vendredi 17 décembre 2010

Et le Ghana devient pétrolier

(Les Afriques 17/12/2010)
Les valves ont été symboliquement ouvertes ce mercredi 15 décembre par le président John-Atta-Mills. Pour le meilleur et pour le pire.
Le président John Atta-Mills a ouvert les valves à la mi-journée de ce mercredi 15 décembre, faisant basculer son pays dans le club restreint des producteurs de pétrole. Le gisement off shore ghanéen a commencé sa production trois ans à peine après sa découverte. «Cela doit être une bénédiction et non une malédiction », s’est empressé de déclarer le chef d’Etat au cours d’une émission télévisée retransmise en direct et suivie par la plupart de ses 23 millions concitoyens. Le Ghana disposerait de 1,8 milliard de barils de réserves sur le champ pétrolier de Jubilee, au large de l’Atlantique. Le gisement a été découvert en 2007 par la société américaine Kosmos.
L’ancienne Gold Coast devrait pouvoir produire 55 000 barils par jour. L’anglo-irandalise Tullow, opérateur principal, compte doubler la production par la suite pour la porter au-delà des 120 000 barils jour. Cette quantité reste en deça du voisin nigérian, 8e exportateur mondial, qui produit deux millions de barils par jour. Avant de découvrir le pétrole, le Ghana était connu en tant que deuxième producteur mondial de cacao, derrière la Côte d’Ivoire. L’un des défis qui se posent au nouveau producteur du pétrole sera celui de la transparence et du partage équitable des ressources.
Déjà des chefs coutumiers réclament 10% des ressources arguant que le pétrole est découvert dans leurs terres. Par ailleurs, l’absence d’infrastructures ne permet pas (une situation analogue au Nigeria) de capter les rejets de gaz qui accompagnent la production de brut, un gâchis financier et environnemental, selon des associations déjà à pied d’ouvre.

MBF
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