vendredi 9 novembre 2012

La réélection d’Obama vue d’Afrique

La presse africaine n’a pas manqué de commenter la réélection de Barack Obama, dont le père est originaire du Kenya. Quatre ans après son élection historique, le continent attend plus d’engagement de sa part. Morceaux choisis.

Barack Obama « a bien éprouvé de la frayeur », estime le journal Guinée Conakry.info. Selon lui, le président américain réélu est « passé tout près de l’échec » car « moins à l’aise qu’il y a quatre ans... Mais l’essentiel est désormais fait pour Barack Obama », argue Guinée Conakry Info qui salue la victoire « méritée et belle » du dirigeant américain » face au Républicain Mitt Romney. Grace à « cette relative marge de manœuvre, il devrait en faire bénéficier davantage aussi au continent africain », estime le journal.
Le journal souligne également que « l’Afrique en attend beaucoup de Barack Obama ». « Elle voudrait notamment qu’au cours de son second et dernier mandat, le descendant du Kenya qu’est Barack Obama, se montre un peu plus concret dans sa promotion des valeurs démocratiques sur le continent ». Et d’ajouter que « les Africains attendent également de lui qu’il aide un peu plus leur continent à gommer les images stéréotypées de guerres, de famines et d’épidémies qui lui sont souvent associées (...). Ils ne souhaitent plus que l’intérêt que les Etats-Unis leur manifestent soit uniquement guidé par la quête de certaines richesses, par la lutte contre le terrorisme ou encore en raison de la nécessité de contrer le rival chinois ». Et à Guinée Conakry Info de conclure : « Plus que durant le mandat qui s’achève, ils espèrent surtout que Barack Obama saura se défaire de certaines contingences de politique intérieure pour manifester avec un peu plus de fierté son africanité ».
« L’Afrique attend plus d’engagement d’Obama »
Même son de cloche pour le quotidien congolais Le Potentiel qui titre : « L’Afrique attend plus d’engagement d’Obama ». Le journal qui ne mâche pas ses mots affiche sa déception concernant le bilan du chef d’Etat américain sur le continent : « Quatre ans après son élection, l’Afrique se trouve toujours à la case départ. La présence d’Obama à la tête de la première puissance économique et militaire mondiale n’a rien changé sur le sort pitoyable qui continue à s’abattre sur le continent noir ». Le journal souligne notamment que « contrairement au vœu exprimé par le président américain de voir émerger une Afrique des institutions fortes, le continent noir patauge. Pire, il régresse aussi bien en termes de développement que de démocratie ».
Le Potentiel pose la question qui fait « déjà grand débat sur le continent » : « Est-ce que l’Afrique a encore des raisons de croire en son action ? Sera-t-il en mesure de faire ce qu’il n’a pas pu accomplir en quatre ans de présidence ? C’est dire qu’en Afrique, la réélection d’Obama ne soulève pas de vagues. Elle ne crée pas non plus de nouveaux espoirs comme ce fut le cas en 2008. Médusé et presque désabusé, le continent noir observe et attend voir le président américain à l’œuvre », conclut le quotidien congolais. Le Journal du Cameroun, écrit quant à lui qu’il y a « moins de jubilation dans le monde comme ce fut le cas en 2008. Pour Barack Obama, ce sera donc quatre ans de plus, l’espoir en moins ! »
La mort de Ben Laden, une aubaine pour Obama
« Le président Barack Obama a été finalement réélu. Une surprise ? », questionne pour sa part le quotidien algérien El Watan. Réponse du journal : « Oui et non. Oui, parce que presque tous les chefs d’Etat occidentaux ont été balayés par la crise économique mondiale… Sauf Obama ». El Watan ne manque pas de rappeler la mort de Ben Laden, ex-chef d’Al Qaida. « Ce fut, estime le journal, le tournant pour Barack Obama, qui a résolument mis le cap sur le deuxième mandat ». Selon le quotidien algérien, « le coup s’est avéré être un succès spectaculaire. Pour fêter la douleur du dixième anniversaire du 11 septembre, le président Obama a annoncé aux Américains et au monde entier qu’il a tué Ben Laden. Un beau trophée de guerre pour la (re)conquête de la Maison-Blanche ! Mine de rien, le désespéré Obama a pu sortir la tête du désastre de la crise économique. Grâce à Ben Laden, le monde s’est tenu en garde-à-vous devant Obama ».
Toutefois pour El Watan, ses « promesses d’un monde meilleur ne se vérifient pas forcément quatre ans plus tard. Son discours historique du Caire a certes touché les cœurs des Arabes et des musulmans. Mais à l’arrivée, ils ne retiennent que les belles paroles, les formules magiques d’un homme qui sait parler, qui sait respecter ». Le journal poursuit : « Les Palestiniens, à qui il a promis de vivre dans leur Etat indépendant, constatent aujourd’hui le gap qui sépare le discours de la réalité. Bien qu’il ne soit pas le meilleur ami de Netanyahu, Obama n’a tout même rien pu faire pour freiner la machine de guerre israélienne qui s’est acharnée sur Ghaza en 2009… Il n’a pas non plus arrêté la course effrénée à la construction de colonies sauvages sur les terres des Palestiniens ».
« Mais le fait qu’il soit réélu est certainement une très bonne nouvelle pour tout le monde, indique le journal. On sait désormais que le nombre de racistes aux Etats-Unis est nettement inférieur à ce qu’on croyait. Que les Américains partagent majoritairement sa volonté de changer les choses et de rendre son pays plus « humain ». Ils sont aussi conscients qu’il est l’homme qu’il faut pour se départir de cette image détestable de gendarme du monde, qui plus est injuste ». Désormais, selon El Watan, « il reste au président Obama à convaincre le monde, mais surtout les Arabes et les musulmans, qu’ils ne sont pas son passe-temps préféré ». Et à El Watan de conclure : « Barack Obama dispose désormais d’une belle occasion d’entrer dans l’histoire de l’humanité comme le plus puissant pacifique homme au monde. Wait and see. » Une perspective que la presse africaine se chargera de suivre avec attention.

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Foot - Afrique - Ligue des Champions - Public limité au retour

Le stade de Radès, qui accueille le 17 novembre prochain la finale retour de la Ligue des champions africaine entre l'Espérance Tunis et Al-Ahly, sera à moitié vide. Les autorités tunisiennes ont en effet décidé de restreindre l'accès au stade, interdit notamment aux moins de 20 ans, pour des raisons de sécurité. «Nous avons décidé de permettre à 26 000 supporters de l'Espérance et à 1000 supporters d'Al-Ahly d'assister au match au stade afin que le match soit réussi du point de vue de la sécurité», a déclaré à la radio Mosaïque FM le porte-parole de la Sécurité nationale, le commandant Mohamed Ali Aroui. Pour rappel, la capacité totale du stade est de 60 000 places. Pour éviter tout incident, les forces de l'ordre se déploieront autour de l'enceinte 48 heures avant le coup d'envoi.

Depuis que des violences ont éclaté en août dernier, à l'issue de la rencontre entre l'Espérance à l'Etoile sportive du Sahel à Sousse, les matches comptant pour la Ligue des champions et le championnat tunisien se jouaient sans public. Le commandant Aroui a précisé par ailleurs une levée partielle huis-clos pour les rencontres du championnat tunisien. Désormais, les supporters de l'équipe jouant à domicile pourront aller au stade. Lors du match aller, les deux équipes se sont quittées sur un résultat nul (1-1).

Avec AFP

«Afrique & Développement» - L’axe Sud-Sud débattu à Casablanca

«Le développement des relations économiques et commerciales avec l'Afrique, plus qu'un défi, un impératif», Youssef Amrani

La deuxième édition du Forum Afrique-développement, organisée sous le thème quels leviers d'accélération pour la coopération Sud-Sud ? , s'est ouverte jeudi à Casablanca avec la participation d'éminentes personnalités politiques et économiques et d'experts en développement.

Le Forum de deux jours s'inscrit dans une démarche de promotion des investissements et du commerce Sud-Sud. Il vise à offrir plus de visibilité et à identifier les secteurs les plus porteurs sur le Continent.
Maroc-Afrique : Importantes structures de coopération
Pour le Maroc, le développement des relations économiques et commerciales avec l'Afrique, est plus qu'un défi, c'est un impératif , a souligné, jeudi à Casablanca, Youssef Amrani, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.
La mise en place, par le Royaume, d'importantes structures de coopération avec les pays africains pour la réalisation d'actions concrètes illustre la profondeur de cette collaboration, a-t-il souligné à l'ouverture de la 2e édition du Forum international Afrique-développement, initié sous le thème «Quels leviers pour l'accélération de la coopération Sud-Sud ?».
Cette coopération érigée en partenariat agissant, pragmatique et solidaire repose sur certain fondamentaux comme le soutien au développement durable, la valorisation des compétences humaines ou encore l'implication solidaire du secteur privé, a précisé Amrani ajoutant qu'aujourd'hui, il faut aller plus loin et être plus audacieux et plus innovateurs dans la promotion de nouveaux vecteurs de croissance .
Le Maroc dispose de nombreux atouts pour élargir et approfondir ses relations avec l'Afrique, notamment la situation géographique, son identité africaine, la diversification de son économie, la solidité de son système financier et l'adhésion à plusieurs accords de libre-échange sans oublier la position privilégiée de son statut avancé avec l'UE, a-t-il expliqué.
Le Royaume a tissé des relations politiques, économiques et institutionnelles avec un grand nombre de pays africains, entretient des relations de coopération avec 40 pays, régies par un cadre juridique fort de près 500 accords, a rappelé Amrani, soulignant que les programmes de coopération initiés ont connu un élargissement et un dynamisme notable.
Ainsi, a-t-il poursuivi, le Maroc est partenaire à plusieurs projets de développement dans les domaines d'électrification, de gestion des ressources en eau et irrigation, d'infrastructures de base, de santé comme il accueille actuellement plus de 8.000 étudiants, dont 6.500 boursiers, de 42 pays africains.
La présence d'entreprises publiques et de groupements privés dans 25 pays témoigne d'un engagement réel dans les tissus économiques nationaux mais procède d'une conviction, celle que les économies africaines recèlent des potentialités de croissance, a noté Amrani.
Le Maroc accorde un intérêt particulier aux pays africains et place la coopération avec ces derniers parmi ses priorités, a-t-il dit, ajoutant que le royaume est déterminé à explorer, avec ses partenaires africains, toutes les niches pour faire de ce partenariat un modèle de gouvernance rénové, promoteur de croissance et où l'Homme occupe une place centrale .
Initié sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, ce Forum de deux jours connaîtra des rencontres B to B et des panels sur le transport et la logistique et «le financement des échanges commerciaux et des investissements .
Organisé par le groupe Attijariwafa bank, cet évènement sera marqué également par la remise des trophées de la coopération Sud-Sud.

