jeudi 10 mars 2011

Togo - Violations de libertés publiques/ Togo : Les médias organisent une « Journée sans presse » ce jeudi

(Afriscoop 10/03/2011)

(AfriSCOOP Lomé) — Pour la deuxième fois en l’intervalle de deux ans, le Pmt (Paysage médiatique togolais) va organiser une « Journée sans presse » ce jeudi 10 mars 2011. Ce mouvement de “débrayage” s’inscrit dans le cadre d’une série d’actions revendicatives lancées par « Sos Journaliste en Danger », une association portée sur les fonts baptismaux en 2010 pour défendre l’exercice de la liberté de presse au Togo.
C’est au cours d’une conférence de presse organisée au siège de l’hebdomadaire « Crocodile News », à Lomé, que l’association « Sos Journaliste en Danger » a annoncé l’opération « Journée sans presse » de ce 10 mars 2011. A travers une déclaration, cette association a dénoncé le « mutisme du président Faure Gnassingbé » devant la fermeture de trois radios privées au Togo, « X-Solaire, Metropolys et Providence » le 29 novembre 2010, malgré son interpellation sur cette question.
Une fermeture que l’association sus-citée juge « illégale car violant les dispositions de la loi sur le secteur des postes et télécommunications au Togo ». Plus grave, « Sos Journaliste en Danger », se dit scandalisée par les « propos tenus par le Premier ministre Houngbo, (ndlr : en Europe), au détour d’une interview » accordée à nos confrères de « Radio Gameli ». L’ex directeur Afrique du Pnud a entre autres dit au cours de cette sortie médiatique : « (…) Lorsque nous demandons à ces trois radios de se conformer aux normes des médias, c’est encore un problème. D’ailleurs, nous leur avons donné deux fois de suite un délai d’avertissement. C’était une manière de leur donner la chance d’être en règle. Donc, je peux vous assurer qu’il existe une liberté d’expression au Togo ». Des propos que « Sos Journaliste en Danger » a assimilés à « une caution et à un ordre donné directement par les premiers responsables du Togo à l’Artp (Autorité de réglementation des télécommunications et des postes) pour fermer en toute illégalité les trois radios précitées ».
Battre le fer quand il est chaud
Devant ce décor sus-décrit qu’elle appelle « une violation constante et systématique des lois de la République togolaise) », la jeune association de journalistes togolais appelle les médias à observer une « Journée sans presse » ce 10 mars pour exiger la satisfaction de six (06) importantes revendications. Il s’agit entre autres de : « la réouverture sans conditions des radios X-Solaire, Metropolys et Providence ; l’annulation des procès contre les publications “Golfe Info” et “Tribune d’Afrique” ; la démission du Directeur général de l’Artp (Ndlr : Palouki Massina arrivé au terme de son mandat depuis 02 ans) ; l’augmentation substantielle de l’aide de l’Etat à la presse ; la réduction de 50% des redevances des médias audiovisuels et la restitution des 07 millions indûment amputés par le ministre de la Communication sur l’aide de l’Etat à la presse (gestion 2010) ».
Au cours de cette même conférence de presse, « Sos Journaliste en Danger » a pris soin d’indiquer qu’elle se « réserve le droit d’enclencher dans les tout prochains jours des manifestations d’envergure si ces revendications ne sont pas satisfaites dans les meilleurs délais ». « La presse doit être unie, au nom de la confraternité, pour donner du poids à ces revendications », a rappelé le bureau de « Sos Journaliste en Danger ». « Nos revendications ne sont pas nominatives ; notre credo est de préserver les conditions du libre exercice de la liberté de presse au Togo (…) Sur le plan pratique, au cours de la “Journée sans presse” ce 10 mars, les médias électroniques du Pmt diffuseront de la musique et notre déclaration présentée ce 08 mars. Sans oublier des explications de spécialistes en droit sur l’illégalité de la fermeture des trois stations de radio précitées », a encore expliqué « Sos Journaliste en Danger ».

jeudi 10 mars 2011 par Francis AMOUZOU
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