samedi 30 octobre 2010

Le Burkina Faso et l'Iran signent un accord de coopération

(Xinhuanet 30/10/2010)

OUAGADOUGOU -- En visite officielle au Burkina, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki et son homologue burkinabé, Alain Yoda ont signé, vendredi à Ouagadougou, un accord qui définit désormais les grands axes de la coopération entre les deux pays dans plusieurs secteurs prioritaires.
Cette visite officielle de la délégation iranienne a relancé la coopération entre les deux pays dans plusieurs secteurs prioritaires tels la santé, l'agriculture, l'élevage, l'énergie, les mines et le commerce.
L'accord bilatéral signé à Ouagadougou vise d'une part à élargir le cercle des pays amis du Burkina, mais il s'agit surtout pour les deux pays de définir les actions qui pourront être menées à court terme en fonction des priorités déjà définies.
Le ministre iranien des Affaires étrangères était accompagné d'une forte délégation de diplomates et d'hommes d'affaires qui ont pu échanger avec la partie burkinabé.

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Côte d'Ivoire : l'appel d'Obama -

(BBC Afrique 30/10/2010)

Le président américain, Barack Obama, a appelé les Ivoiriens à se rendre aux urnes dans la paix et la transparence, dimanche. Il a déclaré que les électeurs méritent un scrutin dans un environnement serein.
Le chef de l'exécutif américain a estimé que ce vote constitue une étape cruciale vers la reconstruction du pays.
L'appel du président Obama intervient alors que les candidats tiennent leurs derniers meetings à quelques heures de la clôture de la campagne ce vendredi.
La campagne électorale s'est déroulée jusque-là sans incident majeur. Certains observateurs ont toutefois noté une montée du ton chez les principaux candidats.
Jeudi, le représentant de l'ONU en côte d'Ivoire, Young Jin Choi a appelé les candidats à respecter les résultats du scrutin avant de saluer leur comportement durant la campagne.
Le scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire a été reporté a plusieurs reprises depuis l’expiration du mandat de l'actuel président Laurent Gbagbo en 2005, à cause d'une crise politico-militaire vieille de huit ans. Environ 5,7 millions d'ivoiriens doivent voter dimanche.
Le scrutin de dimanche opposera 14 candidats, dont une femme, Mme Jacqueline Oblé Lohoues. Mais l'élection pourrait se jouer entre le président sortant Laurent Gbagbo, l'ancien président Henri Konan-Bédié et l'ancien premier ministre Alassane Dramane Ouattara.

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Rwanda -Un haut responsable du PCC s'engage à renforcer les liens avec le Rwanda

(Xinhuanet 30/10/2010)




BEIJING -- Le haut responsable du Parti communiste chinois (PCC) Liu Yunshan a déclaré vendredi que la Chine espérait travailler avec le Rwanda afin d'ouvrir un nouveau chapitre dans les relations bilatérales.



M. Liu a fait ces remarques lors de sa rencontre avec François Ngarambe, secrétaire général du Front Patriotique rwandais (FPR).
Liu Yunshan, membre du Bureau politique du Comité central du PCC, a salué l'amitié et la coopération entre la Chine et le Rwanda, tout en soulignant que la coopération bilatérale s'est développée continuellement dans le cadre du Forum de coopération Chine-Afrique.
La Chine considère le Rwanda comme "un ami sincère et un partenaire coopératif important", a-t-il ajouté.

Le PCC accorde une grande importance au développement de ses liens avec le FPR, et est prêt à approfondir davantage les échanges et la coopération inter-partis, afin de cimenter la confiance politique mutuelle, a indiqué M.Liu.
Selon le secrétaire général, le FPR, en tant que parti au pouvoir de ce pays d'Afrique centrale, espère promouvoir les relations inter-partis avec le PCC ainsi que les liens entre les deux pays.
A l'invitation du PCC, la délégation du FPR a entamé une visite de huit jours en Chine le 23 octobre.

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vendredi 29 octobre 2010

Côte d'Ivoire -Présidentielle à hauts risques

(Le Temps.ch 29/10/2010)

Le premier tour de l’élection, reportée à six reprises depuis 2005, a lieu dimanche 31 octobre. Il suscite de nombreuses inquiétudes.
Les Ivoiriens ont de la peine à y croire. L’élection présidentielle aura pourtant bien lieu dimanche 31 octobre. Depuis 2005, quand le mandat de l’actuel président Laurent Gbagbo a expiré à la même date, le scrutin a été repoussé à six reprises, faute d’accord sur la liste des électeurs et à cause des séquelles d’une longue guerre civile. Les enjeux de l’élection sont importants: les perdants accepteront-ils les résultats ou inciteront-ils leurs partisans à la violence? Le scrutin permettra-t-il d’unifier le pays?
Bernard Conte, auteur de La tiers-mondialisation de la planète et spécialiste de la Côte d’Ivoire, est pessimiste. Il s’agit avant tout d’argent et de pouvoir, dit-il. Or nombreux sont les Ivoiriens qui profitent du conflit. En septembre 2002, une fraction de l’armée échouait dans sa tentative de coup d’Etat mais réussissait à prendre le contrôle de la moitié nord du pays, instaurant une situation de guerre larvée qui se poursuit aujourd’hui, malgré la signature d’un accord politique en 2007.
«Les politiciens locaux et les seigneurs de la guerre, notamment à l’ouest, ont instauré un régime féodal qui risque de freiner toute unification, continue Bernard Conte. Ce n’est pas pour rien que la guerre continue. Ils y gagnent tellement.» En 2008, une étude de la Banque mondiale a estimé le coût pour l’économie ivoirienne des extorsions commises aux postes de contrôle à plus de 200 millions de dollars par an. L’indice de corruption de Transparency International place le pays au 146e rang. Contexte idéal pour que les candidats à la présidentielle achètent des voix.
«Beaucoup pensent que le scrutin sera truqué, renchérit Venance Konan, journaliste et écrivain ivoirien. Les gens ne font pas confiance au décompte des voix électronique qui a été mis en place.» Le président sortant a la réputation de se rendre aux élections seulement s’il est certain de les remporter. Les sondages lui donnent raison et lui attribuent 46% des intentions de vote au premier tour.
Laurent Gbagbo a placé des proches à des postes clés de l’armée et de la police. Mais les deux autres candidats, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, se disent aussi sûrs de leur victoire. «Aucun des trois ne peut se permettre de perdre, commente Venance Konan. Ils sont relativement âgés, c’est leur dernière chance. En plus, ils ne s’apprécient pas.» Avant d’ajouter: «De nombreux juges espèrent que le président sortant perdra les élections pour pouvoir l’attaquer en justice.»
En Côte d’Ivoire, les sondages ne disent pas tout et les alliances politiques ne sont ni solides ni fiables. «Les hauts gradés soutiennent certes Laurent Gbagbo, mais il n’est pas du tout sûr que les soldats soient du même avis», poursuit Bernard Conte. «Ce sera serré, et plus c’est serré, plus c’est tendu», s’inquiète Lassane Zohore, caricaturiste ivoirien et fondateur du journal satirique Gbich.
Le vote risque de se dérouler en fonction de critères ethniques (sauf auprès des jeunes citadins), ce qui explique pourquoi l’élaboration de la liste des électeurs a été si ardue. Trois propositions ont été faites par la Commission électorale indépendante (dominée par l’opposition, cas unique en Afrique). Le président les a rejetées en avançant qu’elles étaient remplies d’«étrangers», notamment du nord, susceptibles de voter pour Alassane Ouattara. Le sort d’un quart des électeurs d’une première liste a dû être négocié. Dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, Laurent Gbagbo s’est finalement déclaré satisfait, car de nombreux Ivoiriens ne pourront pas voter dimanche. «Une bombe à retardement», selon Venance Konan. Une raison de plus de penser que le pays s’apprête à faire «un grand saut dans l’inconnu», selon Lassane Zohore. En attendant dimanche, de nombreux Ivoiriens font des provisions au cas où les choses devraient mal tourner.
Richard Etienne