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Afrique: Croissance solide et probable explosion de la consommation d'ici peu

DETTE - nombre de pays du continent ont posé les fondements d'une croissance durable...

La croissance en Afrique repose sur de solides bases, et le secteur de la consommation et des services devrait voir son chiffre d'affaires exploser dans les années à venir, estiment plusieurs études parues récemment.
En réduisant leur dette, en améliorant la gouvernance économique, et en maintenant une stabilité politique, nombre de pays du continent ont posé les fondements d'une croissance durable, note l'Institut pour la finance internationale (IIF) dans sa dernière étude.
Depuis 2007, la croissance économique de l'Afrique sud-saharienne s'est établie à 4,7% par an.
"Après l'Asie émergente, l'Afrique est la région du monde qui a la croissance la plus rapide", constate George Abed, directeur du département Afrique et Moyen-Orient de l'IIF.
"Nombre de pays africains ont fait de gros progrès pour stabiliser leur économie et consolider leur taux de croissance. Ce qui est remarquable, c'est que ce résultat a été acquis dans une période de turbulences financières mondiales sans précédent", ajoute cet expert.
Pour six des pays de la zone --Côte d'Ivoire, Ghana, Kenya, Nigeria, Tanzanie et Zambie--, la dette extérieure totale a été réduite en moyenne de 62% du PIB en 2003 à 17% en 2011.
Selon une autre étude, du cabinet de conseil McKinsey, le chiffre d'affaires des secteurs liés à la consommation et aux services devrait croître en Afrique de 410 milliards de dollars d'ici 2020, soit environ 40%.
La classe moyenne est en expansion rapide dans nombre de grandes métropoles. "D'ici 2020, plus de la moitié des ménages africains devraient avoir des revenus à dépenser, leur nombre augmentant de 85 millions de ménages à presque 130 millions", explique Bill Russo, coauteur de l'étude.
McKinsey note cependant que 81% de la consommation privée s'est concentrée en 2011 seulement sur dix pays des 54 pays du continent: Afrique du Sud, Algérie, Angola, Egypte, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria, Soudan et Tunisie. L'Ethiopie, actuellement 11ème, devrait rapidement rejoindre le peloton de tête.
Dans les pays à l'économie la plus dynamique, les obligations d'Etat sont désormais recherchées par les investisseurs, qui apprécient les rendements plus élevés que dans la plupart des Etats industrialisés.
L'agence Moody's a d'ailleurs pris en compte cette demande nouvelle, en attribuant pour la première fois cette semaine des notes au Nigeria, au Kenya et à la Zambie, d'emblée supérieures aux notes actuelles de la Grèce.
Ces trois pays se sont vu attribuer les notes "Ba3" pour le Nigeria et "B1" pour les deux autres, les perspectives étant stables. Ces notes visent à évaluer le risque de défaut d'un gouvernement sur sa dette, et contribuent à déterminer le coût des emprunts pour ces pays.
"Moody's estime que la croissance du continent va être caractérisée par un recours accru aux capitaux des marchés financiers internationaux", explique Jacques Els, de la branche sud-africaine de Moody's.
Moody's a notamment salué la bonne résistance de l'économie nigériane, grâce à ses ressources pétrolières et son secteur hors énergie relativement développé, tout en déplorant des carences en matières d'infrastructures.
De telles évolutions auraient été impensables encore au début des années 2000, lorsque l'Afrique croulait sous la dette et dépendait pour sa survie de l'aide internationale.
George Abed, de l'IIF, rappelle toutefois les raisons de cette embellie, dans ce qui ressemble aussi à une mise en garde: "Il ne faut pas oublier que les récentes performances remarquables de l'Afrique ont été largement aidées par des annulations massives de dettes, et par un boom des matières premières. A l'avenir, l'environnement mondial ne sera peut-être pas aussi favorable."
La stabilité politique, sur un continent aux nombreux conflits et tensions, sera également un facteur clef de la réussite africaine dans les années à venir.

—© 2012 AFP
http://www.20minutes.fr/economie/1038544-afrique-croissance-solide-probable-explosion-consommation-peu?id=234149

vendredi 2 novembre 2012

Afrique – ONU: l’hypocrisie n’a que trop duré!

Par Adrien POUSSOU - 02/11/2012
«…C’est l’habitude qui les pousse à percevoir les Africains comme d’éternels gamins à qui l’on doit servir la soupe… »
La 67ème Assemblée générale des Nations unies s’est achevée à New-York, aux États-Unis, fin septembre. Une fois de plus, les chevaliers de la vertu, ces marchands de morale qui ont souvent les mains sales, se sont livrés à leurs petits jeux de Torquemada consistant à se donner bonne conscience à peu de frais, en se proclamant porte-étendards du Continent africain. Comme des idiots utiles, ils ont feint de réclamer l’attribution d’un siège de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies à un pays africain. Or aujourd’hui, aucune âme sensée ne saurait être défavorable à un élargissement du nombre de sièges permanents et non permanents au Conseil de sécurité, pour que sa composition reflète les réalités du monde et tienne compte de l’émergence de nouvelles puissances ayant la volonté et la capacité d’assumer des responsabilités importantes. Cette réforme du Conseil de sécurité est un impératif dans le cadre de la réforme des institutions internationales. Elle nécessite un engagement politique des États membres au plus haut niveau. C’est pourquoi, il ne faut surtout pas être dupe de ces numéros de prestidigitation bien rodés et ne pas se laisser berner par ces supposées bonnes intentions envers l’Afrique.
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Adrien POUSSOU Directeur de publication de Afrique Nouvelle
Que ces défenseurs auto-désignés du Continent à la sincérité sujette à caution, aient enfin compris qu’en ce 21e siècle, aucune personne disposant de toutes ses facultés ne saurait, en toute bonne foi, contester ouvertement la nécessité pour certains États africains d’entrer au Conseil de sécurité en tant que membre permanent, chacun veut bien le croire. Qu’ils n’appartiennent pas au troupeau des «dominateurs» adeptes de l’exploitation outrancière et sans contrepartie des ressources du réservoir qu’est l’Afrique, on ne demande qu’à l’établir par des faits.
Néanmoins, si aujourd’hui beaucoup d’Africains comme moi (et je peux citer des exemples à l’appui) sont sceptiques vis-à-vis de la sincérité de leurs démarches, c’est parce qu’il y a déjà longtemps qu’ils ont cédé à une tentation plus perverse que le conservatisme et plus répandue, parmi les Nations dites évoluées, que la condescendance: l’habitude. C’est grâce à l’habitude qu’ils nous servent au fil des années, ce même refrain irrévocablement désuet. En tout état de cause et à tout bien considéré, c’est l’habitude qui les pousse à percevoir les Africains comme d’éternels gamins à qui l’on doit servir la soupe, cinquante ans après les indépendances.
C’est en partie pour cela que depuis quelques années, certains pays africains exigent, à juste titre d’ailleurs, avec une rare fermeté, le départ des missions de maintien de la paix de l’ONU, présentes sur leur territoire, parlant d’un constat d’échec. Ce fut le cas en janvier 2010, où le chef de l’État tchadien, Idriss Déby Itno, ne s’était pas encombré de fioritures pour exiger et finalement obtenir après maintes tergiversations du Conseil de sécurité et de multiples pressions, le départ des troupes de la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat) à la date d’expiration de leur mandat. Pourtant à l’époque, la Minurcat n’était présente sur son territoire que depuis seulement un an. «À mi-parcours, la Minurcat n’est pas opérationnelle, et ne le sera pas, même si on lui donnait encore un an», disait-il avec une pointe de déception. Tout comme lui, son homologue Joseph Kabila, le président de la République démocratique du Congo (RDC), n’y était pas allé, lui non plus, avec le dos de la cuillère. Par la voix de son ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, la RDC affirmait que le «bilan de la Monuc Mission des Nations unies au Congo, NDLR «par rapport à l’exploitation illicite des ressources naturelles de la RDC n’a guère été brillant» et que «l’absence d’un plan de réforme du système de sécurité démontre que face à ces défis, la présence de la Monuc n’aura pas été la panacée». Plus grave, le pays pointait les dysfonctionnements de coopération entre la Monuc et le gouvernement avec comme conséquence d’«impacter négativement les opérations d’éradication des groupes armés qui perturbent la gestion des défis humanitaires que la guerre a engendrés».
La Une du numéro de novembre en kiosque dès le 5 novembre 2012
Devant ce constat d’échec, l’impératif serait de demander que le Conseil de sécurité s’adapte aux réalités du 21e siècle. Il doit demeurer l’organe de décision responsable «du maintien de la paix et de la sécurité internationales» et doit «assurer l’action rapide et efficace de l’Organisation», conformément à la Charte des Nations Unies. Il doit mieux représenter le monde d’aujourd’hui tout en restant capable de prendre les mesures nécessaires face aux problèmes de sécurité qui se posent à notre planète.
Cependant, dans sa forme actuelle, le Conseil de sécurité des Nations unies composé de cinq membres permanents (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) et de dix non permanents élus pour deux ans n’a été réformé qu’une fois en 1963, lorsque quatre nouveaux sièges non permanents ont été créés. La réforme du Conseil nécessite l’accord d’au moins les deux tiers des États membres de l’ONU et celui de tous les membres permanents, qui disposent du droit de veto (cf. article 108 de la Charte). Cette procédure, très contraignante, nécessite de définir une réforme qui puisse recueillir le soutien d’une vaste majorité des États membres. C’est l’une des raisons, si ce n’est la principale, des nombreux échecs de plusieurs tentatives de réforme initiées ces dernières années et qui peuvent être répertoriées ainsi :
Après une première proposition par le président de l’Assemblée générale en 1997, le «rapport des sages» de 2004 rapport Panyarachun, NDLR  demandé par Kofi Annan, alors Secrétaire général des Nations unies, proposait des solutions pour un Conseil élargi à 24 membres. Le G4 (Inde, Brésil, Japon et Allemagne) a également fait une tentative en 2005 qui n’a pas abouti. Il proposait la création de 6 nouveaux sièges permanents (les 4 membres du G4 et 2 pays africains) sans droit de veto et de 4 nouveaux non permanents. Cette proposition a rencontré l’opposition de deux groupes numériquement importants:
— les pays rassemblés au sein du groupe «Uni pour le consensus» derrière l’Italie, l’Argentine, le Pakistan et le Mexique, plaident pour un élargissement uniquement dans la catégorie des membres non permanents. Ils ont ainsi proposé 10 nouveaux non permanents;
— l’ensemble des pays africains s’est rassemblé derrière «le consensus d’Ezulwini», proposition qui demande deux sièges permanents avec droit de veto et deux sièges non permanents supplémentaires pour l’Afrique (l’Afrique en détenant trois actuellement).
Depuis, on tourne en rond. De promesses en vœux pieux, aucun espoir à l’horizon. Reconnaissons avec gravité et, convenons-en, avec une infinie déception : les pays dits développés qui se sont octroyés des privilèges au moment de la création de l’ONU, n’entendent en rien amoindrir leur domination sur le monde. Ils veulent continuer à semer des troubles impunément, à créer le désordre partout afin de rester les maîtres incontestés de l’univers, tout en continuant avec cynisme à jurer, la main sur le cœur, que l’Afrique doit avoir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. En somme, une hypocrisie qui n’a que trop duré.

