et pinailler à nouveau sur les bords de la lagune Ebrié quand on sait la messe dite depuis belle lurette pour l’ancien régime. Voulait-on donner de nouvelles illusions au camarade dit socialiste qu’on ne s’y serait pas pris autrement. L’UA ne sait-elle pas que depuis le 28 novembre dernier, les mercenaires et miliciens à la solde du FPI assassinent à tour de bras les citoyens ivoiriens ? Ne sait-elle pas que depuis plusieurs semaines, Laurent Gbagbo et les siens ne finissent pas de braquer, de piller les institutions financières notamment la BCEAO et de réquisitionner les travailleurs ? Ne sait- elle pas également qu’un blocus continue de frapper l’hôtel du Golf, siège forcé du pouvoir légal et qu’un couvre feu sévit dans la commune d’Abobo ? Assurément, les Forces nouvelles, par la voix du ministre Konaté Sidiki, sont légitimées à dénoncer ce panel de l’UA qui ne répond à aucune logique. En tout état de cause, dans un continent qui vit le temps des élections, force doit être au respect des valeurs démocratiques et à la fermeté, pour ne pas perpétuer le règne des pouvoirs rétrogrades et dictatoriaux. Il est donc temps de crier haro sur le baudet !
Bakary Nimaga
Le mois le plus long
En apparence, il est le mois le moins long de l’année. Ce sont donc les 28 petits jours du mois de février, dont dispose le panel des cinq chefs d’Etat mandatés par le Sommet de l’Union africaine pour venir raisonner Gbagbo de céder le pouvoir, au vainqueur de la présidentielle du 28 novembre dernier. Mais, dans les faits et en raison de la situation qui prévaut actuellement dans le microcosme politique ivoirien, février est en train de devenir le mois le plus long. En effet, Gbagbo qui a toujours refusé de se plier aux contraintes et exigences d’où qu’elles viennent afin qu’il quitte le pouvoir, profitera, à coup sûr, de ce timing à lui accordé, ou du moins accordé au groupe de médiateurs, pour accentuer son armement ou tenter un dernier baroud d’honneur. C’est pourquoi, les 28 jours que compte le mois de février apparaissent, du coup, comme une éternité. C’est aussi pourquoi, la nouvelle médiation doit accélérer les choses. Pour mettre un terme aux souffrances des Ivoiriens. Ceux-ci qui ont tant souffert de la décennie de la Refondation, ont décidé de confier leur destin à un homme de parole. En votant massivement Alassane Ouattara. Une victoire que le clan Gbagbo a confisquée depuis un peu plus de deux mois. Deux mois au cours desquels la pauvreté s’est accrue et que l’insécurité a gagné du terrain. Certes, la vie était difficile sous le règne des Refondateurs, mais depuis que Gbagbo a décidé de confisquer le pouvoir, les Ivoiriens tirent le diable par la queue. Les cinq chefs d’Etat qui viennent pour trouver une issue définitive à la crise post-électorale que vit la Côte d’Ivoire, ne doivent pas s’adonner à une diplomatie trop longue. Ils ont déjà toutes les données entre leurs mains et disposent de toutes les informations sur la crise ivoirienne en général et la crise post-électorale en particulier. L’efficacité doit donc être leur leitmotiv. Et cette efficacité consiste à prendre le problème à bras-le-corps. C’est vrai qu’ils disposent d’un mois, mais ils peuvent, s’ils le veulent bien, accélérer leur médiation. C’est d’ailleurs le souhait de nombreuses personnes qui vivent en Côte d’Ivoire. Le point commun aux cinq médiateurs, c’est qu’ils sont tous connus pour leur dévouement au travail fait et bien fait dans la justice et la clarté. C’est justement pour cette raison que le panel de présidents à qui l’Union africaine a confié la lourde responsabilité d’instaurer la démocratie, n’a pas droit à l’erreur. Leur choix ayant fait l’unanimité, il est désormais le dernier recours d’un peuple en quête de liberté, de démocratie et de justice. Pour ce faire, les Ivoiriens, et avec eux, les observateurs de la scène politique ainsi que la communauté internationale, attendent beaucoup de leur action. Ils ne cesseront de compter les jours de ce mois de février qui, en même temps qu’il est le mois le plus court de l’année, pourrait paraître à leurs yeux- si ce n’est d’ailleurs déjà le cas- comme le mois le plus long. En tout état de cause, les chefs d’Etat, au nombre de cinq, comme les cinq doigts de la main, ont une obligation de résultat. Et ce, dans un délai raisonnable. Ils auront, pour ainsi dire, rendu un énorme service au peuple ivoirien dont la souveraineté a été confisquée par un clan.
Yves-M. Abiet
Groupe de haut niveau de chefs d’Etat - Voici les secrets du choix des cinq
Ils sont sept. Ils auront à réussir là où d’autres avant eux ont échoué. L’Union africaine a repoussé, sans y renoncer, l’option militaire prise par la CEDEAO pour déloger Gbagbo du Palais présidentiel. Depuis, vendredi dernier, lors d’un Conseil de paix et de sécurité, la décision a été arrêtée d’accorder une dernière chance à la négociation. L’idée d’un panel de chefs d’Etat dit Groupe de haut niveau sur la Côte d’Ivoire, a été émise avec pour principe de le composer en fonction des cinq grandes régions géopolitiques que compte l’Union africaine : la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) , la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Communauté des Etats de l’Afrique australe (SADC), l’Autorité intergouvernementale sur le développement (l’IGAD) et l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Pour le principe, tous étaient d’accord. Mais, pour la composition, il y a eu des candidatures dont certaines se sont entrechoquées. D’abord le Nigeria, puis le Burkina à l’Ouest. A l’Est, Djibouti puis la Tanzanie. Hier, le Centre de Conférence des Nations unies qui abrite le 16ème Sommet de l’UA a été le théâtre de plusieurs conciliabules qui ont abouti à la fumée blanche. Cinq chefs d’Etat, ont été, en fin de compte désignés : Mauritanie, Burkina Faso, Tchad, Afrique du Sud et Tanzanie sont les pays dont les Présidents ont été désignés pour faire partie du panel. Cela a été le résultat d’intenses tractations à huis-clos. Partisans ou adversaires des deux camps de la crise ivoirienne ont tout fait pour imposer leurs alliés respectifs.
Les sud africains, n’ont pas eu de la peine à désigner Jacob Zuma. Pressenti dans un premier temps, le Nigeria, a du se retirer pour le Burkina Faso. Goodluck Jonathan ayant un calendrier électoral très chargé pour avoir été désigné comme candidat du Parti démocratique populaire, à la présidentielle du 9 avril prochain. La candidature de Djibouti a été balayée par la Tanzanie du fait de la taille de ce petit pays de 23 000 km_, très peu influent dans la diplomatie africaine. L’arrivée du Tchad étonne plus d’un. Mais, elle est due aux relations très peu amicales que Gbagbo entretient avec les autres pays francophones de l’Afrique centrale. Etant donné que la mission de ce Groupe n’est pas de venir en Côte d’Ivoire, remettre en cause la volonté du peuple ivoirien exprimée dans les urnes lors du scrutin du 28 novembre 2010, le compromis a été vite trouvé. Des Présidents présumés amis à l’ex-chef de l’Etat y ont été préférés. Les chefs d’Etat se sont retrouvés hier matin à huis-clos, interrompant pour près d’une heure d’horloge, le déroulement des travaux de la fin du Sommet.
