mardi 14 décembre 2010

CÔTE D'IVOIRE • Gbagbo, funambule sur le fil du rasoir

(Courrier International 14/12/2010)
La situation de Laurent Gbagbo est de plus en plus précaire. Il doit faire face à un isolement croissant dans la mesure où même le médiateur burkinabé, Blaise Compaoré, est très proche d'Alassane Ouattara.
L'image a fait le tour de la planète. Un membre du Fpi [Front populaire ivoirien], devant les caméras du monde entier, confisquant les procès-verbaux du représentant de la Cei [Commission électorale indépendante], l'arbitre des élections ivoiriennes, pour l'empêcher de proclamer les résultats du second tour [Cela s'est déroulé le 28 novembre. Les résultats n'ont été rendus public que le 2 décembre. Selon la CEI, Alassane Ouattara l'a emporté avec 54,1 % des suffrages, face à Laurent Gbagbo].
Cette image, à elle seule, résume ce qu'auront été les méthodes utilisées par le parti de Laurent Gbagbo pendant ses dix ans au pouvoir : l'intimidation et la violence. Sous son règne, la Côte d'Ivoire, longtemps un havre de paix, aura montré un visage hideux : terreur d'Etat organisé avec des escadrons de la mort, massacres de civils avec le charnier de Yopougon [répression d'une manifestation de l'opposition en 2000], dérives xénophobes contre les populations originaires du Nord avec les fameux "patriotes" du gangster Charles Blé Goudé...
Après l'annonce, le 2 décembre, de la victoire d'Alassane Ouattara par la même CEI, le "boulanger d'Abidjan" joue sans doute la partie la plus serrée de sa vie. Habile manoeuvrier et fin tacticien, Gbagbo, en instrumentalisant un Conseil Constitutionnel tout acquis à sa cause et qui a d'ores et déjà proclamé les résultats de la Cei "non valides", espère retourner en sa faveur une situation carabinée. De toute évidence, la Communauté internationale, par le biais de l'Onuci [Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire] qui a empêché le pays de sombrer dans une guerre civile totale depuis l'insurrection armée du 19 septembre 2002 qui a coupé le pays en deux blocs ethnico-politiques antagonistes, n'entend pas cette fois-ci se laisser faire.
Le maintien de la paix en Côte d'Ivoire a lourdement grevé les finances de l'ONU qui tient le pays à bout de bras et tout le monde est fatigué de cette situation de ni guerre ni paix. Cette élection présidentielle maintes fois repoussée par Gbagbo, au point d'avoir bénéficié d' un "mandat cadeau" de cinq ans [Son mandat entamé en octobre 2000 devait s'achever en octobre 2005], était donc l'occasion en or pour la communauté internationale de remettre définitivement sur les rails un pays qui représente quand même 40% de l'Uemoa [Union économique et monétaire ouest africaine]. Poussé par les ultras de son régime, avec en première ligne son épouse, la terrible Simone, véritable Messaline tropicale, Gbagbo va t-il courir le risque de défier l'Onu et les puissances occidentales en tentant de s'accrocher à son fauteuil présidentiel ? Un pari risqué.
Sans compter que le "médiateur" de l'Accord de paix de Ouagadougou (Apo), Blaise Compaoré [président du Burkina Faso], dont la proximité avec Alassane Ouattara est un secret de polichinelle et qui est très influent auprès des rebelles qui tiennent le nord du pays. Il va peser de tout son poids pour sécuriser la victoire de son ami. Grisé par le pouvoir, Laurent Gbagbo l'opposant historique et charismatique qui avait contraint le vieux chef Baoulé [principale ethnie de l'est de la Côte d'Ivoire] Houphouët-Boigny [au pouvoir de 1960 à 1993] à accepter le multipartisme en Côte d'Ivoire, est sur le fil du rasoir.

Barka Ba. Kotch
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2 commentaires:

  1. Ridicule tout simplement. Les ivoiriens savent bien que Blaise Compaoré est très proche d'Alassane Ouattara, pour être le tuteur de la rébellion du second cité. Dire que Gbagbo est isolé, ou dans une situation précaire est de l'utopie. Avec Gbagbo, des ivoiriens sont près à mourir pour la défense des institutions de leur pays. Jamais nous n'accepteront que les institutions de la Côte d'Ivoire soient bafouées.

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  2. Blaise Compaoré n'est pas un Démocrate, il veut installer le partie unique dans son pays.
    Donc il ne peut être un exemple pour les Africains. Nous soutiendrons Laurent Gbagbo, juste pour l'honneur et la dignité du peuple Ivoirien et des peuples Africains en générale. Vous occidentaux et surtout Français, penser au peuple Africain et non à nos ressources naturelles. A QUAND LA FIN DE LA COLONISATION ? VOUS AVEZ TOUT CHEZ VOUS GRACE A L'EXPLOITATION DE NOS RESSOURCES NATURELLES, LAISSEZ NOUS AUSSI AVOIR LE MINIMUM CHEZ NOUS.
    RESPECTEZ NOUS UN PEU SEULEMENT COMME ON VOUS RESPECTE. NO COMMENT

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