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Santé en Afrique : Awa Marie Coll Seck prône un financement local pérenne et régulier

Written by Ama
Le financement local est la meilleure manière de régler les problèmes de santé en Afrique. Pour ce faire, les pays africains doivent revoir leur système de santé, renforcer la gouvernance, mais aussi et surtout orienter les budgets vers la satisfaction des besoins des populations. Telle est la conviction du ministre de la Santé et de l’Action sociale, Awa Marie Coll Seck. Elle animait, mercredi dernier, une conférence sur les défis de santé en Afrique dans le cadre du colloque international de l’Académie des sciences.

En matière de santé, l’Afrique est véritablement à la traîne. Quelques chiffres pour l’illustrer : avec 11 % de la population mondiale, le continent enregistre 49 % des décès maternels, 50 % des décès des enfants de moins de 5 ans et 67 % des cas de Vih/Sida. En 2011, l’espérance de vie ne dépassait pas 56 ans au moment où, dans les pays du Nord, ce chiffre monte jusqu’à 78 ou 80 ans. Ces statistiques alarmantes ont été données par le Pr. Awa Marie Coll Seck, ministre de la Santé et de l’Action sociale, membre de l’Académie des sciences et technique.
Malgré tout, elle a estimé que, dans l’ensemble, « les populations africaines sont en meilleure santé, même si c’est encore précaire. Car elles vivent plus longtemps qu’en 1990, année de référence des Objectifs du millénaire pour le développement ; l’expérience de vie étant passée de 52 ans à 56 ans en 2011 ». Les causes de ce faible chiffre sont imputables, selon elle, aux nombreux problèmes de santé dans les pays africains, notamment la mortalité infanto-juvénile. « Bien que des progrès aient été réalisés dans les pays africains, seul un nombre limité parmi eux sont en bonne voie pour atteindre les Omd à l’horizon 2015 », a noté Mme Seck. En effet, en Afrique, les écueils pour un système de santé performant ont pour noms insuffisance des ressources allouées à la santé, difficultés d’accès aux services de santé de qualité, aux médicaments et autres produits essentiels, faiblesse du plateau technique et des structures de références, surendettement des hôpitaux de référence, insuffisance du personnel de santé, problèmes de gouvernance, insuffisance de la coordination et de l’harmonisation des interventions des différents acteurs, déficit dans l’encadrement et la capitalisation de l’offre sanitaire privée, faible impulsion de la collaboration multisectorielle et du partenariat… « Ce sont là des défis que les pays africains doivent relever pour pouvoir disposer d’un bon système de santé », a dit le ministre.
Insuffisance des ressources
Mais, de toutes ces questions, celle qui constitue la priorité des priorités à ses yeux, c’est bien l’insuffisance des ressources financières. Pour Awa Marie Coll Seck, le financement des investissements dans la santé demeure un défi majeur, en dépit de tous les engagements de la plupart des gouvernements africains de consacrer 15 % de leur budget à la santé lors de la déclaration d’Abuja en 2001. « Aujourd’hui, seuls deux pays atteignent ce taux. La plupart des pays tournent autour de 10 %, certains sont encore autour de 5 %. Comment voulez vous qu’il y ait une bonne santé des populations ? La santé a un coût », a martelé le ministre. A l’en croire, ces éléments montrent que, au plan financier, les problèmes de santé n’ont pas été bien pris en compte de la manière la plus adéquate possible dans les politiques de gouvernement des pays africains.
Aussi, reste-t-elle persuadée qu’il est important d’assurer la pérennité et la régularité du financement de la santé. Partant de là, Awa Marie Coll Seck juge que la meilleure manière de régler les problèmes de santé dans le continent africain, c’est d’avoir un financement local. « On ne doit pas tout attendre de l’extérieur. Nos pays doivent améliorer impérativement leur système de santé, renforcer leur gouvernance, mais aussi et surtout orienter leur budget vers la satisfaction des besoins des populations », a estimé le ministre.
Couverture médicale
Concernant le Sénégal, dans la perspective de prendre en compte ces différents défis, Mme Awa Marie Coll Seck a rappelé que son département a lancé, en septembre dernier, une concertation nationale qui va s’atteler à identifier les réformes à entreprendre dans le secteur de la santé et de l’action sociale pour renforcer, de manière durable, l’accès aux services de santé de qualité et à la prévention, dans un contexte de gouvernance améliorée et de gestion axée sur les résultats. Mieux, elle a annoncé que le gouvernement du Sénégal, conscient que le défaut d’équité dans l’accès aux soins contribue grandement à l’inefficacité du secteur de la santé, a adopté une politique de couverture médicale universelle et s’est organisé pour son application réussie au profit de toutes les populations. A ce propos, le Sénégal veut suivre les traces du Rwanda. « L’expérience du Rwanda, où le taux de couverture est de 91 %, dont 86 % sont assurés par les mutuelles de santé, constitue un encouragement pour le Sénégal, qui n’est qu’à 26 % de taux de couverture médicale. On a un long chemin à parcourir, mais la volonté politique est là, et c’est l’une des options fondamentales si nous voulons permettre aux populations d’avoir accès aux soins », a affirmé le ministre.
Esperance de vie : Le Sénégal dépasse la moyenne africaine
Au Sénégal, l’espérance de vie dépasse celle de la moyenne africaine. Elle est de 59 ans contre 56 en Afrique. La révélation est du ministre de la Santé et de l’Action sociale. « Dans notre pays, celle-ci est de 59 ans contre une moyenne africaine de 56 ans. Bientôt, on peut arriver à 60 ans », a dit le Pr. Awa Marie Coll Seck.

Elhadji Ibrahima THIAM
Le Soleil Online ©

Hollande : De la Françafrique à la France-Afrique ?

vendredi 2 novembre 2012 / par notre partenaire Un Monde Libre

Le sommet de la francophonie tenu à Kinshasa en République Démocratique du Congo était à coup sûr, une rencontre dépassant le simple cadre des discussions autour de la langue de Molière. Le président français, par le truchement de ses déclarations et actes symboliques posés lors de ce sommet, a voulu signifier l’effectivité de la fin des relations opaques entre la France et certains États africains. Pour l’actuel président français, « le temps de la Françafrique est révolu… ». Il faut maintenant faire place au partenariat entre États souverains. Cette déclaration peut elle sonner réellement le glas de la Françafrique ?

Le sommet de la francophonie tenu à Kinshasa en République Démocratique du Congo était à coup sûr, une rencontre dépassant le simple cadre des discussions autour de la langue de Molière. Le président français, par le truchement de ses déclarations et actes symboliques posés lors de ce sommet, a voulu signifier l’effectivité de la fin des relations opaques entre la France et certains États africains. Pour l’actuel président français, « le temps de la Françafrique est révolu… » (1). Il faut maintenant faire place au partenariat entre États souverains. Cette déclaration peut elle sonner réellement le glas de la Françafrique ?
Le sommet de la francophonie a assurément fait bouger certaines représentations autour de la Françafrique. Du coté de la France, la teneur du discours tenu par François Hollande à son escale à Dakar, où il a été affirmé solennellement la fin de la Françafrique, s’inscrivait en droite ligne des déclarations faites antérieurement par le président français sur la situation, jugée inadmissible (2), des droits de l’Homme en République Démocratique du Congo. Le retard du président français, contraignant le président de la RDC, son épouse et le Secrétaire Général de l’OIF (organisation internationale de la francophonie) à patienter près de 40 minutes, a été interprété comme un signe manifeste de critique. Enfin, dernier symbole de « rupture » : le ton du discours du président français en RDC, qui a établi un lien direct entre « parler français » et « parler droits de l’Homme », doublé de l’oubli, lors de son allocution, de remercier le président de la RDC, hôte du sommet de la francophonie, tel que l’exige les usages diplomatiques et bien sûr « françafricains ».
Un accueil presque banal réservé au président français
Du coté du président Kabila, c’est un accueil presque banal qui a été réservé au président français : le chef de l’État Congolais ne s’est pas déplacé à l’aéroport pour accueillir la première autorité de France, comme le veulent les usages diplomatiques et « françafricains ». Ce rôle a été dévolu au premier ministre congolais, quatrième personnalité du pays. En outre, le président Kabila n’a pas manqué de rappeler lors de son allocution, le principe de l’égalité souveraine qui fonde les relations entre les États membres de l’OIF.
Manifestement, les symboles de rupture des usages françafricains étaient bien là. Cependant, cette volonté affichée de mettre fin à la Françafrique est contrecarrée par la subsistance des liens étroits qui unissent la France et certains États africains à travers le franc FCFA et les accords de défense entre autres, qui font qu’au-delà du symbolique qui vient d’être altérée, il reste une partie invisible de l’iceberg qui conditionne bien souvent les rapports entre les deux parties.
En effet, comment peut-on concevoir l’égalité souveraine ou imaginer un réel partenariat entre les États, lorsque l’un d’eux exerce à travers la monnaie un certain contrôle sur les économies des autres ? Le franc CFA, monnaie, qui a survécu à la colonisation, permet à la France d’exercer à travers deux règles principales, un contrôle sur les économies des États de la zone C.F.A. Il s’agit d’abord de la stabilité du taux de change entre le franc CFA et le franc français devenu euro. Ensuite, de la garantie, par la Banque centrale de France, de la convertibilité illimitée du franc CFA en échange du dépôt sur les comptes du trésor français de la moitié des réserves de change. Ce qui fait alors les affaires non seulement des États africains mais aussi de la France qui peut influencer par là les politiques économiques des États de la zone FCFA.
Mesures « répressives » de la France
Il en est ainsi par exemple de la décision de dévaluation (3) du FCFA prise en 1994 par la France considérant que celle-ci était comme la meilleure option pour le développement de ces pays. Ce système qui perdure est, selon le professeur Mamadou Koulibaly, entretenu par l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, et la France n’hésite pas à utiliser des mesures répressives pour couper les possibles désirs d’émancipation. Il remarque à ce propos que « nous avons été témoins de mesures répressives visant à couper court à toute velléité d’émancipation du système : la protection des intérêts français a engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire, auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sénégal (4) ».
L’autre aspect invisible de l’iceberg de la Françafrique, réside au niveau des accords de défense et des intérêts économiques des entreprises françaises en Afrique. Considérés comme levier d’impulsion et de protection de la Françafrique aux lendemains des indépendances, les accords de défense truffés de clauses secrètes, et les contrats économiques d’exclusivité permettaient de maintenir une certaine élite africaine au pouvoir. Jugés dépassés pour ce qui est des accords de défense, leurs renégociations à partir de 2009 a laissé penser que l’opacité qui entourait ceux-ci serait levée par leurs publications comme promis par les différentes parties. Il n’en est rien pour l’instant. Pour ce qui est des contrats d’exclusivité économiques dont certains étaient garantis par les accords de défense, on continue d’observer une subsistance du monopole de certaines entreprises. Ces monopoles favorisent à bien des égards des relations économiques de « copinage » dont une partie importante est placée sous le sceau de l’opacité.
La volonté affichée de mettre fin à la Francafrique véritable nébuleuse dont tout le monde admet l’existence, mais ne saurait exactement cerner la forme et le contenu, ne peut se limiter au niveau du symbolique. Il faut au-delà, repenser les courroies matérielles par lesquelles la « relation spéciale » transite.