Voici donc ceux qui auront la lourde responsabilité de réussir, avant la fin du mois de février, à faire retrouver la raison à Gbagbo afin que Ouattara s’installe dans son fauteuil.
l Blaise Compaoré (Burkina Faso). Il représente l’Afrique de l’Ouest. Il a l’avantage de connaitre le processus de bout en bout pour avoir été chargé, pendant trois ans, de conduire la facilitation qui a conduit au scrutin démocratique de novembre. Il n’est ni allié de Gbagbo, ni allié du président élu. Compaoré qui s’est fait très peu bavard ces dernières semaines, entend faire respecter le choix des populations qui lui ont fait confiance en accompagnant, jusqu’au bout, l’accord de Ouagadougou signé sous ses auspices.
l Jacob Zuma (Afrique du sud) : Il a d’abord publié un communiqué au nom du gouvernement sud africain appelant Gbagbo à « respecter le verdict des urnes », avant de se renier des semaines après sans dire pourquoi. Pour beaucoup, le chef de la nation arc-en-ciel s’est laissé abuser par le rapport fantaisiste que lui a transmis Thabo Mbeki, ancien médiateur dans la crise ivoirienne, récusé pour s’être compromis dans des transactions économiques avec l’ancien régime. Zuma a demandé récemment le recomptage des voix, avant d’être refroidi par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Il a certainement de l’influence sur Gbagbo. D’ailleurs, c’est lui qui a tout mis en œuvre pour impliquer la communauté africaine dans son ensemble dans la recherche de solutions, en demandant la mise sur pied de ce Groupe de haut niveau. Zuma est donc au pied du mur.
l Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie). Il est de fait le président du Groupe. C’est la Mauritanie qui assure actuellement la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. C’est donc tout naturellement que son président se voit confier un rôle aussi important. C’est d’ailleurs lui qui a présidé la première réunion entre les chefs d’Etat ou leurs représentants hier matin, à huis clos.
l Idriss Deby (Tchad) et Jakaya Kikwete (Tanzanie). Ils font figure de nouveaux venus dans le dossier ivoirien. Peut-être que leur regard nouveau pourra être déterminant. Dans tous les cas, ils n’ont pas assez de temps devant eux. Dans le courant de la semaine, les chefs d’Etat qui ont déjà établi un plan de travail, pourraient être sur les bords de la lagune Ebrié en fin de semaine. Avec les chefs d’Etat, se trouveront deux autres personnalités qui sont le gabonais Jean Ping et le ghanéen Victor Gbeho, respectivement présidents des Commissions de l’UA et de la CEDEAO. La priorité, est la levée du blocus du Golf hôtel et l’arrêt de l’agression contre les soldats des casques bleus. Chacun des chefs d’Etat doit désigner ces jours-ci un expert qui sera en Côte d’Ivoire pour suivre le processus de médiation et lui rendre compte avant la venue du Groupe de haut niveau. CS
Réunion inaugurale du groupe de haut niveau de l’union africaine sur la Côte d’Ivoire
Addis Abeba, le 31 janvier 2011 - Le Groupe de haut niveau pour le règlement de la crise en Côte d’Ivoire, créé par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), lors de sa 259ème réunion tenue à Addis-Abeba, le 28 janvier 2011, au niveau des chefs d’Etat et de Gouvernement, s’est réuni aujourd’hui, 31 janvier 2011, sous la présidence de S.E.M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République islamique de Mauritanie, aux fins de convenir de son programme de travail.
Le Groupe a décidé de constituer, dans un délai de trois jours, l’Equipe d’experts prévue par le communiqué du CPS. L’Equipe se réunira immédiatement après à Addis-Abeba pour entamer le travail préparatoire, avant d’effectuer une visite en Côte d’Ivoire dans le même objectif. L’Equipe d’experts soumettra les résultats de ses travaux aux membres du Groupe de haut niveau lors d’une réunion qui se tiendra à Nouakchott. Le Groupe se rendra, par la suite, en Côte d’Ivoire pour y rencontrer les parties et leur soumettre des propositions de sortie de crise.
Dans l’intervalle, le Groupe réitère l’appel de l’UA à toutes les parties ivoiriennes pour qu’elles fassent preuve de la plus grande retenue, œuvrent à l’apaisement et lui apportent leur entière coopération pour faciliter le règlement rapide de la crise que connaît leur pays.
Il convient de rappeler que le Groupe de haut niveau est composé des chefs d’Etat de la Mauritanie, de l’Afrique du Sud, du Burkina Faso, de la Tanzanie et du Tchad, ainsi que du Président de la Commission de l’UA et du Président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le Groupe doit achever sa mission dans un délai d’un mois, conformément à la décision du CPS.
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Et rebelote ! Le ballet diplomatique reprend cette semaine. Sauf changement de dernière minute, c’est aujourd’hui que commence la médiation du Panel des cinq chefs d’Etat. Les présidents mauritanien, burkinabé, sud-africain, tchadien et tanzanien viendront rencontrer Laurent Gbagbo à Abidjan. Mohamed Ould Abdel Aziz, Blaise Compaoré, Jacob Zuma, Idris Itno Deby, Jakaya Kikwete ont au maximum un mois pour convaincre l’ancien chef d’Etat. Réussiront-ils là où la communauté internationale, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont échoué ? Rien n’est moins sûr. Car déjà, dans le camp présidentiel, les velléités de contestation se font sentir. Répondant à la presse, Alcide Djédjé ne reconnaît pas la base de la feuille de route. A savoir, la reconnaissance de la victoire du président Alassane Ouattara au second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre dernier. Pour le chef de mission de Laurent Gbagbo à Addis Abeba, l’Union africaine n’a fait qu’endosser le communiqué de la CEDEAO qui parle de la victoire du candidat du RHDP. Interrogé sur la question, il a déclaré ceci : « L’Union africaine ne reconnaît pas Alassane Ouattara comme président élu de la Côte d’Ivoire. Le communiqué est obligé de reprendre toutes les positions qui avaient été données auparavant. Si vous vous souvenez bien, l’Union africaine ne s’est pas prononcée en tant que tel mais a endossé les décisions de la CEDEAO. C’est différent». Il est allé plus loin en ajoutant : « Si Alassane Ouattara était reconnu comme président élu par l’Union africaine, l’Union africaine n’aurait pas envoyé ce panel de chefs d’Etat pour évaluer la situation sur le terrain ». Alcide Djédjé fait de la manipulation. Il sait très bien que c’est la maigre consolation qu’ont pu obtenir Jacob Zuma et Robert Mugabe pour le compte de Laurent Gbagbo au cours de la houleuse réunion du vendredi dernier. Le panel de chefs d’Etat présidé par le mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz ne vient pas pour refaire l’élection présidentielle ou pour évaluer quoi que ce soit. Mais essayer de convaincre Gbagbo a quitté le pouvoir par la « voie pacifique ». Jacob Zuma et les autres chefs d’Etat de la SADC estiment qu’il faut trouver une sortie honorable à Laurent Gbagbo. Il ne s’agit donc de venir discuter d’un quelconque partage du pouvoir. Il est plutôt question de trouver une « solution à l’africaine » pour éviter d’en venir à la force. A ce sujet, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, présent à Addis Abeba, a été on ne peut plus clair. « La question de partage du pouvoir ne se pose pas. L’Union africaine, la CEDEAO et l’ONU ont parfaitement été claires là-dessus et ont réaffirmé que M. Ouattara est le président légitimement élu de la Côte d’Ivoire, les chiffres (des résultats) sont clairs, il n’est pas question de partage du pouvoir », a précisé Alain Le Roy. Le président de la Commission de la CEDEAO, James Victor Gbeho, qui a suivi de près les travaux dans la capitale éthiopienne ne dit pas autre chose. Pour lui, il est hors de question de reconnaître en Gbagbo le président de la République de Côte d’Ivoire. « La décision qu’ils (les chefs d’Etat) ont prise est d’entreprendre une initiative pacifique pour faire partir Gbagbo, pas pour légitimer Gbagbo. C’est hors de question », a-t-il tenu à préciser. Ces positions, comme l’on peut le constater, ne souffrent d’aucune ambiguïté. Mais quand on suit le raisonnement d’Alcide Djédjé, on comprend pourquoi peu de personnes mettent leur foi en cette énième médiation. Ce qu’il dit est la chose la mieux partagée dans le camp Gbagbo. Il serait donc difficile pour le panel des chefs d’Etat de ramener à la raison, des personnes qui n’envisagent rien d’autre qu’un partage du pouvoir où Gbagbo garde toujours les rênes du pouvoir. C’est pourquoi, l’on peut affirmer sans tirer des conclusions actives que les cinq mousquetaires de l’Union africaine échoueront comme les autres qui ont tenté avant eux de raisonner le boulanger d’Abidjan. A moins qu’ils viennent avec des arguments plus « convaincants ». Mais avec la présence de Jacob Zuma dans leurs rangs, il faut fort en douter. Car il s’agit pour le régime FPI de gagner du temps. Dans tous les cas, le président Goodluck Jonathan a averti : « la CEDEAO a les moyens de régler cette crise ». En cas d’échec donc, elle saura prendre ses responsabilités en temps opportun.