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Guinée -La méfiance reste de mise entre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé

(France 24 29/10/2010)

Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo ont accepté le report au 7 novembre du second tour de la présidentielle guinéenne. Mais les tensions demeurent vives entre les deux camps : une tournée conjointe de réconciliation, prévue jeudi, a été annulée.
"N'y va pas, n'y va pas !" Plusieurs centaines de militants du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) se sont massés, jeudi matin, autour de la résidence de leur candidat, Alpha Condé. Celui-ci s'apprêtait à participer alors à une "tournée d'apaisement" dans l'est du pays, en compagnie de son rival Cellou Dalein Diallo, le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Objectif : restaurer la confiance de la population à quelques jours de l'organisation du second tour de la présidentielle, après des violences politico-ethniques entre Peuls et Malinkés, les ethnies dont sont issus les deux candidats. Mais à la demande de sa base, qui accuse des partisans de l'UFDG d'avoir tenté d'empoisonner certains militants du RPG, Alpha Condé a finalement renoncé à y prendre part.
"Les Peuls sont à Mamou. Si Alpha Condé se rend là-bas, ils vont monter un coup", accuse l'un de ses sympathisants. "Ils vont le tuer là-bas", renchérit une femme. "On a été empoisonné, ajoute un troisième. Plus de 120 personnes sont alitées. On ne nous a pas présenté d'excuses officielles."
Empoisonnement ou intoxication ?
À l'origine de ces accusations, un malaise dont ont été victimes des sympathisants d'Alpha Condé, après avoir bu de l'eau lors d'un meeting. Nausées, vomissements... aucun décès ni cas graves n'a cependant été recensé. "Je ne peux pas parler d'empoisonnement, je ne peux que parler d'intoxication alimentaire", indique un médecin.
Les militants du RPG ont pourtant rapidement accusé des Peuls de les avoir empoisonnés, entraînant des attaques contre cette communauté à Conakry et dans l'est du pays. Loin de contredire la rumeur, les cadres du parti ont demandé une enquête et exigent un geste du camp adverse.
"Je ne veux pas enflammer la situation, mais il faut parler de cette question d'intoxication et régler le problème entre les différents camps", affirme ainsi François Fall, porte-parole de l'Alliance d'Alpha Condé.
Le second tour de la présidentielle guinéenne, déjà reporté à plusieurs reprises, a été fixé mercredi soir au 7 novembre, par un décret du président de la transition, le général Sékouba Konaté. L'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo aparaît comme le favori du scrutin après avoir remporté 43 % des voix au premier tour, le 27 juin. L'opposant historique, Alpha Condé, n'a obtenu que 18 % des suffrages.
Jeudi, les chefs religieux du pays ont appelé à l'apaisement et à la réconciliation
Par FRANCE 24 (texte)

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Côte d'Ivoire -Portraits de trois candidats à la présidentielle

(La Croix 29/10/2010)

La présidentielle en Côte d'Ivoire oppose le président sortant et candidat du Front populaire ivoirien, Laurent Gbagbo, à Henri Konan Bédié (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) et à Alassane Ouattara (Rassemblement des républicains)
Laurent Gbagbo, le roublard
Qui eût cru que le pourfendeur de Félix Houphouët-Boigny se fondrait si bien dans le costume présidentiel ? Parvenu à la tête de l’État en 2000 à l’issue d’un scrutin qu’il qualifia lui-même de « calamiteux », minoritaire au Parlement, l’ancien syndicaliste a pris goût au pouvoir, au point de s’y accrocher cinq ans après l’échéance normale de son mandat.
En une décennie, l’historien Laurent Gbagbo aura renié bien des aspirations du socialisme de sa jeunesse, ne serait-ce qu’en couvrant les dérives extrémistes de son entourage : escadrons de la mort, milices ethniques, massacres de manifestants, détournements divers.
Originaire de l’ouest du pays, celui que les Ivoiriens surnomment « le boulanger » (pour sa propension à rouler ses adversaires dans la farine) ne recourt pas qu’à la ruse ou à l’argent pour asseoir son pouvoir. C’est surtout un formidable politicien ayant une connaissance approfondie du terroir ivoirien, et un vrai tribun.
Marié depuis vingt et un ans à une redoutable femme politique, Simone Ehivet, ce pentecôtiste de 65 ans n’en exhibe pas moins une « seconde épouse » qui a joué un rôle actif dans sa campagne.
Parce qu’il est issu d’une ethnie minoritaire, les Bétés, Laurent Gbagbo a toujours eu le souci d’élargir sa base électorale en dépassant les clivages communautaires et générationnels. Cela peut être un atout lors de cette élection qu’il entend remporter dès le premier tour.
Henri Konan Bédié, le vétéran
C’est son dernier combat. À 76 ans, l’ancien président ivoirien (1993-1999) veut prendre sa revanche sur l’Histoire, qui l’a malmené. Dauphin de Félix Houphouët-Boigny, « HKB » ne s’est jamais remis d’avoir été renversé en 1999 par une mutinerie sous-estimée qui se mua en coup d’État.
Après deux ans d’exil en France, il rentre triomphalement au pays en 2001 pour participer au Forum de réconciliation nationale. Le report de la présidentielle de 2005 va, année après année, faire de son âge un handicap.
Lui-même insiste sur son expérience et mise sur la nostalgie de l’époque où le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), longtemps parti unique, régnait sur un pays prospère.
Mais celui que l’on surnomme « le Sphinx de Daoukro », du nom de son village, où il passe une grande part de son temps, a donné l’impression qu’une victoire à cette présidentielle serait un simple retour des choses.
Quand l’hebdomadaire Jeune Afrique lui demande quelle erreur de jugement il a pu commettre pendant ses six années au pouvoir, la réponse tombe, lapidaire : « Je n’en vois pas ». Pourtant beaucoup lui reprochent, entre autres, d’avoir repris à son compte le concept d’« ivoirité », source de divisions.
Issu du premier groupe ethnique du pays, les Akans, Henri Konan Bédié va certes pouvoir compter sur le légitimisme de sa communauté. Cela suffira-t-il à lui acquérir les indispensables voix de la jeunesse ? C’est tout l’enjeu pour le vétéran de la politique ivoirienne.
Alassane Ouattara, l’éternel exclu
Victime d’injustice pour les uns, diviseur pour les autres, Alassane Dramane Ouattara est, de tous les candidats, celui qui suscite les haines les plus ancrées, mais aussi la plus grande ferveur.
Empêché d’être candidat en 2000 pour cause de « nationalité douteuse » (il s’était dans sa jeunesse prévalu de celle du Burkina Faso, où vécurent ses parents), le leader du puissant Rassemblement des républicains (RDR) dispute à 68 ans sa première élection présidentielle.
Parce qu’une partie des auteurs du coup d’État manqué de 2002 avaient appartenu à son entourage et faisaient du déni de nationalité leur combat, les tenants du pouvoir lui attribuèrent la paternité du putsch manqué, qu’il a toujours niée.
Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny de 1990 à 1993, Alassane Ouattara a laissé le souvenir d’un gestionnaire sévère mais intègre. Cet économiste, qui fit l’essentiel de sa carrière au Fonds monétaire international (dont il fut vice-président), se veut l’incarnation d’un « libéralisme à visage humain ».
Sa longue amitié avec Nicolas Sarkozy est complaisamment dénoncée par le camp présidentiel. Et les longs séjours en France de ce musulman marié à une Française catholique lui attirent le reproche d’être un technocrate éloigné des réalités locales. « Ado » reste pourtant une icône pour tous les originaires du Nord, qui devraient le plébisciter dimanche 31 octobre.

