(7sur7.cd 09/04/2010)
Les récents événements survenus à Mbandaka, chef-lieu de la province de l'Equateur et la question relative à la révision de la Constitution ont été au centre d'une conférence de presse animée hier jeudi à Faden House à Gombe par le coordonnateur a.i de l'Union pour la Nation (UN), l'honorable Clément Kanku Bukasa wa Tshibuabua.
Par sa voix ainsi que celles d'autres animateurs des partis politiques, membres de la plate-forme de l'opposition qui a soutenu le sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo aux élections de 2006, l'Un a tenu au travers de cette conférence de presse à rendre publique sa position sur ces sujets qui occupent l'actualité en RDC et sur bien d'autres encore afin de faire part de ses préoccupations sur les problèmes que connaît le pays.
En effet, pour l'UN, la situation survenue à Mbandaka le dimanche dernier, au cours de laquelle un petit groupe d'insurgés identifiés comme des ex-combattants Enyele ont investi la ville pendant près d'une journée avant d'être délogés, traduit tout simplement l'incapacité du gouvernement à sécuriser la population de cette partie de la République.
L'UN considère cette incursion de Mbandaka comme un manquement grave dans le chef de certains responsables ayant la responsabilité d'assumer directement la sécurité de la population de la ville de Mbandaka, notamment le chef d'état-major des FARDC, l'Inspecteur général de la Police nationale et bien d'autres qui selon la plate-forme de l'opposition doivent normalement démissionner de leurs fonctions.
S'agissant de la question liée à la révision constitutionnelle que soutient la majorité au pouvoir, l'UN la juge inopportune pour des raisons qu'elle a avancées, au cours de la conférence de presse.
Outres les deux sujets ci-haut évoqués, Clément Kanku, Jean-Baptiste Bomanza, Martin Fayulu et bien d'autres figures de l'UN ont, au cours du face à face d'hier avec la presse, abordé des points ci-après :
Du processus électoral
Les élections étant d'une importance capitale dans tout Etat démocratique, sur ce point nous parlerons de la révision du fichier électoral et de la lettre de la Communauté internationale au président de la République.
De la révision du fichier électoral
Chers amis de la presse,
Ce qu'il faut retenir à ce sujet est que la CEI et ses dirigeants n'ont jamais été et ne sont plus crédibles pour superviser le processus électoral dans notre pays.
La mauvaise gestion, c'est-à-dire la mauvaise gouvernance qui a élu domicile dans cette institution n'est un secret pour personne. Il suffit seulement de s'en tenir aux dénonciations de la grande majorité des membres de son bureau, pour s'en convaincre.
C'est pourquoi, pour l'Union pour la Nation, la CEI expédiant les affaires courantes et que la loi sur la CENI étant sur le point d'être adoptée, par le Parlement, la CEI n'est plus qualifiée pour traiter de la question électorale.
En clair, la CEI doit cesser avec des initiatives comme la révision du fichier électoral et ne s'occuper que de la préparation de la remise et reprise avec la CENI. Que le parlement fasse diligence pour adopter la loi sur la CENI.
De la CENI
Etant donné que la Constitution du 18 février 2006 stipulait déjà en son article 229, nous citons " la présente Constitution, adoptée par référendum, entre en vigueur dès sa promulgation par le président de la République ", la loi organique sur la CENI aurait dû figurer parmi les matières prioritaires que la première session du Parlement de l'actuelle législature aurait dû traiter et adopter car, le processus électoral de 2006 ne s'était pas achevé et que, comme nous l'avons dit précédemment, l'actuelle CEI et ses dirigeants n'étaient plus crédibles.
Chers amis de la presse
La non adoption de cette importante loi organique pour la sécurisation de la démocratie dans notre pays est conforme à la volonté de l'actuel pouvoir consistant non seulement à ne pas clore le processus électoral de 2006, mais aussi et surtout de renvoyer sine die l'organisation des élections générales en 2011 et tenter de prolonger son mandat en violation de la Constitution.
