mardi 14 décembre 2010

Cameroun, Guinée Equatoriale - "Biens mal acquis" : France 24 accusée de censurer une vidéo

(Le Monde 14/12/2010)
La chaîne publique d'information France 24 a-t-elle cédé aux pressions ? Selon les informations du site d'actualité Rue89, la chaîne a retiré de son site Internet une vidéo "potentiellement embarrassante", liée à l'affaire des "biens mal acquis". Bien qu'officiellement retirée du site, la vidéo est toujours accessible en cache.
L'enquête sur les "biens mal acquis" cherche à tirer au clair les conditions d'acquisition de biens immobiliers et mobiliers en France par trois présidents africains : Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de Guinée-Equatoriale, le défunt chef d'Etat gabonais Omar Bongo Ondimba, et potentiellement d'autres politiques africains. D'après l'ONG Transparency International, auteur de la plainte qui a permis la désignation de deux magistrats et l'ouverture de l'enquête, le patrimoine immobilier des trois chefs d'Etat en France s'élèverait à 160 millions d'euros. Le clan Bongo posséderait à lui seul une trentaine de luxueux appartements et maisons.
"ILS INVENTENT DES CHOSES"
Prise lors d'un sommet à Tripoli (Libye), le 28 novembre, la vidéo capte à leur insu une conversation tenue entre le président camerounais Paul Biya, le président sénégalais Abdoulaye Wade et Téodoro Obiang Nguema. Les trois hommes évoquent la procédure ouverte en France en des termes "agacés". "Ils inventent des choses", s'indigne Paul Biya, qui en profite pour fustiger "la complaisance des médias". Selon Rue89, cette vidéo pourrait avoir été retirée à la demande d'une ambassade africaine, sans plus de précision. Le site indique par ailleurs que, en interne, la direction de la chaîne internationale explique que le dialogue serait l'œuvre d'un imitateur se faisant passer pour le président Biya.
Dans son texte de présentation de la vidéo, France 24 précisait qu'elle avait été postée le 30 novembre sur le site de la présidence du Cameroun, où elle a fait la une de deux journaux locaux, avant que le son ne soit modifié pour rendre la conversation des trois chefs d'Etat inaudible.

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