Jean-Claude Coulibaly
Le groupe de haut niveau arrête sa feuille de route
Le Groupe de haut niveau pour le règlement de la crise en Côte d’Ivoire, créé par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), lors de sa 259ème réunion tenue à Addis-Abeba, le 28 janvier 2011, au niveau des chefs d’Etat et de Gouvernement, s’est réuni aujourd’hui, 31 janvier 2011, sous la présidence de S.E.M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République islamique de Mauritanie, aux fins de convenir de son programme de travail. Le Groupe a décidé de constituer, dans un délai de trois jours, l’Equipe d’experts prévue par le communiqué du CPS. L’Equipe se réunira immédiatement après à Addis-Abeba pour entamer le travail préparatoire, avant d’effectuer une visite en Côte d’Ivoire dans le même objectif. L’Equipe d’experts soumettra les résultats de ses travaux aux membres du Groupe de haut niveau lors d’une réunion qui se tiendra à Nouakchott. Le Groupe se rendra, par la suite, en Côte d’Ivoire pour y rencontrer les parties et leur soumettre des propositions de sortie de crise. Dans l’intervalle, le Groupe réitère l’appel de l’UA à toutes les parties ivoiriennes pour qu’elles fassent preuve de la plus grande retenue, œuvrent à l’apaisement et lui apportent leur entière coopération pour faciliter le règlement rapide de la crise que connaît leur pays. Il convient de rappeler que le Groupe de haut niveau est composé des chefs d’Etat de la Mauritanie, de l’Afrique du Sud, du Burkina Faso, de la Tanzanie et du Tchad, ainsi que du Président de la Commission de l’UA et du Président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le Groupe doit achever sa mission dans un délai d’un mois, conformément à la décision du CPS.
Motus : Interrogations
L’Union Africaine vient d’achever sa réunion à Addis Abeba en Ethiopie. Au terme de leurs assises, les présidents africains n’ont pas dit autre chose que ce qui n’a jamais fait l’ombre d’un doute. A savoir la victoire du Président Alassane Ouattara sur Laurent Gbagbo, lors de l’élection présidentielle. A l’instar donc des organisations nationales, sous régionales et internationales, l’UA n’a pas varié dans son discours. C’est pourquoi, l’on s’étonne de la mise sur pied du panel de cinq chefs d’Etat qui viendront, disons-le tout net, enquêter sur le terrain. Pourquoi se donner tant de peine à venir conforter un fait qui ne souffre d’aucune ambigüité, y compris même chez le candidat malheureux, Laurent Gbagbo, qui a reconnu sa défaite devant le médiateur Raïla Odinga. Ce dernier détient même une bande sonore des aveux du chef de file de la refondation. C’est en cela que la démarche de l’UA prête à équivoque, si elle ne cache pas des desseins inavoués. A quoi pourrait bien servir cet autre mois de médiation si ce n’est pour empirer une situation difficilement vécue par les Ivoiriens ? A quoi bon venir ergoter et pinailler à nouveau sur les bords de la lagune Ebrié quand on sait la messe dite depuis belle lurette pour l’ancien régime. Voulait-on donner de nouvelles illusions au camarade dit socialiste qu’on ne s’y serait pas pris autrement. L’UA ne sait-elle pas que depuis le 28 novembre dernier, les mercenaires et miliciens à la solde du FPI assassinent à tour de bras les citoyens ivoiriens ? Ne sait-elle pas que depuis plusieurs semaines, Laurent Gbagbo et les siens ne finissent pas de braquer, de piller les institutions financières notamment la BCEAO et de réquisitionner les travailleurs ? Ne sait- elle pas également qu’un blocus continue de frapper l’hôtel du Golf, siège forcé du pouvoir légal et qu’un couvre feu sévit dans la commune d’Abobo ? Assurément, les Forces nouvelles, par la voix du ministre Konaté Sidiki, sont légitimées à dénoncer ce panel de l’UA qui ne répond à aucune logique. En tout état de cause, dans un continent qui vit le temps des élections, force doit être au respect des valeurs démocratiques et à la fermeté, pour ne pas perpétuer le règne des pouvoirs rétrogrades et dictatoriaux. Il est donc temps de crier haro sur le baudet !
