jeudi 17 mars 2011

Sénégal -Les coupures d'électricité affectent l'activité économique du Sénégal

(SYNTHESE) (Xinhuanet 17/03/2011)

DAKAR -- En plus de porter un sacré coup au bien-être des populations, les longs délestages d'électricité affectent sérieusement l'activité économique nationale, selon les analystes.
Ces délestages ont provoqué une perte de croissance de 1,4% en 2010 et menacent les prévisions de la Banque mondiale en termes de croissance économique en 2011, indique la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), une structure du ministère sénégalais des Finances.
Dans une étude publiée mardi, la DPEE révèle que le secteur secondaire est le plus affecté par les délestages, avec une baisse de sa valeur ajoutée de 2 % contre 1,4 % pour le secteur tertiaire. Toutefois, l'acquisition par une frange importante des entreprises (76,6%) de groupe électrogènes a atténué l'impact négatif des délestages sur la production. Alors que dans le secteur informel, seules 30 % des entreprises sont sans moyen de recours adéquat.
Déjà en janvier 2011, les experts prévenaient que les prévisions de la Banque mondiale en termes de croissance économique pour le Sénégal de 4,5 % en 2011 sont sérieusement menacées à cause de l'énorme déficit énergétique enregistré depuis 2000 malgré les milliards déjà investis par l'Etat dans le secteur. « Un des risques pour les prévisions de 2011 pour le Sénégal demeure la crise énergétique qui peut fortement affecter la croissance, comme c'était le cas en 2009 », avertissait l' économiste de la Banque mondiale Alan Dennis.
L'expert ajoute que « avec le redressement de l'économie mondiale et la pression sur le prix du pétrole, un autre cycle de mauvaise performance économique du pays pourrait naître. Et au meilleur des cas, le taux de croissance économique actuel pourrait enregistrer 1,5 % de moins en 2011 ».
Le Sénégal, selon cet expert, doit le redressement de son économie et la hausse de 4,0 % de son Pib en 2010, à l' accroissement des exportations, des investissements étrangers directs et des transferts de fonds des travailleurs migrants.
Concernant les investissements, l'économiste El Hadj Mounirou Ndiaye révèle que depuis plus de cinq mois, pas un seul franc CFA n'a été investi au Sénégal à cause des coupures d'électricité. « Si cela continue, le taux de croissance va être négatif en 2011 », estime-t-il. Le manque à gagner journalier causé par les délestages est de 45 854 francs CFA par jour dans le secteur informel et 9,6 millions francs CFA par jour dans le secteur moderne selon une enquête de la DPEE publiée en octobre 2010. L' enquête a été réalisée auprès de 150 ménages, 300 entreprises du secteur informel et 125 unités du secteur moderne dans les 4 départements de Dakar.
Pour redresser la situation, le gouvernement a élaboré un plan d'urgence qui prévoit la location de groupes électrogènes en attendant l'installation par la Chine d'une centrale à charbon et l'acquisition d'une nouvelle centrale.

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