(1) Extrait du discours du président français tenu à Dakar le 12 octobre 2012 ; (2) Conférence de presse du président français tenu le 09 octobre 2012 ; (3) Déclaration d’Edouard Balladur in Jeune Afrique économie n°178 d’Avril 1994 ; (4) Interview du professeur Mamadou Koulibaly in http://www.africa-humanvoice.org/af... consulté le 16 octobre 2012

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Slow Food : Jardins en Afrique

Durant son Salon du Goût à Turin, l'organisme international Slow Food a présenté l'un de ses projets-phares, "Mille jardins en Afrique". En plein cœur de la grande halle "Terra madre", qui réunissait plus de 400 petits producteurs et artisans du monde entier, les organisateurs ont installé un potager de 400 m2, alignant des dizaines de variétés de plantes originaires d'Afrique. Les graines, fournies par les paysans africains, ont été semées et cultivées sur les terres piémontaises dès janvier, avant d'être transplantées sous la verrière du centre des expositions Lingotto Fiere, pour le Salon. Les quelque 220 000 visiteurs ont ainsi pu découvrir des légumes, fruits ou herbes inconnus en Europe, témoignant de la fantastique biodiversité du continent africain.

Lancé en 2010, le projet "Mille jardins" a pour mission d'aider à l'implantation et au développement de jardins potagers au sein des communautés africaines. Créés sur des terrains communautaires, exploitations existantes ou terres abandonnées, en zones rurales et en zones urbaines, ces jardins sont cultivés par les paysans locaux, renouant avec leurs cultures agricoles traditionnelles. Les objectifs finaux : promouvoir l'indépendance et la souveraineté alimentaire de chaque communauté, entretenir la biodiversité et les variétés locales, enseigner et développer des méthodes de cultures durables. A l'heure actuelle, 800 jardins ont vu le jour dans 25 pays différents, du Kenya (200 jardins) à l'Ethiopie (35), en passant par le Maroc (20), le Sénégal (40), le Sierra Leone (60) ou la Guinée Bissau (60).

Camille Labro www.slowfood.com
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Les soeurs Williams au Nigeria, avant de se rendre en Afrique du Sud

La championne américaine de tennis Serena Williams a déclaré mercredi au début d'une visite au Nigeria avec sa soeur ainée Venus, qu'elle espérait que cette visite encourage les athlètes africains à se battre pour atteindre l'excellence dans leur sport.

La championne américaine de tennis Serena Williams a déclaré mercredi au début d'une visite au Nigeria avec sa soeur aînée Venus, qu'elle espérait que cette visite encourage les athlètes africains à se battre pour atteindre l'excellence dans leur sport.
Les soeurs Williams, qui se partagent pas moins de 22 titres individuels en tournois du Grand Chelem, se trouvent au Nigeria avant de se rendre en Afrique du Sud vendredi dans une tournée destinée à promouvoir les droits des femmes.
"Nous aimerions infiniment voir plus d'athlètes venus d'Afrique", a déclaré Serena aux journalistes.
"Nous avons été capable de rompre avec la tradition dans un sport qui étaient vraiment dominé par les blancs et le fait qu'une personne de couleur puisse arriver et dominer (les tournois) montre que cela n'a pas d'importance, le milieu dont vous êtes issu et l'endroit d'où vous venez," a encore affirmé Serena, elle qui venait d'un quartier défavorisé de Los Angeles.
Serena, 31 ans, s'était déjà rendue dans d'autres pays africains auparavant, tandis que Vénus, 32 ans, découvrait le continent mardi.
"J'avais toujours voulu venir", a déclaré l'aînée des soeurs Williams, ajoutant qu'elle s'attendait à poursuivre des voyages dans les pays où la compétition en athlétisme n'est pas le principal centre d'intérêt.
"Quand vous vieillissez un peu, vous commencer à vous rendre compte que vous voulez aider d'autres gens et que c'est plus important que les autres rêves que vous pouviez avoir", a-t-elle assuré.
Les deux soeurs ont commencé la journée par une rencontre avec le gouverneur de l'Etat de Lagos Babatunde Fashola et se sont rendues dans un centre médical spécialisé pour le tennis du sélect Ikoyi Club, où elles ont enseigné à un groupe d'élèves quelques bases du tennis.
Un jeune se tenait immobile les jambes écartés pendant que Venus donnait des indications sur le maintien de la raquette, tandis qu'un autre disait qu'il se sentait plus sûr au fur et à mesure de la leçon.
"Quand j'ai joué avec elles je me suis senti d'abord nerveux de jouer avec l'une des meilleures (joueuse) du monde", a confié Akinola Ogunleye, 8 ans. "Puis je me suis habitué (...) Si elles peuvent faire ça, pourquoi pas moi?", a-t-il ajouté.
Serena et Venus se rendront jeudi dans un cours donné à des jeunes filles sur la puberté et joueront vendredi un match en public l'une contre l'autre avant de partir pour l'Afrique du Sud.
Venus espère aussi que ce voyage pour aider les femmes et les filles africaines l'aidera elle aussi.
"Nous avons hâte d'être stimulées par les jeunes femmes du Nigeria et de les stimuler en retour. C'est un échange. Nous pouvons tant apprendre les uns des autres", a-t-elle dit au gouverneur.
Les quelque 80 millions de femmes du pays le plus peuplé d'Afrique affrontent les inégalités les plus fortes au monde, surtout dans le Nord à majorité musulmane.
Le Nigeria est classé au 118e rang sur 134 pays référencés dans l'indice d'inégalité entre hommes et femmes, notamment du fait de la situation dans le Nord, selon une étude britannique publiée en mai.
Le match de vendredi devait être juste un gala de charité, mais Venus a voulu jouer devant un public africain.
"Nous sommes enthousiasmées de jouer au tennis ici", a-t-elle dit, "je ne sais pas qui va gagner, mais je sais que ce sera un grand match".
Depuis 1970, environ un million de Nigérians ont émigré aux Etats-Unis où ils sont la plus grande communauté africaine.

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  • L'Afrique du Sud en crise

    Par Jean-Jules Lema Landu. Journaliste congolais, réfugié en France

    La grève des mineurs de platine, en août, à Marikana, et la tuerie qui s'ensuivit, sont révélateurs d'une crise multiforme que traverse l'Afrique du Sud : racisme, inégalités, corruption, chômage, violence...
    Vue de l'extérieur, l'Afrique du Sud est un grand pays, où l'apartheid a été aboli, et dont le sous-sol regorge de différents minerais. Un pays avec des grandes villes lumineuses comme Johannesburg ou Pretoria, qui fait partie des cinq pays émergents, désignés sous l'acronyme anglais de « Brics » (Brésil, Russie, Inde Chine et Afrique du Sud). L'organisation réussie de la Coupe du monde de football, en 2010, a renforcé cette image.
    À y regarder de près, la « nation arc-en-ciel », chère à Nelson Mandela, où Noirs, Blancs, Indiens et métis (quelque 50 millions d'âmes) devraient vivre autour d'une vision commune, peine à se mettre en place. Les relations entre Noirs et Blancs sont toujours tendues. Chantre de l'extrémisme anti-blanc, aujourd'hui en disgrâce, Julius Malema prêche pour une Afrique du Sud débarrassée des Blancs : « Kill the Boers » (Tuez les Blancs), tel est son cri de guerre. Un appel public au meurtre, toléré par le pouvoir ! Depuis 1995, 3 300 Blancs ont été assassinés.
    En réaction, les extrémistes blancs, qui, depuis l'abolition de l'apartheid, n'ont eu de cesse de revendiquer une « république autonome blanche », s'organisent en groupuscules. Ils créent des « enclaves blanches » : Oranjeville, Ellisras, Orania... où ils pratiquent l'autogestion tout en y préparant des adolescents afrikaners à la guerre contre les Noirs. Une sédition, en règle, elle aussi tolérée par le pouvoir.
    La grève des mineurs de platine ne participe pas moins de cette logique de clivage, car elle a mis en relief le fossé entre riches et pauvres. Les riches, c'est cette élite noire, composée d'une poignée d'hommes et de femmes, enrichis par le népotisme et la corruption. Les riches, ce sont également les Blancs. Le butin de la corruption est évalué à 3 milliards d'euros par an, que se partage l'élite noire, tandis que le revenu mensuel moyen des Blancs, entre 1995 et 2009, a bondi de 83,5 %, soit de 408 € à 750 €. Les pauvres, ce sont les masses laborieuses, 50 % des Noirs, qui vivent avec moins de 40 €, par mois.
    La grève de Marikana, c'est aussi une piqûre de rappel faite au gouvernement pour l'amener à entreprendre la réforme agraire souhaitée, du fait que la minorité blanche continue d'exploiter 80 % des terres arables aux dépens de la majorité noire.
    Cette grève révèle également le chômage des jeunes, que l'on qualifie de « péril jeune ». Il touche plus de 45 % des moins de 30 ans.
    Bref, l'Afrique du Sud se porte mal. Le rêve de vivre-ensemble cultivé par Nelson Mandela semble brisé. Le racisme doit être le premier mal à guérir.