Bakary Nimaga
Le mois le plus long
En apparence, il est le mois le moins long de l’année. Ce sont donc les 28 petits jours du mois de février, dont dispose le panel des cinq chefs d’Etat mandatés par le Sommet de l’Union africaine pour venir raisonner Gbagbo de céder le pouvoir, au vainqueur de la présidentielle du 28 novembre dernier. Mais, dans les faits et en raison de la situation qui prévaut actuellement dans le microcosme politique ivoirien, février est en train de devenir le mois le plus long. En effet, Gbagbo qui a toujours refusé de se plier aux contraintes et exigences d’où qu’elles viennent afin qu’il quitte le pouvoir, profitera, à coup sûr, de ce timing à lui accordé, ou du moins accordé au groupe de médiateurs, pour accentuer son armement ou tenter un dernier baroud d’honneur. C’est pourquoi, les 28 jours que compte le mois de février apparaissent, du coup, comme une éternité. C’est aussi pourquoi, la nouvelle médiation doit accélérer les choses. Pour mettre un terme aux souffrances des Ivoiriens. Ceux-ci qui ont tant souffert de la décennie de la Refondation, ont décidé de confier leur destin à un homme de parole. En votant massivement Alassane Ouattara. Une victoire que le clan Gbagbo a confisquée depuis un peu plus de deux mois. Deux mois au cours desquels la pauvreté s’est accrue et que l’insécurité a gagné du terrain. Certes, la vie était difficile sous le règne des Refondateurs, mais depuis que Gbagbo a décidé de confisquer le pouvoir, les Ivoiriens tirent le diable par la queue. Les cinq chefs d’Etat qui viennent pour trouver une issue définitive à la crise post-électorale que vit la Côte d’Ivoire, ne doivent pas s’adonner à une diplomatie trop longue. Ils ont déjà toutes les données entre leurs mains et disposent de toutes les informations sur la crise ivoirienne en général et la crise post-électorale en particulier. L’efficacité doit donc être leur leitmotiv. Et cette efficacité consiste à prendre le problème à bras-le-corps. C’est vrai qu’ils disposent d’un mois, mais ils peuvent, s’ils le veulent bien, accélérer leur médiation. C’est d’ailleurs le souhait de nombreuses personnes qui vivent en Côte d’Ivoire. Le point commun aux cinq médiateurs, c’est qu’ils sont tous connus pour leur dévouement au travail fait et bien fait dans la justice et la clarté. C’est justement pour cette raison que le panel de présidents à qui l’Union africaine a confié la lourde responsabilité d’instaurer la démocratie, n’a pas droit à l’erreur. Leur choix ayant fait l’unanimité, il est désormais le dernier recours d’un peuple en quête de liberté, de démocratie et de justice. Pour ce faire, les Ivoiriens, et avec eux, les observateurs de la scène politique ainsi que la communauté internationale, attendent beaucoup de leur action. Ils ne cesseront de compter les jours de ce mois de février qui, en même temps qu’il est le mois le plus court de l’année, pourrait paraître à leurs yeux- si ce n’est d’ailleurs déjà le cas- comme le mois le plus long. En tout état de cause, les chefs d’Etat, au nombre de cinq, comme les cinq doigts de la main, ont une obligation de résultat. Et ce, dans un délai raisonnable. Ils auront, pour ainsi dire, rendu un énorme service au peuple ivoirien dont la souveraineté a été confisquée par un clan.
Yves-M. Abiet
Groupe de haut niveau de chefs d’Etat - Voici les secrets du choix des cinq
Ils sont sept. Ils auront à réussir là où d’autres avant eux ont échoué. L’Union africaine a repoussé, sans y renoncer, l’option militaire prise par la CEDEAO pour déloger Gbagbo du Palais présidentiel. Depuis, vendredi dernier, lors d’un Conseil de paix et de sécurité, la décision a été arrêtée d’accorder une dernière chance à la négociation. L’idée d’un panel de chefs d’Etat dit Groupe de haut niveau sur la Côte d’Ivoire, a été émise avec pour principe de le composer en fonction des cinq grandes régions géopolitiques que compte l’Union africaine : la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) , la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Communauté des Etats de l’Afrique australe (SADC), l’Autorité intergouvernementale sur le développement (l’IGAD) et l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Pour le principe, tous étaient d’accord. Mais, pour la composition, il y a eu des candidatures dont certaines se sont entrechoquées. D’abord le Nigeria, puis le Burkina à l’Ouest. A l’Est, Djibouti puis la Tanzanie. Hier, le Centre de Conférence des Nations unies qui abrite le 16ème Sommet de l’UA a été le théâtre de plusieurs conciliabules qui ont abouti à la fumée blanche. Cinq chefs d’Etat, ont été, en fin de compte désignés : Mauritanie, Burkina Faso, Tchad, Afrique du Sud et Tanzanie sont les pays dont les Présidents ont été désignés pour faire partie du panel. Cela a été le résultat d’intenses tractations à huis-clos. Partisans ou adversaires des deux camps de la crise ivoirienne ont tout fait pour imposer leurs alliés respectifs.
Les sud africains, n’ont pas eu de la peine à désigner Jacob Zuma. Pressenti dans un premier temps, le Nigeria, a du se retirer pour le Burkina Faso. Goodluck Jonathan ayant un calendrier électoral très chargé pour avoir été désigné comme candidat du Parti démocratique populaire, à la présidentielle du 9 avril prochain. La candidature de Djibouti a été balayée par la Tanzanie du fait de la taille de ce petit pays de 23 000 km_, très peu influent dans la diplomatie africaine. L’arrivée du Tchad étonne plus d’un. Mais, elle est due aux relations très peu amicales que Gbagbo entretient avec les autres pays francophones de l’Afrique centrale. Etant donné que la mission de ce Groupe n’est pas de venir en Côte d’Ivoire, remettre en cause la volonté du peuple ivoirien exprimée dans les urnes lors du scrutin du 28 novembre 2010, le compromis a été vite trouvé. Des Présidents présumés amis à l’ex-chef de l’Etat y ont été préférés. Les chefs d’Etat se sont retrouvés hier matin à huis-clos, interrompant pour près d’une heure d’horloge, le déroulement des travaux de la fin du Sommet.
Voici donc ceux qui auront la lourde responsabilité de réussir, avant la fin du mois de février, à faire retrouver la raison à Gbagbo afin que Ouattara s’installe dans son fauteuil.
l Blaise Compaoré (Burkina Faso). Il représente l’Afrique de l’Ouest. Il a l’avantage de connaitre le processus de bout en bout pour avoir été chargé, pendant trois ans, de conduire la facilitation qui a conduit au scrutin démocratique de novembre. Il n’est ni allié de Gbagbo, ni allié du président élu. Compaoré qui s’est fait très peu bavard ces dernières semaines, entend faire respecter le choix des populations qui lui ont fait confiance en accompagnant, jusqu’au bout, l’accord de Ouagadougou signé sous ses auspices.
l Jacob Zuma (Afrique du sud) : Il a d’abord publié un communiqué au nom du gouvernement sud africain appelant Gbagbo à « respecter le verdict des urnes », avant de se renier des semaines après sans dire pourquoi. Pour beaucoup, le chef de la nation arc-en-ciel s’est laissé abuser par le rapport fantaisiste que lui a transmis Thabo Mbeki, ancien médiateur dans la crise ivoirienne, récusé pour s’être compromis dans des transactions économiques avec l’ancien régime. Zuma a demandé récemment le recomptage des voix, avant d’être refroidi par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Il a certainement de l’influence sur Gbagbo. D’ailleurs, c’est lui qui a tout mis en œuvre pour impliquer la communauté africaine dans son ensemble dans la recherche de solutions, en demandant la mise sur pied de ce Groupe de haut niveau. Zuma est donc au pied du mur.
l Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie). Il est de fait le président du Groupe. C’est la Mauritanie qui assure actuellement la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. C’est donc tout naturellement que son président se voit confier un rôle aussi important. C’est d’ailleurs lui qui a présidé la première réunion entre les chefs d’Etat ou leurs représentants hier matin, à huis clos.