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Ouganda -Présidentielle : début de campagne électorale en demi-teinte

(Xinhuanet 29/10/2010)

WAKISO (Ouganda), 29 octobre (Xinhua) -- La campagne pour les élections présidentielles en 2011 a commencé jeudi en Ouganda, mais elle a soulevé peu d'enthousiasme parmi la population.
Sur les huit candidats approuvés par la commission électorale (CE), dont le président en exercice Yoweri Museveni, seulement trois ont lancé leurs campagnes, dans le centre de l'Ouganda.
Il s'agit d'Abed Bwanika du Parti populaire pour le développement, qui s'est exprimé devant des assemblées peu nombreuses dans le district de Wakiso, de Jaberi Bidandi Ssali du Parti populaire progressiste qui a démarré sa campagne dans le district de Mpigi, et de Beti Olive Kamya, seule femme candidate, dans le district de Mukono.
Norbert Mao du Parti démocratique, compte lancer sa campagne dans le district de Luwero samedi.
Lundi marquera le début des campagnes de quatre autres candidats, à savoir le président Museveni et son principal adversaire Kizza Besigye, ancien sous-secrétaire des Nations unies pour les enfants dans les conflits armés, ainsi qu'Olara Otunnu et Samuel Lubega, seul candidat indépendant dans la course à la présidentielle.
Les candidats devront mener leurs campagnes dans les 112 circonscriptions électorales que comptent le pays en l'espace de 112 jours. Elles prendront fin le 16 février 2011 et les électeurs se rendront aux urnes le 18 février, a fait savoir le président de la commission électorale, Badru Kiggundu.
Le président sortant Museveni, arrivé par la force au pouvoir en 1986, cherche à briguer son troisième mandat face à son principal rival, Kizza Besigye, qui a été par le passé son médecin personnel et un proche collaborateur. Besigye avait perdu face à son adversaire lors des présidentielles de 2001 et 2006.

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Somalie -Deux jeunes filles exécutées publiquement en Somalie pour "espionnage"

(Le Monde 29/10/2010)

Les islamistes chabab ont exécuté par balle, mercredi à Beledweyne, dans le centre du pays, deux jeunes filles jugées coupables d'espionnage, ont rapporté jeudi 28 octobre des témoins présents sur place. Cette exécution, une première concernant des femmes sous un tel chef d'accusation, s'est déroulée devant plusieurs centaines de personnes dans cette ville proche de la frontière avec l'Ethiopie. "Ces femmes espionnaient pour l'ennemi et ont été arrêtées par les moudjahidins [combattants islamiques] la semaine dernière, a déclaré à la foule, après l'exécution, Sheikh Youssouf Ali Ougas, commandant régional des chabab. Après une longue enquête, elles ont avoué leurs crimes."
"Les deux filles étaient assises par terre, les mains liées dans le dos. Un groupe de combattants leur a alors couvert le visage et les a exécutées dans le dos", a raconté un témoin. "C'était choquant, les filles étaient si jeunes. On voyait qu'elles étaient désespérées, mais personne ne pouvait leur venir en aide", s'est indigné un autre. Une femme a également témoigné : "Nous étions tous profondément désolés pour ces jeunes filles exécutées ainsi devant des centaines de personnes. Je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer." Le commandant régional des chabab a prévenu, à l'issue de l'exécution, que des dizaines d'autres personnes étaient détenues à Beledweyne pour le même motif d'espionnage et encouraient la même peine.
MULTIPLICATION DES EXÉCUTIONS
Les chabab, qui ont fait vœu d'allégeance à Al-Qaida, contrôlent la plus grande partie du centre et du sud de la Somalie, livrée au chaos depuis 1991, et tentent de renverser le fragile gouvernement de transition protégé par une force de l'Union africaine dans la capitale, Mogadiscio. La ville de Beledweyne a notamment été le théâtre de violents combats ce mois-ci entre les chabab et des forces pro-gouvernementales. Considérés par les Etats-Unis comme une organisation terroriste, les chabab avaient déjà exécuté deux hommes pour espionnage ce mois-ci à Mogadiscio.
Il y a deux ans, la lapidation d'une femme condamnée pour adultère par un tribunal islamique de Kismayo, dans le sud du pays, avait provoqué l'indignation dans le monde entier. Depuis, les islamistes somaliens ont multiplié les exécutions pour meurtre ou espionnage, et coupé les mains de nombreux voleurs présumés.

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Guinée Bissau -La ministre de l'Intérieur défie le Premier ministre qui l'a suspendu

(Xinhuanet 29/10/2010)

BISSAU -- Mme Satu Camara Pinto, ministre bissau-guinéen de l'Intérieur, a refusé d'obtempérer à la décision du Premier Ministre, Carlos Gomes Junior, de la suspendre de ses fonctions, a constaté le correspondant de Xinhua à Bissau.
La ministre, une proche du président Malam Bacai Sanha, actuellement hospitalisé à Dakar, a, en dépit de la suspension , effectué jeudi une visite au commissariat de police de Bairro Militar, situé à 5 kms du centre-ville.
Le Premier ministre l'avait suspendue mercredi lorsqu'il a appris les changements effectués sans sa connaissance préalable au sein du ministère de l'Intérieur avec la nomination de trois commissaires nationaux adjoints de police.
Selon des sources proches de la Primature, une dispute qui s'en est suivie a été à l'origine de la décision de suspendre Satu Camara Pinto. Pour les observateurs, cette situation est une des conséquences du bras de fer qui oppose depuis plusieurs mois belle le chef de l'Etat à son Premier ministre.