    Par Jean-Jules Lema Landu
    ouest-france.fr

    Mauritanie: L'opposition descend dans la rue

    (20 minutes 02/11/2012)

    Les dirigeants de l'opposition mauritanienne se sont rassemblés jeudi dans les rues de la capitale Nouakchott pour appeler l'armée à rester à l'écart de la politique, et réclamer des informations sur la santé du président Mohamed Ould Abdel Aziz.
    Le président mauritanien, âgé de 55 ans, a été hospitalisé en France le 14 octobre après avoir essuyé des coups de feu, selon la thèse officielle mauritanienne, tirés par des militaires de façon accidentelle sur son véhicule près de Nouakchott. Il a quitté l'hôpital militaire de Percy-Clamart la semaine dernière, où il était soigné pour une blessure par balle, mais n'est pas revenu en Mauritanie et n'a fait aucune apparition publique depuis, suscitant des rumeurs sur son état de santé.
    «Qui dirige le pays quand le président n'est pas là?»
    Plusieurs milliers de partisans de l'opposition se sont rassemblés jeudi à Nouakchott pour réclamer plus de transparence de la part des autorités sur la santé du président et sur les circonstances des tirs qui l'ont blessé. «Les soldats ont gardé le pouvoir pendant plus de 40 ans et ce n'est pas qu'une coïncidence aujourd'hui si tout le monde pense que c'est le chef d'état-major qui a le pouvoir», a déclaré Khadiata Malik Diallo, vice-présidente du parti de l'opposition UFP. «Nous ne voulons pas que les soldats interfèrent plus longtemps dans la politique, que ce soit de manière ouverte ou pas», a-t-elle ajouté.
    Les rumeurs vont bon train depuis l'incident dont a été victime le président. Beaucoup de Mauritaniens remettent en question la version des événements par le gouvernement et redoutent que l'armée ne se déploie dans la capitale. Le président n'a pas fait sa traditionnelle apparition à la télévision le week-end dernier à l'occasion de la fête de Tabaski (Aïd el Kébir). «Qui dirige le pays quand le président n'est pas là? Est-ce que c'est l'armée, les hommes d'affaires ou le Premier ministre? Aucun d'entre eux n'est autorisé à le faire en vertu de notre constitution», s'interroge Hamoud, qui participait jeudi au rassemblement de l'opposition. «Et que se passera-t-il si Al-Qaida fait une autre incursion en Mauritanie?», a-t-il ajouté.

    Avec Reuters
    Mis à jour le 02.11.12 à 08h21
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    HORS CADRE

    VIDEO. Elections américaines: les larmes de "Bronco Bamma girl"


    Par Marie Simon avec AFP, Les Américains l'ont baptisée "Bronco Bamma girl". La petite Abigael, 4 ans, n'en peut plus de l'élection présidentielle américaine et du duel entre Barack Obama et Mitt Romney. Sur Youtube, ses larmes font sensation.
    Envoyer par email "J'en ai marre de Bronco Bamma et Mitt Romney". La petite Abigael, 4 ans, n'en peut plus de l'élection présidentielle américaine. Ses larmes ont été filmées par sa mère qui a posté la vidéo sur Youtube mercredi. Depuis, quelque 3,2 millions de personnes ont été attendries par les yeux rougis de la petite "Bronco Bamma girl" dont la lassitude fait écho à celle d'un pays entier. Sa maman tente de la rassurer: "Ca va bientôt être terminé, d'accord. L'élection va bientôt être finie." Dans quatre jours plus précisément, quatre jours de marathon médiatique pour les deux candidats à la Maison-Blanche.

    En attendant, "Bronco Bamma girl" fait sensation sur Internet. Sur Twitter, les "Je vote pour Bronco Bamma girl" ou "Bronco Bamma girl présidente" se multiplient... "Sommes-nous tous des "Bronco Bamma girl, tellement lassés par cette campagne qu'on pourrait en pleurer?", se demande un journaliste de The Christian Science Monitor dans un billet. Mother Jones la surnomme "l'âme de la nation" et en profite pour s'étonner pour ces larmes non-partisanes: "D'ordinaire, Mitt Romney a le monopole pour faire pleurer les petits", note le magazine de gauche.
    Après enquête, il s'est avéré que la petite fille qui vit dans le Colorado avait entendu dans la voiture une émission de NPR, la radio publique américaine. Radio qui a présenté ses excuses pour avoir suscité une telle réaction. "Au nom de NPR et de tous les autres médias, nous présentons nos excuses à Abigael (...). Nous devons le reconnaître, la campagne a été longue pour nous aussi. Disons-nous seulement 'plus que quelques jours, plus que quelques jours, plus que quelques jours'", a écrit Mark Memmott, médiateur de la radio, sur le blog de NPR. Il a aussi posté une photo montrant la petite fille très souriante.
    Encore un peu de patience, petite Abi, c'est bientôt fini!

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    Khartoum rejette la décision américaine de renouveler les sanctions contre le Soudan

    (Xinhuanet 02/11/2012)

    KHARTOUM -- Le gouvernement du Soudan a rejeté jeudi la décision du président américain Barack Obama de renouveler les sanctions américaines imposées au Soudan depuis novembre 1997.
    "Le gouvernement soudanais répète son refus ferme du renouvellement de ces sanctions et condamne, dans les termes les plus forts possibles, le comportement de l'administration américaine et ses doubles standards," a indiqué le ministère soudanais des Affaires étrangères dans un communiqué dont Xinhua a obtenu copie.
    Le Soudan déclare son adhérence à l'indépendance de la décision nationale et le droit du peuple soudanais d'être libre et indépendant, sans craindre le moindre parti, note le communiqué.
    "Les sanctions imposées par l'administration américaine étaient des sanctions politiques qui cherchaient à nuire aux besoins vitaux du peuple soudanais et à leurs aspirations de développement et de paix."
    Le communiqué ajoute que les sanctions américaines répondaient toujours aux besoins des groupes armés, dans l'espoir d'augmenter la pression sur le gouvernement soudanais pour le voir faire des concessions sur ses positions politiques, notamment celles qui concernent les projets d'hégémonie américaine dans la région.
    Le ministère soudanais des Affaires étrangères a soutenu que les sanctions économiques étaient des façons d'exercer une coercition politique et économique, ce qui constitue une violation évidente des principes et de la Charte des Nations unies ainsi que des lois et accords internationaux qui définissent les relations commerciales, économiques et financières entre les Etats. Ainsi, ces sanctions affectent le mouvement et le flux du commerce international de façon négative, déclare le communiqué.
    Le communiqué critique Washington pour ne pas avoir rempli ses obligations à l'égard du Soudan, affirmant que "l'administration américaine a avoué plus d'une fois que le Soudan avait honoré ses engagements," et notant que les Etats-Unis n'avaient pas tenu leurs promesses de lever ces sanctions.
    M. Obama a décidé mardi de renouveler les lois d'urgence nationale concernant le Soudan pour une autre année ainsi que les sanctions imposées à Khartoum.
    Dans une lettre adressée au Congrès américain, M. Obama a affirmé que les actions et les politiques du Soudan s'opposaient aux intérêts des Etats-Unis et posaient une menace continue, inhabituelle et extraordinaire à la politique étrangère des Etats-Unis.

    © Copyright Xinhuanet

    Libye : le Parlement pris d'assaut

    (BBC Afrique 02/11/2012)

    Des dizaines d'hommes armés ont occupé le Parlement libyen pour exprimer leur colère à la suite de la formation du nouveau gouvernement.Ils souhaitent que des ministres, qui ont collaboré avec l’ancien régime dirigé par Mouammar Kadhafi soient, démis de leur fonction.
    Au moins une douzaine de camions sur lesquels on pouvait apercevoir des canons antiaériens étaient visibles sur l’artère principale qui jouxte le Parlement.
    Le Premier ministre Ali Zeidan a, pourtant, obtenu le soutien du Congrès national pour le choix de ses hommes.
    Dans une démarche consensuelle, sa liste comprend une trentaine de ministres dont des libéraux et des islamistes mais les négociations ayant abouti à la mise en place du gouvernement ont été plutôt ardues.
    En procédant à ses nominations, M. Zeidan a souligné qu'il avait essayé de trouver un équilibre entre les différentes régions de la Libye.
    Selon la correspondante de la BBC à Tripoli, certains manifestants sont vêtus de treillis militaires, d'autres en civil.
    Ils sont, pour la plupart, venus de l'ouest de la ville de Misrata et de Tripoli.
    Des éléments de la Garde présidentielle sont postés devant le complexe abritant le Congrès mais ils auraient reçu l'ordre de ne pas tirer sur les manifestants.
    Certains d’entre eux auraient entamé des négociations avec les autorités pour dénouer la crise.
    Ce n’est pas la première fois que des manifestants envahissent le Parlement ou le siège du gouvernement.
    Des Libyens mécontents de la composition du gouvernement de transition annoncée par l'ancien Premier ministre, Moustafa Abouchagour, avaient fait irruption récemment dans l'enceinte du Parlement à Tripoli.
    D’autres, qui affirment qu'ils avaient apporté une contribution immense à la lutte contre le régime de Kadhafi et que leurs intérêts n'étaient pas représentés avaient aussi agi de la même manière.

    © Copyright BBC Afrique

    Côte d'Ivoire: à quoi jouent les pro-Gbagbo?

    (L'Express 02/11/2012)

    Selon un rapport de l'ONU, les fidèles de l'ex-président tentent de sceller une alliance avec les islamistes maliens afin de fragiliser Alassane Ouattara. Mais nombre de doutes subsistent.
    Des adeptes en exil de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo ont-ils noué des liens au Mali avec le groupe islamiste Ansar ed-Dine? Un rapport rendu public le 17 octobre par les Nations unies l'affirme, évoquant aussi des contacts avec l'ex-junte malienne du capitaine Amadou Sanogo. Objectif, selon ce document, oeuvre de cinq experts chargés de la surveillance de l'embargo sur les armes en vigueur en Côte d'Ivoire depuis 2004: sceller une alliance -si paradoxale soit-elle- vouée à déstabiliser le chef d'Etat ivoirien, Alassane Ouattara. Cette "révélation" a déclenché d'intenses polémiques à Abidjan, où les tensions, rançons de la crise postélectorale de 2010-2011, demeurent vivaces.
    Les "pro-Gbagbo" mis en cause dénoncent une manipulation destinée à les diaboliser. Dans le camp du pouvoir, on estime, au contraire, que le rapport confirme la "duplicité des partisans de l'ex-président". "Pendant qu'ils prônent le jour le dialogue, ils s'allient la nuit aux extrémistes de tous bords", accuse un ouattariste.
    Info ou intox? Que des fidèles de Gbagbo, en détention provisoire à La Haye depuis un an, brûlent d'en découdre n'a rien d'invraisemblable ; beaucoup, parmi les milliers de ses partisans civils et militaires réfugiés à l'étranger, rêvent de revanche. Mais il leur faut, pour orchestrer une illusoire reconquête, bases arrière et armements. Pas facile dans une région pour l'essentiel "loyaliste", même si la frange frontalière du Liberia voisin constitue un foyer d'insécurité chronique. Composante de la nébuleuse djihadiste qui asservit le nord du Mali, Ansar ed-Dine peut apparaître dès lors comme un précieux partenaire.
    Des pièces gênantes aussi pour le pouvoir
    Pour autant, deux facteurs au moins rendent cette association improbable. La faction islamiste passe pour bénéficier de la bienveillance du Burkina Faso, qui fut l'un des acteurs majeurs de la chute de Gbagbo. De même, comment imaginer un pacte entre les salafistes d'Ansar ed-Dine, avocats d'une application rigoriste de la charia, et les "gbagbophiles" expatriés, acquis pour la plupart au courant protestant évangélique? Le rapport, qui sera soumis au Conseil de sécurité à la fin de ce mois, ne permet pas de trancher. Non sourcé, il pâtit de son imprécision. Il y est ainsi question, sans plus de détails, d'une réunion qui se serait tenue fin juin "à la frontière de la Mauritanie et du Sénégal" entre un pro-Gbagbo et un "responsable d'Ansar ed-Dine".
    A New York même, des cadres onusiens vont jusqu'à évoquer un "montage" visant à accabler les partisans du captif de La Haye. "La principale source d'informations des auteurs, avance l'un d'eux, est la DST [Direction de la surveillance du territoire] ivoirienne. On peut se demander s'ils n'ont pas été manipulés."
    Une certitude: le texte controversé apporte de l'eau au moulin des autorités nouvelles. Lesquelles accusent depuis plusieurs mois l'arrière-garde du régime déchu de comploter contre Ouattara et lui imputent les mystérieuses attaques surprises visant depuis l'été des sites militaires ou des infrastructures civiles. Cependant, le rapport livre aussi des pièces gênantes pour le pouvoir, telles ces factures attestant le viol par le gouvernement lui-même de l'embargo sur le matériel militaire. Les auteurs se disent en outre "vivement préoccupés" par la profusion d'armes en circulation et relèvent "des flux sans précédent de contrebande de cacao et de noix de cajou" impliquant des éléments des forces de sécurité.

