(Le Parisien 10/12/2010)
L'étau se resserre un peu plus sur Laurent Gbagbo qui souhaite se maintenir à la tête de la Côte d'Ivoire contre la volonté de la communauté internationale, alors que la commission électorale ivoirienne avait donné son opposant Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle. Jeudi, les Etats-Unis ont brandi la menace de sanctions et l'Union africaine a suspendu de ses rangs la Côte d'Ivoire.
Dans une lettre adressée à Laurent Gbagbo, le président américain Barack Obama «dit clairement que s'il fait le mauvais choix, (...) nous envisagerons d'éventuelles sanctions contre lui et d'autres, si besoin est», a déclaré le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley.
Mardi, Philip Crowley avait appelé le président sortant à «reconnaître la volonté du peuple de Côte d'Ivoire et entamer une transition pacifique». Et lundi, un haut responsable avait indiqué que, pour la Maison Blanche, Alassane Ouattara était le vainqueur «légitime» de l'élection.
L'Union africaine a suspendu la Côte d'ivoire
L'Union africaine a suspendu la Côte d'Ivoire de son organisation «jusqu'à l'exercice effectif du pouvoir par le président démocratiquement élu Alassane Ouattara». De même, le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé dans une déclaration son soutien à Ouattara, à l'issue d'âpres discussions en raison de réticences de la Russie qui a, au final, repris l'echo de la communauté internationale.
Le Conseil de sécurité s'est dit «prêt à imposer des mesures ciblées contre les personnes qui essayent de menacer le processus de paix ou de faire obstruction au travail» de la mission de l'ONU dans le pays. Mais la France, qui a remercié la Russie pour son soutien, a écarté à ce stade la menace de sanctions.
«Nous ne sommes pas à ce niveau-là, mais il y a un certain nombre de procédures internationales qui seraient mises en oeuvre si la transition ne se passait pas», a dit jeudi la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie.
Guillaume Soro appelle l'armée à reconnaître Ouattara comme son «chef suprême»
Jeudi soir dans un communiqué, le gouvernement Ouattara, dirigé par le Premier ministre Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui tient le nord du pays depuis 2002, a appelé l'armée à reconnaître M. Ouattara comme son «chef suprême». Dénonçant un «coup d'Etat institutionnel», il a aussi exhorté «tous les fonctionnaires et agents de l'Etat» à «arrêter immédiatement toute collaboration avec le gouvernement illégitime de Laurent Gbagbo.
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