Ainsi, l'Union pour la Nation lance un appel pathétique aux parlementaires comme ça urge, de tout mettre en œuvre pour adopter la loi organique sur la CENI et de prendre une résolution interdisant à la CEI (expédiant les affaires courantes) de ne faire quoi que ce soit en rapport avec le processus électoral et ne s'activer qu'à la préparation de la remise et reprise avec la CENI.
En procédant ainsi, nos parlementaires, non seulement vont sauver ce qui peut encore l'être, mais aussi et surtout, notre peuple qui n'a tiré aucun bénéfice de cette législature, leur sera tant soit peur reconnaissant.
Bref, pour l'Union pour la Nation, la CEI de triste mémoire doit, toutes affaires cessantes, cesser de prendre des initiatives en rapport avec le processus électoral et ne préparer que la remise et reprise avec la CENI et que le Parlement mette tout en œuvre pour adopter la loi organique sur la CENI afin qu'elle soit promulguée le plus rapidement possible pour qu'en définitive cette institution stratégique pour la démocratie soit installée.
De la révision de la Constitution
Chers amis de la presse,
Le législateur, de par l'article 218, a prévu la possibilité, les conditions ainsi que les modalités d'une révision constitutionnelle. Par contre l'article 220 interdit formellement les révisions constitutionnelles de certaines matières : " La forme républicaine de l'Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre de la durée des mandats du président de la République, l'indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l'objet d'aucune révision constitutionnelle. Et formellement interdite tout révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et liberté de la personne ou de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées ".
Mais, pensons, au niveau de l'Union pour la Nation que cette initiative est suspecte et susceptible d'ouvrir la boîte à pandore et de remettre en cause toutes les institutions et, cela pour des raisons suivantes : 1. Il n'y a pas que les 26 provinces qui ne sont pas encore mise en place, mais et surtout les institutions comme la Cour Constitutionnelle, le Conseil d'Etat, la Cour de Cassation (Art. 223 de la Constitution) et le Conseil économique et social (Art. 208 ) ; 2. le nombre de provinces qui sous-tend en priorité la révision Constitutionnelle est parmi les matières non concernées par cette initiative. En effet, l'article 220 de la Constitution qui interdit la révision de certaines matières et, on ne peut plus claire à travers son deuxième alinéa : " Est formellement interdit toute révision Constitutionnelle ayant pour objet, pour effet de réduire les droits et libertés de la personne ou de réduire les droits et libertés de la personne ou de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées " ; 3. la révision de l'article 2 de la Constitution en rapport avec le nombre de provinces va entraîner ipso facto la dissolution du Sénat car, l'article deux de la présente Constitution constituent les circonscriptions électorales des sénateurs de la première législature. La loi électorale détermine les conditions d'un quota additionnel à la ville de Kinshasa pour les élections des Sénateurs ". Ainsi, nous affirmons, sans crainte d'être contredits que l'actuelle majorité au pouvoir ne doit pas se prévaloir de ses propres turpitudes dans le mœurs des Sénateurs " Ainsi, nous affirmons, sans crainte d'être contredits que l'actuelle majorité au pouvoir ne doit pas se prévaloir de ses propres turpitudes dans la mesure où : a) dès le début de l'actuelle législature aucun effort n'a été fourni pour non seulement mettre en place toutes les institutions prévues par l'actuelle Constitution mais aussi et surtout pour installer les nouvelles provinces conformément à la Constitution ; b) au lieu de clore le processus électoral de 2006 en organisant les élections urbaines, municipales et locales d'où devaient sortir les animateurs de nouvelles provinces et autres entités administratives décentralisées, l'actuelle majorité au pouvoir préfère nommer des cadres de son obédience à la petite territoriale et crée des nouvelles entités telles que ville et commune rurales.
C'est pourquoi, l'Union pour la Nation lance un appel patriotique au Président de la République afin qu'il relise son serment contenu dans l'article 74 de la Constitution et respecte sa position qu'il a encore réitéré devant le Congrès le 7 décembre 2009 selon laquelle il n'était pas pour la révision de la Constitution.