    Par Fanny Pigeaud
    © Copyright L'Express

    La Côte d’Ivoire retrouve des couleurs / Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire: « On est dans l’apprentissage de la démocratie »

    (La Croix 02/11/2012)

    Il y a deux semaines, une mission du Fonds monétaire international était à Abidjan. Elle a remonté sa prévision de croissance économique pour cette année en Côte d’Ivoire de 8,1% à 8, 6%. Et elle prévoit 9 % pour l’an prochain. Tout le monde afflue dans notre pays. Cela ne se ferait pas si les investisseurs n’avaient pas confiance« .
    Guillaume Soro est un homme prudent. Président de l’Assemblée nationale ivoirienne depuis mars dernier, il veille à ne pas paraitre partie prenante d’un pouvoir exécutif dont il connait toutefois bien les rouages. Pendant trois ans, cet ancien chef de la rébellion nordiste fut le premier ministre de l’ancien président Laurent Gbagbo dans le cadre d’un processus de transition qui aboutit à l’élection présidentielle de novembre 2010.
    Soutien du vainqueur, Alassane Ouattara, Guillaume Soro a vécu de près la transition violente provoquée par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite. Attaques et représailles firent au moins 3000 morts et conduisirent Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale de La Haye où il est en attente d’un procès.
    « Barroso nous a assurés d’un soutien sans faille »
    « José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, était à Abidjan la semaine dernière« , a souligné Guillaume Soro mardi 30 octobre devant les journalistes de l’Association de la presse diplomatique française réunis lors d’un déjeuner à la Maison des Arts et métiers. « Il nous assurés d’un soutien sans faille à la réconciliation et au développement social et économique du pays ». Symbole de cet engagement, José Manuel Barroso a signé une convention d’appui budgétaire de l’Union européenne à la Côte d’Ivoire tout en appelant lors d’un discours à l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody-Abidjan, à « un large et franc dialogue ouvrant la voie à une réelle réconciliation nationale ».
    « La Côte d’Ivoire doit être un pôle de stabilité »
    « Notre balance commerciale est excédentaire, les investissements ont doublé« , poursuit Guillaume Soro. « Bien sûr, il y a encore des escarmouches ça et là. On gagnerait à augmenter la sécurité. La Côte d’Ivoire doit être un pôle de stabilité dans la région alors que la situation est très difficile au Mali, au nord du Nigeria et en Guinée Equatoriale« .
    « Nous sommes loin des niveaux de violence passés »
    Des attaques ont été perpétrées fin juillet et début août en Côte d’Ivoire par des assaillants venus du Liberia et du Ghana. Une autre a détruit à la mi-octobre l’une des deux turbines de la centrale thermique d’Azito, entraînant pendant une semaine une réduction de moitié de la capacité de production d’électricité du site. Le président de l’Assemblée ivoirienne se veut rassurant. « Nous sommes loin des niveaux de violence atteint au moment de la rébellion en 2002 ou fin 2010-début 2011. Il y a une dimension psychologique dans le sentiment d’insécurité« .
    « Il faut donner un travail aux jeunes qui avaient pris les armes »
    « Un des enjeux, c’est le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), » souligne-t-il. « Cette question doit être traitée en parallèle à celle de l’emploi. Il faut donner aux jeunes qui avaient pris des armes un travail, une alternative. Houphouët-Boigny avait donné comme orientation au pays l’agriculture. Il faut développer ce secteur qui ne demande pas d’être diplômé pour être actif… même si c’est bien d’être diplômé« !
    La violence vient parfois des forces loyales au nouveau régime. Dans l’ouest du pays, le climat d’insécurité est entretenu par des « dozos », des supplétifs venus du nord pendant la dernière crise et qui effectuent encore des missions de sécurité. Amnesty international a par ailleurs affirmé le 26 octobre que « plus de 200 personnes, dont des membres du Front populaire ivoirien (FPI)« , le parti de Laurent Gbagbo, « ont été arbitrairement détenues et torturées et beaucoup croupissent toujours derrière les barreaux« .
    « J’ai été un prisonnier d’opinion défendu par Amnesty »
    Dans un rapport, l’organisation de défense des droits de l’homme souligne aussi la lenteur des instructions judiciaires visant des personnalités du régime déchu. Le 30 octobre, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a dénoncé à son tour l’existence de lieux de détention illégaux et des cas de disparitions forcées et de torture. « Dans le passé, j’ai été un prisonnier d’opinion défendu par Amnesty« , rappelle Guillaume Soro. « Je ne vais donc pas faire de commentaires spécieux sur son rapport. Il faut que le gouvernement prenne toutes les dispositions pour que les droits de l’homme soient au cœur de son action« .
    « Après que la justice aura fait son travail, l’initiative reviendra au président »
    « Il faut effectivement accélérer les procédures et les procès« , ajoute-t-il. « Nous voulons rendre la justice indépendante, autonome. Il faut laisser la justice faire son travail. Puis, l’initiative reviendra au président. Il pourra utiliser, le cas échéant son droit de grâce ou décréter une amnistie. »
    Est notamment concerné Michel Gbagbo, fils aîné de Laurent Gbagbo et de sa première femme. Ce franco-ivoirien a été arrêté le 11 avril 2011 en même temps que son père et reste incarcéré. « J’étais ministre de la défense quand des soldats l’ont arrêté« , explique Guillaume Soro. « La justice l’a formellement inculpé. Il faut accélérer pour qu’il puisse y avoir un recours, pour que le président de la république puisse exercer son action« .
    « La justice a donné des signes de transparence »
    « D’ores et déjà, la justice a donné des signes de transparence », plaide Guillaume Soro. « Le général Dogbo Blé (ancien commandant de la garde républicaine, reconnu coupable le 11 octobre de séquestration et de complicité de meurtre lors de l’assassinat en mars 2011 d’un officier à la retraite) a été condamné à 15 ans de prison alors que tout le monde pensait qu’il serait condamné à perpétuité. Des militants du FPI, des journalistes ont été libérés« .
    « Aujourd’hui, le combat est mené dans la presse »
    La société est certes encore très polarisée et les polémiques enflammés, notamment dans les journaux. « Aujourd’hui, le combat politique est mené dans la presse. Ce sont les partis qui détiennent les journaux », explique Guillaume Soro, qui a été ministre de la communication en 2004-2005. « Le Patriote est pro-Ouattara; Le Nouveau réveil est pro-Bédié; Notre voix est pro-Gbagbo… »
    Il y a en tout 22 quotidiens pour un tirage total de 150 000 à 200 000 exemplaires. Leur équilibre économique est délicat« , poursuit-il. « Un journaliste en Côte d’Ivoire est souvent un militant qui sait écrire un pamphlet. Les conditions économiques de la profession sont précaires« .
    « Gbagbo a dit que j’avais été le meilleur premier ministre avec qui il avait travaillé »
     À l’égard de Laurent Gbagbo, écroué à La Haye depuis un an et soupçonné par la Cour pénale internationale de crimes contre l’humanité, Guillaume Soro se garde de toute provocation. « « Quand j’étais étudiant, je l’ai bien connu, » raconte-t-il. « J’ai milité avec lui. J’ai été avec lui au village. J’ai collaboré avec lui pendant trois ans comme premier ministre. Il a dit que j’étais le meilleur avec qui il avait travaillé. Je ne renie pas cela« .
    " Le 30 novembre 2011, j’ai décidé d’aller voir Gbagbo "
    " Le 30 novembre 2010, deux jours après le second tour de l’élection présidentielle, j’avais tous les éléments du scrutin en main" , poursuit-il. " À 21 heures, j’ai décidé d’aller voir Gbagbo pour le convaincre d’accepter la publication des résultats. On voulait m’en empêcher. J’étais dans le collimateur de ses gens. J’ai pris avec moi toute ma sécurité" .

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    Guinée - La Cour suprême installe officiellement les membres désignés à la nouvelle CENI

    (Xinhuanet 02/11/2012)

    CONAKRY -- La Cour suprême guinéenne a officiellement installé jeudi les membres désignés au sein de la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI), en présence du ministre guinéen de la Justice et son homologue de l'Administration du territoire et de la décentralisation.
    L'installation des nouveaux commissaires à la CENI est une exigence des lois guinéennes, notamment la constitution du pays et la loi organique sur la CENI, récemment adoptée par le conseil nationale de transition (CNT, organe parlementaire de la transition).
    L'article 2 de la constitution stipule que la CENI est l'institution chargée de l'organisation de toutes les élections politiques en Guinée. Il s'agit des élections présidentielles, législatives, communales et communautaires. Pour ce faire, il bénéficie de l'appui technique de l'administration publique et des partenaires au développement.
    Toutefois avant d'entrée en fonction, tous les membres de la nouvelle CENI doivent prêter serment sur l'honneur de respecter et de faire respecter la loi organique sur la CENI, le code électoral et les autres dispositions de la loi portant sur la transparente, la crédibilité et la fiabilité du scrutin électoral dans le pays.
    Selon le premier président de la Cour suprême Mamadou Sylla, la fonction de commissaire est une fonction noble, exaltante, mais difficile à assumer, eu égard à la neutralité absolue qu'il faut observer, tout au long de la mandature, fixé à 7 ans.
    Les nouveaux commissaires de la CENI doivent avoir êtres loyales, indépendants de toutes structures de base, neutres, transparents dans la gestion des affaires électorales du pays, afin de servir exclusivement l'intérêt du pays et non celui des partis politiques de l'opposition ou de la mouvance, a fait savoir M. Sylla
    "Dans une démocratie, la confiance dans les institutions républicaines est un enjeu essentiel et une condition de l'instauration de la paix sociale et de l'édification d'un Etat de droit", a souligné M. Sylla, avant d'ajouter que la CENI ne doit pas échapper à la règle.
    Il a invité les nouveaux membres de cette institution à jouer pleinement leur rôle, car "le serment, ce n'est pas une simple formalité qu'on rempli, mais plutôt un engagement souscris et sanctionné pénalement par la loi".
    Au regard de la loi, les commissaires de la CENI sont indépendants et dans les faits, dans l'accomplissement des actes, ils doivent êtres responsables et dévoués pour servir la cause commune de la nation guinéenne, a rappelé le président de la Cour suprême.
    Après la mise en place d'un bureau exécutif de cinq membres et l'élection d'un président de la CENI, les commissaires s'attèleront à la lourde tâche de conduire le processus électoral guinéen à son terme, pour mettre fin à la transition entamée depuis 2010.

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    Somalie - SOM : entre espoir et incertitude

    (BBC Afrique 02/11/2012)

    La force de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) s'engage à continuer ses activités malgré l'expiration de son mandat le 31 octobre 2012. C’est ce qu’ont assuré certains officiels.Les pays contributeurs à la force se sont réunis à Nairobi, pour tracer la voie à suivre en Somalie.
    Après la chute de Kismayo et d'autres villes du centre et du sud de la Somalie, le pouvoir de Mogadiscio en collaboration avec l'AMISOM compte s'atteler maintenant à la mise en place de l'administration publique ont affirmé des responsables de l'AMISSOM lors d'une conférence de presse à Nairobi.
    Mais d’après Augustino Mahiga, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour la Somalie, il y a encore beaucoup à faire dans ce pays encore en proie à l’instabilité.
    La menace des combattants du mouvement islamiste Al Shebab demeure une réalité.
    Après la prise de Kismayo, les Shebab se seraient retirés vers d'autres régions du pays où ils sèment la terreur.
    C'est pour cette raison que l'AMISOM voudrait déployer prochainement 900 soldats de la Sierra Leone et un contingent de policiers d'Ouganda et du Nigeria.
    Selon un responsable de l'ONU qui s'est exprimé récemment sur la BBC, le Conseil de sécurité des Nations Unies se préparerait à adopter une résolution en vue d’un prolongement du mandat des troupes de l’UA.
    Avec l'arrivée de ces soldats, l'AMISOM indique que ses forces compteront plus de 17 000 unités.
    L'Union européenne qui appuie financièrement et logistiquement cette mission, a déclaré qu'elle est prête à renouveler son aide.
    L’UE serait même disposée à ouvrir un bureau à Mogadiscio.

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    Rwanda - CONDAMNATION DE VICTOIRE INGABIRE: le Rwanda, un enfer pour les opposants

    (Le Pays 02/11/2012)

    La sentence vient de tomber. Victoire Ingabiré, du nom de cette opposante politique rwandaise, hardie et teigneuse, vient d’écoper de huit ans de prison ferme. La pauvre dame, fût-elle mère de trois enfants, n’aura pas pu s’attirer la compassion de Paul Kagamé. Mais Ingabiré doit s’estimer heureuse car le parquet de Kigali avait précédemment requis la prison à perpétuité contre elle.
    Comme le dit un proverbe de chez nous, « le mal qui t’aurait coûté toute la tête, s’il ne t’enlève que la mâchoire, il faut rendre grâce au bon Dieu ». Du reste, d’autres opposants avant Ingabiré ont laissé leurs plumes dans un Rwanda dirigé d’une main d’acier par le général Kagamé. A la vérité, l’opposante paye pour sa percée fulgurante sur l’échiquier politique rwandais. L’on se souvient, en effet, qu’entre 2003 et 2006, Ingabiré était à la tête de l’Union des forces démocratiques rwandaises (UFDR), une plateforme regroupant des formations politiques d’opposition. Ce qui faisait d’elle la principale et redoutable opposante au régime de Kagamé. Toute chose qui déplaît au régime Kagamé, caractérisé par la pensée unique.
    L’on comprend aisément que les chefs d’inculpation retenus contre l’opposante du genre « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre » et « négation du génocide de 1994 » n’auront été que pur montage, selon le génie propre à Kagamé. En tous les cas, si ce procès a un caractère pédagogique, c’est celui de la dissuasion. Car, l’on se demande s’il y aura un jour une opposition digne de ce nom qui jouera son rôle de contre-pouvoir dans un Rwanda où l’ombre terrifiante de Kagamé plane partout. Au fait, l’homme a su verrouiller le jeu politique de son pays.
    Ceux qui croyaient d’ailleurs que l’élection de son pays comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU devait assagir Kagamé ont de quoi se détromper. Le boulevard de la dictature lui est grandement ouvert car l’homme ne craint ni son peuple qu’il maintient sous une chape de plomb, ni la communauté internationale qu’il a toujours narguée. Certes, Kagamé séduit par son ardeur au travail, son attachement à la bonne gouvernance économique et surtout son refus de s’assujettir aux puissances occidentales.
    Mais ces actions, quelque salutaires qu’elles puissent paraître, ne doivent pas cacher la face hideuse d’une gouvernance politique infernale pour l’opposition. Or, de toute évidence, l’édifice que prétend bâtir Kagamé, aussi gigantesque soit-elle, n’aurait de longue vie que s’il se fondait sur des valeurs démocratiques. Le printemps arabe qui n’en finit pas de faire ses vagues enseigne que le tout n’est pas de donner du pain à un peuple, mais il lui faut aussi la liberté.

    Boulkindi COULDIATI
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    Nigeria : l'impunité dénoncée

    (BBC Afrique 02/11/2012)

    Amnesty International a rendu public un nouveau rapport dans lequel l'organisation de défense des droits humains accuse les forces de sécurité du Nigeria de procéder à des arrestations arbitraires, des détentions prolongées sans jugement, des exécutions extra judiciaires et autres graves violations des droits humains.
    Selon l'ONG les forces de sécurité agissent en toute impunité.
    Un porte-parole de l'armée nigériane a rejeté ces accusations, affirmant que les forces armées nigérianes sont des professionnels, qu'elles sont bien formées et qu'elles sont toujours respectueuses de la loi.
    La secte Boko Haram qui souhaite instaurer la charia et un État islamique sur l’ensemble du Nigeria serait aussi responsable de la mort de centaines de personnes cette année.
    Depuis 2009, ses membres ont mené de fréquentes attaques dans le nord et le centre du Nigeria.
    Assassinats, églises, écoles incendiées ou encore attaques contre les médias, Amnesty met également en cause Boko Haram pour des atrocités largement répandues dans le pays.
    Mais, selon l'ONG, les réponses souvent musclées des forces de sécurité n'ont fait qu'alimenter la violence.
    Ce n’est pas la première fois qu’Amnesty dénonce l’impunité au Nigeria.
    ''Les autorités nigérianes doivent immédiatement mettre un terme aux homicides illégaux commis par les forces de sécurité’’, avait déclaré Amnesty International le 25 juillet dernier après qu'au moins 23 personnes ont été tuées par les policiers à la suite de l'explosion d'une bombe le 23 juillet à Maiduguri, ville du nord-est du pays.

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    Téléphonie mobile : deux nouvelles licences en vue au Cameroun, critiques sur les réseaux en place (PAPIER GENERAL)

    (Xinhuanet 02/11/2012)

