(Xinhuanet 15/12/2010)
La commission kenyane de lutte contre la corruption a annoncé mardi avoir achevé les investigations sur quatre ministres qui pourraient être traduits en justice dès le début de la semaine prochaine.
Le directeur de la Commission de lutte contre la corruption du Kenya (KACC), Patrick Lumumba, a aussi demandé au gouvernement de pas s'ingérer dans la guerre contre la corruption, accusée d'être à l'origine du retard de la nation est-africaine en terme de développement. "Leur soutien devrait être à la fois public et privé. Nous fonctionnons très bien et nous bouclerons nos enquêtes d'ici une semaine," a-t-il déclaré lors de la sortie du rapport pour la période allant de juillet 2009 à juin 2010.
"Nous avons déjà envoyé quelques lettres sur l'audit concernant le mode de vie. Nous voulons savoir par quelle magie ils sont parvenus à une certaine richesse alors que leurs salaires sont connus," a-t-il ajouté.
Le patron de la lutte contre la corruption a indiqué que sa commission souffrait d'un sous-effectif et était par conséquent incapable de satisfaire les attentes du Kenya. "Nous n'avons que 275 employés sur une population de 40 millions de Kenyans. Nos voisins d'Afrique de l'Est, la Tanzanie a une commission de lutte contre la corruption constituée de 1700 membres, pendant que celle de l'Ouganda en compte 600," a-t-il déclaré.
Le directeur a promis de faire pression sur le gouvernement pour une augmentation de son budget annuel de 18,5 millions de dollars américains afin d'augmenter le personnel qui abordera les incidents en hausse de corruption dans le pays.
Suite à la promulgation de la nouvelle constitution, la KACC espère ouvrir des bureaux dans tous les 47 comtés pour étendre sa lutte contre la corruption dans le but d'associer les gouvernements des comtés. "La plupart de ceux qui ont exprimé le désir de se présenter aux postes de gouverneur ont leurs regards rivés sur les 3 milliards de shillings (37,5 millions de dollars) qui devraient être alloués à chaque comté," a indiqué M. Lumumba.
Il a indiqué que la commission de lutte contre la corruption mène des "audits sur le mode de vie" de 45 chefs des sociétés parapubliques et leur a demandé d'expliquer comment ils ont acquis leur soudaine richesse en dépit de leurs maigres salaires.
En Octobre, M. Lumumba a déclaré que le KACC enquêtait sur les personnalités impliquées dans divers dossiers de corruption, notamment de détournement de fonds destinés à l'origine au relogement des Personnes déplacées internes (PDI).
"Nous enquêtons sur plusieurs officiels publics dont on ne peut révéler les noms à ce stade, mais avec le temps nous le ferons. Les enquêtes ne sont pas un sprint de 100 mètres, nous faisons de notre mieux, nous le faisons bien et refusons d'être piégés en accordant des opportunités", a indiqué M. Lumumba.
Le président du Conseil consultatif du KACC, Okong'o Omogeni, a qualifié le système judiciaire de plus grande entrave à la lutte contre la corruption. "Les affaires de corruption dans les tribunaux du Kenya prennent trop de temps à être jugées par rapport aux Etats-Unis où ces affaires sont jugées en un an", a expliqué M. Omogeni.
M. Omogeni a également demandé au système judiciaire d' accélérer les audiences et les conclusions des affaires pour permettre aux fonds publics d'être rendus et faire comprendre aux gens que "la corruption ne paie pas".
Le rapport énumère les défis et succès de l'organisme en charge de la lutte contre la corruption qui existe depuis mai 2005.
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