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En Côte d’Ivoire, les jeunes ont la clé de l’élection

(La Croix 29/10/2010)

Après huit ans de crise, l’ancienne colonie française se rend aux urnes, dimanche 31 octobre, pour une élection présidentielle repoussée depuis cinq ans
A Abidjan, Yopougon est une ville dans la ville. Avec son million d’habitants, cette commune de la capitale économique ivoirienne fait cohabiter deux communautés à l’identité bien marquée : les Bétés – ethnie du président Laurent Gbagbo – et les Dioulas, originaires du nord du pays, qui soutiennent un autre favori à la présidentielle de dimanche 31 octobre, Alassane Ouattara.
Entre ces deux groupes, des décennies de cohabitation, mais aussi de lourds contentieux : les premiers reprochent aux seconds d’avoir soutenu la rébellion qui faillit renverser leur champion en 2002. Quant aux « Nordistes », ils ont été victimes de l’ostracisme et de la répression orchestrés par les pouvoirs successifs, notamment en 2000 et après 2002.
En ces derniers jours de campagne pour la présidentielle la plus ouverte depuis l’indépendance, Yopougon sert de baromètre à ces deux partis. Samedi 23 octobre, Laurent Gbagbo y tenait meeting. Devant une foule des grands jours (un mort dans l’effondrement d’un pan de mur), le président a déployé la rhétorique qui fut la sienne pendant la campagne : guerrière et fortement axée sur le dénigrement de ses rivaux.
« Les autres font des coups d’État, nous, nous faisons des votes, a-t-il lancé. La carte d’identité est notre fusil. Quant à la carte d’électeur, elle est notre cartouche. Prenez donc vos cartes d’électeur et d’identité, et on va aller les battre, proprement. »
La jeunesse dioula de Yopougon derrière Alassane Ouattara
Mercredi 29 octobre, c’était au tour d’Alassane Dramane Ouattara (dit « Ado ») de visiter ce qui est – aussi – un de ses bastions. La mobilisation est forte, là encore, et la « caravane » du candidat fend une marée humaine impressionnante qui se déplace avec lui de quartier en quartier.
« Ado solutions », scandent ses partisans, reprenant le slogan de campagne de celui fut le premier ministre de Félix Houphouët-Boigny. « Tu n’as rien fait, dix ans cadeau ! », chantent-ils à l’adresse de Laurent Gbagbo, allusion au deuxième quinquennat que celui-ci a effectué sans avoir été réélu. Au bord de la route, ses partisans restent impassibles.
Encadrée par un service d’ordre impeccable, c’est toute la jeunesse dioula de Yopougon qui est derrière Alassane Ouattara et son parti, le Rassemblement des républicains (RDR).
« Notre problème numéro 1, c’est le manque d’emploi, explique Mariam, 31 ans, titulaire d’un BTS de gestion et au chômage. La jeunesse est paumée. Les diplômes, les concours s’achètent. On n’a plus honte aujourd’hui de dire qu’on a payé son concours de police ou son BTS. Sans argent, on n’a pas d’emploi. »
« Bédié et Gbagbo ont déjà été au pouvoir et les choses ont empiré, ajoute Adama, 21 ans, étudiant en logistique. On laisse une chance à Ado, c’est un économiste qui a démontré ses talents. »
5 000 francs CFA (7,60 €) remis après le meeting
À l’écart du cortège, sur une place, des jeunes supporteurs du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo patientent au soleil. Ils attendent les bus les emmenant au meeting que le président doit tenir à Dabou, à une cinquantaine de kilomètres d’Abidjan.
À part chez leurs chefs – d’anciens animateurs d’« agoras », lieux de harangues politiques institués par le FPI après 2002 – les troupes se montrent assez courtes en arguments politiques. Sans trop d’effort, on apprend le motif réel de leur présence : 5 000 francs CFA (7,60 €), qui leur seront remis après le meeting.
« Gbagbo fait ça pour chacun de ses déplacements, c’est devenu un job à temps plein », raille un responsable de mouvement de jeunesse, proche du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). L’ancien parti unique tenait mercredi 29 octobre son meeting final autour de son candidat, l’ancien président Henri Konan Bédié.
« Celui que Dieu a envoyé sauver la Côte d’Ivoire »
Dans un stade Félix-Houphouët-Boigny bien rempli, rien ne manque : des dizaines de femmes venues pratiquer la danse Adjanou pour chasser les mauvais esprits, un fils d’Houphouët, des cavaliers traversant la pelouse au galop, des chanteurs et danseurs réputés, un pasteur pentecôtiste bénissant « celui que Dieu a envoyé sauver la Côte d’Ivoire », et un doyen de l’ethnie locale venu invoquer les mânes des ancêtres.
Rien ne manque, sauf un orateur de moins de 50 ans. C’est la vice-présidente du parti, Hortense Aka Anghui, 76 ans, comme le candidat, qui est chargée de s’adresser tout à la fois aux femmes et aux jeunes. Le brillant leader de la Jeunesse du PDCI, Kouadio Konan Bertin, n’aura pas la parole.
Tous les observateurs s’accordent pour dire que les moins de 35 ans, qui représentent environ la moitié du corps électoral, détiennent la clé de cette élection. Après un engouement réel, le mouvement des « Jeunes patriotes », actionné par la présidence, s’est trouvé affaibli quand la France a cessé de pouvoir jouer le rôle de bouc émissaire.
Un pacte entre Ouattara et Bédié
En face, deux partis de masse, le PDCI et le RDR, ont des mouvements de jeunesse très structurés. « Si c’est la jeunesse qui fait l’élection, je serai vainqueur », affirme Alassane Ouattara.
Le candidat du RDR est lié par un pacte avec Henri Konan Bédié : celui qui arrive derrière l’autre le soutient. « Ensemble, nous représentons 70 % de la population, affirme l’ancien premier ministre. Le parti de Gbagbo n’est même pas implanté sur l’ensemble du territoire. Lundi 1er novembre, il devra reconnaître sa défaite et se retirer. »
Mais rien ne dit que Laurent Gbagbo, pas plus que ses principaux adversaires, accepterait d’arriver troisième. Dans ce cas, c’est encore la jeunesse qui pourrait avoir le dernier mot. Dans la rue.
Laurent D'ERSU, à Abidjan

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Côte d'Ivoire - Alassane Ouattara : « Gbagbo n'a aucune chance d'être au second tour »

(La Croix 29/10/2010)

Dans un entretien à "La Croix", Alassane Ouattara, l'un des trois principaux candidats à la présidentielle en Côte d'Ivoire, se dit sûr de la victoire de la coalition qu'il forme avec l'ancien président Henri Konan Bédié
Les derniers jours précédant le scrutin de dimanche 31 octobre ont été marqués par une polémique sur le mode de comptage des résultats du scrutin – électronique ou manuel. Êtes-vous maintenant rassuré à ce sujet ?
Alassane Ouattara : « Ce qui compte à mes yeux, c'est que le comptage manuel n'est pas remis en cause. C'est toujours ainsi qu'on a procédé en Côte d'Ivoire, et les résultats tombaient dans les 24 heures.
Je ne comprends pas ce qui a poussé le président de la Commission électorale indépendante à conclure un contrat de plusieurs milliards de francs CFA (un milliard = 1,5 million d'euros) sans en informer les membres de cette commission.
Le comptage électronique, on n'a rien contre, du moment que c'est transparent. Nous faisons confiance au comité d'experts mandaté pour s'assurer de cette transparence.
Il y a trois candidats principaux, dont vous-même. Un des trois ne sera pas au second tour, et Laurent Gbagbo a même affirmé qu'il entendait gagner dès le premier tour. Comment gérer ce hiatus ?
Laurent Gbagbo n'a aucune chance d'être au second tour et il le sait. Autrement, il n'aurait pas attendu cinq ans pour organiser, sous la pression de la communauté internationale, ce scrutin.
Bien qu'ayant, par un coup de force, pris la présidence du pays, son parti, qui ne couvre même pas l'ensemble du territoire, a été incapable de gagner ensuite les législatives et les municipales. La réalité est qu'aucun candidat n'a la majorité à lui seul.
Selon vous, on s'acheminerait donc vers un second tour vous opposant à votre allié Henri Konan Bédié ? Comment procéderez-vous ?
Nous avons déjà dit que celui de nous deux qui arriverait en deuxième position, tout en restant candidat, appellerait à voter pour le premier. Tout le monde sait que je suis largement majoritaire au Nord du pays, et qu'environ 40% des électeurs originaires du Nord vivent au Sud.
Bédié est majoritaire au Centre. Nous nous partageons l'électorat de l'Est. Et il reste Abidjan, qui représente un tiers de l'électorat et sera partagé entre les principaux candidats. Ensemble, Bédié et moi, nous représentons 70% de la population. Le Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) a sa base électorale dans l'Ouest et le Sud-Ouest. Gbagbo arrivera en troisième position.
Parmi les principaux candidats, vous êtes le seul à avoir explicitement appelé à la création d'une Commission Vérité et réconciliation portant sur les crimes commis ces dix dernières années. Comment l'envisagez-vous ?
Il faut établir une vérité, pardonner ce qui doit l'être et sanctionner les crimes les plus graves. Dans ce pays, on a tué les personnes comme des animaux. Ça ne peut être passé par pertes et profits. »
Recueilli par Laurent D'ERSU, à Abidjan

