samedi 11 décembre 2010

Gabon: De la révision constitutionnelle.

(Le Post.fr 11/12/2010)

Dans la Grèce antique, des citoyens Grecs éclairés posèrent cette question au Sage Solon: "dites-nous, quelle est la meilleure constitution". il leur donna cette réponse empreinte de sagesse et d'humilité: "dites-moi pour quel peuple et à quelle époque". eh bien aujourd'hui il s'agit du Gabon. La constitution n'est pas un texte figé. Elle doit évoluer avec la société. ce n'est pas l'absence ou l'importance des révisions constitutionnelles qui rend faible un Etat, c'est quand celui-ci n'arrive plus à se gouverner parce que ses institutions ne répondent plus pour faire face aux différentes préoccupations du moment.
on l'a vu aux Etats-unis. Aucun article de la constitution américaine ne limitait les mandats présidentiels depuis washington Georges jusqu'à Roosevelt. C'est une pratique politique qui s'est imposée seule, à l'épreuve du pouvoir. mais lorsque francklin Roosevelt est élu après la crise de 1929, son deuxième mandat s'achève au moment où la deuxième guerre mondiale éclate. Les citoyens américains estiment que puisque c'est lui qui était au pouvoir depuis huit ans, il n' y a que lui qui peut le mieux conduire l'Amérique dans cette période trouble de la deuxième guerre mondiale. ainsi, pour la première fois depuis la fondation des Etats-unis, un chef de l'Etat va faire trois mandats, puis quatre puisque c'est son Vice-Président Harry Trumman qui va lui succéder après son décès. C'est à partir de l'analyse froide des mandats successifs de Roosevelt qu'enfin le constituant américain introduit formellement la limitation des mandats présidentiels à deux.
En France, au delà des calculs politiciens de Chirac et de Jospin, le constat est fait que la France est la seule nation développée où un chef d'Etat fait un mandat de sept ans alors qu'en allemagne et en Espagne il l'est de quatre ans, en Angleterre cinq ans. Ie constituant français a donc jugé utile qu'une révision de la durée du mandat présidentiel était inéluctable, et il a été ramené à cinq ans. dès son élection, Nicolas Sarkozy estime qu'avec le quinquenat, des aménagements à la constitution sont nécessaires et il confie le soin à Jean François Copé de les conduire. Elu au suffrage universel, le Président Sarkozy estime qu'il n'est pas normal que le Chef de l'Etat ne puisse pas s'adresser aux parlementaires. Une révision est faite et désormais, au château de Versailles, le Président français peut s'adresser personnellement aux parlementaires réunis en Congrès, ce qui ne se faisait pas avant. Le Chef de l'Etat faisait parvenir une lettre qui était lue par le président de l'Assemblée nationale devant les parlementaires debout.
En Côte d'ivoire, pour permettre à Ouatara d'être candidat, il a fallu gommer dans la constitution toutes les références qui posaient des obstacles à sa candidature , comme "être de père et mère ivoiriens".
Au Gabon, le décès du Président Omar Bongo Ondimba a posé quelques difficultés dans l'organisation de la transition, notamment les pouvoirs du président par intérim, les pouvoirs des autres institutions, la durée de l'intérim. On s'est bien rendu compte que la constitution disait que "l'élection doit se tenir 35 jours après la constatation de la vacance du pouvoir ou 45 jours au plus tard". Les responsables politiques qui ont géré la transition font le constat qu'il est matériellement impossible d'organiser une élection en 45 jours en Afrique. D'ailleurs la cour constitutionnelle, sur proposition des acteurs politiques: candidats et responsables de partis politiques; a du proroger de deux mois pour cas de force majeure constatée suite à la saisine du gouvernement et de la commission électorale autonome et permanente la date de l'élection.
 certains responsables politiques ont même proposé que l'élection se tienne dans six mois puisqu'il fallait observer la période de deuil. ce que ni la cour constitutionnelle, ni la Présidente par intérim n'ont voulu. d'où vient que un Etat décide d'actualiser ses institutions et voici qu'on parle de monarchie alors que ces mêmes responsables politiques qui crient au loup savent très bien et ils ne le disent jamais à leurs militants qu'il y a dans la constitution Gabonaise une disposition qui ne peut être changée par un simple fait majoritaire: c'est la forme républicaine de l'Etat. et là il faut obligatoirement un référendum. nous ne sommes pas dans ce cas d'espèce puisque la révision actuelle ne touche pas à la forme républicaine de l'Etat. Pourquoi parle-t-on de monarchie. On peut donc s'étonner de la violence des articles écrits sur un sujet que beaucoup, assurément, manque de lucidité. A commencer par Antoine Glaser, le barbouze des nouvelles africaines qui s'est donné le droit d'exercer un magistère sur la politique africaine qu'il ne connait assurément pas, en dehors des bêtises que lui envoient par email certains illuminés des tropiques qui eux-mêmes ne maîtrisent rien. Que Glaser vérifie de temps en temps ses sources au lieu de se contenter de faire du copier coller de grégory Ngoua Mintsa, Marc Ona Essangui, ntoutoume ayi, franck djimbi et autres, en ce qui concerne le Gabon.

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