samedi 10 avril 2010

COTE D`IVOIRE - Crise camp présidentiel-Forces Nouvelles : Gbagbo-Soro : et si c`était une grosse comédie !?/Demain dimanche à Abidjan : Compromis en vue entre Gbagbo et Soro sur le processus électoral

(Le Nouveau Réveil 10/04/2010)
Dans ce qu'il est convenu d'appeler le bras de fer entre le camp présidentiel et les Forces nouvelles, un fait intrigue tout bon observateur. Le Chef de l'Etat et son premier Ministre semblent ne même pas être au courant des invectives croisées de leurs partisans respectifs. Ou alors, ils s'y attendaient pour les avoir prévues et planifiées.
La question que tout le monde se pose aujourd'hui est " dans tout cela, que disent Laurent Gbagbo et son Premier Ministre Guillaume Soro, au moment où les gens de leurs camps respectifs ont déterré la hache de guerre ? ". Difficile de situer l'un ou l'autre par rapport à ce qui se dit. On retient toutefois que le Chef de l'Etat et son Premier Ministre sont très loin (du moins pour l'instant) de l'animosité installée entre leurs hommes. A moins que cela ne soit de l'hypocrisie politique. S'ils n'ont pu être mis ensemble la semaine dernière par le Facilitateur à Bobo Dioulasso, ils ont cependant des occasions de se voir et d'échanger. La dernière en date est le Conseil des ministres qui s'est tenu le jeudi dernier. Avant la réunion proprement dite, Laurent Gbagbo et Soro Guillaume ont eu un tête-à-tête. De quoi ont-ils parlé ? Mystère et boule de gomme. Cela n'a toutefois pas empêché que la passe d'armes continue. Affi Nguessan, du côté du camp présidentiel, envoie de nouvelles flèches incendiaires à Soro Guillaume et aux Forces Nouvelles, au cours d'une réunion du FPI. Du côté des Forces Nouvelles, c'est Alphonse Soro, le Conseiller de Guillaume Soro, qui apporte la réplique dans une sévère mise au point. L'un dans l'autre, on constate que depuis que les deux camps s'empoignent, ni Laurent Gbagbo, ni Guillaume Soro n'ont rappelé à l'ordre leurs partisans, encore moins ne les ont découragés ou désavoués. De là à penser que chaque intervenant a la caution de son leader, il n'y a qu'un pas à franchir. Mais dans ce cas, à quoi riment les tête-à-tête entre le Chef de l'Etat et son premier ministre, s'ils n'influent pas sur ce qui pourrait déclencher de nouvelles hostilités ? Au fait, et si tout cela n'était qu'une vaste comédie de la part des signataires de l'APO qui ne se plaignent pas des reports de la présidentielle ! Dans le fond, les véritables profiteurs du statu quo sont les deux camps qui se partagent le pouvoir et les retombées du pouvoir.
Autre question, en face à ce blocage, que fait l'opposition ? Apparemment rien. Du moins en dehors des déclarations. Pour la plupart de leurs militants, il est difficile de comprendre que devant tant de dérives et d'actes de démission du régime en place, une opposition puisse se mettre en congés, pendant que le peuple espère en lui. A son nez et à sa barbe, on va vers le neuvième, le dixième, voire le onzième report de l'élection. Certes, le président Ouattara a dit dernièrement " tchoco-tchoco, on ira aux élections ". Il est vrai aussi que le président Bédié disait récemment : " quoiqu'ils fassent, on finira par aller aux élections ". On leur fait confiance. Mais la grande interrogation, c'est quand et dans quelles conditions ? Avec les circonstances actuelles, il est sûr que les Ivoiriens n'iront pas aux élections en fin avril-début mai comme l'a dit en février le facilitateur ; ils ne verront pas d'élection en fin juin comme souhaité par le dernier communiqué du Conseil de Sécurité. C'est improbable d'aller aux élections en août et septembre 2010. Mais alors quand et dans quelles conditions ?
Eddy PEHE
Demain dimanche à Abidjan : Compromis en vue entre Gbagbo et Soro sur le processus électoral
En Côte d`Ivoire, c`est en principe dimanche 11 avril à Abidjan qu`aura lieu une rencontre importante sur la relance du processus électoral entre le président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro. Et c`est " sans tabou " que les deux plus hauts dirigeants ivoiriens vont aborder les " questions qui fâchent " : l`audit de la liste électorale provisoire exigé par le camp présidentiel et le calendrier de désarmement des ex-rebelles des Forces nouvelles. A l`avant-veille de cette rencontre, il semblerait qu`un accord soit enfin trouvé sur ces deux difficultés de taille. En Côte d`Ivoire aussi, quand on a un problème, on crée une commission. Selon nos informations, Guillaume Soro aurait échafaudé un projet de commission d`experts chargée, sous son autorité, d`auditer la liste électorale dite " blanche ", celle qui est grosse de 5,3 millions d`inscrits, dans laquelle le camp présidentiel affirme avoir repéré quantité de fraudeurs. C`est exactement ce dont ne voulait pas entendre parler l`opposition comme les Forces nouvelles de Guillaume Soro. Mais, concède un officiel ivoirien proche du Premier ministre, " l`affaire de la liste ne peut pas être un casus belli ". Alors, s`il faut changer le mot " audit " par un autre, " vérification ", ou " révision ", on le fera, et voilà tout. " Il y aura des grincements de dents, des contestations sur la méthode ", prévient ce cacique des Forces nouvelles, mais " ça va être réglé ". Dimanche soir, à l`issue de la réunion, les soutiens de Laurent Gbagbo pourraient donc avoir de quoi se réjouir, à charge pour eux de concéder aux Forces nouvelles le strict respect de l`accord politique de Ouagadougou, qui prévoit un désarmement à cheval sur la date de l`élection présidentielle et non avant le scrutin.

Par Rfi
Le tête-à-tête Gbagbo-Soro aura plutôt lieu à Abidjan, dimanche
Le tête-à-tête entre le Président de la République et le Premier Ministre , initialement prévu pour se tenir à Yamoussoukro , le dimanche 11 avril 2010 , se tiendra à Abidjan à la même date.

Service du Porte-Parole
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