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Gabon - Le rapport de Transparency International sur la Corruption – quelles implications au Gabon ?

(Le Post.fr 29/10/2010)

L’ONG Transparency International vient de publier son rapport sur la Corruption dans le Monde. Les pays analysés (178) sont notés sur une échelle de 0 à 10, 10 étant la meilleure note.
Voici les retombées du jour dans les pays voisins, que nous présentent Gabonéco et RFI.
Au Kenya (154ème place, indice IPC 2.1) : Soupçonné de corruption, le chef de la diplomatie kényane démissionne. Comme nous l’explique Samuel Kimeu, le directeur de l’ONG au Kenya, «L'important pour nous est que l'enquête continue, qu'elle soit crédible, et que les responsables soient traduits en justice ».
Au Nigéria (134ème place – indice IPC 2.4): publication d’une liste de politiciens recherchés (une quarantaine de noms) sur le site de la Commission contre le crime économique et financier EFCC, EFCCnigeria.org.
Qu’en est il au Gabon ?
Le Gabon est à la 110ème place, avec un indice de 2.9, en baisse de 4 places sur l’année précédente. Ce qui permet à Gabonéco de dire que la « corruption se porterait bien au Gabon ».
L’agence en charge est la CNLCEI, dont le site Internet est www.CNLCEI.ga.
Financée par les bailleurs de fonds et sous la tutelle des Autorités gabonaises, elle n’a, à ce jour, publié que 4 rapports d’activité (2004, 2005, 2006 et 2008). Il ressort des indications données par l’AGP que depuis sa mise en place, elle s’est abstenue de statuer sur des cas avérés d'enrichissement illicite ou de sanctionner leurs auteurs.
Comparativement au site de son homologue nigériane (www.EFCCNigeria.org), l’information fournie est pauvre et non actualisée. En effet, pas de publications depuis décembre 2008. Son champ d’application est plus restreint (déclaration de patrimoine et sensibilisation) que celui de son homologue nigériane, qui s’intéresse aussi aux activités économiques.
En ce sens, l’agence nigériane reflète mieux les principes édictés par la Convention des Nations Unies contre la Corruption, la seule initiative internationale offrant un cadre permettant de mettre fin à la corruption et pour laquelle milite Transparency International.
Pour en revenir à l’Agence gabonaise, où en sont ces travaux ? Les personnes susceptibles d’alerter sur des cas de corruption sont-elles véritablement indépendantes et protégées ?
L’hebdomadaire Jeune Afrique annonçait il y a une dizaine de jours l’émergence de dossiers. Espérons que pour montrer son indépendance du Pouvoir, elle ne se bornera pas à pointer quelques cas marginaux ou sélectionnés en seule considération de leur positionnement politique, par exemple anciens dirigeants du PDG passés dans l’Opposition au sein de l’Union Nationale. Au Nigeria, la publication récente d’une liste de politiciens corrompus n’a pas plu au pouvoir en place, ainsi que nous le rappellent RFI et Gabonéco.
On se réjouit pour les membres de cette commission qui bénéficient à présent d’un régime spécial de retraite (cf AGP du 28/10/2010) qui vient d’être approuvé par le Sénat.
«Ces résultats indiquent que des efforts beaucoup plus importants doivent être accomplis vers le renforcement de la gouvernance à travers le monde. Lorsque les moyens de subsistance d’un si grand nombre de personnes sont en jeu, les engagements des gouvernements envers l’anti-corruption, la transparence et la redevabilité doivent se traduire par des actions concrètes. La bonne gouvernance est un élément essentiel de la solution aux problèmes de politique mondiale auxquels sont confrontés les gouvernements », a indiqué la présidente de Transparency International, Huguette Labelle.
«Tolérer la corruption est inacceptable : trop de personnes pauvres et vulnérables continuent de souffrir de ses conséquences à travers le monde. Il faut davantage de respect des lois et réglementations existantes. Il ne devrait y avoir aucun refuge pour les corrompus ou leur argent», a ajouté Huguette Labelle.

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Afrique du Sud -Le gouvernement sud-africain dévoile un plan de lutte contre la corruption

(Xinhuanet 29/10/2010)

JOHANNESBURG-- Le ministre sud-africain du Service public, Richard Baloyi, a dévoilé jeudi des projets pour lutter contre la corruption à travers un département spécial du gouvernement sud-africain.
Le quotidien Business Day à Johannesburg a rapporté que le nouveau département ciblera des hauts responsables gouvernementaux sud-africains ayant des intérêts non-déclarés, être payés pour travailler hors du gouvernement et solliciter des pots de vin et des subventions ou bénéfices.
S'adressant aux médias à Johannesburg, M. Baloyi a indiqué que la corruption est l'unique plus grande menace à la bonne gouvernance. Il a ajouté que la corruption a la propension à effondrer une économie.
Le ministre a souligné des mesures pour encourager les entreprises sud-africaines à prendre part à des mesures anti- corruption. "Nous devrions créer des prix d'aspiration pour les entreprises", a-t-il dit.
La semaine dernière, le ministre sud-africain de la Justice Jeff Radebe a indiqué qu'un rapport sur le niveau de référence de la corruption autorisant le peuple à suivre les améliorations dans le système sud-africain de justice sera publié en décembre.
Le rapport mesurera la corruption au sein de la police sud- africaine, des services pénitentiers, de renseignement, des forces de défense, et de l'Intérieur.
"L'accord constitue le programme d'action gouvernemental pour rendre l'Afrique du Sud plus sûre pour tous les citoyens et résidents et rendre le pays plus attrayant pour les investisseurs et les visiteurs," a indiqué M. Radebe.
Business Day a rapporté plus tôt dans la semaine que l'indice de perception de la corruption de Transparency International classe l'Afrique du Sud au 54ème rang sur 178 pays.

