jeudi 3 mars 2011

Congo-Brazzaville : Les revenus pétroliers doivent servir au développement du peuple congolais

03/03/2011

Brice Mackosso, coordinateur de la coalition « Publiez ce que vous payez » au Congo-Brazzaville, est actuellement à Paris afin de participer à la Conférence de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Il revient sur les avancées et les défis à relever par la coalition.
Quelles sont les avancées qu’a permis la coalition « Publiez ce que vous payez » depuis huit ans au Congo Brazzaville ?
De manière globale, la question de la transparence est désormais dans le domaine public. Notre plaidoyer a poussé l’Etat congolais à adhérer à l’Initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE) en 2004, entrainant par ailleurs la participation des industries elles-mêmes à cette Initiative. Dans la même période, nous avons obtenu que la Société nationale des pétroles congolais (SNPC) soit auditée et que les résultats soient publiés. Cette pratique s’est systématisée. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, auprès de qui nous avons fait du lobbying, ont également porté nos préoccupations auprès du gouvernement. Ainsi nous avons obtenu la certification des revenus pétroliers encaissés par le Trésor public congolais. Chaque trimestre, un cabinet indépendant certifie ces revenus et les publie sur le site internet du ministère des finances.
Arrive-t-on aujourd’hui à savoir comment sont utilisés les revenus pétroliers versés à l’Etat ?
C’est le deuxième combat qui doit commencer aujourd’hui. Nous sommes partis de loin, d’une situation où nous ne savions même pas ce que le gouvernement recevait comme fonds. Maintenant que nous le savons, nous avons démarré des projets de suivi budgétaire, c’est-à-dire que nous observons ce qui est prévu dans le budget national pour le développement du pays. Par exemple, en 2007 et en 2008, après avoir étudié la part consacrée à l’éducation nationale dans le budget de l’Etat, les commissions Justice et Paix des différentes localités où étaient prévu des projets ont vérifié si ces revenus avaient été correctement dépensés.
Quelles sont donc les conclusions de ces enquêtes ?
Le résultat est catastrophique. Ces projets ont bien été prévu au budget mais ne sont pas exécutés sur le terrain ou alors seulement à 10 ou 20% de leur réalisation. Il y a donc une véritable hémorragie dans les finances publiques. C’est donc maintenant qu’il faut s’engager sur ce domaine de suivi budgétaire. La Banque mondiale a d’ailleurs lancé, il y a deux ans, ce qu’on appelle “l’ITIE ++”, qui voudrait s’intéresser également à la manière dont les revenus sont dépensés. Mais c’est encore à l’état de discussion au niveau international. Par ailleurs, la question n’est pas seulement de suivre ce que le gouvernement a prévu au budget mais également d’exercer une pression en amont afin d’influencer le choix des dépenses publiques. C’est un travail que nous avons déjà démarré depuis deux ans.

secours-catholique.org

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