l Idriss Deby (Tchad) et Jakaya Kikwete (Tanzanie). Ils font figure de nouveaux venus dans le dossier ivoirien. Peut-être que leur regard nouveau pourra être déterminant. Dans tous les cas, ils n’ont pas assez de temps devant eux. Dans le courant de la semaine, les chefs d’Etat qui ont déjà établi un plan de travail, pourraient être sur les bords de la lagune Ebrié en fin de semaine. Avec les chefs d’Etat, se trouveront deux autres personnalités qui sont le gabonais Jean Ping et le ghanéen Victor Gbeho, respectivement présidents des Commissions de l’UA et de la CEDEAO. La priorité, est la levée du blocus du Golf hôtel et l’arrêt de l’agression contre les soldats des casques bleus. Chacun des chefs d’Etat doit désigner ces jours-ci un expert qui sera en Côte d’Ivoire pour suivre le processus de médiation et lui rendre compte avant la venue du Groupe de haut niveau. CS
Réunion inaugurale du groupe de haut niveau de l’union africaine sur la Côte d’Ivoire
Addis Abeba, le 31 janvier 2011 - Le Groupe de haut niveau pour le règlement de la crise en Côte d’Ivoire, créé par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), lors de sa 259ème réunion tenue à Addis-Abeba, le 28 janvier 2011, au niveau des chefs d’Etat et de Gouvernement, s’est réuni aujourd’hui, 31 janvier 2011, sous la présidence de S.E.M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République islamique de Mauritanie, aux fins de convenir de son programme de travail.
Le Groupe a décidé de constituer, dans un délai de trois jours, l’Equipe d’experts prévue par le communiqué du CPS. L’Equipe se réunira immédiatement après à Addis-Abeba pour entamer le travail préparatoire, avant d’effectuer une visite en Côte d’Ivoire dans le même objectif. L’Equipe d’experts soumettra les résultats de ses travaux aux membres du Groupe de haut niveau lors d’une réunion qui se tiendra à Nouakchott. Le Groupe se rendra, par la suite, en Côte d’Ivoire pour y rencontrer les parties et leur soumettre des propositions de sortie de crise.
Dans l’intervalle, le Groupe réitère l’appel de l’UA à toutes les parties ivoiriennes pour qu’elles fassent preuve de la plus grande retenue, œuvrent à l’apaisement et lui apportent leur entière coopération pour faciliter le règlement rapide de la crise que connaît leur pays.
Il convient de rappeler que le Groupe de haut niveau est composé des chefs d’Etat de la Mauritanie, de l’Afrique du Sud, du Burkina Faso, de la Tanzanie et du Tchad, ainsi que du Président de la Commission de l’UA et du Président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le Groupe doit achever sa mission dans un délai d’un mois, conformément à la décision du CPS.
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Kenya - La coalition au pouvoir en crise
(BBC Afrique 01/02/2011)
Le premier ministre évoque une crise constitutionnelle majeure
Le chef d'Etat kenyan a nommé un juge à la plus haute cour de justice, le procureur général et le directeur du ministère public.
Le premier ministre Raila Odinga accuse le président de ne pas l'avoir consulté, alors que la loi kenyane exige que le président consulte d'abord le premier ministre pour procéder à des nominations de cette importance.
Mots-clésKenya, Justice, Politique Le porte-parole du président Kibaki, Alfred Mutua déclare que le premier ministre a été consulté en temps et en heure.Et il ajoute que des consultations ne signifient pas des accords à 100% ou un consensus total, sans quoi le pays n'avancerait jamais.
L'affaire divise à présent profondément les députés.
Ce mardi, le vice-président Kalonzo Musyoka va présider une réunion des membres du parti du président le PNU, à Nairobi.
Selon lui, le premier ministre ne cherche qu'à manipuler l'opinion dans le but de gagner en popularité.
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Le premier ministre évoque une crise constitutionnelle majeure
Le chef d'Etat kenyan a nommé un juge à la plus haute cour de justice, le procureur général et le directeur du ministère public.
Le premier ministre Raila Odinga accuse le président de ne pas l'avoir consulté, alors que la loi kenyane exige que le président consulte d'abord le premier ministre pour procéder à des nominations de cette importance.
Mots-clésKenya, Justice, Politique Le porte-parole du président Kibaki, Alfred Mutua déclare que le premier ministre a été consulté en temps et en heure.Et il ajoute que des consultations ne signifient pas des accords à 100% ou un consensus total, sans quoi le pays n'avancerait jamais.
L'affaire divise à présent profondément les députés.
Ce mardi, le vice-président Kalonzo Musyoka va présider une réunion des membres du parti du président le PNU, à Nairobi.
Selon lui, le premier ministre ne cherche qu'à manipuler l'opinion dans le but de gagner en popularité.
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Tunisie - Quelles leçons peut-on tirer de la crise tunisienne ?
(Le Monde 01/02/2011)
Deux semaines après le départ précipité du président Ben Ali et l'ivresse de la liberté de la victoire qu'a procurée la "Révolution du Jasmin", le temps de la réflexion est sans doute venue.
Quelles réponses à apporter aux interrogations légitimes que l'on est en droit de se poser à propos de cet événement sans précédent dans le monde arabe. Etait-il prévisible ? La perspective de l'instauration d'une démocratie en Tunisie est-elle une menace pour les régimes autoritaires arabes ? La diplomatie française s'est-elle fourvoyée et a-t-elle manqué de clairvoyance ?
Tout d'abord, on rappellera que la surprise a été totale et ceci pour tout le monde : pour l'opinion comme pour les autorités en France et ailleurs, pour les commentateurs comme pour les diplomates, et… pour les Tunisiens eux-mêmes. Quelques jours encore avant la fuite de Ben Ali, les manifestations qui se développaient en Tunisie, reléguées dans les pages intérieures des quotidiens, étaient encore qualifiées de "troubles sociaux" sans que soit évoqué le risque de déstabilisation du régime. Ce n'est que le jeudi 13 janvier qu'apparaît l'idée que le régime est ébranlé : Ben Ali partira le lendemain.
A posteriori, cette révolution semble avoir été le produit d'un mélange détonnant dont les ingrédients sont maintenant mieux identifiées : malaise politique, affectant sans doute même le RCD de l'intérieur ; caractère de plus en plus répressif du régime développant un sentiment de peur ; absence totale de liberté d'expression, notamment dans la presse ; racket organisé de façon quasi ostentatoire par le clan familial ; difficultés de la vie quotidienne liées à la crise économique ; chômage important, en particulier parmi les jeunes diplômés ; influence des nouveaux moyens d'information, outils à la fois d'information mais aussi de mobilisation en temps réel de l'opinion ; existence d'une armée peu politisée et qui refuse de tirer sur la foule.
Ces ingrédients existent dans d'autres pays arabes, à des degrés divers et sans doute avec des pondérations différentes. Cependant, de la Mauritanie au Qatar, les vingt deux pays arabes ne se ressemblent pas, tant au point de vue politique, économique que social. Les uns développent une politique de réformes, d'autres restent dans un immobilisme total ; les uns ont des moyens financiers considérables, d'autre voient plus du tiers de leur population vivant en dessous du seuil de pauvreté ; chez certains, l'ordre règne, d'autres sont des Etats faillis ou chaotiques. Mais il est sûr que la Révolution du Jasmin, vécue en temps réel par 350 millions d'Arabes, ne sera pas sans conséquences. Déjà, comme on l'a vu, le même geste de désespoir que celui de Mohamed Bouazizi a été répété ; des manifestations, parfois violentes, ont éclaté dans plusieurs pays. Certains gouvernements, conscients du danger, ont pris des mesures d'urgence, parfois plus symboliques que réelles.