    YAOUNDE -- Plus de dix ans près la mise en concession de ses deux premières licences de téléphonie mobile en 1999 et 2000 au profit d'Orange-Cameroun et de Mtn-Cameroun, le Cameroun s'apprête à ouvrir son marché à d'autres opérateurs dans un climat de vives critiques à l'égard de la qualité du service jugée décevante des réseaux en place.
    Attendu depuis fin 2011 après une annonce du ministre des Postes et Télécommunications, Jean-Pierre Biyiti bi Essam, devant les députés de l'Assemblée nationale au mois d'avril de la même année, le processus d'octroi des nouvelles licences sans cesse reporté a fixé le nouveau délai de pré-qualification des offres au 2 novembre, a appris Xinhua d'une source administrative à Yaoundé.
    De neuf puis sept à l'origine, une short-list préalablement établie avait retenu trois potentiels acquéreurs. Si aucun détail n'est fourni au sujet de l'évolution de cette liste, les informations recueillies font aujourd'hui savoir que "les opérateurs viennent avec leurs offres, on apprécie le montant et la qualité".
    Pour cette démarche qui tranche avec le système de marché de gré à gré appliqué à Orange-Cameroun et Mtn-Cameroun lors de leur installation, l'autorité camerounaise des télécommunications se défend d'une politique d'affirmation de la concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile considéré comme essentiel pour la croissance économique nationale et la vie des populations.
    Dans sa communication lors d'une session extraordinaire de l' Assemblée nationale en avril 2011, le ministre Biyiti bi Essam avait annoncé l'éventualité d'octroi d'au moins deux nouvelles licences. De l'avis de ses services, cette ouverture du marché est maintenue, mais avec l'attribution d'une seule licence par avis d' appel d'offres.
    "Il y a la licence de CAMTEL (Cameroon Telecommunications, opérateur historique étatique, NDLR) n'est pas soumise à concurrence. Ce qui est prévu, c'est la recherche d'un partenaire stratégique pour accompagner CAMTEL", a confié à Xinhua un responsable du ministère des Postes et Télécommunications sous couvert d'anonymat.
    Les nouvelles licences envisagées doivent permettre le passage du Cameroun au service 3G de la téléphonie mobile, soit une évolution technologique notable dont il est cependant attendu des solutions de viabilisation d'un marché où la compétition limitée à un duopole a généré peu d'effets pour une qualité du service appréciable, aux yeux des usagers et même des experts. Le représentant de la zone UIT (Union internationale des télécommunications) pour l'Afrique centrale à Yaoundé, Jean- Jacques Massima Landji, estime que le potentiel du marché est énorme pour un pays de 20 millions d'habitants ne possédant que deux opérateurs, alors qu'au Gabon voisin quatre compagnies sont à la conquête d'un million de clients.
    "Dès lors qu'il y a deux opérateurs, on n'est plus en situation de monopole, on est en situation de transparence dans les prix. Evidemment, quand ils sont deux, ils peuvent s'entendre", observe l'expert qui accuse les deux multinationales opérant au Cameroun de manquer de réflexe de réinvestir dans les objectifs du cahier des charges de couverture globale du service d'accès universel.
    Coupables de campagnes commerciales abusives et de publicités mensongères consistant par exemple à "annoncer la 3G alors qu'ils n'ont pas le 2G" et des baisses fantaisistes des tarifs des communications, ces opérateurs, selon lui, doivent être interpellés sur le dimensionnement de leurs équipements devenus congestionnés dans certains cas au point de faire subir aux abonnés des réseaux d'appels et de transmission des sms saturés.
    "Quand un opérateur tous les quinze jours fait 50% d'abattement sur ses tarifs, c'est une concurrence déloyale. Il ne peut pas être en promotion en permanence sur ses tarifs. Les tarifs agréés de la plupart des opérateurs ont une fourchette. On sait qu'ils sont en libre concurrence suivant les réseaux des uns ou des autres. On sait que la minute de communication mobile vaut entre 125 et 150 francs", démontre Massima Landji.
    C'est la régulation du marché qui est remise en cause. "La meilleure qualité du service, c'est une affaire qui me paraît être seulement le fait que le gendarme de cette activité ne doit pas attendre une détérioration de la qualité du service pour agir, que la situation soit délétère et ficeler une amende. C'est un travail permanent. Le régulateur a intérêt à ce que le marché soit autorégulé".
    Créée en 1999, l'Agence de régulation des télécommunications ( ART) suite à une loi de 1998 régissant les télécommunications a précédé l'avènement du premier opérateur de téléphonie mobile au Cameroun où une licence est attribuée la même année à la Société camerounaise des mobiles (SCM, devenue en 2002 Orange-Cameroun), suivie en 2000 de la cession de CAMTEL-Mobile à Mtn.
    Les statistiques officielles recensaient 9,7 millions d'abonnés au téléphone mobile en décembre 2010, avec un taux de pénétration de 42% de la population, contre 458.000 abonnés et 2,6% pour le téléphone fixe. A 14% des parts seulement à l'opérateur historique CAMTEL, le marché de la téléphonie était dominé à cette date à 86% par les deux opérateurs mobiles.
    De 8 milliards en 2001, le chiffre d'affaires de la téléphonie mobile s'élevait à 363 milliards de francs CFA. Les dépenses en investissement ont cependant évolué de 51,85 milliards à 72,6 milliards de francs CFA, selon une évaluation du ministère des Postes et des Télécommunications.
    Le gouvernement s'était fixé l'objectif d'accroître la télédensité de 13,3% en 2005 à 50% en 2015. Il reconnaît que les tarifs des communications restent élevés et que si la pénétration est significative dans les zones urbaines, des efforts importants restent à faire pour les zones rurales.
    En plus des impôts, les opérateurs agréés sont soumis au versement d'une contribution au Fonds spécial de développement des télécommunications à hauteur de 3% de leur chiffre d'affaires annuel. Le représentant de la zone UIT pour l'Afrique centrale qualifie cette décision de frein à la croissance du secteur, expliquant qu'elle ne favorise pas l'investissement pour un marché plus compétitif.
    Prenant la défense du régulateur au sujet de la répression contre les publicités mensongères, le ministère des Postes et Télécommunications jette la responsabilité de cette action sur le ministère du Commerce. "C'est une activité commerciale", assure-t-on.

    Par Raphaël MVOGO
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    Bénin: les acteurs du développement s'accordent leurs violons pour la relance de l'économie

    (CRI 02/11/2012)

    Les opérateurs économiques et les membres de l'exécutif du Bénin ont décidé, dans la nuit du mercredi à ce jeudi à Cotonou, de la création d'un cadre opérationnel paritaire de dialogue global entre le secteur public et le secteur privé en vue d'instaurer un climat sain et serein pour le retour de la confiance entre les acteurs du développement de l'économie béninoise.
    DES MESURES POUR FAVORISER L'INSTAURATION D'UN CLIMAT DE CONFIANCE ENTRE LES ACTEURS DU DEVELOPPEMENT DU BENIN
    Outre cette décision prise à l'issue de la table ronde axée sur "Dialogue secteur public-secteur privé pour la relance de l'économie", les opérateurs économiques et les membres de l'exécutif du Bénin, ont également, entre autres, décidé d'inscrire la stratégie économique dans une perspective géostratégique nationale, en veillant notamment à mieux exploiter les opportunités offertes par la proximité avec le Nigeria, de promouvoir une nouvelle économie au-delà de l'import-export et de veiller à la professionnalisation de secteurs porteurs tels que l'agriculture, l'artisanat, le tourisme et les industries culturelles.
    Ils ont aussi voulu non seulement réunir les préalables nécessaires à l'élaboration de la loi sur les partenariats public-privé, mais aussi doter le pays d'une loi portuaire permettant de disposer d'un schéma directeur de développement des ports et d'un code de conduite sur l'aménagement et l'exploitation des ports.
    Pour le président béninois, Boni Yayi, l'ensemble de ces décisions prises à l'issue de cette table ronde constituent une plateforme transversale permanente de dialogue entre le secteur public et le secteur privé.
    "Dans les tous prochains jours, les membres de mon gouvernement et ceux des représentants des opérateurs économiques vont s'asseoir pour arrêter une feuille de route consensuelle d'actions pour la mise en oeuvre de ces décisions en vue non seulement de booster l'assainissement de l'environnement des affaires au Bénin et d'autre part créer les conditions de la relance économique du pays", a-t-il déclaré.
    LES GOULOTS D'ETRANGLEMENTS ET LES OBSTACLES QUI EMPECHENT LE REEL DECOLLAGE ECONOMIQUE DU BENIN
    Depuis 2006, le Bénin a amorcé un processus de redressement économique qui a permis de porter progressivement le taux de croissance du Produits intérieur brut réel de 2,9% en 2005 à 5,0% en 2008, niveau le plus élevé depuis 2001.
    Sur la période 2006-2008, l'évolution de l'activité économique s'est accompagnée d'une inflation relativement maitrisée en dessous du seuil communautaire de 3%. Cette performance économique a été notamment favorisée, d'une part, par des mesures de renforcement de la stabilité du cadre macroéconomique et, d'autre part, par des réformes structurelles engagées par l'Etat et conduites avec détermination en vue d'assurer la compétitivité de l'économie nationale et d'établir les conditions d'une croissance économique forte.
    Mais très tôt, cette évolution positive de l'activité économique a été perturbée par des faits marquants et surtout par une série de crises, notamment la crise énergétique survenue en 2006, la crise alimentaire de 2007 et 2008, la crise économique et financière internationale de 2009 et les inondations de 2010.
    Au plan interne, les opérateurs économiques béninoises ont mis à l'index l'inadéquation de l'environnement des affaires, peu propice à l'investissement privé, notamment l'inefficacité de l'administration publique, les insuffisances en matière de gestion des entreprises publiques, la faible concertation entre l'Etat et les entreprises privées, engendrant un climat de suspicion entre les parties prenantes, et la faible efficacité de la gestion des dépenses publiques.
    "En réalité, il apparaît un déficit de dialogue et de concertation entre le secteur public et le secteur privé d'une part et, d'autre part, entre les différentes structures agissant au nom du même secteur privé", a souligné le Haut Commissaire de la gouvernance concertée, Maïse Mensah.
    Selon lui, les principales manifestations de ce déficit de dialogue sont notamment la crise de confiance entre le gouvernement et le Conseil national du patronat du Bénin, la crise de confiance entre le gouvernement et quelques opérateurs économiques, la suspension de contrats liée au non-respect des engagements antérieurs et les redressements fiscaux.

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    Nigeria - Six Russes et un Estonien enlevés au large du Nigeria libérés

    (Le Monde 02/11/2012)

    Six Russes et un Estonien, enlevés il y a deux semaines sur un bateau appartenant à la compagnie française Bourbon par des pirates au large du Nigeria, ont été libérés jeudi 1er novembre, a indiqué le groupe français de services maritimes parapétroliers dans un communiqué.
    Sans rien dire sur la façon dont ils ont été libérés, Bourbon remercie "les autorités locales nigérianes" en citant "la police", "les forces spéciales" et "les forces armées". La société gratifie également "les gouvernements nigérian, russe, estonien, luxembourgeois et français". "Malgré des conditions de détention difficiles, leur état de santé paraît satisfaisant", ajoute la société, précisant qu'ils sont actuellement pris en charge au Nigeria et qu'ils rentreront "dans les prochains jours" dans leurs pays. "Aucun élément sur les revendications, le contexte, les membres d'équipage libérés et leurs familles ne pourra être communiqué", conclut la compagnie française.
    Le ministère russe des affaires étrangères avait peu auparavant annoncé dans un communiqué : "Les matelots du Bourbon Liberty 249 - six Russes et un Estonien - ont été libérés et se portent bien". Des pirates avaient attaqué le bateau dans la région pétrolifère du delta du Niger, enlevant sept membres de son équipage, alors que neuf autres étaient restés à bord. Le delta du Niger, riche en pétrole, est une zone réputée instable, où de nombreux groupes armés multiplient les enlèvements pour obtenir des rançons.

    Le Monde.fr avec AFP
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    Guinée-Bissau: la situation politique est "assez préoccupante" pour l'archevêque de Bissau

    (Xinhuanet 02/11/2012)

    BISSAU -- La situation politico-militaire que vit la Guinée-Bissau ces derniers temps est "assez préoccupante", a affirmé l'archevêque de Bissau, Dom José Camnaté Na Bissing, au sortir d'une audience, jeudi, avec le président de la République de transition Manuel Serifo Nhamadjo.
    Selon lui, "il faut au plus vite renouer les fils d'un dialogue rompu afin de trouver une issue pacifique à la crise qui affecte le pays depuis belle lurette déjà".
    "Nous sommes persuadés que la meilleure façon de trouver une solution à ce problème est de réunir autour d'une même table toutes les forces vives de la nation bissau-guinéenne pour la promotion d'un dialogue franc", a-t-il ajouté.
    "Tous les chefs religieux se sont joints à lui et ont pris l' initiative de promouvoir, dans une quinzaine de jours, des pourparlers, en vue d'ne réconciliation entre les Bissau-guinéens qui ne parlent plus le même langage", a déclaré le prélat.
    Par ailleurs, le représentant de l'Union Africaine à Bissau, Ouvido Pequeno, a déclaré à l'issue d'une audience avec le chef de l'Etat que l'UA "est préoccupée par la situation actuelle du pays et demande à ce qu'il y ait un tant soit peu de retenue et que le processus de transition soit mené à son terme dans la paix et la tranquillité".
    Il a également exhorté les autorités de la transition à mener à bien la procédure judiciaire instaurée à l'encontre du cerveau présumé de l'attaque du 21 octobre derni afin faire toute la lumière sur cette affaire.

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