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R.D.C -Des instructeurs américains à pied œuvre pour restructurer les FARDC

(VOA News 29/10/2010)

RDC : L’exercice n’est pas facile car l’armée congolaise est sous équipée. L’indiscipline y est souvent la règle et il y a la barrière linguistique pour les soldats américains.
Les éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) ne sont pas étrangers aux nombreuses années d’instabilité et de rébellions successives en RDC. Les quelques 100 000 hommes qui constituent cette armée comprennent d’anciens rebelles et soldats de l’ancien régime qui ont souvent été accusés de pillage, viols, exécutions extrajudiciaires ainsi que de plusieurs atteintes aux droits de l’homme. Le Pentagone a envoyé des formateurs pour aider à réformer ces troupes.
Des soldats américains blessés dans les rues de Kinshasa ? C’est une simple simulation faisant partie d’une formation de deux semaines de quelques 300 soldats congolais et personnel médical. L’opération surnommée « Medflag 10 » est supervisée par Africom, le centre de commandement américain pour l’Afrique.
« Pour les congolais c’est une chance d’apprendre quelques techniques de l’armée américaine », explique Todd Johnson, lieutenant-colonel américain. Le besoin de formation est évident. Selon l’ONG Oxfam, les deux tiers des viols au Congo sont perpétrés par des soldats et des policiers. Les Américains espèrent contribuer à changer cet état de fait.
« L’objectif réel est d’aider, apporter un soutien au gouvernement congolais pour que ses soldats puissent mieux protéger la population civile et fournir une meilleur sécurité », a déclaré Marc Dillard porte parole de l’ambassade americaine a Kinshasa.
L’exercice n’est pas facile car l’armée congolaise est sous équipée. L’indiscipline y est souvent la règle et il y a la barrière linguistique pour les soldats américains. « Le plus difficile est la barrière de la langue. Lorsque nous avons un interprète, il parle en français alors que la plupart des soldats congolais s’expriment en Lingala donc il faut une seconde interprétation qui augmente le facteur temps », souligne le sergent Stuart Hammer.
L’examen final pour les soldats congolais, c’est d’entrer en contact avec des civils dans une clinique de Kinshasa fournissant des soins de santé gratuits. Médecins, dentistes, infirmiers, américains et congolais ont travaillé côte à côte pour soigner près de 2000 malades sur plusieurs jours. Dans le même temps une autre équipe de soldats américains termine une formation d’une année pour une unité congolaise à Kisangani.

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Cameroun, Centrafrique, Nigeria, Tchad -Le lac Tchad en voie de disparition

(Cyberpresse 29/10/2010)

"Le lac Tchad est en train de disparaître", affirme Abdoulaye Tcharimi, agent du ministère de l'Environnement, qui est né et travaille à Bol, la principale ville sur les bords du lac Tchad, dont la taille a été divisée par dix en 50 ans, selon certains experts.
Le lac Tchad, dont le sud borde le Cameroun et le Nigeria, est au centre d'un forum international de vendredi à dimanche à N'Djamena rassemblant des dizaines de dirigeants, experts et spécialistes de l'environnement.
En 1960, la taille du lac était de 25.000 km2, aujourd'hui, elle avoisinerait 8.000 km2, voire 2.500 km2, selon différentes estimations. Les autorités et certains experts attribuent son rétrécissement au réchauffement climatique, alors que d'autres avancent des causes multiples et notamment sa surexploitation pour l'irrigation ou pour les besoins en eau des villes.
"Il y a une trentaine d?années les eaux du lac arrivaient jusqu?ici, où nous nous trouvons (devant la résidence du gouverneur de Bol), la ville était toute petite. Aujourd?hui la berge se trouve à plus d?un kilomètre de la résidence", se souvient avec amertume Abdoulaye Tcharimi.
Autour de Bol, des canaux et des bras d'eau asséchés témoignent aussi d'une époque où l'eau occupait un espace immensément plus grand. En s'éloignant des berges, on s'enfonce rapidement dans le sable et les paysages désertiques.
Si certains experts le font remonter à plus loin, Abdoulaye Tcharimi situe le rétrécissement du lac à la sécheresse de 1973.
Cette sécheresse qui a touché tout le pays "a été à l?origine du déplacement de populations de différentes régions du Tchad vers le lac, notamment des éleveurs à la recherche de pâturages pour leurs animaux", explique-t-il.
"Vers les années 1984-1985 le lac s?est encore plus asséché, laissant apparaître des îles. Cela a modifié la vie des habitants" qui se sont déplacés pour s'installer sur les îles, raconte M. Tcharimi.
Mécaniquement, la réduction du lac a réduit la surface des terres cultivables à son pourtour. "Quand il était plein, il y avait dans la région des vrais cultivateurs et des vrais éleveurs. Faute de terre cultivable, ils se sont transformés aujourd?hui en pêcheurs par la force de chose pour subvenir à leur besoin", explique M. Tcharimi.
L'afflux de population autour du lac, au Tchad, mais aussi au Nigeria et au Cameroun, a également contribué à son dépérissement, selon des experts. "Les pays voisins sont les plus grands utilisateurs de ses eaux, nous les Tchadiens nous les exploitons mal", se plaint M. Tcharimi.
"Le rétrécissement des eaux du lac a eu aussi pour conséquence la disparition de 150 espèces de poissons. Aujourd?hui il n'en existe plus qu'à peine une dizaine, et tous les autres animaux aquatiques ont disparu", souligne Tcharimi.
"En 2008, le gouvernement a pris une décision pour protéger non seulement l'ensemble de l'ichtyofaune, mais aussi et surtout pour pérenniser et rationaliser la production halieutique. C'est pourquoi nous avons interdit la pêche avec des filets à petites mailles", déclare Brahim Hamdan, délégué de l'Environnement pour la région du lac.
Mais les récentes pluies ont provoqué une montée conjoncturelle des eaux, rendant toute pêche impossible sans ces filets à petites mailles.
"Nous passons parfois 24 heures sur le lac à la recherche du poisson sans rien prendre", se plaint part Kayia Oumar, pêcheur d'origine malienne, habitant de l'île de Kinassorom.

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Rwanda -Paul Rusesabagina rejette les accusations des autorités

(Afrique Actu 29/10/2010)

Les autorités rwandaises accusent Paul Rusesabagina, dont l’histoire durant le génocide a inspiré le film « Hôtel Rwanda », de « terrorisme » et de soutenir le mouvement rebelle hutu FDLR basé en RDC. M. Rusesabagina, qui vit aux Etats-Unis, gérait en 1994, à Kigali, l’Hôtel des Mille Collines où un millier de Tutsi avaient trouvé refuge.
Le procureur général, Martin Ngoga, a affirmé disposer de preuves de transferts d’argent par M. Rusesabagina, avec l’aide de Victoire Ingabire – actuellement détenue sous l’accusation de participation à la création d’une organisation terroriste – à destination des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Paul Rusesabagina, actuellement hospitalisé à Bruxelles, a rejeté ces accusations. Dans une interview à la VOA à partir de Bruxelles, il a dit n’avoir pas envoyé d’argent au Rwanda depuis au moins sept ans. Il a accusé le gouvernement rwandais de mener une campagne en vue de le salir. « Il y avait une campagne de dénigrement qui avait été commencé par le président Kagamé lui-même par des insultes à ma personne, et puis des menaces d’élimination physique par des accidents de voiture », a déclaré Rusesabagina.
L’ancien directeur de l’Hôtel des Mille Collines a dit que sa fondatation « Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation, a toujours été l’avocat de la solution par le dialogue. » Il a cité notamment les conférences organisées par cette fondation basée à Chicago.
« Les dirigeants du Rwanda sont des gens qui sont aussi accusés d’avoir commis un génocide contre les Hutus au Congo ; ce sont des criminels et génocidaires présumés, comme tant d’autres génocidaires présumés qui sont dans l’impasse, et qui voudraient se défouler sur la population », a déclaré Paul Rusesabagina.