Le plus sérieusement touché, qui était le plus vulnérable, est l'Egypte : autant les événements en Tunisie ont été une surprise, autant ceux qui affectent ce pays étaient prévisibles : les nuages s'amoncelaient depuis plusieurs années, comme l'avaient noté de nombreux observateurs. Une situation explosive se focalisait de plus en plus contre la personne du président Moubarak au pouvoir depuis près de trente ans. Il est encore trop tôt pour savoir comment cette crise va se dénouer. Il est probable que l'armée, qui, par delà la personne du président Moubarak, a le pouvoir depuis près de soixante ans, est déterminée à le garder. Cependant, il est douteux qu'un "effet domino" se déclenche, balayant comme des châteaux de cartes tous les régimes autoritaires du monde arabe. En raison même de leur diversité et comme l'expérience du passé l'a montré, la démocratie ne s'exporte pas : elle est le fruit d'une construction lente, progressive, difficile par les "forces vives" de chaque pays. Mais il est sûr que ces manifestations vont se poursuivre encore dans de nombreux pays et que ces événements vont accroître la pression qui s'exerce sur les gouvernements pour qu'ils ouvrent le jeu politique.
S'agissant de la Tunisie, où le gouvernement remanié semble être maintenant accepté, elle dispose à l'évidence de nombreux atouts : une économie saine, une ouverture au monde et à la modernité, un statut personnel éclairé. Mais rien n'est encore acquis. Si elle devient une vitrine de la démocratie, son exemple contribuera à augmenter, dans de nombreux pays, les pressions existant en faveur des réformes politiques et économiques. Mais si la démocratie devait échouer, alors la Tunisie au même titre que l'Irak, deviendrait un repoussoir, un contre-exemple.
Notre diplomatie a-t-elle été aveugle ? A-t-elle réagi trop tard, en décalage avec les événements ? Au niveau de l'information, celle dont disposaient les autorités françaises était du même ordre que celle que les diplomates américains envoyaient à Washington : le même diagnostic lucide était partagé. Certes un développement économique et social était indéniable et d'ailleurs reconnu, mais le caractère policier, les atteintes au droit de l'homme et le racket du clan familial étaient bien évidemment relevées. Le contact était maintenu à Tunis, mais aussi à Paris, avec les représentants de la société civile, y compris les opposants. Mais comme l'a reconnu le président Sarkozy, le degré d'exaspération de l'opinion publique face au régime policier et dictatorial a été sous estimé et la rapidité de l'enchaînement des événements mal perçu.
On peut également rappeler que la politique menée à l'égard de la Tunisie a été d'une grande continuité depuis plus de vingt ans, qu'il s'agisse des présidences Mitterrand, Chirac ou Sarkozy. Un choix politique avait été fait, à tort ou à raison. Dans ce choix la tragédie algérienne – le coup d'Etat de 1992 suspendant les élections démocratiques suivies d'un guerre civile meurtrière – a eu un impact déterminant : la conviction était que le régime Ben Ali était un rempart contre la montée de la violence islamiste. Cette politique ne s'est sans doute pas suffisamment infléchie lorsque les dérives policières et mafieuses se sont amplifiées. Cependant, cet aveuglement était la chose la mieux partagée, si l'on en croit le florilège des propos complaisants à l'égard du président Ben Ali, exprimés encore récemment par de nombreuses personnalités et non des moindres, toute sensibilité politique confondue.
Des leçons doivent être tirées et l'ont sans doute déjà été. Le problème est naturellement moins de gloser sur le passé que de savoir que faire aujourd'hui et à l'avenir. Certes la situation en Tunisie reste encore évolutive. Mais il est clair que notre politique envers la Tunisie doit être orientée vers un appui chaleureux à cette jeune démocratie naissante qui essaie de s'organiser. Il ne s'agit pas de s'ingérer ou d'imposer un modèle, mais de contribuer, bilatéralement ou à travers l'Europe, à créer un contexte international, politique, économique et financier favorable, de façon à accompagner la mise en place d'institutions stables et démocratiques. Cependant la réflexion doit dépasser le cas particulier de la Tunisie. Le monde change, le monde musulman change, le monde arabe change et les évolutions s'accélèrent pour le meilleur mais également parfois pour le pire, comme le montre la situation au Moyen-Orient. A l'évidence les opinions ne sont plus prêtes à accepter la privation des libertés fondamentales et des situations considérées auparavant comme acceptables, pour de multiples raisons : l'ouverture, la mondialisation, l'irruption d'une jeunesse diplômé en désarroi, l'impact des nouvelles technologies sur l'information mais également sur la mobilisation des opinions. Les ressentiments à l'égard de l'Occident prennent un tour préoccupant. Il reste que, comme l'avait déjà relevé le Programme des Nations unies pour le développement il y a près de dix ans, il existe encore une exception arabe en termes de démocratie. M. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, soulignait le 19 janvier, à l'occasion du sommet économique et social de cette organisation, que "les citoyens arabes sont dans un état sans précédent de colère et de frustrations". Il reste à souhaiter que les gouvernements passent de la lucidité à l'action.
Denis Bauchard, conseiller spécial à l'IFRI
Point de vue31.01.11
14h18
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Deux semaines après le départ précipité du président Ben Ali et l'ivresse de la liberté de la victoire qu'a procurée la "Révolution du Jasmin", le temps de la réflexion est sans doute venue.
Quelles réponses à apporter aux interrogations légitimes que l'on est en droit de se poser à propos de cet événement sans précédent dans le monde arabe. Etait-il prévisible ? La perspective de l'instauration d'une démocratie en Tunisie est-elle une menace pour les régimes autoritaires arabes ? La diplomatie française s'est-elle fourvoyée et a-t-elle manqué de clairvoyance ?
Tout d'abord, on rappellera que la surprise a été totale et ceci pour tout le monde : pour l'opinion comme pour les autorités en France et ailleurs, pour les commentateurs comme pour les diplomates, et… pour les Tunisiens eux-mêmes. Quelques jours encore avant la fuite de Ben Ali, les manifestations qui se développaient en Tunisie, reléguées dans les pages intérieures des quotidiens, étaient encore qualifiées de "troubles sociaux" sans que soit évoqué le risque de déstabilisation du régime. Ce n'est que le jeudi 13 janvier qu'apparaît l'idée que le régime est ébranlé : Ben Ali partira le lendemain.
A posteriori, cette révolution semble avoir été le produit d'un mélange détonnant dont les ingrédients sont maintenant mieux identifiées : malaise politique, affectant sans doute même le RCD de l'intérieur ; caractère de plus en plus répressif du régime développant un sentiment de peur ; absence totale de liberté d'expression, notamment dans la presse ; racket organisé de façon quasi ostentatoire par le clan familial ; difficultés de la vie quotidienne liées à la crise économique ; chômage important, en particulier parmi les jeunes diplômés ; influence des nouveaux moyens d'information, outils à la fois d'information mais aussi de mobilisation en temps réel de l'opinion ; existence d'une armée peu politisée et qui refuse de tirer sur la foule.