Donc, les motivations avancées jusque-là pour justifier la révision constitutionnelle ne tiennent pas débout. L'on se rappellera du cas maréchal Mobutu et dans un passé récent de celui du Mamadou Tanja au Niger.
Cette matière étant hautement sensible, et produit des laborieuses concertations à travers le Dialogue inter Congolais, l'UN pense que c'est inopportun.
De la position de l'Union pour la Nation sur le départ de la Monuc
L'Union pour la Nation pense que la Monuc ne doit pas rester éternellement dans notre pays nonobstant les services qu'elle nous a rendus. Mais la question objective qui nous vient à l'esprit est celle de l'opportunité de ce départ éventuel.
En outre, l'Union pour la Nation ne comprend pas l'empressement du pouvoir en place et cela à la veille des élections de 2011, d'exiger à tout prix le départ de la Monuc.
Il appartient donc au Parlement de nous aider à comprendre les motivations réelles du pouvoir actuel en exigeant à tout prix le départ de la Monuc, à travers l'interpellation du gouvernement.
De la situation socioéconomique du pays
Il n'est un secret pour personne que tous les indicateurs de la vie socioéconomique sont au rouge et, nos populations vivent une misère jamais connue dans l'histoire de notre pays. Les exemples sont légion à ce propos :
- Le délestage permanent de l'eau et de l'électricité, voire même le délestage du manger ;
- Le génocide intellectuel à travers la démission de l'Etat qui refuse de prendre en charge l'enseignement national à tous les niveaux, abandonne celle-ci (la charge) aux parents d'élèves et étudiants ; le comble de tout est que le gouvernement prélève de l'argent dans ce que paient les parents pour la motivation des enseignants ;
La gratuité de l'enseignement primaire exigée par la Constitution en son article 43 est demeurée lettre morte par manque de volonté politique dans le chef du pouvoir en place.
Ce génocide intellectuel se constate aussi à travers la spoliation du patrimoine de l'Athénée de la Gare, l'Athénée de la Gombe ainsi que l'Institut Dima ; la liste n'est pas exhaustive ?
- La grève des professeurs de l'Université de Kinshasa ;
- Le manque de transport en commun organisé par l'Etat aux niveaux routier, fluvial et lacustre ainsi qu'aérien ;
- L'impaiement des salaires des agents et fonctionnaires de l'Etat ;
- Le coût élevé des produits de première nécessité ;
- Le nombre constamment croissant des enfants de la rue et des kuluna ;
- L'instabilité de la monnaie nationale accompagnée de l'inflation ;
- L'échec de l'opération tolérance zéro qui tarde à atteindre les kuluna en cravate ;
C'est pour toutes ces raisons non exhaustives que notre pays est devenu PPTE, c'est-à-dire pays pauvre très endetté à la poursuite de l'hypothétique point d'achèvement.
En ce qui concerne ce point d'achèvement particulièrement, chers amis de la presse, l'UN pense qu'il pourra bien être atteint, mais ne sera pas une recette magique pour la résolution de nos problèmes car, 60 millions de dollars américains par an destinés au service de la dette est une goûte d'eau dans l'océan. Ainsi, le recouvrement de notre dignité humaine doit obligatoirement passer par la production et la bonne gouvernance.
La bonne gouvernance et le sens élevé de l'éthique et de la morale devront nous mettre à l'abri de la corruption, des détournements des deniers publics, du tribalisme, du népotisme et de toutes les autres antivaleurs tant décriées dans notre pays.
Bref, les Congolais doivent se mettre en tête que la solution à leurs problèmes ne découlera pas d'une baguette magique, soit-elle l'atteinte du point d'achèvement, mais plutôt de la bonne gouvernance en remettant tout le monde au travail productif.
Du dossier du sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo
Chers amis de la presse
L'Union pour la Nation peut se permettre de confirmer aujourd'hui comme elle n'a jamais cessé de le dire, que le dossier du sénateur Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République pendant la transition et président de l'UN, est un dossier plus politique que judiciaire.