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Namibie -La Namibie se bat contre une apparition de la grippe A/H1N1

(Xinhuanet 29/10/2010)

WINDHOEK -- La Namibie a activé les mesures de surveillance et de santé après le déclenchement du virus contagieux A/H1N1 dans une école du nord du pays et dans une école des personnes souffrant de déficience visuelle à Windhoek.
Le ministre namibien de la Santé et des Services sociaux, le Dr Richard Kamwi, a confié mercredi à l'Assemblée de 72 sièges que près de 1000 étudiants d'Oshikuku, de la région d'Omusati dans le Nord de la Namibie et ceux de la région de Khomas au centre du pays "ont été aperçus présentant des symptômes semblables à la grippe".
Les symptômes de la Grippe A, communément connue comme A/H1N1, sont: une forte fièvre dépassant 38 degrés, une gorge sèche, la toux, un nez bouché et qui coule, les vomissements et la diarrhée.
Le ministre de la Santé a indiqué que des prélèvements ont été effectués conformément aux directives et que des spécimens ont été envoyés à un laboratoire agréé de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Afrique du Sud et à l'Institut namibien de pathologie (NIP). Sur les 31 prélèvements pris au hasard qui ont été envoyés, 29 ont été testés positifs et deux se sont avérés négatifs.
"A cet égard, nous pouvons conclure que tous ceux qui présentaient des symptômes similaires à l'A/H1N1 sont supposés atteints par la grippe A/H1N1. Il n'y a pas eu de complications graves et aucun décès" n'a été signalé, a indiqué le ministre de la Santé, ajoutant que les cas confirmés "sont concentrés dans un petit nombre d'écoles et résidences isolées à Oshikuku, dans la Région d'Omusati, et à Windhoek, dans la Région de Khomas.
Dépuis les premières apparitions de la maladie à travers le monde en 2009, les experts ont prédit que la grippe A/H1N1 continuera de circuler comme un virus saisonnier pendant les années à venir et l'alerte initiale de l'OMS était liée au fait qu'il est et reste possible que la grippe A/H1N1 effectue une mutation vers un virus plus dangereux causant des maladies plus graves et peut-être plus de décès.

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Bénin -Cotonou, ville naufragée

(Courrier International 29/10/2010)

Dans le pays, des milliers de logements sont inondés. Près de 600 000 Béninois sont victimes des intempéries. La faute aux autorités, qui ont fait preuve d'une faiblesse coupable dans la délivrance des permis de construire.
Depuis quelques semaines, Cotonou, la capitale économique du Bénin, est une ville sinistrée. Et pour cause, les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers temps ont fait bien des dégâts. Outre le fait que des voies ont été envahies par l'eau, ce sont les habitants des zones inadaptées à la construction à Cotonou qui ont payé le plus lourd tribut. "J'ai perdu deux de mes enfants, morts noyés, quand l'eau nous a surpris", a déclaré une femme de la périphérie de Cotonou. A ces deux enfants, il faut ajouter 41 autres victimes officiellement répertoriées.

On enregistre pour le moment sur l'ensemble de la région méridionale quelque 55 575 maisons et 276 écoles ayant fait les frais de la furie de l'eau dans 42 des 77 municipalités que compte le Bénin, mais c'est surtout à Cotonou que ce phénomène est manifeste. Sur les 1 million de personnes touchées dans le pays, 680 000 se trouvent dans une grande précarité.
Pour faire face à cette catastrophe inédite en raison de l'intensité particulière des pluies de cette année, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) se prépare à mettre en place un pont aérien afin d'apporter une assistance à l'ensemble des sinistrés, dont une bonne partie a quitté son lieu d'habitation. Pour le Dr Paulin Houénassi, de la Croix-Rouge béninoise, "les zones de réinstallation qu'ils ont choisies sont insalubres et infestées de moustiques". D'où la crainte d'une épidémie de choléra. A ce jour, 800 cas ont déjà été signalés.
"Notre travail au Bénin consiste à assurer la protection et l'assistance aux réfugiés et aux demandeurs d'asile, soit une population de 7 300 personnes. Toutefois, nous avons été appelés à répondre aux besoins d'urgence des sans-abri se trouvant dans les régions du sud du pays", a déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse. Le HCR a déjà fourni des moustiquaires et prévoit environ 3 000 tentes.
Quant au Programme alimentaire mondial, il a mis à la disposition des victimes 445 tonnes de maïs et 87 tonnes d'huile, avec des aliments thérapeutiques au profit des hôpitaux et d'autres centres de santé dans 3 communes.
Ironie du sort, les inondations sont survenues au moment même où, à l'Assemblée nationale, les députés votaient la loi portant gestion de l'eau en république du Bénin. Laquelle a pour objectif d'"assurer une gestion intégrée des ressources en eau et de façon à prendre en considération ensemble et à concilier les différentes utilisations et fonctions physiologiques, socioculturelles, économiques, environnementales de l'eau, afin d'assurer une utilisation équilibrée, une répartition équitable et une exploitation durable de la ressource disponible".
Toutes proportions gardées, le phénomène presque récurrent d'inondations plus ou moins graves que connaît la ville de Cotonou est en grande partie imputable à tous ceux qui ont eu à un moment ou à un autre la charge d'administrer la capitale économique du Bénin. Il est de notoriété publique que, dans Cotonou et sa périphérie, on fait déguerpir les "faibles" de force après coup et on laisse parfois s'établir les "forts" ou les corrupteurs sur des zones inondables ; il y a là un grand malaise que l'Etat doit avoir le courage et la fermeté de régler une bonne fois pour toutes. Et de façon juste et équitable.
Le pire, c'est que la ville de Cotonou étant située en grande partie dans une zone marécageuse, certains habitants se sont entêtés à ériger des habitations précaires à des endroits où la moindre pluie provoque systématiquement une inondation dans les maisons. Parfois, sans même des titres de construction. A cela il faut ajouter les caniveaux mal récurés et le prélèvement illégal de sable sur les plages de Cotonou.
Depuis l'avènement de l'ex-président Nicéphore Soglo à la tête de la mairie de Cotonou, il a été mis en place, sous la houlette de son fils Léhady Soglo – le premier adjoint au maire –, ce qu'ils ont appelé l'opération 3CI ou CCCI (Cotonou en campagne contre les inondations). Mais, chaque année, cette opération, censée fonctionner normalement à chaque saison des pluies, se révèle être un simple slogan. Dans tous les cas, la ville de Cotonou a besoin d'un grand programme d'évacuation d'eau et d'aménagement urbain. Et pour cela, il faut bien faire tomber des maisons.
C'est la seule façon de faire l'économie des inondations fréquentes et d'avoir une capitale moderne qui réponde aux exigences d'un véritable développement. Seulement voilà, le Bénin n'a pas encore trouvé le président qui dispose à la fois d'un charisme, d'une vision et d'un courage politique pour accomplir cette œuvre de salubrité nationale.
Serge Félix N'Piénikoua  

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jeudi 28 octobre 2010

Guinée -Après plusieurs reports, le second tour de la présidentielle guinéenne fixé au 7 novembre

(Le Monde 28/10/2010)