Ces ingrédients existent dans d'autres pays arabes, à des degrés divers et sans doute avec des pondérations différentes. Cependant, de la Mauritanie au Qatar, les vingt deux pays arabes ne se ressemblent pas, tant au point de vue politique, économique que social. Les uns développent une politique de réformes, d'autres restent dans un immobilisme total ; les uns ont des moyens financiers considérables, d'autre voient plus du tiers de leur population vivant en dessous du seuil de pauvreté ; chez certains, l'ordre règne, d'autres sont des Etats faillis ou chaotiques. Mais il est sûr que la Révolution du Jasmin, vécue en temps réel par 350 millions d'Arabes, ne sera pas sans conséquences. Déjà, comme on l'a vu, le même geste de désespoir que celui de Mohamed Bouazizi a été répété ; des manifestations, parfois violentes, ont éclaté dans plusieurs pays. Certains gouvernements, conscients du danger, ont pris des mesures d'urgence, parfois plus symboliques que réelles.
Le plus sérieusement touché, qui était le plus vulnérable, est l'Egypte : autant les événements en Tunisie ont été une surprise, autant ceux qui affectent ce pays étaient prévisibles : les nuages s'amoncelaient depuis plusieurs années, comme l'avaient noté de nombreux observateurs. Une situation explosive se focalisait de plus en plus contre la personne du président Moubarak au pouvoir depuis près de trente ans. Il est encore trop tôt pour savoir comment cette crise va se dénouer. Il est probable que l'armée, qui, par delà la personne du président Moubarak, a le pouvoir depuis près de soixante ans, est déterminée à le garder. Cependant, il est douteux qu'un "effet domino" se déclenche, balayant comme des châteaux de cartes tous les régimes autoritaires du monde arabe. En raison même de leur diversité et comme l'expérience du passé l'a montré, la démocratie ne s'exporte pas : elle est le fruit d'une construction lente, progressive, difficile par les "forces vives" de chaque pays. Mais il est sûr que ces manifestations vont se poursuivre encore dans de nombreux pays et que ces événements vont accroître la pression qui s'exerce sur les gouvernements pour qu'ils ouvrent le jeu politique.
S'agissant de la Tunisie, où le gouvernement remanié semble être maintenant accepté, elle dispose à l'évidence de nombreux atouts : une économie saine, une ouverture au monde et à la modernité, un statut personnel éclairé. Mais rien n'est encore acquis. Si elle devient une vitrine de la démocratie, son exemple contribuera à augmenter, dans de nombreux pays, les pressions existant en faveur des réformes politiques et économiques. Mais si la démocratie devait échouer, alors la Tunisie au même titre que l'Irak, deviendrait un repoussoir, un contre-exemple.
Notre diplomatie a-t-elle été aveugle ? A-t-elle réagi trop tard, en décalage avec les événements ? Au niveau de l'information, celle dont disposaient les autorités françaises était du même ordre que celle que les diplomates américains envoyaient à Washington : le même diagnostic lucide était partagé. Certes un développement économique et social était indéniable et d'ailleurs reconnu, mais le caractère policier, les atteintes au droit de l'homme et le racket du clan familial étaient bien évidemment relevées. Le contact était maintenu à Tunis, mais aussi à Paris, avec les représentants de la société civile, y compris les opposants. Mais comme l'a reconnu le président Sarkozy, le degré d'exaspération de l'opinion publique face au régime policier et dictatorial a été sous estimé et la rapidité de l'enchaînement des événements mal perçu.
On peut également rappeler que la politique menée à l'égard de la Tunisie a été d'une grande continuité depuis plus de vingt ans, qu'il s'agisse des présidences Mitterrand, Chirac ou Sarkozy. Un choix politique avait été fait, à tort ou à raison. Dans ce choix la tragédie algérienne – le coup d'Etat de 1992 suspendant les élections démocratiques suivies d'un guerre civile meurtrière – a eu un impact déterminant : la conviction était que le régime Ben Ali était un rempart contre la montée de la violence islamiste. Cette politique ne s'est sans doute pas suffisamment infléchie lorsque les dérives policières et mafieuses se sont amplifiées. Cependant, cet aveuglement était la chose la mieux partagée, si l'on en croit le florilège des propos complaisants à l'égard du président Ben Ali, exprimés encore récemment par de nombreuses personnalités et non des moindres, toute sensibilité politique confondue.
Des leçons doivent être tirées et l'ont sans doute déjà été. Le problème est naturellement moins de gloser sur le passé que de savoir que faire aujourd'hui et à l'avenir. Certes la situation en Tunisie reste encore évolutive. Mais il est clair que notre politique envers la Tunisie doit être orientée vers un appui chaleureux à cette jeune démocratie naissante qui essaie de s'organiser. Il ne s'agit pas de s'ingérer ou d'imposer un modèle, mais de contribuer, bilatéralement ou à travers l'Europe, à créer un contexte international, politique, économique et financier favorable, de façon à accompagner la mise en place d'institutions stables et démocratiques. Cependant la réflexion doit dépasser le cas particulier de la Tunisie. Le monde change, le monde musulman change, le monde arabe change et les évolutions s'accélèrent pour le meilleur mais également parfois pour le pire, comme le montre la situation au Moyen-Orient. A l'évidence les opinions ne sont plus prêtes à accepter la privation des libertés fondamentales et des situations considérées auparavant comme acceptables, pour de multiples raisons : l'ouverture, la mondialisation, l'irruption d'une jeunesse diplômé en désarroi, l'impact des nouvelles technologies sur l'information mais également sur la mobilisation des opinions. Les ressentiments à l'égard de l'Occident prennent un tour préoccupant. Il reste que, comme l'avait déjà relevé le Programme des Nations unies pour le développement il y a près de dix ans, il existe encore une exception arabe en termes de démocratie. M. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, soulignait le 19 janvier, à l'occasion du sommet économique et social de cette organisation, que "les citoyens arabes sont dans un état sans précédent de colère et de frustrations". Il reste à souhaiter que les gouvernements passent de la lucidité à l'action.
Denis Bauchard, conseiller spécial à l'IFRI
Point de vue31.01.11
14h18
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Algérie - Des grèves prévues avant une marche de l'opposition à Alger
(Le Monde 01/02/2011)
Une série de grèves doit débuter, mardi 1er février, en Algérie avec des mouvements du personnel paramédical et de l'éducation alors que l'opposition vient d'appeler à une marche à Alger pour demander "le départ du système".
Le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) a appelé lundi le personnel paramédical des hôpitaux et des polycliniques à observer dès mardi une grève de deux jours pour faire pression sur le ministère de la santé. "Un service minimum sera assuré dans les principaux établissements hospitaliers. Quelque 90 000 salariés sont concernés par ce mouvement", a précisé le responsable du SNAP. L'Algérie compte actuellement 300 hôpitaux généraux, quatorze centres hospitalo-universitaires et 1 200 polycliniques.
MARCHE LE 12 FÉVRIER
Les personnels du corps commun du ministère l'éducation envisagent de leur côté de se rassembler le 14 février devant le siège de leur ministère à Alger. Ils réclament notamment une augmentation de salaire et une hausse de la prime de rendement.
Les chômeurs prévoient pour leur part le 6 février un mouvement de protestation devant le siège du ministère du travail, à Alger, où ils comptent déposer une plate-forme de revendications.