L'évolution jusqu'à ce jour de ce dossier au regard de son dernier développement et de la requête des avocats du sénateur et président de l'UN, honorable Jean-Pierre Bemba Gombo, nous confortent dans notre position.
C'est ainsi que nous nous permettons d'affirmer que sa liberté va bientôt se matérialiser et cela pour les raisons suivantes :
1. Ayant déjà été blanchi par la justice centrafricaine qui a eu à connaître de ce qui lui est reproché par la CPI, il ne peut pas être jugé deux fois par deux instances judiciaires pour les mêmes faits ; même si c'est la CPI qui est la deuxième instance judiciaire ;
2. Le fait qu'il va bientôt totaliser deux ans de détention sans être jugé alors que le statut de Rome d'où est issue la CPI stipule que dépassé une année, si l'on n'est pas jugé et condamné, l'on doit bénéficier d'une liberté provisoire ;
3. La confirmation de la politisation de ce dossier à travers l'implication des régimes de Kinshasa et de Bangui telle que révélée par les avocats du sénateurs Jean-Pierre Bemba, lesquels régimes sont invités à comparaître à La Haye le 27 avril prochain suite à ce qui précède
En plus de sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo vient de bénéficier du soutien d'un grand nombre de parlementaires congolais qui viennent d'écrire à certaines personnalités belges pour solliciter son accueil en Belgique en cas de sa mise en liberté provisoire.
Tel est, chers amis de la presse, l'essentiel de ce qu'il faut retenir sur le dossier du sénateur et président de l'UN, prisonnier politique de Luis Moreno Ocampo.
De la situation des réfugiés de notre pays au Congo Brazzaville
Chers amis de la presse,
La situation de 115 000 de nos compatriotes réfugiés à Impfondo au Congo Brazzaville dans l'indifférence totale du régime de Kinshasa, ne peut pas laisser l'UN indifférente.
En effet, à part quelques gestes : de bonne volonté de la communauté internationale, la situation catastrophique de ce compatriotes ne semble pas préoccuper le pouvoir en place à Kinshasa.
Non seulement que ce régime issu des élections de 2006 ne s'apitoie pas sur le sort de ces compatriotes, mais aussi et surtout se livre à des propos les humiliant à travers des envolées oratoires, du ministre de la communication et médias, de surcroît porte-parole du gouvernement.
De la situation sécuritaire
Sur le plan sécuritaire, l'UN déplore l'action négative des FDLR au Kivu, de la LRA dans la province Orientale, des Flec à Tshela au Bas-Congo ainsi que l'afflue des réfugiés centrafricains en province Orientale fuyant les exactions de la LRA.
L'Union pour la Nation déplore et condamne une fois de plus l'incapacité du gouvernement à protéger la population. Elle s'étonne que cette information soit révélée par le HWR et confirmée par la Monuc alors que notre gouvernement a tenté de la dissimiler.
Les récents affrontements dans la province de l'Equateur plus précisément à Mbandaka ont prouvé une fois de plus l'incapacité de ce gouvernement à sécuriser les populations de cette partie du Congo.
Il vous souviendra dans un passé récent que le porte-parole du gouvernement avait rassuré le peuple congolais d'avoir neutralisé le groupe Enyele et touché mortellement par balle son chef.
La question que l'UN se pose est celle de savoir : S'agit-il du même groupe ou du groupe des pêcheurs se disputant des étangs de poissons ?
En date d'aujourd'hui, il y a lieu de s'étonner qu'un groupe dit des pêcheurs puisse tenir en échec toutes les forces déployées par le gouvernement jusqu'à investir le chef-lieu de l'Equateur pendant une journée, n'eut été l'intervention de la Monuc, on parlerait un autre langage aujourd'hui.
L'UN déplore également le laxisme du gouvernement vis-à-vis du gangstérisme opéré par certains députés provinciaux proches du pouvoir.
La même situation se passe dans d'autres provinces.
Tel est, chers amis de la presse, l'essentiel de notre communication et nous nous mettons à votre disposition pour des questions d'éclaircissement.
Nous vous remercions.
L'OBSERVATEUR
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