Le président de la transition en Guinée, le général Sékouba Konaté, a fixé au 7 novembre la date du second tour de la présidentielle, mercredi 27 octobre, au terme d'une journée d'âpres tractations, quatre mois après le premier tour et une série de violences politico-ethniques dans l'Est. La date du 7 novembre a été fixée par décret présidentiel, lu à la télévision d'Etat.
Un accord avait été trouvé dans la soirée au palais présidentiel où le général Konaté avait réuni les deux candidats Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé. Etaient également présents pour cette nouvelle consultation l'envoyé spécial du médiateur Blaise Compaoré, le général burkinabé Ali Traoré, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le général malien Siaka Sangaré et des personnalités religieuses.
"TOURNÉE DE SENSIBILISATION"
Les deux candidats, qui se sont serré la main à l'occasion de cette réunion, ont, en outre, accepté de mener une "tournée de sensibilisation" jeudi "dans les préfectures de Mamou, Kissidougou et Siguiri, touchées par des scènes de violences". Selon la télévision d'Etat, cette démarche "initiée et souhaitée par le président de la transition [a pour but] de rapprocher davantage les candidats et d'indiquer à leurs partisans qu'ils sont condamnés à travailler et à vivre ensemble".
Le candidat Alpha Condé, opposant historique qui avait obtenu 18 % des suffrages le 27 juin, souhaitait que le scrutin ait lieu dès dimanche 31 octobre, comme l'avait proposé mardi la CENI. Mais le candidat Cellou Dalein Diallo, favori du scrutin après avoir obtenu 43 % des voix au premier tour, demandait un délai d'une semaine supplémentaire, le temps de "restaurer la paix" et "la confiance entre les communautés" dans des villes de l'Est. Il avait notamment fait valoir que de nombreux électeurs peuls avaient fui leur domicile après des violences en fin de semaine.

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Vers un nouveau partage du pouvoir en Côte d’Ivoire ?

(Un Monde Libre 28/10/2010)

La présidentielle ivoirienne, reportée depuis 5 ans, devrait enfin avoir lieu le 31 octobre 2010. Sauf cafouillage de dernière minute, les Ivoiriens devraient enfin pouvoir choisir leur futur leader. Le chemin aura été bien long, après huit années de conflit et d’inertie politique ayant fait flamber la pauvreté, et après d’interminables files d’attente pour se faire enrôler puis pour retirer les cartes d’identité et les cartes d’électeur.
La Côte d’Ivoire demeure coupée en deux
Certains qualifient ce scrutin à haut risque et pour cause : malgré les discours apaisants sur la situation, le nord du pays est toujours aux mains de l’ex rébellion qui assure la sécurité, conserve des barrages de contrôle à l’entrée et à l’intérieur de la zone, dispose de ses propres ressources à travers l’exploitation des richesses naturelles et d’un système de taxes. Ainsi, pour contourner ces tensions, l’idée d’un partage du pouvoir après les résultats du scrutin se fait de plus en plus pressante. Ce partage, entré dans la pratique lors des accords de Marcoussis en janvier 2003, serait également un gage de paix et de stabilité car tout le monde pourrait ainsi bénéficier des largesses du pouvoir.
La notion d’un partage généreux du pouvoir
Cette notion de générosité dans le partage interroge pourtant lorsqu’on analyse la situation du point de vue des populations ivoiriennes. Une démocratie repose, entre autres, sur une compétition entre des partis politiques et un libre choix des électeurs. Les partis, dans l’élaboration d’une démocratie, doivent accepter le multipartisme, c’est acquis en Côte d’Ivoire, mais ils doivent également se contraindre à un respect de l’alternance au gré d’élections démocratiques. Le pouvoir partagé revient à un partage du gâteau au profit de petits groupes d’hommes au détriment des populations. Tout le monde est dans le même bateau, s’il coule tout le monde est impliqué mais personne n’est responsable.
Au-delà, le partage du pouvoir est une imposture envers les populations qui n’ont plus de raison de se rendre aux urnes si leur choix est trahi et bafoué. Seraient-elles là uniquement pour légitimer, face au monde, un modèle démocratique sans consistance ? Seraient-elles là uniquement pour légitimer la soif de pouvoir de petits groupes qui pourraient ainsi agir en toute impunité ? Ce partage, nous l’avons vu ces dernières années, ne peut conduire qu’à l’inertie, à la loi du silence, comme le montrent les exemples du Kenya et du Zimbabwe.
On entend dire qu’ailleurs, en France, aux Etats Unis, on s’oriente également vers un partage du pouvoir. La comparaison ne tient pas. Dans ces pays, l’ouverture politique à des personnes issues des camps adverses relève plus de la volonté d’affaiblir l’opposition. Ces recrutements sont individuels. Ce ne sont pas, comme en Afrique, les partis politiques dont sont issues les recrues qui les désignent à leur poste. Les nouvelles recrues entrent ensuite pleinement dans la vision de l’équipe en place. Elles sont bien souvent exclues de leur propre parti politique et adoptent ensuite les couleurs politiques de leur nouvelle équipe et ce n’est pas non plus le cas en Afrique. Ce modèle de partage opportuniste à l’occidentale n’affaiblit nullement la vision globale et n’entrave pas l’action de l’équipe en place.
L’exercice du pouvoir par l’équipe sortie des urnes
A l’inverse du modèle de partage, l’exercice du pouvoir par l’équipe de politiciens sortie majoritaire des urnes permet de mettre en place le programme choisi par les populations donc de respecter leur choix. Le flou disparaît car les dirigeants en place ont les rennes en main, peuvent travailler efficacement et deviennent pleinement responsables face aux populations et face à l’opposition qui peut exercer son rôle de contre-pouvoir efficacement. Il faut sortir de l’image réductrice d’une opposition perdante qui reste à ruminer à la maison en attendant le prochain scrutin ou pire le prochain renversement. Dans une démocratie, l’opposition est en principe active et est un contre-pouvoir essentiel qui permet de limiter les dérives de l’équipe en place. L’opposition, au même titre que les médias, est censée veiller au respect des intérêts des populations. Ce rôle lui confère une forte responsabilité démocratique et une place importante dans la vie de la nation. Si la règle du jeu est respectée, l’alternance politique est facilitée. Ce mode de gouvernance, loin de l'égoïsme conduit au respect de l’intérêt public. L’obligation de résultats, familière au chef d’entreprise, s’impose alors aux responsables politiques qui sont comptables des deniers publics.
Ça va aller !
L’élection qui arrive devrait être un moyen de sortir de cette situation exceptionnelle qui est souvent prise comme alibi à l’inertie et, à travers la légitimité des urnes, rétablir l’ordre et l’équilibre démocratique. Il faut cesser la fuite en avant qui consiste à voiler les vrais problèmes pour paraître bon élève face à la communauté internationale et fin négociateur face au peuple. Les Ivoiriens sont dans l’attente d’une équipe énergique qui saura rétablir l’Etat de droit et mettre en place un cadre institutionnel qui permettra la création de richesse.
Partout dans le monde on constate que la prospérité est en corrélation directe avec les libertés. Reconnaître des libertés individuelles et mettre en place un cadre institutionnel favorable à la création de richesse relèvent de la volonté des dirigeants. Alors que le partage du pouvoir incite à la déresponsabilisation, il serait regrettable que, quelque soit le leader sorti des urnes, cette échéance électorale tant attendue et tellement coûteuse se solde par un coup d’épée dans l’eau.
Auteur : Gisèle Dutheuil
Gisèle Dutheuil, est membre du think tank Audace Institut Afriqueet auteure de "A l'intelligentsia ivoirienne : Oser une nouvelle voie"

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