L'annonce de ces mouvements intervient alors que la toute nouvelle Coordination nationale pour le changement et la démocratie, qui regroupe des mouvements d'opposition et organisations de la société civile, a appelé à une marche le 12 février à Alger.
LEMONDE.FR avec AFP
01.02.11
© Copyright Le Monde
Une série de grèves doit débuter, mardi 1er février, en Algérie avec des mouvements du personnel paramédical et de l'éducation alors que l'opposition vient d'appeler à une marche à Alger pour demander "le départ du système".
Le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) a appelé lundi le personnel paramédical des hôpitaux et des polycliniques à observer dès mardi une grève de deux jours pour faire pression sur le ministère de la santé. "Un service minimum sera assuré dans les principaux établissements hospitaliers. Quelque 90 000 salariés sont concernés par ce mouvement", a précisé le responsable du SNAP. L'Algérie compte actuellement 300 hôpitaux généraux, quatorze centres hospitalo-universitaires et 1 200 polycliniques.
MARCHE LE 12 FÉVRIER
Les personnels du corps commun du ministère l'éducation envisagent de leur côté de se rassembler le 14 février devant le siège de leur ministère à Alger. Ils réclament notamment une augmentation de salaire et une hausse de la prime de rendement.
Les chômeurs prévoient pour leur part le 6 février un mouvement de protestation devant le siège du ministère du travail, à Alger, où ils comptent déposer une plate-forme de revendications.
L'annonce de ces mouvements intervient alors que la toute nouvelle Coordination nationale pour le changement et la démocratie, qui regroupe des mouvements d'opposition et organisations de la société civile, a appelé à une marche le 12 février à Alger.
LEMONDE.FR avec AFP
01.02.11
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Sudan - Le vice-président soudanais annonce l'acceptation gouvernementale des résultats du référendum du Sud-Soudan
(Xinhuanet 01/02/2011)
Le vice-président soudanais Ali Osman Mohamed Taha a annoncé lundi l'acceptation du gouvernement soudanais des résultats du référendum du Sud-Soudan qui ont indiqué que quelque 99% des électeurs ont voté en faveur de la sécession.
"Nous déclarons notre acceptation des résultats préliminaires du référendum qui ont été annoncés hier par la Commission du référendum et nous allons directement lancer des mesures qui suivront cette phase", a déclaré M. Taha lors d'une conférence de presse lundi à Khartoum.
"Nous espérons que cet esprit positif qui a caractérisé toutes les étapes du processus référendaire pourraient aider à apaiser les tensions susceptibles d'entourer certaines des questions non réglées", at-il ajouté.
Le vice-président soudanais a souligné le fait que le Nord et le Sud étaient vraiment disposés à trouver un accord politique sur la question d'Abyei et à empêcher toute solution unilatérale, estimant que "la séparation, même si elle a ses conséquences constitutionnelles et politiques, la relation et les intérêts communs resteront intacts et ne cesseront pas".
"Il a également été convenu que des forces mixtes seraient déployées à Abyei, en plus du retrait de la police sud-soudanaise qui est récemment entrée dans la région et que l'administration d'Abyei demeurerait jusqu'à ce qu'un accord politique soit trouvé", a-t-il poursuivi.
M. Taha a également révélé que le Nord et le Sud ont convenu d'exclure l'option de la double nationalité, indiquant que chaque Etat aura le droit de produire une loi régissant la nationalité et la manière dont elle sera obtenue et éviter d'avoir des gens qui n'ont pas de documents juridiques d'identification.
"Nous avons convenu qu'il y aurait de la flexibilité en ce qui concerne la présence des ressortissants du Nord dans le Sud et vice-versa et de les protéger ainsi que leurs biens jusqu'à ce que leur statut soit clarifié. Il faut que de nombreux accords soient signés pour régulariser les conditions des employés en service et des forces régulières", a-t-il indiqué.
La Commission du référendum du Sud-Soudan (SSRC) a annoncé dimanche les résultats préliminaires du Sud-Soudan qui montrent que 98. 83% des électeurs sud-soudanais ont voté en faveur de la séparation de la région et seulement 1. 17% ont voté pour l'unité.
Les résultats définitifs du référendum devraient être annoncés le 7 février s'il n'y a pas de réclamations, sinon ils seront annoncés le 14 février.
Selon l'Accord de paix global (CPA), signé entre le Nord et le Sud du Soudan en 2005, il devrait avoir une période transitoire jusqu'au 9 juillet pour faciliter la transition vers une séparation du Sud au cas où les Sud-Soudanais optaient pour une sécession dans le référendum.
2011-02-01 11:15:07 xinhua
© Copyright Xinhuanet
Le vice-président soudanais Ali Osman Mohamed Taha a annoncé lundi l'acceptation du gouvernement soudanais des résultats du référendum du Sud-Soudan qui ont indiqué que quelque 99% des électeurs ont voté en faveur de la sécession.
"Nous déclarons notre acceptation des résultats préliminaires du référendum qui ont été annoncés hier par la Commission du référendum et nous allons directement lancer des mesures qui suivront cette phase", a déclaré M. Taha lors d'une conférence de presse lundi à Khartoum.
"Nous espérons que cet esprit positif qui a caractérisé toutes les étapes du processus référendaire pourraient aider à apaiser les tensions susceptibles d'entourer certaines des questions non réglées", at-il ajouté.
Le vice-président soudanais a souligné le fait que le Nord et le Sud étaient vraiment disposés à trouver un accord politique sur la question d'Abyei et à empêcher toute solution unilatérale, estimant que "la séparation, même si elle a ses conséquences constitutionnelles et politiques, la relation et les intérêts communs resteront intacts et ne cesseront pas".
"Il a également été convenu que des forces mixtes seraient déployées à Abyei, en plus du retrait de la police sud-soudanaise qui est récemment entrée dans la région et que l'administration d'Abyei demeurerait jusqu'à ce qu'un accord politique soit trouvé", a-t-il poursuivi.
M. Taha a également révélé que le Nord et le Sud ont convenu d'exclure l'option de la double nationalité, indiquant que chaque Etat aura le droit de produire une loi régissant la nationalité et la manière dont elle sera obtenue et éviter d'avoir des gens qui n'ont pas de documents juridiques d'identification.
"Nous avons convenu qu'il y aurait de la flexibilité en ce qui concerne la présence des ressortissants du Nord dans le Sud et vice-versa et de les protéger ainsi que leurs biens jusqu'à ce que leur statut soit clarifié. Il faut que de nombreux accords soient signés pour régulariser les conditions des employés en service et des forces régulières", a-t-il indiqué.
La Commission du référendum du Sud-Soudan (SSRC) a annoncé dimanche les résultats préliminaires du Sud-Soudan qui montrent que 98. 83% des électeurs sud-soudanais ont voté en faveur de la séparation de la région et seulement 1. 17% ont voté pour l'unité.
Les résultats définitifs du référendum devraient être annoncés le 7 février s'il n'y a pas de réclamations, sinon ils seront annoncés le 14 février.
Selon l'Accord de paix global (CPA), signé entre le Nord et le Sud du Soudan en 2005, il devrait avoir une période transitoire jusqu'au 9 juillet pour faciliter la transition vers une séparation du Sud au cas où les Sud-Soudanais optaient pour une sécession dans le référendum.
2011-02-01 11:15:07 xinhua
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