(Les Afriques 07/03/2011)
Bolloré Logistics, concessionnaire sur plusieurs ports africains qui s’est repositionné au Togo, lance un chantier de 300 milliards de francs Cfa au Port autonome de Lomé (PAL). Il entend construire, sur cette seule ouverture en eau profonde dans le Golfe de Guinée, un 3e quai d’un tirant d’eau de 15m.
Vincent Bolloré à la tête du sous-entendu « empire Bolloré » très implanté en Afrique, s’est rendu en personne à Lomé où il a observé, le 4 mars, avec le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé, le symbolique rituel de coup de pioche de lancement des travaux de construction de ce 3e quai au Port autonome de Lomé (PAL). L’ouvrage devra, à terme accueillir des navires porte-conteneurs d’une capacité atteignant 7.000 TEU. Il est inscrit dans un vaste chantier de modernisation et d’extension du terminal a conteneur du Port de Lomé. L’investissement du groupe français a tout son pesant d’or, 300 milliards de francs Cfa, et une justification de coup de pouce dans la relance de l’économie du Togo, au travers la modernisation du PAL pour lui conférer une dimension nouvelle et en faire une plateforme logistique de l’Afrique de l’Ouest. Il permet de doubler, en cinq ans, et de tripler, en dix ans, la capacité du Port de Lomé. «Aujourd’hui, lorsque nous montrons au Togo que nous sommes prêts à investir, nous montrons aussi à tous les investisseurs du monde qu’ils soient américains, japonais russes que c’est ici et aujourd’hui qu’il faut investir». Parole de l’investisseur Vincent Bolloré qui convainc qu’il s’agit de « choses concrètes dont on va voir les fruits sur la durée ».
Les résultats attendus de cet investissement sont très enchanteurs pour les autorités togolaises, outre mille emplois en perspective. Le ministre togolais des Transports, Ninsao Gnofam, fait mention d’une politique audacieuse d’investissement visant à traiter 1,2 millions de conteneurs à un horizon proche qui fera de Lomé la « vraie porte d’entrée privilégiée du Golfe de Guinée ». Un saut technologique par rapport à 300.000 conteneurs traités en 2010 avec près de 8.031.585 tonnes de trafic pour plus de 175 navires traités. En fait, la porte sur mer du Togo, en pleine concurrence avec les autres ports de la sous-région, est un passage de plus en plus privilégié pour les pays enclavés comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso et aussi le Tchad qui y nourrit des ambitions. A présent, le groupe Bolloré joue visiblement sa carte de grand investisseur et conforte sa position sur le PAL. Il a presque les coudées franches après avoir pris le dessus dans une affaire qui l’y a opposé au groupe Progrosa de Jacques Dupuydauby. Et c’est par l’une des filiales de gestion des conteneurs et de manutention conventionnelle au cœur de la brouille, la Société d’Entreprises de manutention maritime (SE2M-Togo), que le groupe Bolloré confirme son véritable grand retour au Togo.
Par Olivier TOVOR, Lomé
© Copyright Les Afriques
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire